En détention, la gale ! L’invitée indésirable

L’histoire a eu lieu lorsque j’étais en détention, en transfert d’une prison à une autre. Allongé sur le matelas du haut d’un lit superposable dans une cellule de 7 x 10 pieds, nous avons subis mon compagnon cellule et de moi, de terribles démangeaisons.

Un texte de Colin McGregor – CFF de Laval – Dossier Chronique d’un prisonnier

Des zébrures rouges se sont développées sur toute notre peau, surtout au niveau de la partie inférieure de nos jambes et bras. Mon compagnon en souffrait plus que moi: ses zébrures se sont étendu jusqu’à son ventre. La nuit, on se grattait tellement furieusement que le bruit de l’un pouvait réveiller l’autre.

«Ces docteurs stupides ne veulent pas me voir», se plaignait-il. «Qu’est-ce que c’est que ce bordel?» Un jour -c’était un vendredi- l’équipe médicale débordée de la prison appela son nom. Lâchant des jurons comme… comme tout détenu en prison… Il se leva et s’en alla. Quelques minutes plus tard, mon nom fut appelé, chose bizarre puisque je n’avais pas demandé de rendez-vous. Ma peau était depuis toujours mauvaise… Je me suis dirigé vers le poste des soins infirmiers, où deux infirmières se tenaient à quelques mètres de moi et regardaient, horrifiées, mes chevilles sanglantes.

«La gale.»

Cette chose que vous ne souhaiteriez jamais avoir, et certainement pas dans un espace clos. Nous sommes instantanément devenus les personnes les moins populaires de la prison, qui est remplie de personnes extrêmement impopulaires, chose qui était déjà un véritable exploit.

Petit acarien en détention

La gale est une maladie qui infecte la peau. Elle commence par une petite bosse, puis se propage sous une forme de zébrures rouges et sanglantes. Le cas ressemble à beaucoup d’autres problèmes de peau, tels que le zona. La gale est une sorte de film d’horreur. Elle est causée par un petit insecte brun à 8 pattes, un acarien, ayant une forme de tortue. Et ce parasite Scarpotes Scabiei ne peut pas être vu à l’œil nu.

Les acariens femelles creusent sous votre peau, souvent se faufilant entre vos doigts, orteils, ou vos «parties intimes». Une fois qu’elles accèdent à l’intérieur de votre peau, elles prennent leur temps pour creuser jusqu’à ce qu’elles trouvent un endroit agréable pour pondre leurs œufs. Vous rappelez-vous de ces scènes du film Alien, lorsqu’un animal denté perce la paroi de l’estomac d’astronautes, montrant ses dents en triomphe avant de prendre la fuite dans la station spatiale? C’est la même sensation.

C’est effrayant. Tout ce que vous touchez doit rester dans un sac en plastique pendant 7 jours, ou peut-être même brûlé. Les douches chaudes sont une nécessité, pour faire cuire ses petits diables se trouvant sous votre peau et vous en débarrasser. Il n’y a jamais eu meilleur argument pour prendre des douches chaudes régulières.

Les acariens peuvent creuser jusqu’à 1/5ème d’un centimètre par jour, et peuvent vivre à l’intérieur de vous pendant plusieurs semaines avant que vous le remarquiez. Non seulement cela, mais les médecins ne peuvent jamais confirmer que vous avez ou aviez eu la gale. Les insectes sont trop petits pour être détectés, et il n’existe aucun test définitif. En prison, lorsqu’on remarque des démangeaisons, une peau rouge et des bosses, on assume qu’il s’agit de la gale. Être traité comme un porteur de la gale est une expérience insultante, que vous l’ayez ou non.

La solitude

Nous criant dessus à travers les portes de cellules, mon compagnon et moi prenions des douches séparées en couvrant, de ce qu’on nous a dit, être une crème très chère. Nos repas nous ont été apportés par des bénévoles pas très disposés. La gale est un événement semi-régulier en prison, il existe donc un protocole dont tout le monde est au courant. Vos vêtements sont emportés dans des sacs à risque biologique, vous faisant sentir moins humain, comme si cela ne suffisait pas d’être emprisonné. Vous êtes isolé du reste de la population carcérale le temps d’appliquer vos crèmes et de rester en attente.

Suivant les ordres du médecin, je me suis enduis de crèmes, pris mes douches, changé mes vêtements à plusieurs reprises, et beaucoup lu. J’ai essayé de ne pas me gratter la nuit, juste pour que mon compagnon de chambre puisse dormir.  Celui-ci est devenu de plus en plus exaspéré. Il venait d’être condamné à sa première peine de prison. En plus de la gale, Il avait beaucoup de choses à digérer.

En fin de compte, j’ai réussi à convaincre la plupart des prisonniers qui me criaient dessus que contracter la gale n’était pas de ma faute. Après deux semaines de crèmes et de solitude, mes éruptions se sont évaporées. Était-ce la gale après tout? Je ne le saurai jamais.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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L’Église et le sida, un vieux débat

Test de dépistage du sida ; position de l’Église sur le Sida

Nous reprenons ici un article de Luc Gagnon, directeur du CPAVIH écrit en 2006. Nous avons demandé à l’archevêché et au Cardinal Turcotte de commenter le texte que nous avons publié de M. Luc Gagnon. Puisque nous n’avons toujours pas eu de réponse, 5 ans plus tard, nous nous permettons de publier ici le texte avec le communiqué reçu du Cardinal Turcotte.

Luc Gagnon | Dossiers Sida, Religion

Je suis une personne «séro et positive» en santé (pour le moment). J’ai œuvré depuis près de vingt ans dans le milieu communautaire au Québec et également en solidarité internationale en Afrique.

Qu’il s’agisse de discrimination, de rejet, de solitude, d’un congédiement ou de l’impossibilité d’obtenir un emploi pour une question d’assurances médicales, les problèmes des personnes vivant avec le VIH au Québec demeurent bien réels et inacceptables, parce qu’évitables. Et je n’ai rien à faire de la pitié. Même la compassion m’énerve un peu. Je veux de la justice et du respect. Du respect sans égard au sexe, à l’orientation sexuelle, à l’origine ethnique, à la couleur de la peau, aux difficultés reliées à l’usage de drogue ou à un passé criminel. Le VIH est une question de santé publique, peu importe qui est touché.

Parce qu’un être humain qui souffre est un être humain de trop qui souffre. Peu importe où il se trouve sur la planète. Au Québec ou en Afrique du Sud. À Dolbeau comme dans le Centre-Sud. À la prison de Port-Cartier comme au coin de Sainte-Catherine. À Haïti comme à Montréal-Nord… La solidarité dans la lutte contre le VIH-sida ne devrait pas connaître de frontières.

Position de l’église

Le CPAVIH a dénoncé la position du diocèse de Montréal sur les tests de VIH pour les futurs prêtres. Le CPAVIH s’oppose à la demande de divulgation de la séropositivité d’un citoyen aux fins de l’exercice de son travail. En effet, les seuls renseignements médicaux qu’un citoyen doit fournir pour l’exercice de son travail sont ceux qui permettent d’analyser sa capacité à accomplir une tâche spécifique. Si une personne est cardiaque, cela peut l’empêcher d’exercer certains métiers, si une autre souffre d’un handicap physique ou intellectuel, cela peut également limiter sa capacité à travailler. Mais, le fait d’avoir contracté le virus du VIH, par quelque mode de transmission que ce soit, ne rend pas une personne inapte à l’exercice de son emploi. En aucun cas le simple fait d’être porteur du virus ne peut être pertinent. De plus, la protection des renseignements d’ordre personnel est un principe sacré dans notre système social. Or le dossier médical d’une personne est on ne peut plus personnel et privé. Seul un intérêt supérieur peut rendre acceptable le bris de cette protection. Soit la protection du public ou de la personne elle-même. On était loin de rencontrer ces conditions dans le cas d’aspirants à la prêtrise.

Quel message évangélique de compassion, d’inclusion Mgr Turcotte a-t-il lancé aux personnes séropositives? Une personne atteinte de VIH n’est pas une personne anormale, un monstre à cacher ou à jeter aux ordures. Le virus du VIH ne choisit pas et ne fait aucune discrimination. Il ne s’attaque pas à une communauté en particulier, ni à un groupe d’âge; c’est un virus, pas un péché.

CPAVIH Tel : (514) 521-8720 www.capvih.qc.ca

Commentaire du Cardinal Turcotte

Voyant la position de M. Gagnon, nous avons demandé au Cardinal Turcotte de commenter ce débat. Nous avons reçu comme réponse un communiqué de presse nous mentionnant que «l’Archevêché de Montréal n’émettra aucun autre commentaire sur ce sujet.» «… l’Archevêché de Montréal a amorcé, il y a plusieurs mois, une réflexion sur la mise à jour des conditions d’admissibilité des candidats à la prêtrise au Grand Séminaire de Montréal.

Cette réflexion n’a donné lieu à aucune décision définitive et il n’existe aucune directive officielle, voire écrite, exigeant le recours au test de dépistage du VIH… Notre réflexion quant à une éventuelle révision des critères d’admission des candidats à la prêtrise au Grand Séminaire de Montréal se poursuit. Nous pouvons dès maintenant affirmer que cette démarche ne mènera pas à l’imposition d’un test de dépistage de sérodiagnostic du VIH dans l’avenir.»

NDLR: Mgr Turcotte avait au préalable défendu sa décision d’imposer un test de dépistage du VIH, alléguant des raisons de santé et de mode de vie. Maintenant un communiqué de presse nous mentionne que la réflexion continue, mais qu’une décision de ne pas imposer le test est officielle. De plus, nous apprenons dans ce communiqué que Mgr Turcotte, un haut responsable pour la réflexion sociale et chrétienne, ne fera plus de commentaires sur le sujet. Comment pouvons-nous faire une réflexion tous ensemble si on ne prend pas le temps de se parler? La vive réaction des organismes communautaires impliqués auprès des personnes atteintes du VIH a-t-elle fait pencher la balance?

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

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Ensemble pour vaincre le suicide

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Dominic Desmarais | Dossier Suicide

vaincre-suicide-dossier-suicide En Outaouais, la coopérative d’ambulanciers dessert seule la totalité de la région. Ses 200 membres ont fait plus de 2000 heures de bénévolat l’an passé. Leur cause: la jeunesse.

Les ambulanciers de l’Outaouais s’inquiètent pour leur jeunesse. Au front tous les jours pour leur travail, ils ont constaté une augmentation des problèmes d’alcool, de drogues et de suicide chez les jeunes. «Ça fait 17 ans que je suis paramédic. Des jeunes de 12-17 ans, je n’en ramassais pas beaucoup quand j’ai commencé. C’est plus fréquent, maintenant.» dit Marc Paquette, président de la coopérative des ambulanciers de l’Outaouais. Ses 200 collègues et lui ont décidé d’agir.

La découverte d’un gamin de 9 ans, retrouvé pendu, avec une lettre de suicide à ses côtés, les a bouleversés. Des questions hantaient leurs esprits. Ils en discutaient entre eux. Pourquoi l’école ne l’a pas vu? Les intervenants? Le milieu? «Ce jeune aurait dû être pris en main avant ça», dit M. Paquette d’un ton sans appel.

Prévention du suicide, une tribune pour les jeunes

Les ambulanciers en ont jasé dans leur réseau. «Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de tribune pour les jeunes. On a décidé de faire un DVD sur les problèmes d’adolescents. Un outil de travail pour les intervenants auprès des jeunes, explique le président de la coopérative.

De la promotion contre le suicide, il y en a. Mais, au lieu de juste en parler, pouvons-nous connaître la réalité vécue par les jeunes afin de mieux les comprendre? L’adolescence que j’ai eue n’a rien à voir avec la leur», remarque M. Paquette.

La communauté et le suicide des jeunes

Dr Bernard Gélinas, de la coopérative de santé d’Aylmer, partage le même constat. Partenaire des ambulanciers, le médecin considère que seule la communauté a les outils pour résoudre ce problème. «La tâche en santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins, pense-t-il. Violence, abus, taxage… Ces problématiques n’étaient pas prévues par les fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce sont nos enfants!», s’inquiète le Dr Gélinas, qui remet en cause l’action du Ministère.

«On a demandé un budget pour un travailleur de rue. La Régie de la santé a refusé. Comme le CLSC avait déjà un budget pour ça, nous n’avons pas eu de subvention. Mais je n’ai pas vu d’action sur le terrain», critique le médecin qui y va d’un jeu de mot en parlant de Centre local de service caché (CLSC).

Le médecin se vide le cœur. Quand il cause suicide, il ne met pas de gants blancs pour s’attaquer au gouvernement. «Le programme de prévention suicide existe depuis 1980. Au Québec, pendant cette période, les suicides ont doublés. En Outaouais, ils ont presque triplés!» L’année dernière, le taux de suicide en Outaouais s’est maintenu sur la moyenne des 5 dernières années.

La Santé publique et le suicide

À la Direction de la santé publique, l’approche se décentralise. On forme des organismes de prévention du suicide que l’on subventionne. Ces organismes touchent le milieu des jeunes dans les écoles et dans les Maisons de jeunes notamment. Ils forment à leur tour des intervenants dans la communauté.

En Outaouais, c’est le comité Réaction-Vie, une cellule de l’organisme 24/7, ainsi que Suicide Détour, qui sont mandatés pour organiser le programme d’intervention suicide.

Les principales activités de la santé publique et des organismes d’intervention commencent avant les signes de détresse. «Elles débutent avec des programmes de promotion de compétences personnelles et sociales, d’estime de soi, et des capacité de s’adapter dans certaines régions», explique Geneviève D’Amours, responsable de la lutte au suicide à la Direction de la santé publique. Seule employée affectée au suicide à la Santé publique pour l’Outaouais, Mme D’Amours est également responsable des dossiers de santé mentale. «C’est le lot d’une petite région, dit-elle, il est impensable d’y réunir plusieurs personnes pour un même dossier.»

Mme D’Amours semble bien maîtriser son sujet. Elle parle avec franchise et s’explique davantage comme une enseignante. Elle oriente son approche vers une collaboration entre les milieux scolaires, communautaires et sociaux. «L’objectif est d’aider les enfants à passer au travers des épreuves de la vie», raconte-elle. Nous avons mis sur pied une approche nommée École en santé. «Notre programme de prévention, à la suite d’un suicide, est global. Il vise à prévenir les effets de contamination quand survient un suicide dans une école.

Bientôt, les écoles de la région participeront au Réseau Sentinelle. Une approche où des membres du personnel seront formés pour dépister les cas de détresse. Des adultes à l’écoute. «Ce sera plus efficace. Quand l’environnement est plus sécurisant, c’est plus facile pour le jeune. Mais le Réseau n’est pas encore en place. On attend la formation», avoue l’agente de la santé publique, qui compte déjà sur un noyau d’intervenants dans les écoles, préoccupés par le suicide.

Banaliser le suicide

Mme D’Amours n’est pas une chaude partisane de la stratégie qui consiste à parler abondamment du suicide. Elle se distancie de tout ce qui pourrait banaliser le suicide. «Les dernières années, on en a beaucoup parlé. Est-ce que c’est banal, d’attenter à sa vie? Non. On ne peut pas en parler si le jeune n’est pas rendu là. Il ne faut pas que ce soit tabou, nuance-t-elle, mais pas banal non plus.»

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts. Merci de votre soutien.

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Suicide des personnes âgées: une tentative pour ne plus souffrir

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Lisa Melia | Dossier Suicide

Il est peut-être étonnant de découvrir que le taux de suicide chez les hommes de plus de 75 ans est 7,5 fois plus élevé que la moyenne du taux de mortalité par suicide en France. Pourtant, la réalité parle d’elle-même et le problème est encore largement sous-estimé. Force est de constater que le suicide chez les séniors est encore un sujet tabou.

La prévalence du suicide des personnes âgées

En France, les décès volontaires chez les seniors sont largement plus nombreux que dans les autres tranches d’âge, et notamment chez les hommes de plus de 75 ans. En effet, leur taux de mortalité par suicide est de 150 pour 100.000 habitants, ce qui en fait le chiffre le plus élevé d’Europe. Les veufs de plus de 75 ans se suicident de cinq à dix fois plus que les femmes veuves du même âge. D’autre part, plus on vieillit, plus le risque est élevé: l’âge le plus critique se situe entre 85 et 89 ans.

Les raisons du suicide des seniors

Dans l’univers de la vieillesse, les raisons qui conduisent une personne âgée sont multiples et personnelles, mais on retrouve souvent le veuvage, les traumatismes liés à la guerre, la souffrance d’une maladie de longue durée, la solitude et le sentiment de ne plus servir à rien ni à personne. Ce mal-être se termine alors par la réalisation du geste irréversible, une fois sur deux. Ne pouvait-on pas le prévenir? Le problème, c’est que les signes de dépression sont souvent masqués chez les personnes âgées, ou considérés comme «normaux», liés à la vieillesse, malgré le constat que le «désir d’en finir» est intense. Même dans la famille, on parle très souvent de suicide légitime, rationnel, d’un choix sensé. Comme si le suicide était une fin de vie anticipée, une précipitation vers cette mort de toute façon inéluctable. Mais c’est là occulter la souffrance de l’être…

Le suicide des personnes âgées: un tabou?

Le chef du Service Psychiatrie de Brest, le Pr. Walter, souligne: «quel que soit l’âge, toute tentative de suicide est une tentative pour ne plus souffrir». Comment lutter contre ce mal-être? «En en parlant, répond le psychiatre, et en faisant passer ce message: oui, on peut être vieux sans être déprimé!». La dépression est un signe de cette souffrance. Elle est pourtant mal détectée et par conséquent peu traitée chez les personnes âgées, ce qui pourrait expliquer ces chiffres accablants. «Le tabou du suicide chez l’adolescent est tombé, alors qu’il persiste vis-à-vis des personnes âgées», souligne-t-il. La souffrance doit être exprimée et écoutée. Afin de sensibiliser le public à cet autre phénomène de la vieillesse, les associations de prévention du suicide ont commencé à faire des campagnes d’informations… mais le problème devrait peut-être relever de la santé publique, comme aux Etats-Unis.

Références

  • Blog Cap Retraite

suicide suicidaire vouloir se tuer comment mourir sans souffrir se suicider prévention intervention

Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Remerciements d’Alain Dubois, personnalité de l’année 2008

Raymond Viger | Dossier Loto-Québec

Le 14 février dernier, nous avions publié la nomination de M. Alain Dubois comme personnalité de l’année 2008 par Reflet de Société. Nous publions aujourd’hui les remerciements que M. Alain Dubois nous a fait parvenir.

safe_image MERCI!

Je suis extrêmement honoré et réellement touché d’avoir été choisi comme personnalité de l’année 2008 par le magazine Reflet de Société. Depuis presque toujours j’ai été impliqué socialement. Le plus souvent dans des causes liées aux droits de la personne. Cette implication était, jusqu’à récemment, plutôt anonyme. C’est l’absence de débat public sur la place de l’industrie du gambling dans nos sociétés (et sa gestion); le manque de sources d’information indépendantes et… malheureusement, des pressions pour me faire taire, qui m’ont amené, presque malgré moi, à prendre la parole publiquement sur cet important enjeu de santé publique.

Je n’avais jamais imaginé qu’un simple article dans un journal syndical en février 2001 qui dénonçait la collusion entre des chercheurs et l’industrie du gambling m’amènerait si loin… Un peu à l’image de l’effet papillon, je ne pouvais plus arrêter le mouvement que j’avais contribué à initier. Jamais dans mes 30 ans d’implications sociales et bénévoles, je n’ai eu autant le sentiment que mon implication comme individu pouvait faire une différence aussi significative et amener de réels changements.

Si cette implication fut – et est encore – très gratifiante, elle amena dans sa suite de lourdes responsabilités et le sentiment de devoir être toujours à la hauteur des attentes que j’avais contribué à créer. Je ne suis donc pas mécontent de voir aujourd’hui que toutes les questions reliées à la place du jeu dans la société québécoise sont devenues d’importants enjeux de santé publique qui font quasi quotidiennement la Une des médias. Et ce d’autant que certaines circonstances et évènements m’obligent à être plus discret dans mon implication bénévole.

Je sais… il y a encore beaucoup à faire. Le gouvernement par le biais de sa société d’État, Loto-Québec, continue (malgré un hypocrite discours contraire) à augmenter son offre pour les jeux d’argent et de hasard et à en faire la promotion active. Une triste situation qui témoigne d’un bris du contrat social qui lie l’État aux citoyens qu’il est normalement censé protéger. Il est impératif que l’on retire les appareils de loterie vidéo (ALV) des bars et que l’on confie à la santé publique le mandat d’analyser la programmation et la conception des divers appareils électroniques de jeu et, si nécessaire, de faire modifier ceux-ci afin de les rendre moins dangereux. Il est aussi crucial que l’on réduise le mandat de Loto-Québec à un unique et simple rôle de gestionnaire de jeu d’argent et de hasard.

Loto-Québec cultive l’art de la dépendance, non seulement auprès des joueurs, mais aussi auprès des organismes qu’elle finance par le biais de sa fondation et qui perdent ainsi tout sens critique face à ses activités : centre de traitement pour joueurs compulsifs; établissement public du réseau de la santé (jeu et en santé mentale); centre de recherche et chercheurs universitaires, centre d’emploi et autres services s’adressant aux joueurs, etc. Il n’y aucune raison qui justifie que l’industrie du gambling ne soit pas soumise à des règles équivalentes à celle du tabac y compris en ce qui concerne la publicité et les commandites.

Il est inconcevable qu’une société d’État retire la majorité de ses profits de personnes qui ont un problème de jeu et que sa gestion ait créé une situation pire qu’à l’époque où le crime organisé contrôlait cette activité. En bref, il serait plus que souhaitable que la gestion de l’offre de jeu soit avant tout dictée par des impératifs de santé publique, plutôt que financiers. Le jeu responsable, c’est en premier lieu une gestion responsable… lire sécuritaire.

Pour terminer, je souhaite remercier tous ceux et celles qui ont contribué à faire avancer cette cause de santé publique. Je pense ici à Raymond Viger, l’éditeur de Reflet de Société qui a joué un rôle de pionnier dans l’éveil des consciences face aux méfaits associés au gambling; à mes collègues de la coalition EmJEU – entre autres, le philosophe Pierre Desjardins et l’ex-croupière Éléonore Mainguy; aux intègres et dévoués chercheurs associés à la Santé Publique, entre autres; Jean Leblond, Élisabeth Papineau et Serge Chevalier; au chercheur universitaire Amnon Suissa, un des rares à n’avoir pas fait un marché de Faust avec Loto-Québec ainsi qu’à la journaliste et anthropologue Anne Panasuk pour ses percutants reportages sur les impacts dévastateurs des loterie-vidéos sur les communautés autochtones. Je ne voudrais pas oublier les nombreux joueurs qui m’ont aidé à comprendre de l’intérieure, c.-à-d. du point de vue du joueur, cette grave dépendance qui afflige un nombre considérable de nos concitoyens… merci Raoul, MH, Frank, Nathalie et tous les autres!

Sur la photo on peut voir l’immense bouquet de fleur qui m’a été remis à cette occasion. En arrière plan la superbe murale qui m’a été offert par le Café Graffiti en remerciement pour mon travail de sensibilisation…

Autres textes sur le Bénévolat

Ressources

Autres textes sur Gambling et jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

gambling-jeu-compulsif-gambler-joueur-pathologique-poker-casinoDVD Gambling

DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu. 20$ + 5$ (taxes et frais de transport)  Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc, H1V 1X4.

Pour voir le catalogue complet des DVD

Profession banlieu

Conférence en France No 30

Raymond Viger | Dossier Communautaire et Graffiti

Cette association a pour mission de faciliter les échanges et la réflexion entre les différents acteurs de l’intervention (éducateurs de rue, chercheurs, décideurs politiques, Santé publique…) sur les réalités sociales. Colloque, journée de formation ou encore de réflexion, groupe de travail, plusieurs moyens sont mis en place pour atteindre l’objectif. Il y a même eu une journée où des journalistes avaient été invité à discuter avec les éducateurs de rue pour faciliter la connaissance du milieu et de l’impact des journalistes sur les réalités sociales.

L’organisme est situé à St-Denis La Seine dans le 93, un quartier chaud et défavorisé. Il existe des postes de travail pour des médecins scolaires dans toutes les régions de France. Pourtant, aucun médecin scolaire ne veut travailler dans le 93 et les postes demeurent vacants. Plus de la moitié des enseignants ont moins de 2 ans d’expérience. Dès que le nombre d’année leur permet ils demandent à être transféré dans d’autres lieux.

La personne responsable, Bénédicte, me présente certains projets qui ont déjà eu leurs heures de gloire. Les femmes-relais, médiatrice. Une femme d’expérience dans une communauté est autorisé à accompagner une voisine vis-à-vis ses démarches légales et administratives. Cela permettait à l’occasion de faire la traduction pour certains membres de communauté culturelle qui ne parlait pas le français d’être représenté par une personne de confiance.

Il y a aussi des réalités telles que la difficulté des membres de la communauté chinoise à demander de l’aide. Surtout qu’en France, plusieurs services passent par la mairie. En Chine, la mairie c’est l’armée rouge, la répression… Dans le 3e arrondissement, les Chinois représentent maintenant 35% de la population.

Il y a aussi ce qu’ils appellent « les gens du voyage ». Ce ne sont pas que des Roms et des Roumains. Des gens qui se déplacent d’un pays à l’autre, d’un lieu à l’autre.

Ensuite les problèmes de logement. Il peut arriver que 3 familles partagent le même logement. Lorsqu’il y a expulsion pour des rénovations ou des changements de vocations du logement, seulement la famille initialement sur le bail est relocalisé. Aucune aide pour les autres qui « n’existent pas ».

Après avoir présenté notre organisme et notre méthode d’intervention, Bénédicte m’interrompt. Elle me mentionne que ce sont les mêmes principes qu’avaient utilisés Bertrand Schwartz en 1982 avec les « missions locales ». Une intervention globale avec la personne rencontrée. Le projet n’a malheureusement pas pu tenir la route à cause du financement. Une intervention globale implique de recevoir moins de jeunes, mais de faire une intervention plus coûteuse et plus longue. Les financements de l’Etat étaient calculé au prorata du nombre de jeunes rencontrés, l’organisme a dû se réorienter. C’est pourquoi notre organisme a réussi à évoluer avec cette méthodologie: notre capacité à autofinancer nos projets.

Pour des projets de médiateurs sociaux, Bénédicte me parle des jeunes qui travaillent dans les métro et les bus. Ils réussissent souvent là où la police ne échouent. Pour retrouver le calme dans certains instants assez chauds, ils n’hésitent pas à prendre le micro pour faire chanter les gens. Ce qui n’est pas facilement accepté ou compris par les institutions conventionnelles qui ont parfois de la difficulté à accepter l’innovation et les méthodes d’intervention originales.

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