La classe, la mobilisation des jeunes et les prochaines élections

La révolte des étudiants

Les bases d’une révolte sociale

Nous n’avions pas vu de mobilisation sociale depuis longtemps. Notre société a besoin d’une réforme en profondeur. La mobilisation des étudiants va-t-elle permettre de mettre la table aux changements sociaux que nous avons besoin?

Raymond Viger Dossiers Éducation, Politique, Économie

la classe manifestation etudiante greve etudiants revolution politique educationLes médias nous présentent les manifestations des étudiants exigeant le gel des frais de scolarité. Quand on lit la mission de l’association étudiante La classe, le gel des frais de scolarité n’est qu’une première étape vers la gratuité scolaire. Même si le gouvernement gèle les frais scolaires, nous ne sommes pas heureux pour autant et il n’y a rien de régler.

Ce n’est pas la seule insatisfaction sociale que nous vivons. Certains demandent des changements en profondeurs dans le système de l’éducation.

Mais il y a aussi le système de santé qui ne réussit pas à nous donner des médecins de famille et un bon service.

Sans oublier les fraudes dans l’attribution des contrats dans la construction qui sont contaminés par les mafias.

Et que dire de nos actions et nos positions environnementales?

Un système politique qui favorise l’agenda personnel des politiciens qui se retrouvent dans le haut de la pyramide mais qui ne semble pas avoir la volonté de se tenir debout devant les compagnies pétrolières, pharmaceutiques, les abus syndicaux, les groupes criminalisés et autres.

Finalement, un système politique qui ne correspond pas à nos valeurs.

la classe manifestation etudiante greve etudiants revolution politique educationLes étudiants se sont mobilisés pour le gel des frais de scolarité. Et si nous nous mobilisions derrière eux pour dire au gouvernement qu’il n’y a pas que les étudiants qui sont insatisfaits de notre système politique?

Le politique est supposé être au service de sa communauté. J’ai plutôt l’impression que c’est le contraire. Un système politique qui nous conte toutes sortes de menteries pour prendre le pouvoir, supposément démocratiquement. Un système politique incapable de se tenir debout devant les lobbys. Un système qui n’est pas à l’écoute de ses citoyens qu’il est sensé représenter…

On ne cesse de réclamer un changement social important. Nous sommes tanné de voir la fraude qui corrompt notre système. Nous sommes fatigué de voir le système politique inerte devant les questions sociales essentielles…

Un ménage politique en profondeur

On rentre au Parlement, on fait le ménage d’un ancien système qui ne nous représente pas adéquatement et on recommence à zéro.

Est-ce une révolution que je propose? Une révolution telle qu’elle se défini: un mouvement politique amenant un changement brusque et en profondeur dans la structure politique et sociale d’un État.

Rien de violent dans cette pensée. La violence viendra de la résistance que l’ancien système politique opposera au changement. La violence viendra de ces politiciens qui utiliseront tous les moyens en leur possession pour éviter d’être tassé. La violence viendra de tous ces gens qui profitent et qui manipulent le pouvoir en place…

Que les gens en poste d’autorité accepte le changement et y participe et il n’y aura pas de violence. Parce que la violence attire la violence. La première violence ne débute pas dans les rues et dans les manifestations.

La première violence vient de cette sourde oreille des politiciens qui n’en font qu’à leur tête.

N.BGabriel Nadeau-DuboisMartine Desjardins et Léo Bureau-Blouin seront à l’émission Tout le monde en parle ce soir.

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Cambodge; musée du crime génocidaire

Cambodge

Musée du crime génocidaire

Deux millions de morts en moins de quatre ans. Le musée est une ancienne école qui a servie de prison de torture sous Pol Pot entre 1974 et 1979. Je l’aurais appelé le «musée de l’horreur cambodgien.

Dominic Desmarais   Dossier Enfants-soldats, International

Je suis allé au musée du crime génocidaire. Je l’aurais appelé le «musée de l’horreur cambodgien». C’est barbare, inhumain… J’ai failli pleurer. Je suis tellement bouleversé que je ne réussit pas à mettre le doigt sur l’émotion – ou les émotions – qui m’envahissent. C’est complètement tordu… Deux millions de morts en moins de quatre ans. Le musée est une ancienne école qui a servie de prison de torture sous Pol Pot entre 1974 et 1979. D’ailleurs, elle a ouvert ses portes le lendemain de mon premier anniversaire.

On y incarcerait les intellectuels du pays, qui représentaient une menace à la révolution des Khmers rouges. Par intellectuel, il faut comprendre enseignants, diplomates, ingénieurs… ou toute personne sachant lire. Pour la révolution, elle devait passer par les paysans. Pol Pot voulait recommencer à zéro un système où l’économie ne passait que par la production de riz.

Dans la prison que j’ai visitée, 15 000 intellectuels y ont séjourné. Aucun ne s’est échappé. Seule la fuite du régime de Pol Pot provoquée par le Viêt-nam a permis de récupérer sept survivants. Je vous épargne les différentes méthodes de torture utilisées. Cruelles, abominables, bref l’être humain dans ce qu’il a de plus laid. Si on peut appeler ça être humain. Ces 15 000 personnes étaient torturées afin de leur soutirer le nom des gens qu’ils connaissaient, les membres de leurs familles. Quand les tortionnaires étaient satisfaits, ils envoyaient le prisonnier – et sa famille découverte grâce à ses aveux – dans un camp pour les assassiner. Pas avec des balles, jugées trop coûteuses, mais à coups de bambou. On les enterrait ensuite dans de fosses communes, même ceux qui n’étaient pas morts. Assez horrible.

Dans les salles de classes, utilisées comme cellules, on peut encore voir, près de 30 ans plus tard, des flaques de sang séché. En quatre ans, le bilan du régime de Pol Pot s’établit, selon ce qu’on peut lire sur les affiches du musée, à 3,3 millions de morts ou disparus, près de 150 000 invalides, 200 000 orphelins. Sans compter les écoles et industries détruites. La guerre civile aura duré près de 30 ans, pour se terminer à la fin du siècle dernier (1998). Un pays ne se remet pas du jour au lendemain d’une telle catastrophe. Trois générations qui n’ont pas reçu d’éducation (qui doit éduquer les générations suivantes sans trop savoir comment s’y prendre) et une économie complète à reconstruire.

Dans ce musée, il y a des salles remplies de photos des 15 000 prisonniers. Je ne sais combien il y en avait, des milliers assurément. Je les ai regardées une a une. Des gens qui ne savaient pas ce qui les attendaient. Le regard fier, courageux. Je n’y ai pas vraiment vu de peur. Ces gens sont pourtant allés à l’abattoir. Les tortionnaires ont même installé des barbelés aux étages pour éviter toute tentative de suicide…

Les gens photographiés n’étaient pas très vieux. Il y avait même des enfants. Devant chaque visage, je frissonnais. J’ai dû sortir après quelques salles, question de prendre un peu d’air. Je ne sais comment exprimer ce que j’ai ressenti. De l’impuissance, de l’incompréhension. Comment peut-on être si sadique? Massacrer en masse des humains? Comment a-t-on pu laisser une telle chose se produire? Ces tortionnaires, qui passaient leurs journées à infliger les pires sévices à leurs prisonniers, comment faisaient-ils ensuite pour retrouver leur famille, leurs enfants, et oublier ce qu’ils avaient fait la journée durant?

Je n’ai pas visité de musées ou de charniers concernant l’Holocauste en Allemagne. Je peux m’imaginer, encore plus aujourd’hui, l’horreur de ce carnage organisé.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
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