Le suicide, une responsabilité de toute une société

Journal de Montréal, Sarah-Maude Lefebvre

Article questionnable sur le suicide

Raymond Viger Dossier SuicideJournal de Montreal

La lecture de l’article de dimanche le 8 décembre dernier sur le suicide me laisse un peu perplexe. C’est comme si la seule responsabilité d’intervenir auprès d’un jeune n’appartiendrait qu’aux parents, comme le démontre ces 2 passages:

Ce n’est pas facile pour les parents de détecter les signaux indirects que leur envoie leur enfant, indique M. Johnson… Malheureusement, on laisse parfois passer ces signaux parce qu’ils ne sont pas clairs. C’est après qu’on le réalise. Mais il ne faut pas culpabiliser. Chaque parent essaie toujours de faire de son mieux.
C’est difficile pour les parents de juger si l’état de leur enfant est passager ou s’il faut agir. Mais ils devraient toujours prendre au sérieux la détresse de leur jeune. Dans le doute, il ne faut jamais s’abstenir, explique Bruno Marchand.

Un jeune est pourtant entouré de parents, d’enseignants, de professionnels… Tel que souligné dans cet autre passage, trop souvent les suicides ont été précédés d’une tentative de suicide:

Parmi les 69 cas consignés dans les rapports de coroner depuis 2008, près de la moitié des adolescents québécois qui se sont suicidés avaient déjà tenté préalablement de s’enlever la vie ou avaient eu des idées suicidaires.

Malgré cela, il m’est arrivé trop souvent d’aller à l’hôpital accompagner un jeune qui avait fait une tentative de suicide et qu’il soit retourné chez lui en 24 ou 48 heures avec comme seule prescription un rendez-vous avec un psychiatre dans 6 mois!

J’ai eu à mettre de la pression sur des centres de crise pour qu’ils prennent en charge certaines personnes. J’ai joué au yoyo pendant 6 mois entre Louis H. Lafontaine et l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pour qu’un jeune reçoive une aide adéquate. Les premiers l’envoyait à Maisonneuve pour un problème d’alcool qui eux le retournait à Louis H. pour un problème de santé mentale. Il a eu de l’aide qu’au moment où il a fait une défenestration!

J’ai vu des parents appeler la police pour des jeunes dangereux pour eux-même mais que ces derniers réussissaient à convaincre la police que tout était correct et que ceux-ci repartaient sans offrir l’aide nécessaire au jeune.

Le suicide un mal de toute une société

Il est triste et malheureux de voir que, malgré que les parents aient fait l’impossible pour demander des soins à leurs jeunes, que ces soins ne soient pas toujours disponibles adéquatement et qu’on retourne trop facilement le jeune chez lui sans suivi adéquat.

Le suicide est un mal de société. Nous avons tous notre part de responsabilité et un rôle à jouer dans sa prévention et son intervention.

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide.

Autres textes sur le Suicide:

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

Autres livres pouvant vous intéresser:

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19 Réponses

  1. Un sujet touchant, Raymond, et que vous connaissez bien. Un problème de société, dites-vous. D’après ce qu’on dit, on ne se suicide pas dans les sociétés où l’on meurt de faim, par exemple : on tente seulement de survivre au jour le jour, un petit repas à la fois. Une fois notre survie assurée comme chez nous où même dans la misère on ne meurt pas de faim, le problème qui se pose est le sens de la vie. Est-ce là où se pose la tentation suicidaire : lorsqu’on n’arrive pas à trouver un sens à notre vie et à trouver ainsi une voie hors de notre souffrance personnelle ? (À l’adolescence, ce besoin de trouver un sens se pose pour tous, alors qu’on « se cherche ».)

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  2. Dans une société pauvre, il est fréquent de voir les gens se réunir et être solidaire les uns les autres. Dans ces micros société, il y a souvent des sages qui interviennent et soutiennent leurs communauté en les mobilisant, en leur donnant une raison d’être…

    Dans nos sociétés anonymes, les gouvernements, souvent très éloignés du peuple font des changements de loi, prennent des décisions, sans nécessairement voir les impacts et les conséquences sur certaines couches de citoyen.

    Quand un jeune fait une tentative de suicide et que le seul soutien qu’il reçoit est d’avoir un rendez-vous psychiatrique dans 6 mois… Nous avons définitivement un problème de société. Si on ne se limitait pas qu’au seul spécialiste mais qu’on acceptait de travailler tous ensemble, des aidants naturels pourraient être mieux impliqués dans le processus d’intervention.

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  3. Très juste. Et votre réponse ajoute un élément enrichissant au billet. Il s’agit de « réhumaniser » nos sociétés pour que chacun y trouve plus facilement un espace où il pourra être utile. Une société humaine pour des humains.

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  4. Nous sommes fait pour vivre en société et non pas pour la subir.

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  5. Sauf que les autorités nous ont « conditionnés » à leur remettre nos responsabilités personnelles. Donc, aux yeux de la majorité, un « problème de société » est à être solutionné par les « autorités sociales ».

    Voilà le résultat de l’entretient de la peur chez le peuple, par nos autorités pour fin de contrôle social. Le blanc ne peut être noir et vice versa; il faudra choisir.

    André Lefebvre

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  6. Je suis d’accord avec toi André.

    Ils nous conditionnent à laisser tomber, laissant croire que d’emblée, nous n’avions pas à nous en occuper.

    Le suicide, c’est l’affaire de tout le monde.

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  7. Est-ce vraiment les autorités qui nous conditionnent ou si nous avons de la difficulté à nous responsabiliser.

    Nous avons été habitué à avoir l’église qui s’occupe de tout. Le gouvernement a ensuite pris la relève.

    Un conditionnement qui date de longtemps!

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  8. Oui, Raymond, prenons en main notre responsabilité personnelle et notre destin personnel. Plus nous serons d’individus à le faire, plus notre influence sera grande sur la société, laissant ainsi de moins en moins de place au dit conditionnement des pouvoirs, y compris celui de la publicité et de la mode. Mais cela demande de grands efforts personnels.

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  9. Vous touchez un point important Normand. La publicité et la mode ont un très grand pouvoir.

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  10. Je pense qu’il faut s’entendre sur les notions:

    1) La société, en tant qu’organisme doit rendre la qualité de vie acceptable à chacun des citoyens. C’est là, sa seule raison d’être d’où découle tout le reste.

    2) La valeur personnelle d’une vie devient alors la seule responsabilité de l’individu.

    3) Le jugement sur la maladie mentale d’un individu est parfois très délicat. Qui peut vraiment juger de l’état mental d’un individu? Je ne parle évidemment pas de personnes qui sont dans un état végétatif. Je demande qui peut décidé de la ligne de démarcation entre « normal » et « fou »?

    Et surtout, quels en sont les « critères »? Mais cela est un autre débat.

    Amicalement

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  11. Je ne suis pas d’accord avec le point 2 et 3.

    2 – Quand on traverse une crise, il peut nous arriver d’être dépassé par les événements, ne plus avoir la capacité de voir la lumière au bout du tunnel. En tant que communauté, nous avons la responsabilité et le devoir d’aider et de soutenir la personne qui se retrouve dans une telle situation.

    3- Dans ce point, vous semblez dire que toute personne suicide a un problème de santé mentale. Quand un entrepreneur fait faillite, que sa femme le quitte avec son meilleur copain parce qu’il traverse une mauvaise passe et que suite à ces événements celui-ci se retrouve en crise suicidaire, on ne parle pas de problème de santé permanent et récurent. On parle d’une souffrance intense que l’on veut fuir et le seul moyen que l’on trouve est le suicide.

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  12. Pour moi il est toujours plus efficace de s’attaquer à la cause que de s’attaquer au problème.

    Mon opinion sur la cause du problème. Je pose la question à chacun d’entre vous qui avez plus de 60 ans, à combien d’occasion avez-vous pensé au suicide? Et combien de fois avez-vous eu connaissance qu’un de vos nombreux amis aient pensés au suicide? En ce qui me concerne AUCUN

    J’ai été aux études jusqu’à l’âge de 19 ans. Sur les dizaines de milliers d’étudiants de mon âge que j’ai croisés je n’ai jamais entendu dire qu’un élève s’était suicidé. S’il y en a eu ce fût un secret bien gardé.
    Que s’est-il passé depuis?

    Les familles étant beaucoup plus nombreuses chacun d’entre nous avions à gérer nos problèmes. Nos parents n’avait pas le temps de s’attarder à nos petits problèmes ils avaient assez des leurs. Par l’expérience et ayant de plus en plus confiance en nos moyens, plus nos problèmes prenaient de l’importance plus notre capacité pour les résoudre s’améliorait et nous avions développé une confiance en soi.
    Je n’en reviens pas aujourd’hui de voir comment c’est difficile d’élever un ou deux enfants. Psychologue par-ci psychologue par-là. Les meilleurs parents d’aujourd’hui sont ceux qui règlent et gère tous les problèmes de leurs enfants. Ses mêmes parents sont surpris qu’à l’adolescence lorsque leur petit trésor à sa première peine d’amour, tombe en dépression. Surprise c’est la première fois de sa vie que PERSONNE ne peut rien faire pour lui. Il est seul pour passer à travers cette épreuve, car les parents sont dépourvus, ils peuvent lui offrir la lune rien ne règle une peine d’amour. Imaginez ont le lance dans l’arène sans aucune préparation et l’on est surpris qu’il soit désemparé.

    Est-ce pensable qu’un entraîneur à la boxe puisse espérer que son protégé peut se rendre jusqu’à son premier combat, sans qu’il n’est jamais reçu quelques claques sur le nez durant les années d’entraînement?

    Pour moi un bon parent est celui qui aide son enfant à surmonter et à trouver les solutions à ses problèmes.

    Nous trouvons toujours la réponse dans la nature. Tous les animaux d’aujourd’hui élèvent leur progéniture de la même façon et ce depuis le début de la création. Pourquoi? Parce que c’est la bonne façon.
    Que l’oiseau ai un ou dix oisillons dans le nid il utilisera toujours la même méthode.

    Personne n’est à blâmer, c’est l’évolution de l’humanité ou cela va-t-il nous amener? J’aimerais être encore la dans 100 ans pour le voir.
    Personnellement j’ai beaucoup de compassion pour la majorité des jeunes d’aujourd’hui, qui sont lancés dans l’arène de la vie avec seulement un cellulaire à la main, par contre nous leur avons montré à signalé 911.

    Proverbe Chinois
    L’homme sage prend ses propres décisions. L’homme ignorant suit l’opinion publique.

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  13. De quel pays êtes-vous M. Cayenne pour ne pas avoir rencontré personne qui ai pensé au suicide!

    Votre raisonnement semble tenir sur le fait que le suicide ne serait qu’une affaire de jeunes! Sachez que la majorité des suicides au Québec ne sont pas le fait de jeunes mais d’adultes et de personnes âgées!

    Même si le taux de suicide par 100 000 habitants demeure toujours alarmant et qu’il faille continuer à faire de la prévention et intervenir, il est intéressant de savoir qu’il est le plus depuis 1981. En 2010, il était de 13,7 tandis qu’il avait monté jusqu’à 22,4 dans les décennies précédentes!

    Désolé mais vos arguments philosophiques, confrontés à la réalité des statistiques sur le suicide ne semblent pas tenir la route.

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  14. Je demeure au Canada et si vous pensez que je mens c’est votre opinion.
    SVP Vous êtes l’auteur de l’article et il traite du suicide chez les jeunes faites-vous une idée.
    Si vous trouvez que tout va mieux maintenant pourquoi cet article.
    Je n’ai jamais prétendu avoir des arguments philosophiques c’est vous qui le dites, j’en suis très flatté.
    Proverbe Chinois
    Parler ne fait pas cuire le riz.

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  15. Je suis l’auteur d’un article qui parle de la responsabilité dans l’intervention auprès d’un jeune suicidaire.

    J’y ai aussi présenté la difficulté du Journal de Montréal de présenter un article complet en la matière.

    Je n’y ai point parlé de l’augmentation ou de l’amélioration du taux de suicide chez les jeunes.

    J’ai répondu à vos commentaires qui exprimait que tout allait pour le mieux auparavant.

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  16. Pourquoi certaines personnes laissent-ils des signaux et d’autres non?

    Les premiers lancent des signaux de détresse à leurs proches, signaux qui veulent dire je n’en peux plus je suis rendu au bout de mon rouleau si vous ne m’aider pas voici ce que je vais faire. Souvent si personnes ne perçoivent les signaux nous assisterons à un suicide manqué. J’ai eu oui dire qu’une dame qui avait pris des pilules avait elle-même appelé le 911. En plus les signaux ne doivent pas être trop subtils car ils ne seront jamais perçus, occupé comme nous sommes par notre petite personne.

    Les autres, le docteur est un exemple parfait, leur décision est longuement mûrie. Donc pour quelle raison donneraient-ils des signaux? Le suicide pour eux est une LIBÉRATION.

    Je vais vous faire une confidence. J’ai déjà discuté avec mon épouse et en ce qui me concerne, si un jour mon état de santé atteint un niveau de non-retour, la décision est déjà prise et se sera terminé pour moi. Dans une telle situation ne compter pas sur moi pour envoyer des signaux.

    Proverbe Chinois
    L’eau renversée est difficile à rattraper

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  17. Le suicide est une souffrance intense qui aveugle une personne et qui l’handicape. Face à la souffrance, nous sommes tous différents et nous ne pouvons pas généraliser à partir de nos perceptions ou de nos préjugés.

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