Un médecin récalcitrant

Un médecin récalcitrant

Dossier Coopérative de Santé.         Par Dominic Desmarais

cooperative-de-sante-sante-alternative-systeme-de-sante-sante-autrement Dans la continuité de notre dossier sur la santé, Reflet de Société propose une entrevue avec le Dr Bernard Gélinas, médecin à la Clinique coopérative de santé d’Aylmer. Regard de cet homme qui a pratiqué 36 ans dans une clinique privée et 2 ans et demi en coopérative.

Le Dr Gélinas n’a pas la langue dans sa poche. Dans un domaine où les gens pèsent leurs mots, demandent à recevoir l’article avant sa parution, insistent pour que de nombreux passages ne soient pas publiés, il est une bouffée d’air frais. Ses opinions, il les assume. Articulé, frondeur, la polémique ne l’effraie pas.

Une santé communautaire

D’entrée de jeu, il écorche le ministère de la Santé et ses fonctionnaires. Lui, qui a pratiqué dans un cabinet privé presque toute sa carrière, a dû composer avec les Régies régionales de santé et autres instances bureaucratiques. Sa coopérative, ce n’est pas une structure gouvernementale, insiste-t-il. «On est vivant, alors que le fonctionnaire attend ses directives de Québec. C’est ça, la différence. Apprendre à penser communautaire plutôt que penser par programmes gouvernementaux, avec des statistiques. Nous on pense communauté.» Le ton est lancé. L’homme en a long à raconter.

La santé à des fins politiques

«La pratique est contrôlée par toutes sortes de contraintes. La plus grosse, c’est que la Régie régionale et compagnie (les autres institutions du ministère de la Santé) ont un patron. Et ce patron n’est pas le citoyen. C’est le Ministre», constate-t-il froidement avant d’y aller d’une charge pour appuyer ses dires. «La dernière chose que veut le ministre de la Santé Philippe Couillard, c’est d’être embarrassé aux nouvelles de 18h parce qu’une urgence n’a pas de médecins.» La santé des Québécois serait-elle gérée à des fins politiques plutôt que par souci du bien-être collectif?

La santé à des fins commerciales

«Nous sommes passés de 1500 cliniques médicales à 840 au Québec en quelques années. Elles se sont vidées aux profits des hôpitaux gouvernementaux. À la place, on a vu apparaître des cliniques marchandes. Ce n’est pas très amusant pour une profession comme la nôtre. On a perdu notre autonomie. La seule façon que les jeunes médecins ont trouvée pour survivre, c’est de s’associer avec des groupes commerciaux.» Le Dr Gélinas pointe du doigt les grandes chaînes pharmaceutiques sans les nommer. Forcés par le ministère de la Santé à remplir des heures dans les hôpitaux, les médecins n’ont pas suffisamment de temps à mettre dans une clinique. Aux prises avec des problèmes de recrutement de médecins, la Coopérative d’Aylmer n’est pas épargnée par ce phénomène. «Les entreprises à grandes surfaces ont accès à des cliniques qui, elles, vont garder les médecins. Les petites régions se vident. Ce n’est pas à l’avantage de la population», soupire-t-il.

Sa clinique est passée sous le giron coopératif il y a près de 2 ans et demi. Il reconnaît que la mentalité ne change pas du jour au lendemain. «C’est un partenariat. Les patients ne sont plus des consommateurs, mais des organisateurs des soins. La mentalité doit évoluer, pose-t-il comme diagnostic. La tâche de la santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins.»

Le citoyen, bienvenue en santé?

Dans son document Garantir l’accès: un défi d’équité, d’efficience et de qualité, publié en février 2006, le ministre Couillard demande au citoyen d’alimenter la réflexion sur les soins de santé. Quelle est la responsabilité du citoyen à l’égard de sa santé?, interroge le document. Le gouvernement peut faire la promotion de saines habitudes de vie, mais ces efforts seront vains sans un investissement actif des citoyens dans leur mieux-être, peut-on lire. Le document met également l’accent sur la promotion, comme une solution aux problèmes de santé. Le rôle du citoyen dans sa santé et la promotion de saines habitudes sont deux facettes incontournables de la coopérative de santé d’Aylmer. Le ministre Couillard s’est-il penché sur le savoir-faire du Dr Gélinas et de ses collègues?

«Nous ne sommes pas encore rendus au Ministère, ironise le Dr Gélinas. Mais nous sommes rendus au député! 4500 votes (la Coopérative compte 4500 membres), ça sent bon pour un député. Comme on s’enligne, on pourra avoir plus de votes que ceux obtenus par le député sortant».

Depuis la fondation de la Coopérative, le 1er janvier 2004, la clinique est passée de 50 membres fondateurs à 4500 membres. Un poids considérable pour faire bouger les décideurs. «C’est facile, écraser 4 ou 5 médecins. Mais ce n’est pas évident d’écraser une communauté.» Le vote, plutôt que l’intérêt de la population, semble plus important aux yeux des élus.

La voix du Dr Gélinas devient plus combative, énergique. On le sent revigoré par sa nouvelle manière de pratiquer. «Une coopérative, c’est un organisme vivant. Ça évolue, réagit, agit, ressent. Ça ne meurt pas, une communauté. Un ministre, ça change. Ça peut fermer des secteurs de vie, explique-t-il. Après 35 ans de métier, c’est la plus belle aventure que j’ai avec une communauté!»

Reste à voir si le ministère de la Santé trouvera son intérêt à composer avec un nouveau joueur: celui pour qui il est censé travailler, le citoyen.

 

Autres textes sur les coopératives de santé.

La coopérative de santé

Jonquière Médic

Coopérative de santé Aylmer Lucerne.

Un médecin récalcitrant.

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Témoignage sur l’implication bénévole

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Coalition pour la defense de la confidentialite dans les services sociaux et de sante (CDCSSS) Viol de la vie privee par le Ministere de la Sante

 Coalition pour la défense de la confidentialité dans les services sociaux et de santé (CDCSSS)

Viol de la vie privée par le Ministère de la Santé

Raymond Viger              Dossier Santé et Politique

alain Alain Dubois, expert en jeu pathologique, vient d’adhérer à une nouvelle coalition pour la confidentialité dans les services sociaux.

Selon M. Dubois, le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) procède à la mise en place d’un fichier central. Cette base de donnés contiendra les informations personnelles des alcooliques, toxicomanes et joueurs pathologiques du Québec et ce, sans leur consentement et sans qu’ils en soient informés. Y apparaîtrait les noms et numéros d’assurance-maladie des personnes qui consultent les centres de réadaptation en dépendance.

La coalition s’inquiète que ce viol de la vie privée des patients et usagers risque de s’étendre à l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux si rien n’est fait pour stopper l’implantation de cette banque de données.

La Coalition pour la défense de la confidentialité dans les services sociaux et de santé (CDCSSS) dénonce ce manque de sens éthique du gouvernement et du Ministère de la Santé et des services sociaux. La CDCSSS est composée d’organismes communautaires et de syndicats déterminés à lutter contre cette atteinte à la vie privée et au droit à la confidentialité. Alain Dubois se fait le porte-parole de la CDCSSS qui demande un débat public pour protéger l’anonymat et la protection de la vie privée des patients.

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Légaliser ou décriminaliser les drogues?

Légaliser ou décriminaliser les drogues?

Dossier Alcool et drogue.

Tout un sujet qui s’ouvre ici. Difficile d’y répondre ou de lancer le débat en quelques paragraphes. D’emblée, je ne cacherais que, comme la très grande majorité des intervenants en toxicomanie, je suis pour la décriminalisation de la drogue et cela, dans un but que les gens consomment moins et mieux.

Les avantages d’une décriminalisation sont multiples. Sur le marché noir, le consommateur achète n’importe quoi. Il ne connaît pas la concentration ou encore les produits intégrés à la drogue. Certains produits rajoutés sont plus néfastes que la drogue elle-même. On a déjà vu de la vitre broyée dans de la cocaine de mauvaise qualité, juste pour faire saigner du nez le consommateur et qu’il pense avoir du bon stock! Pour la concentration, certains ont fait des overdoses et en sont morts. Le dealer avait oublié de couper son stock et il était trop concentré!

En décriminalisant, on arrête de taper sur la tête du consommateur qui, dans un marché noir, doit se cacher et se couper des ressources pouvant l’aider. Combien de fois le dealer fait crédit pour soutenir la consommation de ses clients? Il ne veut pas l’aider à arrêter. Il prend les moyens pour que ses clients continuent à consommer. J’ai déjà vu des dealers tout simplement donner gratuitement un peu de drogue à un jeune qui avait arrêté de consommer.

Décriminaliser ne veut pas dire légaliser. Aucune forme de publicité pouvant encourager la consommation de drogue n’est acceptée. Une sorte de Société des drogues permettra d’assurer la qualité du produit et un prix constant. Des intervenants seraient sur place pour aider à diminuer la consommation.

En décriminalisant, cela veut dire enlever de gros revenus aux groupes criminalisés et aux gangs de rue. Ces revenus doivent servir à la prévention et l’intervention.

Il y a certains préalables importants pour en arriver en décriminaliser la drogue. Pour cela, on doit avoir une Société des drogues bien investie d’une mission en réduction des méfaits. Juste le contraire de ce que fait le gouvernement avec Loto-Québec et la Société des Alcools du Québec (SAQ). Le gouvernement ne pourrait pas exiger des revenus de cette entité pour arrondir son budget. Ce n’est pas le Ministère des Finances qui devrait avoir la main mise sur une Société des drogues, mais le Ministère de la Santé.

Autres textes sur Alcool et drogue.

 

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Maudite campagne électorale!

Maudite campagne électorale!                        Dossier politique

C’est le commentaire que Danielle Simard, la co-directrice de l’organisme Le Journal de la Rue a lancé hier. Nous avions reçu un appel d’une agence de publicité pour une page de publicité couleur. Pas n’importe laquelle, le ministère de la Santé pour une publicité en prévention du jeu compulsif. C’est le genre de publicité que nous favorisons. D’une part, le ministère de la Santé a de belles publicités bien préparé. D’autre part, les sujets de prévention choisi par le ministère de la Santé s’accorde parfaitement avec le contenu rédactionnel de notre magazine Reflet de Société.

C’est l’euphorie pendant un certain temps au magazine. Puis le téléphone sonne une autre fois. La campagne de publicité est annulé à cause des élections. Toutes les publicités sont suspendues.

Maudite campagne électorale! nous lance Danielle découragé. Le prochain magazine va être publié pour le 1er avril, soit quelques jours après les élections. Toutes les campagnes de publicité sont suspendues. Aucun espoir ni d’avoir celle du ministère de la Santé, ni d’en avoir d’autre. Doit-on arrêter de vivre parce que les politiciens font campagne? Doit-on arrêter de faire de la prévention parce qu’il y a des élections? Les gens vont-ils arrêter de se suicider pour autant?

Après l’euphorie de la bonne nouvelle, dure réalité à encaisser. Ne te décourage pas Danielle, un jour les élections seront terminés. Les médias arrêteront de nous rapporter les promesses des politiciens et les fonctionnaires vont pouvoir reprendre leur boulot. Un jour à la fois et gardons la sérénité d’accepter les choses qu’on ne peut pas changer. La démocratie a un coût. Pour nous ça sera une page de publicité couleur.

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La Fondation Mise sur toi, le Ministère de la Santé et la publicité

La Fondation Mise sur toi, le Ministère de la Santé et la publicité

Dossiers Loto-QuébecCasinoGambling et jeu compulsif

La Fondation Mise sur toi, financée à même les fonds de Loto-Québec, a pour mission d’aider les joueurs compulsifs à se prendre en main et d’éviter la propagation de cette maladie qu’est le gambling.

Notre magazine, Reflet de Société, a eu la chance d’avoir en même temps, dans le même numéro, une publicité de La Fondation Mise sur toi ainsi que du Ministère de la Santé. Les deux publicités mettaient l’emphase sur la prévention du jeu compulsif.

Nous avons remarqué que le Ministère de la Santé avait donné le mandat a une firme de communication pour préparer une publicité de qualité et attrayante. Tellement belle, que nous avons décidé de la mettre sur une des couvertures. Félicitations pour votre travail!

De son côté, la Fondation Mise sur toi n’avait pas une publicité, mais un long texte plate et ennuyeux que possiblement personne n’a lu. Pire, il y avait trois fautes d’orthographes dans cette page. Puisque nous ne pouvions nous-mêmes faire les correctifs, nous avons appelé la Fondation Mise sur toi pour qu’elle fasse les correctifs et nous renvoient la publicité. Nous avons eu comme réponse: «Ce n’est pas important. C’est pas si grave que ça. On va la laisser comme ça.»

Épouvantable et inacceptable. Avec une aussi mauvaise publicité, il faut se demander si Loto-Québec n’a pas demandé à la Fondation Mise sur toi de ne pas trop faire de prévention pour ne pas attaquer le lucratif marché du jeu. Avec la nonchalance de l’équipe qui ne veut même pas corrigé ses fautes d’orthographes, on voit bien que l’atteinte de résultats significatifs dans la prévention du jeu leur passe 6 pieds par-dessus la tête.

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Les dés sont cliqués

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Maudite Machine, Biz, rappeur de Loco Locass

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