Ne pas légaliser la prostitution ou la garder illégale?

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Légal ou illégal la prostitution?

Malgré tout ce qui a déjà été dit, parfois un commentaire vient donner une nouvelle orientation au débat sur la légalisation de la prostitution.

Raymond Viger Dossiers Prostitution, Sexualité

prostitution-internet-escorte-web-proxenetisme-proxenete-legalisation-pour-contreDepuis 20 ans, le débat sur la prostitution fait partie de nos écrits. Nous avons eu la chance de recevoir différents commentaires de prostituées, de clients de prostituées, de féministes, de pro-prostitution… En opposition les uns des autres, plusieurs commentaires se rassemblent derrière des idées et des valeurs qui leurs sont communes. Suite à mon dernier billet sur la légalisation de la prostitution, j’ai reçu un commentaire de Dael soulignant des questions intéressantes et qui méritent qu’on s’y attarde plus attentivement.

Je vous présente en gras les points que j’ai soulevé dans mon billet sur la légalisation de la prostitution de la semaine dernière. Suivi, en citation, du commentaire de Dael et, finalemement, de ma réponse.

Certains pensent pouvoir régler facilement les conséquences désastreuses de la prostitution par la simple légalisation de la prostitution

À mes yeux, le but premier de la légalisation, ce ne serait pas de régler quoi que ce soit; ce serait de ne pas s’arroger le droit de décider pour autrui de ce qu’il peut faire ou pas (dans la mesure où cette personne ne porte pas elle-même atteinte aux droits d’autrui). Je ne me reconnais aucune autorité morale à cet égard, et je n’en reconnais donc pas non plus à l’État en mon nom.

pour-contre-legalisation-prostitution-domicile-escorte-agenceQuand on parle de prostitution, est-ce que le droit de choisir existe vraiment? Même si elles ne sont pas toutes dans le même panier, certaines personnes se prostituent avec des problèmes de santé mentale, d’autres avec des problèmes de santé psychologique ou encore avec de fortes dépendances. Et pas seulement aux drogues. La luxure peut aussi être une grande dépendance.

Le droit de choisir ou non la prostitution suppose qu’on a des choix. Combien de personnes se prostituent par manque de choix?

La liberté de choisir ou non de se prostituer implique qu’il n’y a aucune pression de la part d’un parent, d’un conjoint ou d’un pimp pour que la personne ramène de l’argent.

Que nous dit la définition de liberté? La liberté est l’état d’une personne qui ne subit aucune contraintes, soumissions ou servitudes exercées par une autre personne qui n’est ni prisonnière ni sous la dépendance de quelqu’un. La liberté c’est l’autonomie et la spontanéité d’une personne douée de raison. La liberté est la possibilité de pouvoir agir selon sa propre volonté dans la mesure où l’on ne porte pas atteinte aux droits des autres et à la sécurité publique.

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitutionPrendre position contre la légalisation de la prostitution n’est pas une ingérence dans le droit individuel de décider pour sa vie. Se positionner contre la légalisation de la prostitution c’est permettre à des personnes qui n’ont pas le choix d’être mieux protéger contre un environnement qui peut leur être hostile.

D’autres disent que nous avons diminué les conséquences de l’alcool en la légalisant en 1919 ou en légalisant le jeu en 1969. Cependant, l’alcool et le jeu sont des produits et non pas des êtres humains.

C’est de la légalisation de la prostitution dont on parle? En quoi la prostitution est-elle plus un être humain que l’alcool ou le jeu? Par ailleurs, quand on parle d’alcool et de jeu, il y a aussi des humains en question, non?

Il est vrai que pour l’alcool et le jeu il y a un être humain qui consomme le produit. Mais quand on parle de prostitution, il y a un être humain qui en consomme un autre. Ce n’est plus une simple relation entre un humain et un produit mais la marchandisation d’un être humain au profit d’un autre. En légalisant l’alcool en 1919, nous avons mis des bouteilles d’alcool sur les tablettes. En légalisant la prostitution, ce sont des humains qui se retrouveront sur les tablettes.

En Allemagne, seulement 1% des prostituées s’étaient enregistrées auprès de l’état!

La légalité, c’est le fait de ne pas risquer de subir les persécutions de l’État (de droit). Il ne découle pas de la légalité qu’on doive s’enregistrer auprès de l’État. Cet enregistrement relève de notions ou de principes complètement différents. Il est légal de faire plein de choses (pour lesquelles nous ne risquons donc la persécution de l’État de droit) pour lesquelles aucun enregistrement n’est nécessaire. Certes, on considère dans notre société que l’Administration publique doit être informée du travail des gens (pour déterminer combien d’argent ils doivent lui donner), mais cette idée, avec laquelle il est d’ailleurs tout à fait possible d’être en désaccord, est distincte de celle de la simple légalité.

prostitution-escorte-prostituee-bordel-sexualite-légalisation-prostitution-légaliserRegardons les chiffres différemment. Quand l’Allemage a décidé de légaliser la prostitution en pensant pouvoir régler tous les problèmes, 99% des personnes qui se prostituaient ont continuées à le faire dans l’illégalité. La légalisation de la prostitution non seulement n’aura rien réglé mais elle aura augmenté l’isolement d’un très grand nombre.

Si on légalise la prostitution, qu’est-ce qu’on fait avec la prostituée qui est malade physiquement ou psychologiquement? Aucune institution qui louerait les services de prostituées vont n’en vouloir. Ni le privé, ni l’état. Elles demeureraient encore une fois à la rue mais en devant se cacher et s’isoler encore plus.

Je ne suis pas du tout sûr de comprendre ce que vous voulez dire ici. Vous dites qu’une prostituée malade ne trouverait pas d’emploi de prostituée? Mais qu’elle continuerait de se prostituer sans employeur, directement dans la rue? En outre, il faudrait expliquer en quoi vous estimez que l’illégalité aide les prostituées.

Légaliser la prostitution ce n’est pas une absence de législation. Légaliser c’est autoriser en donnant des normes, des critères, une législation qui définit dans quel contexte c’est légal et ce ne l’est pas. Et la grande question qui est trop souvent éludée demeure entière. Certains pronent la légalisation de la prostitution pour protéger les plus faibles et les plus démunis. Mais ce sont justement ces personnes qui subiront le plus de conséquences d’une légalisation de la prostitution.

Incapable de rencontrer les normes mises en place pour légaliser la prostitution, elles n’arrêteront pas pour autant. Elles vont continuer dans des endroits encore plus clandestins, à la merci de mauvais clients ou de pimps abusifs.

Quelques prostituées, disant parler au nom de toutes les prostituées, n’ont même pas le soutien de la majorité des prostituées de rue.

L’avez-vous, ce soutien de la majorité? Vous l’avez-vous obtenu comment? Une majorité des prostituées et prostitués du Québec se sont prononcés en faveur du maintien de l’illégalité? Même si c’était le cas, le maintien de l’illégalité serait tyrannie pour les autres prostituées. La tyrannie peut être décidée par une majorité. Et les majorités peuvent être décrétées de bien des façons…

Voici une nuance très importante à souligner. Se positionner contre la légalisation de la prostitution ne veut pas dire conserver le statu quo. Nous proposons une augmentation des services et des ressources offerts aux personnes qui se prostituent. Nous croyons qu’une société doit aussi offrir un accès à un travail décent à ses citoyens pour leur permettre de faire leur choix sans contraintes.

Après plusieurs décennies de travail terrain auprès de personnes prostituées, elles sont unanimes à dire qu’elles ont subi la prostitution et que cela n’aura pas été un choix valable. Nous en avons retrouvé plusieurs, mortes d’épuisement et de l’accumulation des conséquences physiques et psychologiques qu’elles avaient subies. Et pour celles qui ont réussi à s’en sortir, nous avonss pu voir la fièreté qu’elles témoignaient.

Quand nous abordions le débat sur la légalisation de la prostitution, aucune ne voulaient en faire un débat politique, aucune ne voulaient endosser une telle position.

Autres textes sur la légalisation de la prostitution.

Témoignages de Prostituées.

Illustrations Mabi

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Premiers pas vers la prostitution

Premiers pas vers la prostitution

Christine Burtin-Lauthe   Dossier Prostitution

prostitution-prostituées-légaliser-prostitution-bordel-legal-maison-close-escorte-legalisation-decriminalisation «Chacune a une histoire de son entrée dans la prostitution, affirme Laura. Lorsque je regarde des reportages sur le sujet, ça m’énerve un peu, parce que je trouve ça caricatural. Mon histoire, c’est ma réalité à moi. Elle peut ressembler à celle d’une autre, mais c’est quand même la mienne.»

Laura m’a confié son histoire de prostitution. Pour comprendre ce qui l’a fait entrer dans la prostitution, il nous a fallu remonter à son enfance. En regardant le document sur les «Facteurs associés à l’entrée dans la prostitution»*  Laura a compris pourquoi elle est devenue prostituée. Contrairement à la classification présentée, elle n’avait pas été abusée sexuellement dans son enfance. Elle n’avait pas de parents séparés. Là où elle se reconnaissait, c’est d’avoir souffert très durement de carences affectives: «Le rejet et le manque d’amour, ça arrive en premier.»

Sa mère avait abandonné ses trois premiers enfants et ne voulait pas d’elle. Lorsque Laura est née, sa mère a voulu la confier à un membre de sa famille pour adoption. Elle a finalement rencontré un homme qui aimait les enfants. Elle garde Laura. «Toute mon enfance, j’ai pensé qu’elle le regrettait. Je me sentais comme un paquet qu’on trimballe.»

Imprévisible, stressante, se fâchant pour des riens, criant beaucoup, sa mère lui faisait vivre l’enfer. Elle se souvient d’une enfance solitaire (sa sœur est née cinq ans plus tard). Elle était laissée à elle-même. Elle avait peur de cette mère violente. «Je me disais que c’était de ma faute, que c’était moi qui n’était pas correcte. Pourtant, lorsque j’allais en visite, les gens me trouvaient gentille, calme, bien élevée. J’étais très raisonnable.»

Une tante lui raconte l’enfance de sa mère qui a été orpheline à deux ans, abusée et battue par son père. «Ma tante me parlait beaucoup. À 10-11 ans, je savais ce qu’avait vécu ma mère. Ça m’a aidée à ne pas la détester et peut-être à l’excuser». Son père adoptif n’arrive pas à s’interposer, à la protéger. «Il voyait bien ce qui se passait, mais il ne disait rien. Il avait eu une enfance miséreuse. Immigré,  travaillant fort, sa faiblesse était la boisson. Il ne nous a jamais tapées. Il jouait avec nous, ses filles, et le soir nous attendions son retour avec impatience. Heureusement qu’il était là.»

Prostitution urbaine

À 18 ans, elle n’en peut plus de l’ambiance stressante de la maison. «Même dans mon lit, j’étais stressée!» Elle part seule pour trouver la tranquillité. Pendant un an, elle a son appartement, un petit boulot, et se débrouille pas mal. Puis, elle vient à Montréal et pense s’en sortir aussi bien.

Dans la grande ville, la réalité est tout autre. La vie en ville est dure. Sans travail, l’aide sociale ne suffit pas. Sa voisine de palier semble avoir beaucoup d’argent et mener une belle vie. C’est elle qui propose à Laura son premier client. «Mon premier gars, il était assez beau, délicat, et, en plus, il me payait bien. Il m’a demandée régulièrement par la suite. Quand tu tombes sur un gars comme ça en entrant dans la prostitution, tu ne t’en fais pas la même idée.»

Illusions de la prostitution

Toute son enfance et son adolescence, Laura a entendu sa mère lui crier qu’elle n’était bonne à rien, qu’elle était moche et qu’aucun homme ne voudrait d’elle. Lorsqu’un homme paie pour l’avoir, Laura se sent importante, intéressante, et même belle! Elle fait mentir sa mère. Elle peut enfin prendre sa revanche. «Avec mon bagage familial, je ne pouvais même pas imaginer qu’un homme paie pour coucher avec moi. Le pouvoir, c’est à ce moment là que tu le découvres et que tu joues avec lui. C’est sûr que, si ça s’était mal passé la première fois, je n’y serais pas revenue!»

Après, il y a eu d’autres hommes moins beaux, moins généreux. Puis, la drogue «pour ne rien ressentir», les bars, la rue et toujours la peur. Cette peur de tous, omniprésente. «J’avais besoin qu’un homme me paie pour me sentir femme, jolie, valable, attrayante. Aujourd’hui, je n’en ai plus besoin. Je sais qui je suis. Mes besoins se sont modifiés. L’argent ne m’intéresse plus. À l’époque, «paraître» était très important pour moi. Et puis, dans ce milieu, tu dois bien paraître. Pour cela, j’avais besoin d’argent. C’était un cercle vicieux!»

Sortir de la prostitution

Sortie de la prostitution depuis plusieurs années, Laura me dit avoir enfin trouvé la tranquillité. Comme toutes les personnes qui font ou ont fait de la prostitution, Laura nous rappelle par son histoire, qu’au-delà de l’étiquette «prostituée» ou «ex-prostituée», elle est avant tout une personne…

Aujourd’hui, elle renoue tout doucement avec ses parents. Ils se parlent, se rencontrent de temps en temps. «Je crois que mes parents, parce qu’ils ont vieilli, seraient de meilleurs parents aujourd’hui.»

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Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Définition et historique de la prostitution

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Pour ou contre la légalisation de la prostitution: Décriminaliser l’industrie de la prostitution ou la prostituée?

Pour ou contre la légalisation de la prostitution

Décriminaliser l’industrie de la prostitution ou la prostituée?

Raymond Viger         Dossier Prostitution et Sexualité.

Que ce soit Marie-France Bazzo sur Télé-Québec à l’émission Il va y avoir du sport ou encore Denis Lévesque à TVA, les médias nous ont régulièrement servi ce débat un peu réducteur.

Richard Martineau et Stella

On appelle le Franc-tireur Richard Martineau et on l’associe avec l’organisme Stella pour former le clan des Pour la légalisation de la prostitution. Pour leur faire face, le clan des Contre la légalisation de la prostitution, on retrouve des chercheurs abolitionnistes tels que Yolande Geadah ou encore Richard Poulin, membre de la coalition des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLÉS).

Un drôle de débat. D’un côté on se limite à deux positions extrêmes: pour ou contre la légalisation de la prostitution. Pourtant il y existe la décriminalisation de la prostitution. Mais on n’en parle pas. Du côté de Stella, on veut une décriminalisation complète de la prostitution: la personne qui se prostitue, le client, le proxénète, la maison de débauche et toutes les activités reliées à la prostitution. Du côté de la Coalition, leur position est une décriminalisation de la personne qui se prostitue sans décriminaliser le restant de cette industrie.

Confusion des genres

Pouvez-vous m’expliquer comment se fait-il que Stella, qui est contre la légalisation de la prostitution se retrouve aux côtés de Richard Martineau dans le clan des pour la légalisation? Malgré que Stella et la Coalition ont des finalités très différentes, les deux groupes ont deux points énormes en commun: ils sont premièrement contre la légalisation de la prostitution et, deuxièmement, ils sont en faveur de la décriminalisation de la personne qui se prostitue. Au lieu d’avoir un début de chicane, on a ici un bon début de discussion et de partenariat.

Oui! Vous avez bien lu. Un début de partenariat pour deux organismes diamétralement opposé. Parce que les politiciens se sont questionnés à plusieurs reprises pour faire passer une loi pour légaliser la prostitution. En unissant leur message, en montrant leurs points communs et ensuite de montrer leurs différences, ils ont plus de chance de faire du millage ensemble qu’à se tirer des tomates dans un faux débat créé par les journalistes.

Responsabilité des médias

Les médias ont mis ces deux groupes en opposition. Est-ce que les médias ont mal agit en présentant le débat sous cet angle? Non! Ce sont les deux groupes militants qui ont mal répondus. Ils auraient dû clairement donner leur position contre la légalisation. Et ça, ils ne l’ont pas fait, créant une confusion pour plusieurs.

Les médias ont présenté le débat sous l’angle qui est connu par le public. Le public ne connaît pas nécessairement toutes les subtilités des différences entre légalisation et décriminalisation. Même dans les groupes militants, pour en avoir rencontré plusieurs, certains membres ne comprennent pas eux-mêmes toutes ces nuances et les subtilités entre criminaliser ou décriminaliser la prostitution! Il est donc normal et acceptable que les journalistes nous présentent ce que le public reconnaît. Mais ce sont aux groupes militants de prendre ces occasions pour éduquer et informer le public.

Parce qu’il y a des conséquences et des impacts majeurs à vouloir légaliser la prostitution. Une chose est certaine, même si le message communautaire a souvent été confus sur le sujet, les principaux intéressés sont cependant unanimes: contre la légalisation de la prostitution!

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Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Spectacle hip hop au Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo)

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Dossier Prostitution et Sexualité.

Qui est le mieux placé pour influencer ce choix de société qui nous concerne tous? Certains nous diront que les prostituées sont à même de pouvoir nous dire ce qui est bon pour elles.

J’ai été travailleur de rue auprès de prostituées pendant de nombreuses années. J’ai accompagné un certain nombre de femmes qui se prostituaient. J’ai eu l’occasion de les revoir 10 ans plus tard. Même si certaines m’avaient dit avoir fait un choix conscient et éclairé, dix ans plus tard, lorsqu’elles étaient sorties du milieu, leur réponse avait changé. Ces femmes ont eu à faire face à d’atroces souffrances et à de multiples formes de violences.

Prostitution et politique

Il y a quelques années, le Bloc Québécois a mis sur pied un comité de réflexion concernant la prostitution. Après quelques consultations, trois députés du Bloc Québécois ont déposé un projet de loi visant à légaliser la prostitution.

Jeune et prostitution

Le Conseil permanent de la jeunesse, après avoir consulté 19 jeunes prostitués de Montréal et de Québec propose maintenant de décriminaliser les personnes se prostituant et leurs clients. Est-ce que 19 jeunes sont représentatifs de l’ensemble du milieu? Leur opinion sera-t-elle la même le jour où ils ne pratiqueront plus la prostitution?

Pays ayant légalisés la prostitution

Quelques groupes communautaires tentent de faire légaliser la prostitution. Je ne vous cacherai pas qu’au début des années 90, j’ai moi-même été en faveur de légaliser la prostitution. Aujourd’hui, je suis cependant ébranlé par de nouvelles informations que nous ne pouvons pas négliger. Des pays tels que les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Australie ont légalisé la prostitution depuis maintenant 10 ans. Nous pouvons analyser les résultats de leur expérience avant de nous positionner.

La prostitution, le plus vieux métier du monde?

Un argument en faveur de la légalisation est de penser que la prostitution a toujours existé et qu’elle existera toujours. Pourquoi alors ne pas légaliser? Quand je pense à la femme et aux métiers qu’elle a exercé dans nos sociétés, ce n’est pas comme une prostituée que je la vois. La femme a premièrement été une mère, celle qui veillait à la vie en communauté pendant que les hommes allaient à la recherche de nourriture. Être parent, citoyen de sa communauté. Et cela implique d’être sage-femme, artisane, infirmière, cuisinière… Toutes sortes de métiers qui consistent à prendre soin de l’autre et de sa communauté.

Expérience de la légalisation de la prostitution

Les dix années d’expérimentation, démontrent qu’en légalisant la prostitution, les conditions de vie des femmes se sont détériorées, le trafic des femmes et des enfants a augmenté, la prostitution de rue a triplé. Pire, on voulait légaliser la prostitution pour enlever ce gagne-pain aux groupes criminalisés. Erreur. Ces groupes se sont rapidement organisés et contrôlent les bordels légaux! Si demain matin, la prostitution est légalisée à Montréal, qui a la capacité de s’organiser rapidement, de se trouver des prête-noms et d’avoir l’argent nécessaire pour nous construire de superbes bordels de luxe? Les groupes criminalisés, évidemment.

La prostitution, un choix?

Ceux qui favorisent la légalisation de la prostitution disent que les femmes se prostituent par choix. Dans les faits, n’est-ce pas plutôt par manque de choix? La très grande majorité des personnes qui se prostituent ont été sexuellement agressées et très souvent en bas âge. Est-ce que cela doit être considéré dans notre réflexion?

Combien de personnes se prostituent, forcées directement ou indirectement? Et il y a celles qui n’ont rien connu d’autres, souvent perdues dans une dépendance aux drogues, tentant de fuir leurs souffrances. Est-ce qu’elle se prostitue pour consommer ou consomme-t-elle pour pouvoir se prostituer? Un cercle vicieux qui nous montre qu’il s’agit d’un flagrant manque de choix.

Il est vrai que pour un petit nombre d’entre elles, la prostitution est un choix, un mode de vie qu’elles ont accepté. Une prostitution de luxe où la prostituée garde le contrôle de son corps et est capable de mettre ses limites face aux clients. Mais ce n’est qu’une faible minorité. Peut-on accepter de légaliser la prostitution, sachant que la très grande majorité va en subir les tourments?

autres textes sur la légalisation de la prostitution.

  1. pourquoi le travail du sexe entre adultes consentants est criminel?
  2. le commerce du sexe
  3. avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?
  4. doit-on légaliser la prostitution?
  5. les effets pervers de la légalisation de la prostitution
  6. prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!
  7. prostitution de luxe: les hauts et les bas d’une escorte.
  8. les clients de la prostitution.
  9. pour ou contre la légalisation de la prostitution?
  10. prostitution et toxicomanie
  11. être la mère d’une prostituée toxicomane
  12. la prostitution dans les prisons
  13. les filles dans les gangs de rue et la prostitution.
  14. prostitution: légalisation, décriminalisation, tolérance… et quoi encore!
  15. pour ou contre la légalisation de la prostitution: décriminaliser l’industrie de la prostitution ou la prostituée?
  16. Prostitution, Grand Prix de F1 et exploitation sexuelle
  17. La prostitution mise à nue

autres textes sur sexualité

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