Dossier Taz: pas juste un skatepark

Dossier Taz, skate park

Pas juste un skatepark

Gabriel-Alexandre Gosselin DOSSIERS Taz roulodomeRoller bladeSkatepark

Plus qu’un formidable terrain de jeu pour les adeptes de sports extrêmes, Le TAZ est aussi un organisme à but non lucratif (OBNL) créé en 1996 dont la mission citoyenne se poursuit encore aujourd’hui. Un skatepark peut-il être socialement responsable et engagé?
taz-skate-park-skateboard-roller-blades-roulodôme Marianne Villandré-Côté faisait de la gymnastique jusqu’à son adolescence. Fatiguée de la compétition, mais toujours avide de sensations fortes, elle se convertit au roller-blade grâce au TAZ.

Le skatepark ferme

Lors de la fermeture du TAZ en 2001, elle y donnait des cours. Elle vient de compléter une technique en éducation spécialisée et s’implique «à 100%», comme elle aime le dire, dans la réouverture du centre. Marianne occupe désormais le poste d’intervenante.

«Nous nous retrouvons avec un nouveau TAZ entre les mains et surtout, nous sommes 8 ans plus tard. Tout est à revoir du côté de l’intervention », explique-t-elle d’entrée de jeu.

Un seul aspect de l’ancien Tazmahal s’est, selon elle, transmis vers sa réplique actuelle située dans le Complexe environnemental de Saint-Michel. «On vise toujours la cohabitation entre les différentes pratiques, ainsi que la cohabitation entre l’esprit jeune du sport extrême et les familles qui viennent dans notre édifice.»

Le nouveau TAZ

Marianne mentionne la différence entre Le TAZ et d’autres skateparks qui donnent des plages horaires fixes selon chaque pratique sportive (skateboard, patins, BMX). Cette façon de faire a ses avantages, comme par exemple d’éviter les confrontations entre athlètes de sports différents, «une guerre qui a toujours existé. Mais c’est justement le genre de défi qu’on recherche au TAZ. On veut créer une communauté plus large, favoriser le respect.»

Ainsi, dans le skatepark, environ six surveillants, techniciens et intervenants sont à l’affût en tout temps. La plupart d’entre eux patrouillent en patins ou en skateboard, une façon de se fondre dans le décor. Leur travail consiste à assurer la sécurité (port d’équipements de protection, circulation) et de gérer les conflits qui peuvent survenir sur les plateformes: les skateboarders et les patineurs qui trouvent que les BMX prennent trop de place et vice versa, les débutants qui ne savent pas circuler dans le skatepark, les plus expérimentés qui prennent trop d’espace et circulent dangereusement se croyant tout permis, des jeunes qui se frustrent parce qu’ils peinent à réussir un truc. «Notre but est de ramener le calme, sans prétendre que l’incident n’a jamais eu lieu. On veut générer la bonne humeur et l’ouverture d’esprit de la part de tout le monde.»

Approcher l’autre

À ce travail général s’ajoute une intervention plus personnalisée. Marianne Vilandré-Côté dit porter une grande attention à cet aspect de son travail. «Je me sens portée vers ceux considérés comme des ‘‘cas à problèmes’’. Dans mes expériences antérieures comme intervenante, j’ai tellement appris d’eux.» Elle souligne le défi de créer un lien de confiance avec certains de ces jeunes. «Ces cas-là ne se règlent pas en claquant des doigts. Ça implique un travail à long terme. Ce que je préconise, c’est de leur donner des objectifs pour les faire revenir. Un jeune peut manquer de motivation à l’école, mais être vraiment branché dans un skatepark. Si venir ici le valorise, tant mieux!»

skate-board-roues-alignees-taz-roulodôme-planches-a-roulettes-skatepark À ce chapitre, Marianne se donne un premier mandat: la rédaction d’un guide d’intervention efficace pour tout le personnel du TAZ. «Sur place, on est deux qui ont la formation comme intervenant, mais toute l’équipe est consciente des réalités du milieu, des situations qui peuvent arriver. J’aimerais les aider à aborder chaque individu avec une approche adaptée.»

Une méthode qui roule

Les méthodes d’intervention ne sont pas établies de façon systématique au TAZ. Elles ne l’ont jamais vraiment été  d’ailleurs. Le personnel du centre cherche plutôt à utiliser la force du milieu du sport extrême et l’intérêt qu’il suscite  chez les utilisateurs pour intervenir.

«À l’époque, ma drogue, c’était Le TAZ! L’endroit a vraiment changé ma vie. Il m’a permis de m’épanouir dans le bon sens du terme. Ça aurait été tellement facile de déraper avec les tendances que j’avais», se souvient l’ancienne rebelle devenue intervenante. Même son de cloche chez Stéphane Julien, utilisateur de longue date du TAZ et aujourd’hui patineur professionnel: «Le temps que je passais ici quand j’étais jeune, c’est du temps que je passais à ne pas faire de conneries. Ou du moins, des conneries qui auraient pu me coûter cher!» Ces deux personnes sont la preuve vivante que l’intervention, ce n’est pas tout. Seule la force d’un milieu bien exploitée peut faire la différence.
Reflet de Société, Vol. 18, No. 3, Juin/Juillet 2009, p. 14-15

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Taz Mahal et le Journal de Montréal

Taz Mahal et le Journal de Montréal

Dossiers Taz roulodomeRoller bladeSkateparkJournal de Montreal

Dans son édition du 26 novembre, le Journal de Montréal nous montre en page 16, un article d’une page avec photo couleur sur la Ville de Montréal qui ne respecte pas ses engagements depuis 5 ans envers la reconstruction d’un centre de roue alignées pour les jeunes, le Taz Mahal.

Changement d’attitude de la Ville de Montréal. Une entente est enfin conclu et le Taz Mahal va renaître. La bonne nouvelle apparaît en page 22 de l’édition du 1er décembre. Sans photo, 3 petits paragraphes, noyés à travers 4 articles et 4 publicités.

Quand c’est le temps de nous annoncer les mauvaises nouvelles, pleine page. Pour les bonnes nouvelles, 21 petites lignes discrètes. Compte tenu que c’était la suite d’une nouvelle que le Journal de Montréal avait lui-même mis de l’emphase, j’aurais aimé qu’il nous souligne cette bonne nouvelle d’une façon un peu plus décente.

https://raymondviger.wordpress.com/2006/11/13/ville-de-montreal-et-le-taz-mahal/

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Ville de Montréal et le Taz Mahal

Ville de Montréal et le Taz Mahal

Raymond Viger Dossier Hip HopVille de Montréal, Taz Skatepark.

Il y a 5 ans, le Taz Mahal, un centre important pour les jeunes qui pratiquaient les roues alignées doit partir. La grande Bibliothèque y sera installé.

Le Taz Mahal était très utilisé par les jeunes. Par nos jeunes autant, sinon plus que les autres. Parce que les roues alignées sont un sport apprécié par la culture Hip Hop. Parce que plusieurs graffiteurs y avaient réalisé des murales dans ce lieu de rassemblement positif pour les jeunes.

On ne cesse de nous prévenir que les jeunes ont des problèmes d’obésité. On nous dit de motiver les jeunes à faire du sport. Mais ils avaient leurs lieux bien à eux pour le faire: le Taz Mahal.

Pour faire place à la Grande Bibliothèque et expulser le Taz Mahal, Ville de Montréal a commencé une série de promesses pour relocaliser les jeunes. Différents lieux ont été étudiés. Mais après 5 ans. Plus rien. Veut-on abandonner les jeunes et leur dire que les promesses de politiciens ça ne vaut pas cher? Le désintéressement des jeunes à aller voter quand ils ont 18 ans, il vient d’où?

En janvier 2000, Reflet de Société avait fait un reportage sur Stéphane Julien. Un jeune qui a fréquenté le Taz Mahal. Sa vie a changé. Cet adepte des roues alignés s’est vu offrir des contrats pour enseigner et faire des spectacles en Chine. Comment aurait-il pu développer son talent sans un centre comme le Taz Mahal?

C’est avec beaucoup d’amerture et de déception que je suis obligé de constater qu’après 5 ans, rien n’est fait pour réouvrir le Taz Mahal. Nos lettres d’appui à ce centre sont sûrement déjà dans la récupération. Vous savez ce que représente pour nous 5 ans? Une génération complète de jeunes. Ils se renouvellent à tous les 5 ans. Et quand des politiciens laissent dormir des dossiers pendant 5 ans sur une tablette, c’est une génération complète de jeunes qui en souffrent.

Pour rejoindre le Café-Graffiti: (514) 259-6900

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