Communautaire et agriculteurs contre le gaspillage

Sécurité alimentaire

L’Escouade anti-gaspillage

Depuis le printemps 2014, l’Outaouais a son Escouade anti-gaspillage. Une armée de bénévoles prêts à sillonner les champs et les marchés pour récolter les fruits et légumes destinés au gaspillage. Rencontre avec sa coordonnatrice, Nathalie McSween.

Delphine Caubet dossiers EnvironnementCommunautaire

Escouade-anti-gaspiAu Canada, 40% des denrées sont gaspillées. C’est 183 kg d’aliments par an et par personne d’après la Table de concertation sur la faim et le développement social de l’Outaouais (TCFDSO). L’autre réalité est que depuis 2008, la région connait une augmentation de 25% de ses besoins en urgence alimentaire.

Deux solitudes qui se rencontrent en Outaouais.

Ignorance

Lorsque le projet a débuté en 2014, l’Escouade n’avait aucun contact avec les agriculteurs. Elle savait juste que les membres de la TCFDSO étaient pris à la gorge. Les demandes augmentaient tandis que les subventions diminuaient.

Alors ils ont fait un pari: glaner les fruits et légumes dans les champs et les invendus des marchés publics. «Le problème est que les gens ne se connaissaient pas, explique Nathalie McSween. Les agriculteurs ne connaissaient pas les organismes en sécurité alimentaire, et ces derniers ne pensaient pas aux producteurs. On a fait le pari que les agriculteurs seraient prêts à donner leur surplus si des bénévoles venaient les récolter. Et ça a été le cas!» Le projet a été un vif succès.

Complicités

«En été, les agriculteurs travaillent beaucoup, explique Nathalie. Parfois jusque 14h à 16h par jour. Ils n’ont ni le temps ni l’argent de récolter des produits pour les banques alimentaires.» Alors un modèle à la carte leur est proposé: ils ne signent pas d’engagement, mais passent des appels sur une base volontaire pour que des bénévoles viennent chercher les surplus. Et ce modèle a séduit une vingtaine d’agriculteurs.

En 2014, ce n’est pas moins de 7 tonnes de fruits et légumes qui ont été glanés par l’Escouade. Menée par Nathalie McSween, mais surtout appliquée par 75 bénévoles, «des gens avec une conscience écologique».

C’était également une activité familiale qui permettait d’expliquer aux enfants l’agriculture, la nature et le fonctionnement des banques alimentaires. Un autre succès à la carte.

Redistribution

Quand l’Escouade part glaner des produits, elle appelle les banques alimentaires de la région pour les récupérer. Le reste va en ville ou à Moisson Outaouais. «Mais on a besoin de transformations», explique Nathalie McSween.

L’Escouade a déjà récolté 1 000 kg de courgettes, mais les organismes en sécurité alimentaire n’étaient pas capables d’en recevoir autant. «Et cela fait du gaspillage», ponctue la coordonnatrice. Leur projet à l’avenir est de faire une cuisine collective autonome et amicale pour les aînés. Un gros mot pour un projet complémentaire à l’Escouade.

Il s’agira d’une cuisine anti-gaspillage: les produits que les organismes ne pourront pas récupérer seront cuisinés par des bénévoles. «Les cuisines collectives sont stigmatisées comme étant pour les pauvres. Mais d’autres personnes aiment cuisiner ensemble. Ici notre cuisine anti-gaspillage sera amicale, car redistribuée à des absents. En l’occurrence pour les personnes âgées.»

À l’avenir, l’Escouade anti-gaspillage voudrait étendre ses activités aux supermarchés et restaurants pour ramasser les invendus.

Autres textes sur Environnement

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
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Bistro le Ste-Cath

bistro est montréal restaurant où manger quoi faire salle spectacleUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com

Histoire des potagers québécois

Légumes ancestraux

Bienvenue au Potagers d’antan

Dans un petit village du Québec, un passionné d’histoire et d’agriculture tente de maintenir le passé dans le présent. Dans ses quelque 60 000 pieds carrés de terrain, les fruits et légumes ancestraux du Québec cohabitent. Son potager a des allures de fourre-tout où tabac, framboises et crosne (entre tant d’autres choses) trouvent leur place.

Delphine Caubet dossier Environnement

environnement Potagers d'antan agriculture biodiversité alimentairePour Michel, maître jardinier du Potagers d’antan, la passion s’est déclarée en 2003, l’année où sa conjointe et lui achetèrent une maison du 19e siècle. Avec tant de réparations, le jeune père cherche un autre passe-temps et un défouloir à sa vie professionnelle. Le jardin, à l’abandon depuis des années, s’est révélé à la hauteur de ses attentes.

Ce petit-fils d’agriculteurs n’avait jamais imaginé qu’un jour il aurait sa terre, et que mieux encore, il l’exploiterait. Et dans quel état elle était! Pour continuer sur la thématique d’antan, Michel fait tout avec les outils de l’époque. Alors exit les motoculteurs ou tout autre engin motorisé. Mains et pioches sont ses seuls amis. «Et j’ai trouvé de tout dans la terre! Des marteaux, des sacs… Elle était dans le même piteux état que la maison.»

Semences ancestrales

12 années plus tard, Michel est devenu l’un des rares producteurs de semences ancestrales du Québec. Dans un contexte où l’humanité a perdu 75% de la biodiversité agricole en 1 siècle, Michel fait figure de garde-fou. Il veut préserver ces «trésors», quand bon nombre de personnes ignorent en avoir sur leur terre.

L’éventail de son potager? Lui-même l’ignore. À cette question s’ensuit un monologue recensant quelques une des plantes auxquelles il s’est frotté. Tomates (entre autres la Savignac dont le maître jardinier pourrait vous conter l’histoire entourant le religieux québécois qui la créa), oignons, pommes de terre, haricots, tabac (un insecticide biologique très intéressant, affirme-il), crosne, cerfeuil tubéreux, melons, courges, camerises, fines herbes, prunes, cerises… et la liste continue.

Biodiversité agricole

Tant de diversité permet à Michel de faire des essais, mais aussi de se prémunir d’une hécatombe. Planter diverses tomates n’est pas que pour le plaisir. En cas de gel ou de maladie, chaque espèce tomates a une réaction différente et la diversification accroit les chances d’avoir des survivants. Et les enfants de ces derniers seront plus forts…

Michel s’est fait connaître dans le milieu des semenciers. S’il travaille avec les Européens, des Québécois l’appellent aussi pour lui offrir des semences qui pouvaient être dans leurs familles depuis plusieurs années. Des familles qui ignorent parfois ce à quoi elles ressemblent… Michel prend alors des allures d’explorateur en plantant des semences dont il ignore parfois le résultat.

Potagers d’antan sur le web

En 2010, Michel débute son blogue Potagers d’antan. Depuis ces années à cultiver et à s’intéresser à l’histoire des potagers québécois, le maître jardinier a recueilli une masse d’informations. «Mais si on passe au feu ou que je meurs, tout est perdu.» Alors le Potagers d’antan se déplace sur la toile pour livrer ses secrets. À l’intérieur, on y retrouve des informations sur ses semences rares, leur histoire et bien sûr quelques trucs et astuces de jardiniers.

Cerise sur le gâteau, Michel vend les semences, «le matériel génétique» comme il dit. Là encore le maître jardinier met tout en œuvre pour que continuent à vivre ces plantes ancestrales et ces potagers d’antan.

Si vous aussi le patrimoine agricole du Québec vous intéresse, rendez-vous sur: goo.gl/PE93yK

Autres textes sur Environnement

Liberté… Un sourire intérieur

livre liberté poésie recueil sourire intérieurUn livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle… Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective.

Une belle suite pour mon premier livre de poésie, Après la pluie… Le beau temps. Parce qu’après la crise… on peut trouver la liberté… sa liberté.

Liberté… Un sourire intérieur. Une façon de souligner les 5 000 exemplaires vendus du premier livre Après la pluie… Le beau temps.

Même prix que le premier livre publié en 1992 avec le même nombre de pages et écrit avec le même amour: 9,95$.

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Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 FREE

Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Diversité génétique agricole

Agriculture

Disparition massive

Le constat est simple: en 1 siècle la terre a perdu 75% de la diversité génétique agricole. De gros mots pour qualifier une situation inquiétante. 

Delphine Caubet   dossier  Environnement

Semences-du-patrimoineEn quelques siècles, notre agriculture est passée d’une production vivrière (autoconsommation) à une production industrielle. Et la sélection à outrance des «bons» gènes a une conséquence: l’extinction massive de variétés agricoles.

Super-semences

Avec des productions de plusieurs milliers d’hectares spécialisées dans quelques variétés, le Canada et les producteurs veulent du rendement. Et la création des semences est essentielle.

Des laboratoires (bien souvent de l’étranger) créent de super denrées agricoles en sélectionnant les meilleurs gènes. Par exemple, pour créer une super-tomate, le laboratoire sélectionnera les gènes de celle qui a la meilleure productivité, la meilleure résistance aux maladies, la plus belle apparence, etc.

L’objectif: que la semence s’adapte au maximum de types de sol et dans toutes les conditions. Que les producteurs soient au Mexique, au Québec ou en Europe, ils auront les mêmes semences. La vente du produit sera aussi standardisée.

Danger

L’agriculture canadienne étant basée sur certaines productions (maïs, soja, canola, blé, avoine, pomme de terre…), il est essentiel que ces productions soient efficaces et saines. Toute une économie en dépend. Et les producteurs ne peuvent pas choisir n’importe quelles semences, car elles sont légiférées.

La création d’hybrides en laboratoire n’est pas le problème. Mais en conséquence, nous ne produisons que certaines espèces, en très grande quantité.

Pour Lyne Bellemare, coordonnatrice du volet francophone à Semences du patrimoine, ce n’est pas juste une question de patrimoine agricole. «La diversité génétique est en train de disparaitre, alors que c’est essentiel. Si une seule espèce est cultivée et qu’elle est touchée par une maladie, on peut tout perdre. Avoir une diversité c’est assurer la survie. Ceux qui résisteront aux maladies auront des descendants plus forts et immunisés à cette maladie.»

Concrètement, si aujourd’hui nos super-semences sont peu ou pas affectées par les maladies, cela ne garantit pas que ce sera le cas à l’avenir. En sélectionnant démesurément les gènes, on encourt l’extinction ce certaines potentiellement utiles à l’avenir.

Le constat est sévère, en 100 ans 75% de la biodiversité agricole s’est éteinte. Et 90% du bassin de gènes restants n’est pas cultivé explique Semences du patrimoine.

Back-up de dernier recours

Face à ce constat, plusieurs pays ont mis sur place des banques de Matériel génétique pour sauver ce qui peut l’être encore. Il en existe 3 au Canada qui congèlent les semences rares ou maintenant éteintes. La banque de Saskatoon, spécialisée dans les crucifères (choux, brocolis,…) et fougères, contient le plus d’échantillons: 113 000 semences.

Lyne Bellemare explique: «Si un cataclysme se produit, nous pouvons aller chercher des back-up. Mais si nous les ressortons 100 ans après la conservation, ces plantes ne sont plus adaptées à la réalité du terrain.» Concrètement, congeler c’est bien, mais cultiver serait mieux.

D’après l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), «seules 12 espèces végétales et 14 espèces animales assurent désormais l’essentiel de l’alimentation de la planète, alors que dans le passé 10 000 espèces étaient cultivées pour nourrir la planète.»

L’extinction de variétés agricoles fait partie du processus naturel de notre planète. En revanche, une perte de 75% en 100 ans est considérée comme inquiétante par les experts.

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Biodiversité alimentaire menacée: mécanisation agricole, Monsanto…

Vox Pop

Quelle est votre opinion sur la biodiversité?

L’équipe de Reflet de Société a mis devant le fait accompli des Québécois pour qu’ils commentent cette information: En 100 ans, nous avons perdu 75% de la biodiversité alimentaire mondiale. Qu’en pensez-vous ?

Dossier Environnement

vox pop environnement biodiversité menace agricultureNotre dossier est-il pertinent? Est-ce un enjeu important pour vous? Pour cela, nous sommes allez vous rencontrer dans les rues de Montréal à 3 points névralgiques: un marché public, une grande surface spécialisée dans les bas prix et au Centre-Ville de Montréal. Voici quelques-uns des commentaires reçus:

«Vous m’apprenez quelque chose. Je suis très surpris… c’est dû à l’industrialisation
j’imagine?» Pierre

«C’est sûrement pour le mieux, il y a tellement de produits qu’il faut garder les meilleurs.» David

«Je l’ai lu ce matin! Il faut arrêter d’acheter des produits des États-Unis et aller plus dans nos marchés publics. Il y en a partout et ils sont accessibles. On a payait avec nos impôts pour ça. Les maraichers sont vraiment très bien. Quand les produits québécois arrivent sur les étals, les grandes surfaces ne sont pas prêtes de me voir.» Nicole

«Je sais que c’est vrai. Je vais juste prendre l’exemple de la carotte. On en fait une qui convient à tout le monde, elle est longue, belle… on en a même fait des petites qu’on a plus besoin d’éplucher. Le problème c’est que son rôle à la carotte c’est pas d’être belle! Elle est sauvage et elle pousse dans la terre, les gens l’oublient.» Anonyme

«C’est très inquiétant! Et c’est dangereux s’il y a des maladies. Tout ça parce qu’ils sélectionnent de plus en plus les produits.» Lyse

«C’est l’évolution, c’est probablement dû à la mondialisation. Mais en même temps, on a davantage de choix. Dans l’espace, ils peuvent se nourrir qu’avec des pillules… à l’avenir la nourriture sera pour le plaisir et on s’alimentera autrement. Comme dans l’espace.» Antonio

«C’est pas grave. Une tomate est une tomate. Quand je vais au supermarché, je ne demande pas la tomate italienne précisément. Tant qu’il y a des tomates pour ton hamburger et ton ketchup, c’est correct.»  Loïck

«Je n’ai pas le sentiment de pouvoir y faire grand chose. C’est aux politiques de prendre des décisions pour la protection de l’environnement.» Véronique

«C’est la faute du client. Il ne faut pas porter attention aux défauts des produits. Ce n’est pas grave s’ils sont un peu abimés ou si la couleur n’est pas la bonne. Tout ne peut pas être parfait.» Chris

«Ça me fait penser à Monsento. C’est inquiétant, révoltant. On s’accapare des espèces au détriment des autres, ça nuit à la diversité locale. Les agriculteurs ne peuvent plus se procurer des graines ailleurs qu’auprès des multinationales. Il faudrait que des produits à base d’OGM puissent être identifiés dans les commerces et que les autres aient plus de visibilités.» Sana

«C’est dommage, mais j’imagine que c’est pour nourrir plus de monde.» Anonyme

«Il va falloir faire quelque chose pour la retrouver car cela ne peut pas fonctionner comme ça. On a besoin de diversité pour une agriculture durable, car s’il y a un problème, on est fait. On s’en va droit vers une seule variété et on met pas les chances de notre coté pour l’avenir.» Michel, producteur de la ferme Espo’Art

«On est à l’ère de la monoculture. Tant que les grandes industries feront de la monoculture, ce qui les arrange parce que c’est plus payant, on perdra en diversité.» Anonyme

Acheter local ne résout pas toujours le problème…

– Les productions spécialisées du Canada (soja, blé,…) utlisent des semences réglementées, comme celles de Monsanto.

– La mécanisation agricole et industrielle est à mettre en cause. Les producteurs produisent des denrées dont le calibrage correspond à leur machinerie. Parmis les variétés, certains choisiront celles dont la taille fonctionne avec leur équipement.

– Les grandes industries de la vente ont un cahier des charges sur l’esthétique des aliments. Produire est bien, vendre est une autre histoire.

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Autres textes sur Environnement

L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone:  (514) 256-9000 , en région:  1-877-256-9009  Par Internet:
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Aider les hommes à travers les animaux et la nature

Aide aux hommes en difficulté

L’Auberge qui réparait les hommes

La ferme de l’Auberge, située dans le village de Roxton Falls, a reçu plus d’une cinquantaine d’hommes en difficulté en 2013. Certains vivent une séparation ou un deuil, d’autres ont des problèmes de dépendance ou des difficultés à se reconnecter avec leur intériorité.

Geneviève Kiliko dossier Communautaire

Aide aux hommes en difficultéLa nature, une bonne alimentation, un bon sommeil… tout cela est mis de l’avant dans cette maisonnée. Benoît Houle, propriétaire et fondateur de l’organisme, m’a accueillie chaleureusement dans cette demeure qui apporte aide et soutien aux hommes par le biais de la nature et de l’agriculture. J’ai aussi eu la chance de m’entretenir avec Christian, usager depuis quelques semaines.

L’arrivée

Cet organisme à but non lucratif existe depuis maintenant 14 ans. La maison est bâtie sur un terrain où cohabitent hommes et animaux: vaches, poules, lapins, chats, chiens… Ce n’est pas, à proprement parler une maison de thérapie, mais les animaux apportent une richesse à l’homme, particulièrement dans un contexte où les gens ont besoin de renouer avec leur affectivité.

D’après le propriétaire, Benoît Houle, les animaux sont bénéfiques aux hommes de la maisonnée: «Y’a des gars qui parlent aux chats et ils ont l’impression que ces animaux sont plus animés que les êtres humains. Le fait de caresser un chat leur permet de transmettre leur affectivité. Même chose avec les chiens. Quand ils les prennent, les gars se couchent à côté d’eux, comme si c’était leur blonde. Y’a quelque chose qui vient remplir le manque affectif qu’ils peuvent vivre», affirme-t-il.

Soutien et confitures

À l’Auberge de Roxton Falls, ils cultivent des fruits, dont des baies sauvages, de toutes sortes: bleuets, mûres, fraises, pommes… Cette variété de fruits leur permet de cuisiner des confitures, et les usagers y travaillent à raison de 3 jours par semaine.

«On fait environ 500 pots par semaine, c’est un peu artisanal, mais c’est 12 mois par an. Nous avons des clients dans quelques villes au Québec. On ne peut pas employer quelqu’un pour le développement, donc on essaie d’en faire la vente nous-mêmes», précise M. Houle. Grâce à un terrain de 6 acres de terres cultivables et un bon congélateur, ces messieurs produisent les fruits l’été et les congèlent de façon à pouvoir travailler toute l’année.

Pour ce travail de confiserie, les hommes reçoivent un montant symbolique de 20$ par jour, afin de les encourager dans leurs démarches. Néanmoins, chaque usager de l’Auberge doit débourser un montant mensuel selon ses revenus. Cette contribution personnelle permet de subvenir aux besoins de base de toute la maisonnée.

À bout de souffle

Malgré cette activité de financement, la ferme de l’Auberge manque d’argent.

Chaque année, Benoît Houle demande des subventions mais cela ne marche jamais. «Ce qui nuit, c’est que je suis propriétaire de la maison donc ils me disent que je suis en conflit d’intérêts, car j’en suis aussi le directeur. J’ai ouvert ma maison à d’autres personnes et je crois qu’ils ont de la difficulté à croire ça. Ils se disent: “Il doit avoir de quoi en arrière de la tête, il doit vouloir se faire de l’argent avec ça!” Moi, j’étais animateur de pastorale dans les écoles, c’est plus une mission que pour faire de l’argent. De toute façon, la plupart des gars qui arrivent ici n’en ont pas, ils payent la pension selon les revenus qu’ils ont.»

Le gouvernement ne contribue pas financièrement à cette ressource, mais des établissements gouvernementaux, tels que les hôpitaux, sont bien heureux de pouvoir y recommander leurs patients, qui sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs services. En effet, le nombre de références augmente depuis les dernières années: au moins une demande par jour. Des professionnels de la santé recommandent même des patients atteints de schizophrénie.

Évidemment, les demandes sont traitées individuellement, tout dépendant de la gravité de la pathologie.

À la ferme de l’Auberge, il n’y a pas de limite de temps. Les hommes peuvent rester aussi longtemps qu’ils en ont besoin s’ils acceptent de participer aux tâches quotidiennes de la maison. La petite ferme peut recevoir jusqu’à 10 usagers à la fois; chacun à sa chambre.

Christian

Christian, 27 ans, demeure à la petite ferme de l’Auberge depuis peu. Il était à la recherche d’un endroit pour réfléchir à sa vie et pour se dissocier du monde de la consommation. «Le fait d’être dans la nature me reconnecte avec ce qui est concret. Je veux dire qu’avant, c’était plutôt le matériel qui comptait. Et là, je pense que ça me fait du bien de revenir aux choses fondamentales, ça me reconnecte à mon cœur.

«Disons qu’avant je vivais pour l’argent, et finalement, je m’y perdais. Je n’avais aucune fierté personnelle. C’est sûr que j’avais un problème de drogue, mais ce n’était pas le fond de la chose. J’avais un vide de sens, un vide de “pourquoi je suis ici, qu’est-ce que je fais?”», confie Christian en toute humilité.

Le vide

Christian est né au Rwanda et est arrivé au Québec à l’âge de 2 ans. Il fait souvent des allers-retours entre le continent africain et le Canada au cours de son enfance, car son père était appelé à voyager pour son travail. Mais à l’âge de 27 ans, il perd son emploi ainsi que sa copine. Il ressentait un grand vide intérieur et la vie effrénée du quotidien ne le satisfaisait plus.

Tout a commencé lorsqu’il avait 14 ans. À cette époque, sa copine consommait et il a commencé à faire de même. Il a continué à prendre de la drogue au fil des années, alors que son vide intérieur s’accentuait. «Quand tu ressens ce vide-là, t’as encore plus envie de consommer», dit-il. Il se posait des questions sur la vie en général; elle lui paraissait lourde et sans intérêts.

«Quand une société met tout en avant pour te divertir, je pense qu’il y a des questions à se poser. Il faut voir pourquoi le besoin de s’évader est aussi présent. Si on en a autant besoin, c’est que notre pression est vraiment intense. Ce qu’on nous dit, c’est que la “normalité”, c’est d’avoir un travail, de l’argent et d’accumuler du matériel.

«Pour moi, il y avait un blocage lorsque je pensais à ça, ce n’était pas une finalité. Je remettais en cause les principes fondamentaux de la société. Je me suis dit que ce n’était pas tant la consommation de drogue le problème, mais la consommation comme mode de vie», renchérit-il.

Prendre le temps

Et visiblement, l’Auberge lui a donné le temps et l’espace nécessaires pour trouver un sens à sa vie. «Je pense voir des portes. J’y pensais avant, mais je ne prenais pas le temps. C’est ça l’affaire. Travailler, aller voir des amis, consommer… À un moment donné, on ne prend plus le temps. Cela passe vite, puis on oublie. On ne prend pas le temps de penser à soi-même. Ici, j’ai tout le temps et ça fait du bien, je n’ai plus de tracas avec le monde extérieur. Cela fait en sorte que je peux davantage me recentrer sur moi», explique le pensionnaire. À l’avenir, Christian compte entreprendre des études en technique de génie industriel.

Christian n’est certainement pas le seul à se questionner sur le sens de la vie dans notre société. Éprouver un vide, c’est déjà reconnaître que quelque chose manque à notre vie. Essayer de le remplir avec la nature, c’est tenter de revivre.

Tout mon respect à Christian, pour cette merveilleuse démarche, ainsi qu’à Benoît Houle qui permet à des gens de prendre du temps afin de s’arrêter et respirer. Ils nous enseignent à écouter notre cœur et à partir à la découverte de notre potentiel. En espérant que des projets favorisant le contact avec la nature et l’agriculture se développeront au Québec, pour le mieux-être des gens qui éprouvent des difficultés dans leur vie. Longue vie à la petite ferme de l’Auberge

Coordonnées de L’Auberge Benoît Houle:
728 chemin Bachand Roxton Falls (Québec)
J0H 1E0 (450) 548-2736

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guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Alimentation saine et aliments frais

L’exemple de la Colombie-Britannique

De la ferme à l’école

Un enfant qui mange mieux apprend mieux. Apportons donc des aliments frais dans les écoles. C’est ce qu’a fait Joanne Bays en Colombie-Britannique et Équiterre l’a invité à venir partager son expérience avec ceux qui souhaitent faire de même au Québec.

Normand Charest  Chronique Valeurs de Société  Dossiers  Éducation, Jeunes

Logo_chronique 2 (ajusté)Cela se passait à la Maison du développement durable à Montréal, le 1er octobre dernier. La conférencière vient d’une famille active dans l’agriculture et les jardins communautaires. Un grand-père britannique, l’autre canadien-français, puis deux grands-mères amérindiennes. Joanne Bays possède une formation de nutritionniste communautaire (community nutritionist).

Elle travaille d’abord dans des cuisines collectives en Colombie-Britannique et participe à la création d’un réseau pour l’alimentation saine, puis à l’établissement de jardins communautaires permettant de produire des légumes frais.

Produits frais à l’école

Cela mène éventuellement au projet d’apporter des produits frais à l’école, ce qui est la raison d’être du réseau qu’elle dirige: «Farm to Cafeteria Canada» (F2CC). Apporter la ferme à l’école, au campus, mais aussi dans les hôpitaux et dans les prisons, voilà ce qu’elle souhaite (1).

Il faut d’abord transporter les aliments des petites fermes jusqu’aux écoles, ce qui demande une bonne organisation.

En même temps, une autre solution consiste à faire pousser les légumes sur place. Dans des communautés éloignées où les aliments coûtent cher (dans des réserves autochtones, par exemple), on a établi des jardins communautaires pour les familles.

Mais son réseau a aussi mis en place un programme d’agriculture dans 16 écoles (Farming School program) qui permet de produire les aliments sur place.

Plus de légumes, moins de pilules

Il existe en ce moment deux grands programmes subventionnés par le ministère de la Santé britanno-colombien. Un programme de comptoir à salade (Salad Bar program) dont bénéficient 20 000 enfants, et un programme de collations à base de fruits, légumes et produits laitiers, provenant de producteurs locaux (Fruit, Vegetable and Milk Snack program) dont bénéficient 450 000 enfants en Colombie-Britannique.

Pour en arriver là, il a fallu convaincre un gouvernement en mode réduction budgétaire que le fait de favoriser une meilleure alimentation entrainerait une réduction des dépenses de santé. Elle et son organisme ont réussi à le faire.

On a d’ailleurs prouvé qu’un enfant mieux nourri avait de meilleurs résultats à l’école, tout en étant en meilleure santé. Cela vaut aussi pour les adultes, qui seront moins malades et auront une vie plus productive.

Et au Québec?

Beaucoup de ceux qui assistent à la conférence cherchent à faire de même au Québec, et nul doute que les conseils et l’expérience de Joanne Bays les aideront dans leur recherche. Elle se déclare d’ailleurs prête à les soutenir.

________________

(1) De la ferme à la cafétéria, incluant: De la ferme à l’école, De la ferme au campus et De la ferme aux établissements de santé: http://www.farmtocafeteriacanada.ca/fr/

Politique de souveraineté alimentaire du Québec

Équiterre a collaboré à l’élaboration de la Politique de souveraineté alimentaire du gouvernement québécois. Mais Équiterre espère que cela ne demeurera pas lettre morte et qu’il y aura bientôt des résultats concrets de cette politique.

L’action sociale d’Équiterre

Mentionnons le programme Croqu’Plaisir en Montérégie pour l’acquisition de saines habitudes de vie en service de garde que soutient Équiterre avec d’autres organismes. Et le réseau des Fermiers de famille coordonné par Équiterre depuis 1995 qui permet d’obtenir des légumes frais, locaux et biologiques.

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Les Pousses urbaines : une victoire par l’horticulture

Soutien aux décrocheurs

Réinsertion des jeunes

Delphine Caubet         Dossier Environnement, Jeunes, Commerce équitable

Au cœur du quartier Rosemont à Montréal, tenue de travail sur le dos, des jeunes terminent la construction de bacs pour les Ruelles vertes. Dans les semaines à venir, ils effectueront différents travaux d’horticulture et d’agriculture. Majoritairement décrocheurs, ils acquièrent une expérience professionnelle au travers des Pousses urbaines.

commerce équitable communautaire pousses vertes réinsertionLes Pousses urbaines sont nées en 2006. L’idée d’origine était de favoriser la réinsertion des jeunes. Souvent décrocheurs, l’objectif était de leur donner une expérience professionnelle. Soit pour retrouver le chemin de l’école, soit pour avoir une référence sur le marché de l’emploi.

Première victoire

Pendant 10 semaines, une dizaine de jeunes viennent travailler aux Pousses. À l’ordre du jour: horticulture et agriculture urbaine. En tant qu’entreprise d’économie sociale, les Pousses offrent une expérience professionnelle aux jeunes. Grâce à ce secteur original, l’organisme profite du besoin de verdissement de la métropole.

commerce équitable communautaire pousses vertes réinsertion environnementDurant cet emploi saisonnier, les jeunes construisent les bacs des Ruelles vertes, s’occupent des jardins d’une douzaine de résidences de l’OMHM (Office municipal d’habitation de Montréal), tout en semant dans divers potagers. L’hôpital Louis H. Lafontaine (entre autres) leur prête ses terrains pour cultiver. L’expérience est complète, et les jeunes passent par tous les maillons de la chaîne. De la semence à la récolte, pour finir par la cuisine.

Grâce à cette formation (rémunérée!), ils acquièrent des réflexes professionnels de bases: comme arriver à l’heure. Mais en plus, le travail des Pousses vise à les valoriser, notamment en aidant les autres. Et pour certains, c’est peut-être leur première victoire. De quoi leur donner confiance pour une future réinsertion.

S’aider soi-même en aidant les autres

commerce équitable communautaire pousses vertes réinsertion environnementAu travers des contrats, les jeunes peuvent se rendre chez des personnes âgées afin de s’occuper de leur jardin. Ce mélange intergénérationnel vise à briser l’isolement de certaines personnes. Pour les apprentis jardiniers, ce contact vise à les responsabiliser en aidant les autres.

Dans toutes leurs tâches, les jeunes sont soutenus par Matthew Gaddes, le chargé de projet de l’agriculture urbaine. L’année passée, dans les jardins de Louis H. Lafontaine, les jeunes, accompagnés de patients de l’hôpital, ont semé des légumes.

Une partie de la récolte est revendue à prix coûtant au Petit marché de l’Est (marché communautaire), une autre est destinée aux jeunes. Enfin, une part de la récolte est utilisée pour des ateliers cuisine dans les locaux des Pousses. «Car, une tomate ce n’est pas juste la tranche de chez McDonald», s’amuse la directrice, Sabine de Peyrelongue. L’heure est venue de profiter des fruits du travail.

Réinsertion verte

Chaque participant au projet est volontaire. Ces jeunes sont principalement des décrocheurs âgés de 18 à 35 ans. Décrocheurs scolaires souvent, mais également sociaux. Le travail de réinsertion est alors total. Occasionnellement, c’est aussi un travail d’insertion québécoise que les Pousses effectuent. Les jeunes immigrants, fraîchement arrivés, ont besoin d’une expérience locale pour trouver du travail. Les Pousses servent alors de premier employeur.

L’expérience aux Pousses est globale, et les jeunes ont besoin de soutien pour leur discipline professionnelle (ex.: arriver à l’heure) et personnelle (ex.: gestion du budget).

Mais cette année, l’organisme n’a pas trouvé un intervenant psychosocial pour accompagner les jeunes. Ce pour quoi il peut refuser un jeune, comme c’est arrivé il y a peu. Une jeune femme nécessitant un suivi psychologique, l’organisme se trouva dans l’impossibilité de l’accueillir.

Mode survie

Si les Pousses urbaines ne peuvent pas combler ce vide au sein de leur personnel, c’est qu’elles reviennent de loin.

En 2010, l’organisation a vécu une page sombre de son histoire. Service Canada, son principal financeur, retira ses fonds. À partir de là, l’organisation s’est mise en mode survie. Elle a signifié à la communauté que c’était le rachat de l’organisme ou sa fermeture.

Les Pousses ont alors intégré la SODER (la Société de développement environnemental de Rosemont). Cette absorption permit de mutualiser les coûts et de s’autofinancer. Notamment grâce à des contrats d’horticulture, comme les Ruelles vertes ou des travaux de verdissement confiés par l’arrondissement. Si les Pousses soumissionnent autant qu’elles le peuvent pour des contrats, la directrice reconnaît que l’organisme doit encore faire ses preuves.

Impact difficile à juger

L’impact de l’organisme est difficile à évaluer, car on n’y tient pas d’analyse officielle. La coordinatrice d’activité, Charlotte Cordier, est chargée de communiquer avec les jeunes après leur passage aux Pousses. D’après elle, sur les deux dernières années, environ 90% des jeunes sont retournés à l’emploi ou aux études.

Mais l’impact à long terme est difficile à juger. Pendant le contrat, le travail est physique, et les jeunes en soirée n’ont pas forcement envie de sortir. De quoi les distancer, certes,  d’un réseau social parfois malsain. Mais passé la période d’appel des Pousses, difficile de savoir quelles habitudes ils ont gardées.

L’un des projets à venir est d’organiser un «événement-bénéfice» pour reprendre contact avec les anciens. Si la coordinatrice reconnaît qu’il sera quasi impossible de tous les retrouver, elle compte bien rassembler ceux qu’elle a vu travailler depuis son entrée, il y a deux ans.

Une façon pour les Pousses d’avoir des rétroactions sur leur pédagogie. «Car ce sont des adolescents. C’est difficile de juger de ce qu’ils pensent. Et encore plus de le leur faire exprimer.»

Travailler la terre en ville

Pour les jeunes décrocheurs, les Pousses sont une chance. Car si l’école n’a pas fonctionné, ils peuvent retrouver une activité rémunérée et physique en ville. De quoi les encourager pour trouver leur propre voie.

Pour les Pousses, l’horticulture et l’agriculture ne sont qu’un prétexte pour aider de jeunes marginaux. Mais leur enseignement n’est pas à sous-estimer. Les premiers jours, une formation leur est offerte pour se familiariser avec le travail de la terre. Par la suite, ils produiront de leurs mains et démystifieront le cycle de la nature.

Et pour certains, les Pousses ont été un révélateur : à l’heure actuelle, deux anciens jeunes y sont revenus… en tant qu’employés!

 Principes de l’économie sociale

Les entreprises d’économie sociale produisent des biens ou des services qui répondent aux besoins de la communauté. Le Café Graffiti et les Pousses urbaines en font partie: ils travaillent à la réinsertion des jeunes.

D’un statut différent, ces entreprises sont régies par plusieurs principes:

1— le principal est leur finalité. Elles n’ont pas pour but de faire des bénéfices, mais de servir la communauté. Leur raison d’exister est donc leur mission sociale. Toutefois, comme toutes entreprises, elles doivent satisfaire à des besoins économiques pour leur survie.

2— Les entreprises peuvent recevoir le soutien ou l’aide de l’État, mais elles doivent rester indépendantes et autonomes dans leur gestion.

3— Leur gestion est administrée de façon démocratique. Lors des prises de décisions, tous les membres ont le même poids, et une personne équivaut à un vote.

4— Si l’entreprise génère des profits, ils ne sont pas reversés aux investisseurs. Selon le choix des membres, les bénéfices peuvent être réinvestis dans l’entreprise ou versés à d’autres organismes d’aide à la communauté.

5— Pour fonctionner, ces entreprises reposent sur la participation individuelle et collective de la communauté. Leur engagement est donc nécessaire.

Au Québec, il existe environ 7 000 entreprises d’économie sociale, coopératives ou OSBL (organisme sans but lucratif). Leurs services se répartissent sur une vingtaine de secteurs, allant de la culture, en passant par l’immobilier, jusqu’aux biens manufacturiers. D’après le Chantier de l’économie sociale, ces entreprises emploient plus de 150 000 personnes au Québec et y génèrent 8% du PIB.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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