Hommage à Gabrielle Major

Dossiers Santé mentale et Santé

La vie, quand la mort s’en mêle… En septembre, je lisais des textes dans le cadre du projet Déconfine tes pensées lorsque j’ai été particulièrement touché par un poème en prose, Claire de lune. Quelques jours plus tard, les proches de la jeune poète, dont sa mère, me contactent pour m’annoncer son décès, une semaine à peine avant cette lecture qu’elle espérait.

Arrachée à la vie, à 19 ans. La maladie, fulgurante et cruelle. Gabrielle rêvait de publier, d’être lue. En guise d’hommage et de salutation à Gabrielle Major, ma brillante collègue partie trop tôt, je vous invite à lire son texte… on salue ses proches, toutes nos sympathies.

David Goudreault

Auteur, poète et slameur

Claire de lune

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Je suis allongée je ne sais où, un vent inhabituel rejetant mes cheveux sur le côté. Je resterais bien ainsi, les yeux mi-clos et le corps sans douleur, mais une étrange boule de poils pousse la paume de ma main. Je me redresse aussitôt, découvrant un chat qui me fixe intensément.

C’est celui qui m’avait accompagnée durant 14 ans de ma vie, avant qu’il ne décède en novembre dernier. Mon visage se fend d’un sourire radieux quand je reconnais son doux pelage gris. Il me lèche les doigts: nous étions séparés depuis si longtemps!

C’est la nuit, là où je suis. On m’a étendue dans un lit de roses, dont je n’aperçois point les limites. Je lève les yeux, mais aucune étoile ne brille dans le ciel, même la lune a disparu. Nul criquet ne chante, c’est le silence complet.

Je tombe face à face avec une fontaine de marbre, décorée d’une statue ressemblant à mon chanteur favori. Des trous vides remplacent ses pupilles, je plonge le regard à l’intérieur. Un tunnel empli d’une vive lumière blanche s’étale derrière sa tête. J’entends des sanglots de l’autre côté: ce sont mes parents! Je voudrais aller les rejoindre, j’aimerais tant verser une larme pour eux, mais mes paupières restent sèches, il semblerait que j’aie perdu la capacité de pleurer.

Mon chat se met à miauler bruyamment, je perçois un bruit de pas. Je me tourne. Tu me rejoins. Tu es pareil à celui que tu étais lorsque nous nous sommes laissés. Je reste figée de stupeur, n’ayant pas vu ton visage depuis deux longues années.

Te trouvais-tu ici depuis tout ce temps? Tu me fais non de la tête.

-Pourquoi es-tu là?

-Parce que tu ne pourras jamais m’avoir.

Les cris de mes parents retentissent toujours dans la fontaine, mais ils se font loin, de plus en plus loin. Lorsqu’ils s’estompent, ma mémoire en fait de même. L’essentiel: tu es là, mon chat aussi et j’en suis comblée. Tu hausses un sourcil.

-Où veux-tu aller maintenant? C’est ton univers, après tout!

-Là où nous étions la dernière fois.

Nos doigts s’entrelacent et une fête foraine se matérialise devant nous. Notre fête foraine. En ligne pour le carrousel, sous ce firmament sans étoiles, tu poses tes lèvres sur les miennes.

Je crois que je me plais, ici.

Gabrielle Major, 19 ans, Sorel-Tracy.

RIP 2001-2020

Une étoile filante

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Comme une trainée de poudre, la Covid-19 s’est répandue partout sur le globe. Tuant des millions de personnes et rendant énormément de gens malades. Ce sont peut-être vos proches, votre famille, vos amis ou des connaissances. Personne n’est épargné.

Mais, après tout, ce n’est qu’une autre horreur sur la planète. Une horreur qui finira par disparaître comme les autres auparavant. Ça en devient même une tradition. Chaque année, quelque chose se passe. Quelque chose d’étrange qu’on n’avait jamais vu avant. Et au final, on s’y habitue; quelque chose d’anormal devienne alors normal. C’est la raison pour laquelle on baisse souvent les bras… trop vite.

Sans vous connaître, je sais que chacun d’entre vous est merveilleux. Soyez prudents, car un jour on pourra disparaître sans même avoir le temps de comprendre ce qui se passe. On est des âmes fragiles. On est des étoiles filantes.

Sarah-Lee, 16 ans, Chicoutimi.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

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Briser les tabous

Dossier Santé mentale

Humain Avant Tout a été fondé durant l’été 2018 par Lysa-Marie Hontoy, doctorante en psychologie à l’Université de Montréal. C’est à travers cet organisme que la jeune femme comble son besoin de faire avancer la cause de la santé mentale au Québec.

Les difficultés psychologiques touchent un grand nombre de personnes qui souffrent en silence par crainte d’être jugées ou rejetées. L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, et inciter les gens à demander de l’aide.

Chaque semaine, l’équipe diffuse sur sa page Facebook des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques (diagnostiqués ou pas) ou des épreuves de vie difficiles (accident, maladie, peine d’amour, deuil).  L’intention derrière ces publications est de briser l’isolement et redonner espoir.

Des hallucinations troublantes

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Auteur : Sonia

J’ai reçu un diagnostic de schizophrénie à 18 ans. Dès l’âge de cinq ans, j’avais des phobies très intenses. J’avais peur que les objets bougent ou qu’ils m’attaquent. C’est aussi à cet âge-là que j’ai eu mes premières pensées suicidaires. Au secondaire, j’avais des hallucinations visuelles et auditives, comme voir des gens mourir ou se faire frapper par une voiture. J’essayais de le cacher parce que j’avais peur de me faire enfermer, c’est ce qu’on voyait dans les films. La solitude face à ce que je vivais, c’était vraiment ça, le plus difficile.

Ma médecin de famille m’a fait commencer à prendre des antidépresseurs. Ça ne fonctionnait pas bien pour moi et elle ne faisait qu’augmenter ma dose. Je ne me sentais pas écoutée. J’ai fait une tentative de suicide pendant cette période-là. À 18 ans, j’ai décidé d’arrêter la médication. J’ai vécu toutes sortes de nouveaux stress et j’ai recommencé à faire plus de crises. Je faisais des psychoses paranoïaques, où je m’imaginais que tout le monde était contre moi, puis des psychoses catatoniques, c’est-à-dire que je perdais le contrôle de mon corps.

Je me suis un jour retrouvée à l’hôpital, en crise. On m’a renvoyée chez moi en me disant que j’étais sur une liste d’attente. Ça a pris des mois avant qu’on ne me rappelle. Puis, j’ai finalement trouvé un nouveau médecin de famille, un miracle qui s’est présenté sur ma route. C’est la personne qui m’écoute et avec qui ça marche. On y est allé graduellement avec la médication et j’ai éliminé des choses qui me stressaient dans ma vie.

Quand ç’a commencé à mieux aller, je me suis mise à avoir plus de projets. J’ai pu entrer à l’université en philosophie. J’ai écrit une dissertation sur cette façon de voir les personnes psychiatrisées comme étant des personnes irrationnelles. Aujourd’hui, je suis en train de rédiger un mémoire de maîtrise sur les injustices en psychiatrie. J’aimerais en faire une conférence accessible au grand public et aux professionnels de la santé. Ça fait 10 ans que ma vie est plus stable. Le jour de mes 30 ans, je me suis regardée dans le miroir en me disant que je n’aurais jamais pensé me rendre là…

Ma bipolarité, une job à temps plein!

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Auteur : Frédéric

Il y a cinq ans, j’ai reçu un diagnostic de bipolarité. Les affaires roulaient bien au travail…J’étais conseiller pédagogique, formateur, conférencier et j’avais une charge de cours à l’université. Mais du jour au lendemain, ça a complètement dérapé. J’ai été hospitalisé pour la première fois à ce moment-là.

Pendant la première année suivant l’hospitalisation, j’ai été en arrêt de travail parce que je vivais une dépression majeure. Je ne voyais pas le bout…je pensais vraiment que c’était fini pour moi. J’ai fait une tentative de retour au travail après deux ans d’arrêt, mais j’ai rapidement dû m’absenter à nouveau. Récemment, j’ai été invalidé par les assurances parce que mes fluctuations d’humeur sont trop rapides et trop violentes. Ça a été un deuil difficile à vivre parce que je m’identifiais beaucoup à mon travail.

À la suite de mon diagnostic, j’ai aussi vécu beaucoup d’anxiété sociale. Pendant plusieurs années, je me suis isolé parce que je ne savais pas comment expliquer mon état aux autres… j’avais honte. J’ai toujours projeté une certaine image de force et de confiance, mais, me sentir à ce point vulnérable, c’était difficile à porter.

Depuis quelque temps, je me permets de parler plus ouvertement de ma maladie et je réalise que ça fait du bien, de passer par-dessus ce tabou qui est tellement pesant. Malgré tout ce que je fais pour garder mon humeur stable – et c’est une job à temps plein –, les idées suicidaires reviennent fréquemment; mais maintenant, je suis capable de me répéter que ça va passer.

J’ai la chance d’être suivi toutes les deux semaines par un psychiatre extraordinaire qui fait preuve de compassion. Ma blonde assiste à toutes les rencontres, elle est là pour moi depuis le début. Mes trois enfants ont aussi été d’une patience et d’une maturité inouïes à travers les années. C’est vraiment ça qui m’a sauvé… ma blonde, mes enfants et mon réseau social.

L’année prochaine, je commence un doctorat en éducation, dans l’espoir de me reconstruire. Selon mon psychiatre, ça fait partie de mon plan de traitement. J’ai aussi envie de contribuer positivement à la société en donnant des conférences sur la santé mentale. Je ne veux plus rester isolé et je n’ai plus envie de me cacher…j’ai le désir d’aider les autres en leur partageant avec eux mon histoire.

Survivre à un viol

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Auteur : Corinne

Quand j’avais 25 ans, pendant que je dormais, quelqu’un est entré chez moi par effraction et m’a agressée sexuellement… Quand ça m’est arrivé, je me suis dit qu’à part la mort, y’avait pas grand-chose de pire. Après l’agression, ça a été une pente descendante. J’ai perdu du poids, j’ai arrêté de manger, de dormir et de travailler … J’étais mal tout le temps. J’ai consommé excessivement parce que je croyais que ça allait m’aider à arrêter d’avoir peur. Toute ma vie était basée autour de ça : la peur d’avoir peur. Ça a déconstruit ma vie et je suis devenue complètement dépendante des autres. Mais, petit à petit, j’ai commencé à remonter la pente et à me faire confiance à nouveau.

Ça fait 15 ans que je suis en thérapie, et j’ai arrêté de consommer il y a bien longtemps. La maternité m’a permis de m’accrocher à la vie et de retrouver une certaine paix intérieure. Mon fils a 6 ans, c’est mon soleil. Il me comble de joie et me ramène à l’essentiel, malgré la solitude d’être une mère monoparentale. La course m’a aussi vraiment aidée et m’aide encore aujourd’hui. Ça me permet de libérer toutes les émotions qui sont bloquées en moi.

Mais, j’ai réalisé cette année que j’avais beau courir trois fois par semaine et faire toutes les thérapies du monde…je ne serai pas capable de tout guérir. Il y a des choses qui restent quand tu subis un choc post-traumatique. Je me sens toujours en état d’hypervigilance et je fais aussi beaucoup d’insomnie. Ça a été vraiment difficile parce que l’agresseur est encore en liberté… ils ne l’ont jamais retrouvé.

Mais, à un moment donné, j’ai arrêté de résister et de vouloir tout régler. J’ai accepté que j’allais être une personne anxieuse toute ma vie. Ça ne m’empêche pas de dire que je me sens heureuse aujourd’hui et que j’ai le sentiment de m’en être sortie. Je suis rendue à un point où je ne suis plus du tout dans la honte, mais plutôt dans l’acceptation et le pardon. Je ne me sens plus comme une victime et je suis fière de la femme que je suis devenue. À mes yeux, c’est mon plus bel accomplissement. Je souhaite que mon témoignage aide d’autres femmes à se libérer de la honte qu’elles peuvent ressentir et à parler de ce qu’elles ont vécu…

Des compulsions pour exorciser l’anxiété

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Auteur : Myriam

J’ai toujours été une personne anxieuse…j’ai vu beaucoup de psychologues et de travailleurs sociaux dès le primaire. Mon anxiété était très reliée à la performance et, au secondaire, j’ai juste explosé. Je faisais du cirque, du violon, du bénévolat, j’allais à l’école…c’était trop intense. J’avais aussi beaucoup de compulsions…ça pouvait me prendre une heure avant d’aller me coucher parce qu’il fallait que je touche à plusieurs objets dans la maison. Je faisais ça parce que ça me donnait l’impression d’être protégée contre quelque chose de grave qui aurait pu m’arriver.

J’ai commencé à me mutiler vers 15 ans et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre des antidépresseurs et à aller un peu mieux. Mais quand je suis arrivée à l’université, j’ai réalisé que j’avais juste mis un band-aid sur le bobo et que je ne l’avais pas guéri. À travers les années, j’ai développé des troubles alimentaires…c’était et c’est encore aujourd’hui un symptôme de mon anxiété. Être grosse et avoir un trouble alimentaire, c’est comme impossible dans la tête des gens…c’est souvent très associé à la minceur, qu’on valorise d’ailleurs beaucoup dans la société.

Moi je fais des crises d’hyperphagie quand je sens des bouffés intenses d’anxiété. Je peux manger n’importe quoi en grandes quantités et ça m’apaise, sur le coup. Ça peut être dur à comprendre, mais c’est comme un vide que j’essaie de remplir. Quand ça m’arrive, je me sens super coupable et vraiment honteuse. Avant, je me faisais beaucoup vomir après les épisodes d’hyperphagie, mais maintenant c’est plus rare. Je trouve que l’hyperphagie c’est encore vraiment tabou… les gens peuvent percevoir ça comme de la gourmandise ou quelque chose de stupide à faire, mais c’est plus fort que moi. Des fois, mon corps me dit « go, mange tout ce que tu trouves » et je le fais.

Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de ressources pour m’aider… J’ai quand même été échaudée par le système de santé…même si j’avais des idées suicidaires, on m’a dit qu’il y avait huit mois d’attente. J’ai eu la chance d’avoir un bon médecin de famille qui m’a bien accompagnée pendant cette période-là. Et j’ai finalement vu une psychologue au privé qui a changé ma vie. Elle m’a aidée à comprendre ce que je vivais et tranquillement, je me suis reconstruite.

Des highs et des downs trop intenses

Auteur : Mikaël

Autour de l’âge de 16 ans, j’ai commencé à avoir des moments plus sombres qui alternaient avec des moments où je me sentais pas mal plus enjoué. Je ne me posais pas de questions, j’y allais avec le flow. Mais plus ça allait, plus les highs et les down devenaient intenses. Après 12 ans à rouler comme ça, je me suis ramassé en crise à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et c’est là que j’ai eu un diagnostic de trouble bipolaire de type 1.

Pendant mes highs, j’étais « surconfiant » … j’étais le King. Je me souviens, des fois je me regardais dans le miroir en me disant à quel point j’étais hot…avec le recul, je trouve ça ben drôle (rires). Je parlais avec tout le monde, j’avais 56 000 projets, rien ne m’arrêtait. Quand j’étais vraiment dans mon peak, je perdais la voix parce que je parlais trop vite et trop fort. Mais quand je redescendais, je redescendais en tabarnane. Pendant mes phases dépressives, je me retirais complètement de la map. Je remettais tout en question parce que je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. J’avais pu le goût d’interagir avec le monde parce que j’en avais peur. J’étais vraiment confus, mes idées n’étaient pas claires et je n’avais plus de repères…j’ai déjà pensé au suicide.

Une chance que mes parents et ma sœur ont été présents et ont cru en moi. L’entourage est tellement important. Si j’avais été dans un autre milieu, je serais peut-être itinérant, aujourd’hui.  Depuis que j’ai été diagnostiqué et que je prends du lithium, j’ai l’impression de vivre ma vie pleinement. Les médicaments m’aident à réguler mon humeur et ça me permet aussi de prendre soin de mes relations…pis ça, c’est vraiment important pour moi. Depuis maintenant un an, je partage ma vie avec ma copine Catherine. Sans cette stabilité, je n’aurais pas pu envisager une relation saine et remplie d’amour. J’aurais envie de dire aux autres de pas avoir peur de demander de l’aide. On est tous humains, on peut tous s’entraider.

Photos prises sur le site internet Humain Avant Tout

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Rites de passage

Des éclats de lumières provenant d’une petite lampe de lecture en métal jettent des ombres sur le pêle-mêle d’une chambre en fouillis. L’air y est chaud et dense. Un homme, habituellement impeccable, toujours bien coiffé, est couché dans son lit, les cheveux en désordre, regardant distraitement la télévision. Une couverture cache un sac attaché à son abdomen.

Un texte de Colin McGregor publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Chronique d’un prisonnier

Quand la mort et la maladie frappent en prison, découvrez l’histoire d’un codétenu à Colin McGregor. «Dans la chapelle de la prison, disposée sur un support de lecture une grande photo. Je peux l’apercevoir de la porte de la chapelle, mais ma cataracte m’empêche de voir qui c’est. Oh, merde ! C’est ce qu’ils font quand un détenu est mort. J’espère que ce n’est pas l’homme que j’ai visité. Ce n’est pas lui. Mais quelqu’un d’autre que je connaissais.»

La suite disponible aux abonnés de Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

La santé mentale sous un nouveau jour

Souper de financement pour la santé mentale

Rassemblement Jack.org

Raymond Viger | Dossier Santé mentale

santé mentale prévention intervention financement jack.orgMon nom est Kharoll-Ann Souffrant. J’ai été sélectionnée parmi plus de 820 candidatures pour aller rejoindre 199 autres jeunes de partout au Canada au sommet de l’organisme Jack.org qui aura lieu à Toronto du 4 au 6 mars 2016.

Jack.org est un organisme qui vise à enrayer le tabou et la stigmatisation entourant la maladie et la santé mentales. Son approche est unique, car elle utilise la voix des jeunes pour le faire considérant que la grande majorité des troubles mentaux se déclarent à l’adolescence ou au début de l’âge adulte.

L’organisme défraye les couts pour le séjour à Toronto. Ils demandaient cependant à chaque jeune de collecter des fonds pour l’hébergement et le déplacement ainsi que l’organisation de l’événement. Ceux-ci seront réinvestis dans l’organisme afin qu’il puisse poursuivre sa mission.

Je vous invite donc à un souper-bénéfice le 1er mars 2016 au Bistro Ste-Cath à 20h. Les billets sont en vente à 23$, 34,50$ et 46$ (taxes et service inclus). Réservations (514) 223-8116.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Prévention et réadaptation cardiaque

La santé cardiaque

Une histoire… Épic!

40 ans de fidélité envers ma cigarette. Ou plutôt mes cigarettes. Trois gros paquets par jour. Pendant un peu plus de 40 ans.

Raymond Viger | Dossiers Santé, Inégalités sociales en Santé

centre épic santé cardiaqueVous pensez sûrement que je toussais tous les matins avant de démarrer ma journée, un peu comme un moteur diesel qui démarre par température froide. Ou encore que je crachais comme un moteur qui pissait l’huile.

Désolé de décevoir les préventionnistes. Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir de conséquences visibles de ma consommation de cigarettes.

Arrêter de fumer

Malgré tout, je caressais un vieux rêve depuis très longtemps: arrêter de fumer.

J’avais déjà tenté d’arrêter à plusieurs reprises. Parce qu’on s’imagine qu’on est capable d’arrêter quand on veut. Ou encore qu’on fume pour le plaisir et qu’il n’y pas vraiment de dépendance. Même après 40 ans de consommation de 3 paquets de cigarettes par jour.

Après avoir quitté ma cigarette, je me retrouve différent, avec de nouveaux objectifs. Je planifie de monter sur le ring, débuter des cours de boxe, question de me défouler. J’ai même déjà pris rendez-vous avec un ancien du Café Graffiti pour le rencontrer à son gymnase.

Réalités médicales

Un examen médical de routine me ramène à une autre réalité. J’avais déjà commencé des pilules pour le cholestérol, le diabète et des flashs lumineux. Voilà que le médecin, au lieu de me présenter une amélioration de ma santé, me rajoute 2 sortes de pilules pour la pression.

Mais le pire, ce sont les 4 pompes que je dois prendre tous les jours pour réussir à respirer. Une de ces pompes peut être prise au besoin jusqu’à 8 fois par jour.

Le Centre Épic

Au lieu de me diriger vers le ring, j’ai dû mettre un gros X sur ce rêve. C’est vers le Centre Épic que je me retrouve, sous les conseils de ma fille Annie, technicienne en réadaptation physique. Un centre de médecine préventive relié au Centre de cardiologie de Montréal. Un endroit pour une remise en forme adaptée à ma condition physique avec un département de médecins, d’infirmières, de nutritionnistes… On s’y entraîne en se faisant dire quoi manger, comment le manger, quand le manger. Tests sanguins à l’appui, pas facile de tricher. Ce qui aura un impact positif sur mon cholestérol et mon diabète.

Un des rares centres de remise en forme où l’on peut voir des défibrillateurs cardiaques sur les murs de chaque pièce. Ça te permets de rester humble dans ton nouveau mode de vie.

Bouger à son rythme

Un entraînement très différent de ce à quoi je m’attendais. Courir n’était même pas encore envisageable. J’ai dû commencer par… marcher! Assez gênant pour quelqu’un qui pensait monter sur le ring et qui ne pensait pas avoir de séquelles de ses 40 années à fumer ces 3 paquets de cigarette.

Différents spécialistes se sont succédés. Du cardiologue au pneumologue, ORL et un séjour en médecine nucléaire. Un diagnostic d’asthme a été suivi de ce qu’ils appellent, une MPOC. Maladie pulmonaire obstructive chronique. En résumé ça veut dire que les poumons ont pris une pente descendante. Une dégradation deux fois plus rapide qu’un citoyen conventionnel.

Une remise en forme pour tous

J’avais déjà vu un documentaire sur le Centre Épic. Il était présenté comme un centre médical pour des gens qui avaient eu un accident cardiovasculaire. Aujourd’hui, je comprends qu’il y a aussi de la place pour des gens en prévention et qui veulent éviter de se rendre à un tel accident. Il est vrai que le Centre Épic est utilisé par beaucoup de gens qui ont un certain âge. Mais d’année en année, des plus jeunes prennent conscience de l’importance de la prévention et de prendre soin de soi.

J’entame aujourd’hui un nouveau combat. Et il ne se déroulera pas l’arène.

Suite à mes expériences touchant mon arrêt de consommation de cigarettes, j’ai imaginé un T-shirt que notre infographe, Juan, a créé. J’espère qu’il saura en sensibiliser quelques-uns à protéger leur cœur. Une sorte de legs au Café Graffiti pour son financement et sa pérennité. Un organisme qui me tient… à cœur.

Prévention / réadaptation cardiaque en région.

Le centre Épic n’est que l’un des centres destinés à aider les personnes sujettes aux maladies cardiovasculaires.

En revanche, pour une personne en réadaptation en région, trouver un lieu adéquat est un défi. Dans un prochain billet, nous vous donnerons un état des lieux sur la réadaptation en région.

En attendant, si vous avez des besoins en matière de maladies cardiovasculaires et habitez en région, n’hésitez pas à nous contacter pour partager votre situation à: communications@refletdesociete.com.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

Autres textes sur Santé

couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois.

Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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NTBR: Not To Be Ressucited

Laissez faire la vie, même quand elle mène vers la mort

L’acharnement thérapeutique

Raymond Viger | Dossiers SantéSuicide

suicide-assiste-euthanasie-decriminaliser-decriminalisation-legaliser-legalisation-3Nous avons tous entendu des dictons philosophiques nous dire qu’il faut vivre cette journée comme si elle était la dernière. Mais combien d’entre-nous en avons vraiment pris conscience et décidé de l’assumer?

Lors de ma convalescence, j’ai vu passé plusieurs voisins de corridors et de chambres. Des gens hospitalisés pour des raisons tout aussi diverses les unes des autres.

Ma dernière coloc est une dame octogénaire. Elle a eu un terrible accident automobile. Elle ne peut bouger. Sans connaître l’exactitude de son dossier médical, sa colonne et ses hanches sont dans un sérieux état. Elle devra passer au-travers de plusieurs opérations.

S’ouvrir à ses proches

Cette honorable dame reçoit beaucoup de visiteurs. De vrais rassemblements familiaux. Malgré les chuchotement, j’ai compris qu’elle avait demandé à ne pas être réanimé si elle devait faire une crise cardiaque avant – pendant ou après une de ces opérations. Tous ses proches étaient au courant de la situation. Tout le monde savait que cette dame vivait peut-être sa dernière journée.

Les membres de sa famille se sont succédés. Pour lui dire combien elle avait été importante dans leur vie. Combien ils l’apprécie et combien ils sont touchés par cette éventualité de la perdre. Elle a pu toucher et serrer de ses mains ses enfants et ses petits-enfants. Une de ses petites-filles lui a récité un poême qu’elle avait écrit pour l’occasion.

Ne pas rester seul

Un rapprochement intense qui n’a pu se faire que par cette acceptation de partager avec nos proches ce que nous vivons et ce que nous traversons. Ce qui a permis à ses enfants de s’assurer que c’était bel et bien son souhait. Qu’elle pouvait changer d’idée à tout moment.

Une expérience qui porte à réfléchir sur notre relation avec nos proches. Un suicide est le geste d’arrêter la vie. Le suicide assisté est d’aider une personne dans son suicide. L’euthanasie est le geste porté pour tuer quelqu’un à sa demande. Mais comment appelle-t-on cela quand on ne force pas la vie à continuer et qu’on lui laisse le libre arbitre de décider de notre sort?

Si cela amène une réflexion ou un questionnement pour vous, n’hésitez pas à trouver des gens de confiance pour en parler. Vous pouvez aussi demander une aide professionnelle.

NB: Il fût une époque où le personnel médical inscrivait les lettres NTBR dans le dossier des patients dont il ne fallait pas s’acharner pour leur survie.

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts. Merci de votre soutien.

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Jocelyn Pelosse, la musique et la sclérose en plaques

Comment vivre sa retraite médicale

Certaines maladies semblent nous rendre prisonniers de notre corps. On passe alors, d’une vie de citoyen productif, à une retraite et à une solitude forcées.

Normand Charest | Dossiers Santé, Handicapés

Cela peut mener au désespoir… À moins de se trouver une nouvelle place dans la société où l’on pourra se sentir encore utile, mais autrement. Et alors, cela éveille souvent de nouveaux talents.

jocelyn pelosse sclérose plaque santé handicapAvant, Jocelyn Pelosse était un jeune gestionnaire peu porté vers les activités méditatives. Tout cela a changé il y a 3 ans, lorsqu’il devint «retraité médical» à l’âge de 34 ans.

À la suite de divers malaises, il découvre qu’il est atteint de la sclérose en plaques. On pouvait lui donner des traitements qui stopperaient sa dégénérescence. Mais il ne guérirait jamais de cette maladie, à moins qu’on ne découvre un nouveau remède. Et il devrait vivre avec des séquelles… Cela lui laissait peu d’espoir.

De nombreux deuils, des idées noires…

Cette maladie apporte des deuils successifs. «D’abord, on perd son travail, on est mis en « retraite médicale« . Ensuite, on perd son permis de conduire, parce que la vue et la coordination sont touchées.

Puis on risque de se retrouver seul, sans conjointe.» Ce qui lui est arrivé. Et dans sa condition, ça ne semble pas évident de trouver une nouvelle compagne.

La vie sociale active que Jocelyn Pelosse connaissait se transforme alors en isolement. «On se sent mis à part», dit-il. En plus de souffrir, il se sent inutile. Ce qui le remplit d’idées noires. Il se demande s’il ne vaudrait pas mieux en finir, et songe à des moyens pour y parvenir.

«Ce n’est pas normal de se lever le matin avec l’idée du suicide. En plus du fardeau de la maladie, je me sentais rejeté. Et je me demandais ce que j’allais faire de mes prochaines 30 années», dit-il. Il se croyait un peu trop jeune pour la retraite.

D’abord, en parler…

guitare jocelyn pelosse sclérose plaque nock musique santé handicapPour éviter que le désespoir l’envahisse, il décide d’abord d’entreprendre une action sociale utile. «Je n’étais peut-être plus capable de travailler comme avant. Pour le marché du travail, j’étais mort. Je ne pouvais plus conduire. Mais je pouvais encore parler. Pour ça, j’ai beaucoup de facilité!» dit-il en riant et en se qualifiant de verbomoteur.

À partir de là, il s’applique à mieux faire connaître la sclérose en plaques. Peu timide, il agit comme une sorte de porte-parole de cette cause. Il trouve que la question est trop peu médiatisée et qu’il faut relancer le débat. Selon lui, il y a en ce moment autour de 20 000 personnes atteintes de sclérose en plaques au Québec, et 3 nouveaux cas s’ajoutent chaque jour. Les pays nordiques sont les plus touchés par cette maladie, en particulier les jeunes gens. Les femmes sont atteintes en plus grand nombre, mais les hommes le sont de manière plus grave.

Il organise des pétitions, contacte des journaux locaux et la radio, participe à des manifestations. Il croit important d’en parler pour que les malades ne se sentent pas seuls. Pour les informer aussi des ressources qui pourraient les aider, mais dont ils ignorent souvent l’existence. «Sinon, ça peut prendre des années avant de découvrir les groupes d’aide, les associations qui peuvent nous aider. Je le sais parce que je suis passé par là. Et puis le fait de sortir de l’ombre fait du bien aux malades. Ils se sentent moins exclus de la société», dit-il.

Une thérapie artistique

Les deux premières années de sa maladie ont été les plus dures, du point de vue psychologique. S’il va mieux depuis un an, c’est à cause de la musique. Il jouait déjà un peu de guitare depuis l’âge de 15 ans, mais à partir du moment où il commence à composer des chansons (sous le nom de Joce), la musique et l’écriture deviennent pour lui une forme de thérapie.

Le fait d’exprimer son vécu en paroles le libère de ses idées noires, comme en une sorte de «journal intime», dit-il. La magie de la créativité transforme ses douleurs en œuvres d’art. Et il constate que ses confessions «intimes» rejoignent le vécu et la sensibilité de beaucoup d’autres. Soudain, il n’est plus seul. En même temps qu’il s’exprime, il donne une voix aux plus silencieux. Découverte fantastique: ce qui est utile pour soi peut aussi l’être pour les autres!

Et il devient lyrique lorsqu’il dit: «La musique m’a sauvé la vie… L’art guérit l’âme.»

Ses chansons et leurs contextes

Il enregistre sa première chanson, «La manifestation», chez Yves Savard qui en prépare les arrangements. Il s’agit d’une ballade accompagnée à la guitare acoustique. La voix est belle et chaleureuse, et les paroles reflètent sa condition, son vécu ainsi que ses idéaux sociaux. Il parle aussi des 20 000 personnes atteintes de la sclérose en plaques qui forment une société en soi.

De plus, cette pièce raconte une «histoire vraie» à laquelle il a participé. Une cinquantaine de malades, manifestant à Montréal devant les bureaux du Collège des médecins qui tardait à approuver une intervention pourtant reconnue et pratiquée en Europe: l’«angioplastie» (une opération libérant l’obstruction des veines du cou, afin de soulager les symptômes de cette maladie). Certains Québécois se faisaient déjà opérer en Pologne, à leurs frais, pour 15 000$.

«Je trouvais aberrant qu’une solution probable à notre maladie soit ainsi à portée de la main et qu’on ne puisse pas l’utiliser», dit-il.

Si ce genre de manifestations et de pression sur le Collège des médecins et les gouvernements n’ont pas donné de résultats directs, elles ont quand même fourni une présence médiatique plus importante à cette maladie, et ont aidé le public à mieux la comprendre. «La Société canadienne de la sclérose en plaques et le gouvernement canadien investissent pour la recherche.

«Par contre, c’est important que des gars comme moi s’efforcent d’en parler, dans le but de dire aux malades: non, vous n’êtes pas seuls, gardez espoir. Les différentes formes de sclérose en plaques font que, pour certains, le temps presse», ajoute Jocelyn Pelosse.

Il enregistre les 4 chansons suivantes dans le studio de son ami Daniel Labrecque à Mascouche, qui en réalise les arrangements. Il complète le CD en juillet 2012. Si la production de ce disque apporte beaucoup de satisfaction à «Joce», elle n’est pas toujours facile, par contre. À cause de sa santé, qui lui accorde une énergie très variable. Certaines journées sont bonnes et d’autres moins. C’est là où l’expression «au jour le jour» prend tout son sens, selon lui.

La chanson «10 000 questions» nous laisse entendre qu’il a «mal jusqu’au fond de l’âme». «Assis dans mon salon, à me poser 10 000 questions… En attendant les jours de paix.»

En réalité, cette composition ne parle pas directement de lui. Il l’a plutôt écrite pour une amie paraplégique, qui ne se plaint jamais de sa condition. En ce sens, l’exemple de son amie est remarquable.

La chanson «Au travers l’écran» apporte un éclairage intéressant sur l’utilité de l’Internet et des réseaux sociaux pour les gens isolés. C’est là où Jocelyn Pelosse prend conscience qu’il fait partie d’une grande communauté de personnes dont le vécu ressemble au sien. Cela donne lieu à un partage de photos, de pensées. On y voit le malheur des autres, ceux qui se lamentent pour de petites choses et ceux qui ne se plaignent jamais. «Lorsque ces moyens servent à bon escient, dit-il, ils peuvent être très utiles.» Comme le dit cette chanson: «On se partage nos mémoires… nos espoirs… au travers l’écran… Le temps nous guérit, nous grandit…»

«Ça change à soir», la chanson préférée de son père, est inspirée par les revendications étudiantes qui, selon lui, vont au-delà du problème des frais de scolarité. Et ses paroles prennent d’ailleurs un sens plus large lorsqu’il y chante: «le monde tourne à l’envers… on veut changer le cours de la société… on se lève pour la vérité…»

«Imparfait» parle de «tromper ma détresse pour mieux m’avancer», de «chercher la vérité dans ce monde cruel». «C’est ma chanson favorite», dit-il. «Et je pense souvent à cette phrase: « Trouver ma dignité au fond de la poubelle » qui exprime beaucoup de choses, pour moi. Au fond de la poubelle, je vois le permis de conduire que j’ai perdu, et puis toutes sortes de deuils. Mais je retrouve ma dignité par la musique qui me libère, en laissant moins de place à la maladie. Ça me permet de faire encore des choses utiles. Et de donner aux autres, à la société. Lorsque le disque a été complété, j’ai souri pour la première fois depuis longtemps. Et puis les échos positifs sur le Web me surprennent toujours. Ça me fait du bien d’écouter mes chansons, ma réalité exprimée en chansons qui peut ainsi rejoindre les autres.»

Et beaucoup de courage

Les recherches se poursuivent sur la sclérose en plaques, dont les causes sont mal connues. L’angioplastie (l’opération qui consiste à libérer les veines du cou) demeure controversée.

Certains médecins, au Canada et au Québec, s’y intéressent, mais il n’y a pas encore consensus. Pendant ce temps, ceux qui souffrent trouvent le temps long. Certains vont se faire opérer, à leurs frais, à l’étranger. Pas seulement en Pologne, mais aussi au Costa Rica, une destination populaire chez les malades canadiens. Parmi ceux qui ont été opérés là-bas, on dit qu’un tiers ont obtenu une grande amélioration, un autre tiers une certaine amélioration, mais aucune amélioration pour le dernier tiers (voir l’émission The Nature of Things avec David Suzuki, CBC, 30 août 2012).

Bon courage à Jocelyn Pelosse qui, pendant ce temps, fait tout ce qu’il peut pour donner un sens à sa vie. Tout en étant actif socialement et en aidant moralement ceux qui souffrent comme lui. Une attitude qui éveille notre respect.

Jocelyn Pelosse :

«Je suis devenu animateur pour la radio Web http://www.nockmusique.ca. J’y parle de sclérose, de musique et fais tourner de temps à autres mes chansons. Encore une fois, c’est une façon pour moi de me réaliser en tant qu’être humain.

L’impact de la maladie est parfois lourd à porter, encore aujourd’hui. Mais vous savez, j’ai la tête dure! Je veux foncer, m’exprimer et être à l’écoute des plus jeunes qui vivent des choses rock-and-roll…

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