La cabane à Gilles Vigneault et les subventions du gouvernement

Une histoire à faire pleurer le patriote en moi

Notre patrimoine tombe à l’eau

Raymond Viger Dossiers Culture, Conflit d’intérêtTout le monde en parle

Gilles_Vigneault_Chant auvent_Natashquan art cultureC’est la larme à l’oeil et le coeur gros que j’écris ce billet. Gilles Vigneault représente une importante partie de notre patrimoine et de notre histoire. Une histoire qu’il n’a pas encore terminée d’écrire et de nous présenter.

Il y a quelques semaines, Gilles Vigneault a été reçu par Guy A. Lepage à son émission Tout le monde en parle. Gilles Vigneault nous parle de cette histoire qui a très mal tournée.

Un musée pour Natashquan

L’histoire avait pourtant débuté sur une bonne note. Le gouvernement du Québec octroie 750 000 $ pour restaurer et mettre en valeur la propriété de la famille Vigneault et le site historique des Galets, à Natashquan. Cette subvention permettait de faire plusieurs choses. Radio-Canada en fait la description:

Le projet comprend la restauration extérieure et intérieure de la maison natale de Gilles Vigneault, la maison de Mon’onc Claude où ont habité le grand-père puis l’oncle du poète, ainsi que les trois autres bâtiments de la propriété de la famille Vigneault. L’agent de développement culturel à la Municipalité de Natashquan, Guillaume Hubermont, précise que cette subvention servira également à mettre sur pied une résidence d’artistes et un musée. De plus, un chargé de projet sera embauché pour assurer la réalisation des travaux et mettre en valeur les 12 baraques de pêche, appelées les Galets, protégées depuis 2006 en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

magasins_du_Galet,_Natashquan gilles vigneault art cultureFinalement, pour 750 000$ il y avait beaucoup de choses qui étaient réalisées. Mais certains médias ont voulu faire du sensationnalisme avec la nouvelle. Même Radio-Canada qui pourtant publiait une bon texte sur la réalité de cette subvention nous donnait un titre qui déformait la réalité:

750 000 $ pour restaurer la propriété de la famille Vigneault

Avec un tel titre et sachant que beaucoup trop de gens ne lisent que les titres, il est facile de partir une rumeur voulant que Gilles Gigneault recevait 750 000$ pour rénover… sa cabane. Mais comme le disait si bien l’article, il y avait aussi les 12 galets, un musée, une résidence d’artistes…

Le sensationnalisme de Radio-Canada

Le brasse camarade que tout cela a causé a fait reculer Gilles Vigneault. Et c’est ici que j’ai dû prendre un temps d’arrêt avant de continuer. Mes larmes m’ont empêchées de pouvoir écrire d’un jet ce billet. Des rumeurs… des légendes urbaines… des médias qui ont mal titré leurs textes avec un titre sensationnaliste… et possiblement une série de gérants d’estrade qui se sont déchaînés sur les réseaux sociaux. Cette tempête a fait reculer un homme de coeur qui ne voulait pas se battre pour cette cause.

Et mon coeur demeure blessé devant une telle injustice. Une partie de notre histoire et de notre patrimoine ne pourra pas être présenté adéquatement dans le long terme. Parce que dans le court terme, les loups ont criés inutilement.

Le pays de Gilles Vigneault

J’avais un rêve. Un rêve que je mijote depuis longtemps. Découvrir Natashquan. Visiter le pays de Gilles Vigneault. Cet homme qui a su m’enseigner patience, persévérance et la recherche du bon mot à la bonne place. De bien grandes choses que je ne mets pas assez souvent en application mais qui ont forgé ce que je suis. Gilles Vigneault, un homme que je cite si souvent dans mes ateliers et mes conférences.

Ce projet de musée et de centre d’interprétation aurait pu être une belle occasion de réaliser ce rêve. Mais les légendes urbaines auront eu raison d’une vraie légende, celle de Gilles Vigneault.

Article de Radio-Canada sur Gilles Vigneault.

Autres textes sur Cinéma et télévision

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.cafegraffiti@cafegraffiti.net

Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

Robert Mercure et le Château Frontenac

Patrimoine et street art

Un choc des cultures

Qui a laissé entrer le graffiti dans les murs du Château Frontenac? Robert Mercure!

Raymond Viger Dossiers Graffiti, Porte-folio, Murales, Vidéos, Hip-hop

chateau frontenac street art graffiti monk-e1 graffiteur exposition culture urbaineLes rênes du Château Frontenac sont entre les mains de Robert Mercure. Il a été élevé dans des hôtels, autant en français qu’en anglais, au Québec et aux États-Unis. Ses parents possédaient 3 hôtels, à Granby, à Arlington dans l’État de New York et à Cornwall en Ontario. Robert Mercure est de la 4e génération d’hôtelier.

Jeune, Mercure apprend le métier dans les hôtels des grands centres internationaux: Boston, Toronto, Washington, Monte-Carlo… À Montréal, il dirige le Reine Élisabeth. Une feuille de route impressionnante qui aurait pu l’amener n’importe où sur la planète.

Le Château Frontenac

château frontenac vernissage graffiti mercure monk-e1 Hubert therrienMais le rêve que caresse Robert Mercure est de diriger le Château Frontenac à Québec. Depuis cinq ans, son rêve est devenu réalité. Et sous aucune considération, il ne voudrait quitter Québec. Il est à Québec pour y rester et pour vendre le Château Frontenac aux Québécois et à l’étranger.

«Le Château Frontenac, c’est plus qu’un hôtel. C’est une icône culturelle très impliquée dans la ville de Québec, autant pour le volet social que culturel.

Quand nous avons rénové le toit du Château Frontenac, nous avons remis le cuivre au regroupement d’artistes Unis Vers l’Art pour en faire une exposition à partir de matériaux récupérés.»

«La culture et les artistes du Québec m’intriguent. J’adore le processus de créativité. Je cherche comment je peux soutenir la culture québécoise. Et cela fait partie des traditions du Château Frontenac. Tous les artistes exposés ici, même ceux d’il y a 200 ans, sont du Québec.»

Le street art fait son entrée au Château

Hubert Therrien exposition Contrastes urbains Château Frontenac«Quand Hubert m’a présenté son projet, j’ai immédiatement compris la perception négative et le manque d’appréciation envers les artistes et l’art urbain. Je trouvais important de soutenir ce projet, surtout qu’il présentait de jeunes artistes, un excellent contraste entre les styles classique et moderne. Quand c’est fait avec goût, cela crée une intéressante synergie», souligne le directeur du Château. «Le projet est une relation gagnante autant pour les artistes urbains que pour le Château. L’exposition attire des médias dans un château classique pour montrer de jeunes artistes de grand talent.»

«Le personnel de l’hôtel a été consulté avant que je prenne la décision finale. Ils étaient tous très positifs envers ce projet qui sort du moule. Et lors de l’exposition, les clients de l’hôtel ont été positivement intrigués.»

Lors du vernissage, le jeune artiste et producteur Hubert Therrien remercie Robert Mercure pour l’hospitalité que les artistes urbains ont reçue de la part du Château Frontenac. Le directeur de l’hôtel prend le micro pour féliciter les artistes, mais surtout, pour faire une annonce que même Hubert Therrien n’aurait pu imaginer quelques minutes avant.

Le street art reviendra au Château Frontenac

«Les galeries d’art, c’est difficile. Il faut soutenir les jeunes qui sont l’avenir et garder une ouverture vers leur devenir professionnel. Nous avons commencé quelque chose qui a encore plus de potentiel. Nous en ferons un événement annuel.

«C’est primordial que les leaders, les parents et les gens établis soutiennent les jeunes. C’est notre responsabilité d’essayer de comprendre. Nous, comme jeunes, nous avons eu les mêmes problèmes. Nos parents ne comprenaient pas notre côté rebelle. Il y a une énergie à canaliser positivement.»

Une rencontre énergisante avec le directeur d’un Château qui a un regard jeune, novateur et frais sur la jeunesse.

Un directeur qui veut autant changer la perception de certains Québécois envers le Château Frontenac que la perception à l’égard des jeunes artistes. Robert Mercure est un agent de changement.

Autres textes sur le Graffiti

Soutenez le Café-Graffiti, affichez vos couleurs!

tshirt-cafe-graffiti-t-shirt-personnalise-votre-logoVotre T-shirt Café-Graffiti pour seulement 9,95$. Disponible en bleu, rouge, noir, rose, vert ou blanc. Ou encore votre Sweat-shirt disponible en gris, noir, rouge ou rose pour 29,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/t-shirts.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Pour votre T-shirt promotionnel avec votre logo: Café-Graffiti: (514) 259-6900.

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

poster affiche flyer carte anniversaire cartes souhaits voeux affichage impression t-shirtUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux. Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti. www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. cafegraffiti@cafegraffiti.net

Culture fast food de l’an 2000

Histoire et patrimoine

La culture de la blogosphère

Danielle et moi avons été présent au Festival des 2 nations présentés à Cacouna en août dernier, berceau de la plus petite réserve indienne au Canada. Nous en avons profité pour visiter le Jardin des métis.

Raymond Viger Dossier Culture

Autant pour le retour de Grand Métis à Cacouna le samedi que pour le retour vers Montréal le dimanche, j’ai pris la route panoramique. Nous aimons bien passer par les petites routes pour y découvrir quelques perles touristiques. C’est ainsi que nous avons découvert le sous-marin Onondaga à Pointe-au-Père, que nous avons visité le Musée de L’Empress of Ireland, ce cargo qui a fait naufrage dans le Fleuve St-Laurent en 1914 et tuant 1012 passagers, un restaurant-hôtel-centre-d’art Marcel Gagnon, le centre d’interprétation de l’anguille ou encore la maison d’un des pères de la Confédération, Jean-Charles Chapais.

Les lieux historiques

Ma visite dans la villa d’Elsie Reford Meighen créatrice des jardins de Métis ainsi que de la maison de Jean-Charles Chapais m’ont fait réfléchir. Dans ces lieux historiques, nous y présentons, le chapeau que Mme Reford portait sur les différentes photos exposées, la vaisselle qu’elle possédait, la caméra utilisé par son mari Robert Wilson Reford pour prendre les photos de sa femme… Cette caméra avait été la première que Kodack avait vendu au Québec.

Les grosses familles de l’époque créaient des communautés en soi. La stabilité des lieux, des objets nous permet d’en décrire l’histoire et de nous la faire revivre. La rareté de certains objets en faisaient des éléments historiques en soi. La première caméra Kodack avait autant d’importance que les photos qu’elle a permis de capturer. C’était un art mais surtout un privilège d’obtenir des photos à cette époque.

Et notre histoire?

Comment allons-nous maintenant représenter notre histoire dans le futur? À la vitesse où les gadgets de toutes sortes se créent et deviennent désuets, les objects ont perdu leurs liens historiques. Les familles ne sont plus les communautés d’antan. Les lieux que nous habitons ne sont plus les centres de ces communautés.

Nos millions de photos sur Flickr, nos vidéos de toutes sortes sur Youtube ou nos babillages inutiles sur Twitter ou Facebook seront-ils les seuls souvenirs que nous lègueront à nos petits-enfants? La blogosphère sera-t-elle notre résidence anonyme pour retracer notre histoire?

Autres textes sur Culture

Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.htmlPar la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Autres livres pouvant vous intéresser:

Pour voir le catalogue complet des livres des Éditions TNT.

Patrimoine, histoire et architecture d’Hochelaga-Maisonneuve

Patrimoine, histoire et architecture d’Hochelaga-Maisonneuve

Reflet de mon quartier est un bi-mensuel consacré à l’actualité et aux débats d’idées reliés à l’arrondissement montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve.

Ariane Aubin Dossier Hochelaga-Maisonneuve

marche-maisonneuve-hochelaga-maisonneuve-arrondissement-quartier Savez-vous qu’Hochelaga-Maisonneuve renfermait une part importante du patrimoine bâti montréalais? Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains secteurs y ont des allures plus ouvrières et d’autres, une apparence aristocratique? Dans le cadre de ses prochaines chroniques, Reflet de mon quartier vous fait découvrir – ou redécouvrir – l’histoire de cet arrondissement et de ses habitants. Cette semaine, l’historien Réjean Charbonneau, de l’Atelier d’histoire d’Hochelaga-Maisonneuve, nous parle des origines de ce quartier en constante évolution.

Montréal, milieu du 19e siècle

Depuis la Conquête, la petite bourgade s’industrialise à une vitesse fulgurante. Pour répondre aux besoins des industries naissantes, le port de Montréal se développe et gagne en superficie. Il est toutefois rapidement bloqué à l’ouest par les rapides de Lachine qui empêchent le passage des bateaux. Qu’à cela ne tienne, les eaux tumultueuses sont contournées grâce à la construction du canal Lachine.

Mais bientôt, les industriels montréalais réalisent que ces installations portuaires ne suffiront pas; une expansion vers l’Est de la rue Berri, où se situe approximativement la limite de la ville, semble inévitable. D’autant plus que, du côté démographique, la population a beau migrer d’un Vieux Montréal et des régions surpeuplées vers les villes de banlieues et les nouveaux quartiers ouvriers du Sud-ouest – Ville-Émard, Côte-Saint-Paul, St-Henri, Pointe-Saint-Charles – l’espace commence à manquer.

Chemin de fer à Montréal

Au même moment, l’industrie du transport ferroviaire recherche un endroit stratégique où implanter le tout nouveau chemin de fer qui permettra le transport terrestre des marchandises et matériaux. Les terres agricoles qui recouvraient alors l’Est de l’île de Montréal semblent être le lieu tout indiqué: proches à la fois de la ville et du fleuve, elles commencent à faire l’objet de spéculations de la part d’investisseurs prévoyants, explique Réjean Charbonneau. «Peu à peu, des gens aisés vont acheter des terres aux fermiers installés au bord du fleuve, pour y construire leur maison de campagne. Les institutions religieuses aussi vont construire de grands édifices, comme la maison-mère des sœurs du Saint-Nom de Jésus sur Notre-Dame.» Comme tant d’autres, ce magnifique bâtiment religieux a malheureusement fait les frais de la Révolution Tranquille et a été détruit dans les années 1970.

Fondation de la municipalité d’Hochelaga-Maisonneuve

marche-maisonneuve-hochelaga-maisonneuve-quartier-arrondissement De plus en plus nombreux, les hommes d’affaires installés dans l’Est décident en 1870 de fonder la municipalité d’Hochelaga sur le territoire s’étendant approximativement de l’actuelle rue Iberville au boulevard Viau. Fournir l’eau, le gaz et les services à une ville dont la population croît aussi rapidement s’avère vite très onéreux.

Dès 1883, les gestionnaires d’Hochelaga décrètent donc l’annexion de la municipalité à la ville de Montréal. Des décennies plus tard, les historiens ont pu comprendre que cette décision précipitée avait aussi eu des motifs politiques. «On a appris depuis qu’un homme politique de l’époque, Raymond Préfontaine, (qui deviendra maire de Montréal de 1898-1902) souhaitait en procédant à cette annexion qu’elle rende les Francophones majoritaires au conseil municipal de Montréal. Depuis la Conquête, la ville était entièrement dirigée par des Anglophones.»

Fusion, annexion ou défusion?

Mais si pratique soit-elle, l’annexion ne fait pas l’unanimité. La même année, un groupe d’hommes d’affaire dissidents décrète la fondation de Maisonneuve, une nouvelle municipalité issue d’Hochelaga et dont le territoire va des environs de la rue Bourbonnière au boulevard Viau.

Cette ville, comme l’a expliqué le professeur d’histoire à l’UQAM Paul-André Linteau dans sa thèse de doctorat, deviendra un exemple de gestion municipale assurée par des promoteurs. Et pendant 35 ans, Maisonneuve connaîtra effectivement une croissance modèle, raconte Réjean Charbonneau. «Entre 1883 et 1918, Maisonneuve va connaître la prospérité, à tel point qu’elle va se s’autoproclamer le « Pittsburg du Canada » au point de vue industriel, et se méritera le titre de « Cité de Maisonneuve » grâce à son urbanisation.»

Urbanisation du secteur Maisonneuve

C’est cette urbanisation, savamment planifiée par des entrepreneurs visionnaires, qui fait aujourd’hui du secteur Maisonneuve un des sites patrimoniaux les plus intéressants à Montréal. Les frères Oscar et Marius Dufresne, premiers propriétaires du château Dufresne situé rue Sherbrooke, ont joué un rôle-clé dans ce développement. «Ils ont été très impliqués dans le conseil municipal de Maisonneuve, surtout dans la deuxième phase du développement de la ville, après 1910, la première phase ayant surtout permis d’occuper le territoire.»

Héritiers d’une fortune générée par leur mère, la cordonnière Victoire Dusseault et l’usine de chaussures Dufresne & Locke, les Dufresne ont voyagé en Europe et en ont ramené un amour des grands ensembles urbains qu’ils insuffleront à la jeune municipalité de Maisonneuve. En 1910, Maisonneuve est à son apogée. L’industrie de la chaussure fait rouler l’économie locale et cette prospérité nourrit les idées de grandeur des frères Dufresne.

Sous la férule d’Oscar, le gestionnaire, et de Marius, l’ingénieur et entrepreneur, Maisonneuve est refaçonnée à l’image des City Beautiful newyorkais. Le concept central: l’esthétisme utile, orienté vers un idéal de population saine et vertueuse aux comportements moraux. Cinq bâtiments d’envergure devaient être construits ; ils le seront tous à l’exception du bureau de poste.

Marché Maisonneuve, Hôtel de Ville, Bain Maisonneuve

hotel-de-ville-maisonneuve-montreal-hochelaga-maisonneuve Au-delà de sa facture beaux-arts classique et élégante, le marché Maisonneuve est ainsi équipé dès sa construction de réfrigérateurs permettant de conserver le lait et la viande, bien avant que la version domestique de l’appareil ne fasse son apparition dans les foyers. L’imposant Hôtel de Ville, en plus d’être doté de magnifiques colonnes d’inspiration Beaux-Arts, abritait au sous-sol un laboratoire bactériologique et des équipements de pasteurisation.

Le bain Maisonneuve, sans doute l’un des plus beaux au Canada, permettait à la population ouvrière qui bien souvent n’avait ni douche, ni bain, de conserver une saine hygiène corporelle. Enfin, la caserne de pompiers numéro 1, où loge aujourd’hui le Théâtre Sans fil, a été construite d’après les plans que le grand architecte américain Frank Lloyd Wright avait dessinés pour le Unity Temple, en Illinois. Et pour unir ces bâtiments, deux boulevards ont été construits: Pie-IX et Morgan.

Dans cette ville de rêve, tout est à sa place. Des zones sont réservées aux résidences, d’autres aux industries, et des espaces de rassemblement sont prévus. Et surtout, tout est accessible à distance de marche, un détail auquel les frères Dufresne accordaient beaucoup d’importance.

Maisonneuve et la Première Guerre mondiale

L’âge d’or de Maisonneuve – et l’expérience urbanistique – se termine toutefois abruptement, presqu’en même temps que la Première Guerre mondiale. En 1918, accablée par la dette de guerre et le scandale spéculatif du parc Maisonneuve, la ville est annexée à Montréal. C’est la dernière d’une longue série d’annexions, qui donnera naissance à la grande ville que l’on connaît, et le début du secteur Hochelaga-Maisonneuve.

Autres textes sur Hochelaga-Maisonneuve

Photos Pierre Chantelois, les beautés de Montréal.

PUBLICITÉ

reflet-de-societe-magazine-drogue-prostitution-suicide-alcool-gang-de-rue-gambling Internet-o-thon pour soutenir le magazine communautaire Reflet de Société édité par le Journal de la Rue. C’est le temps de vous abonner pour montrer votre soutien à votre revue sur l’actualité communautaire et sociale. Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre cause est la bienvenue.

Par téléphone: (514) 256-9000, ext.: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.refletdesociete.com/Abonnement.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

%d blogueurs aiment cette page :