Déconfine tes pensées; des slams écrits par des jeunes

Dossier Santé mentale

Crédit : Mélodie Descoubes

Un projet d’écriture pour les jeunes

L’auteur-slameur et porte-parole du Mouvement Santé mentale Québec, David Goudreault, effectue tous les mois, avec d’autres artistes, en direct sur Facebook, une lecture publique de textes rédigés par des jeunes de 12 à 25 ans dans le cadre du projet d’écriture Déconfine tes pensées. Un beau clin d’œil au confinement vécu en raison de la pandémie COVID-19.

« On désire faire entendre vos mots dans l’espace public à travers nos voix. On souhaite savoir ce que vous avez ressenti pendant cette crise, ce que vous ressentez en ce moment. Tout est bienvenu ; écrivez en vers, en prose, des nouvelles, en inversé, en sanscrit, en calligramme, en slang… on veut vous entendre ! », explique David Goudreault.

Le niveau de stress, d’anxiété et de désespoir a généralement augmenté avec le confinement. Plusieurs jeunes sont retournés aux études avec le plaisir de revoir leurs amis, mais ont dû s’adapter au quotidien chamboulé des écoles. Le Mouvement Santé mentale Québec souhaite donner la parole aux jeunes en vue de favoriser leur résilience et réduire à long terme les effets nocifs de la pandémie sur leur santé mentale.

Vous pourrez lire ici des textes et des extraits reçus depuis l’automne dernier. Voici les deux premiers slams écrits par des élèves d’une classe de français de l’école Jean-du-Nord, à Sept-Îles. Ils ont préféré garder l’anonymat.

Pensionnat

On n’a peut-être pas vécu les pensionnats,

Mais c’est comme si on était au pensionnat.

À la place des coups,

On accumule les contrecoups.

Ils ne nous violent pas,

Mais ils volent notre identité.

À force de trop parler le français,

On se noie dans notre différence.

Nous faire dire qu’on ne peut pas parler l’innu,

C’est comme nous déraciner.

Nous faire arracher à notre famille,

Ça brise une famille,

Ça brise l’enfant,

Ça me brise.

C.

M.


J’en ai assez

Je suis une jeune du centre de réadaptation qui, par obligation, doit accueillir l’abandon.

Retirée de mon milieu familial comme un animal en cage, je suis remplie de rage.

Nous sommes 10, 15 mille à être enfermés,

Ils n’ont aucune idée du chemin qu’on a traversé.

Ils versent des larmes pour une petite plaie, nous, on n’en verse pas, même si ça nous plairait.

Toutes ces nuits à ne pas dormir me donnent l’impression de périr.

Tous ces tourments nous rendent insomniaques, c’est peut-être pour ça que nous les noyons avec du cognac.

Nous sommes comme des animaux sauvages qu’on essaie d’apprivoiser.

Ils nous ont apprivoisés, ils nous ont appris à voir le passé.

Le centre jeunesse n’est pas la solution pour tous les adolescents,

Mais moi, je n’ai pas eu le choix de l’accueillir à bras ouverts, comme mes aînés avec le pensionnat.

Plusieurs à travers l’univers persévèrent envers leurs problèmes qui s’avèrent sévères.

Mais n’oubliez pas, ils nous ont apprivoisés, ils nous ont appris à voir le passé.

Ils disent ne pas vouloir nous assimiler, qu’ils ont changé, mais en fait, je vis la même chose que mes ainés.

J’en ai assez.

L.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Déconfine tes pensées – Un projet d’écriture

Dossier Santé mentale 

Crédit : Mélodie Descoubes

L’auteur-slameur et porte-parole du Mouvement Santé mentale Québec, David Goudreault, effectue tous les mois, avec d’autres artistes, en direct sur Facebook, une lecture publique de textes rédigés par des jeunes de 12 à 25 ans dans le cadre du projet d’écriture Déconfine tes pensées. Un beau clin d’œil au confinement vécu en raison de la pandémie COVID-19.

« On désire faire entendre vos mots dans l’espace public à travers nos voix. On souhaite savoir ce que vous avez ressenti pendant cette crise, ce que vous ressentez en ce moment. Tout est bienvenu ; écrivez en vers, en prose, des nouvelles, en inversé, en sanscrit, en calligramme, en slang… on veut vous entendre ! », explique David Goudreault.

Le niveau de stress, d’anxiété et de désespoir a généralement augmenté avec le confinement. Plusieurs jeunes sont retournés aux études avec le plaisir de revoir leurs amis, mais ont dû s’adapter au quotidien chamboulé des écoles. Le Mouvement Santé mentale Québec souhaite donner la parole aux jeunes en vue de favoriser leur résilience et réduire à long terme les effets nocifs de la pandémie sur leur santé mentale.

Vous pourrez lire ici des textes et des extraits reçus depuis l’automne dernier.


Exprimer ma colère

Chère COVID-19,

Je suis habituée d’écrire des messages à mes amis ou à ma famille pour leur dire à quel point ils sont importants pour moi, surtout en ces temps incertains. En revanche, j’ai rarement composé un message pour exprimer ma haine.

J’ai commencé à entendre de parler de toi pendant les vacances de Noël. Je me disais que tu étais vraiment très loin de nous et que tu ne m’atteindrais jamais. Alors, je me suis carrément foutue de toi.

Février est arrivé et tout était encore normal. Ensuite, mars est venu, ainsi que la semaine de relâche, où plusieurs personnes sont parties en voyage, partout dans le monde. Tu le sais très bien, tu t’es attaqué à plusieurs d’entre elles.

En revenant de la semaine de congé, jamais je n’aurais pu croire qu’autant de victimes seraient affaiblies ou mortes par ta faute. Le mercredi 11 mars 2020, ma mère m’avait prévenue de rapporter mes effets scolaires au cas où l’école fermerait pour deux semaines. Éternelle obstinée ou positive, vois-le comme tu veux, j’ai plus ou moins respecté son conseil. Je n’avais aucune idée que je ne pourrais plus voir personne pendant des semaines, confinée avec ma famille.

Ta présence dans notre pays a eu l’effet d’une bombe. Tu as explosé dans nos vies, sans te soucier de nous. J’ai essayé tant bien que mal de me convaincre que tu partirais dans le temps de le dire… mais un mois après le début du confinement, j’ai commencé à perdre espoir.

Il y a des gens qui disent que tu nous colleras après pendant près de deux ans. J’ai souvent pleuré sur mon sort. Tu m’as fait perdre cinq mois de ma vie. Tu m’as enlevé un des seuls réconforts que j’avais, le contact humain. Le simple fait de voir des gens et de pouvoir les serrer dans mes bras. Tu m’as empêchée de profiter du temps avec la seule aïeule qu’il me reste.

 Tu as mis à risque mes deux parents qui travaillent aux services essentiels. Tu m’as enlevé ma motivation de continuer d’avoir une routine. Tu m’as poussée à bout. L’annonce que l’école secondaire continuerait seulement à distance m’a aussi bien découragée.

L’été est arrivé. J’avais tant espoir que même avec toi dans les parages, les douanes américaines soient ouvertes. Bien sûr, je me suis fait une fausse joie. Encore une raison qui m’a poussée à te haïr.

Mes amis et moi faisons souvent des partys l’été. Au moins, nous avons pu, à la mi-juillet. Tu as légèrement remonté dans mon estime. L’annonce que nous irions à l’école m’a rendue tellement heureuse, que j’ai essayé de te pardonner.

Ce qui fonctionna. Jusqu’en octobre. Tu as refait surface dans ma vie, et ce, en grand. Tu as contaminé mon oncle, ma tante, mon cousin, ma seule grand-mère. Ma mère et mon père. Tu m’empêches encore de voir des gens, d’avoir une vie sociale ou tout simplement, encore une fois, d’avoir la motivation de continuer.

Je sais que tout le monde dit qu’on ne sait pas apprécier les choses quand on les a, mais ce n’est pas vrai. Je profite de chaque instant, mais je ne vois pas ce qu’il y a de positif en ce moment.

J’espère que tu auras compris que je n’ai jamais rien fait pour mériter ta haine et que tu n’aurais point la mienne si tu n’avais pas attaqué ma famille.

Je te souhaite le pire. J’ai très hâte que tu quittes mon entourage. Ou fais juste disparaître et ne refais jamais surface. J’en connais plus d’un qui serait heureux.

Ton ennemie éternelle,

Vivichou, 14 ans, Boucherville.


Gagner au change

Lors de l’arrêt soudain de l’école, j’étais pris dans les griffes du vapotage et dans une relation toxique. Ces deux problèmes faisaient en sorte qu’à la maison, ma frustration se transformait en colère.

Puisque j’étais bien habitué à ne jamais laisser paraître mes sentiments, mes parents ne comprenaient pas pourquoi je devenais agressif. Ils m’enlevaient toujours plus de privilèges. Ça rajoutait de l’huile sur le feu.

Soudainement, j’ai été coupé de mon ravitaillement de nicotine, ce qui a été le pire moment du confinement pour moi, ainsi que probablement pour ma mère et mon père. J’étais en sevrage forcé. Puisque mes parents allaient m’assassiner si je leur faisais part de ma dépendance, je n’avais aucune porte de sortie.

Ma solution : voir ma blonde toxique qui, elle, avait du ravitaillement. Pendant un mois, j’ai alors enduré son chantage émotif, des menaces de suicide, des dépenses excessives pour elle. Je l’ai même ramassée dans des partys, car elle était trop finie pour marcher. 

Bref, je devais endurer tout cela pour un peu de nicotine.  Je ne suis pas fier de moi, pas fier du tout.  Cependant, sur ce que je croyais être un coup de tête, j’ai mis fin à notre relation. Le vide qui était omniprésent dans mon cœur s’est rempli tout seul. J’ai aussi décidé d’arrêter de vapoter. C’est venu tout seul, laissant ces mauvaises habitudes peu à peu.

Les deux derniers mois ont surtout été du travail sur moi-même et, encore plus important, j’ai connu le pardon. Mes parents ont été compréhensifs et mon père, un peu vieux jeu, m’a fait bûcher tout l’été, ce qui m’a permis d’identifier ce que je veux faire de ma vie : la foresterie. Le confinement a été dur pour moi et mon entourage, mais j’en suis ressorti gagnant, avec finalement un objectif dans ma vie.

Louis Caleb, 16 ans, Acton Vale.


Offre-nous, microbe

Telle la souffrance 

La violence sera libérée 

De tout confinement

Lors de la trouvaille du soleil

Dans cette tempête de foudre

Tels les esclaves

Nous serons libérés 

De toute mauvaise ganache 

Dans cette complotiste année

Parsemée de solitude

Nous vivons dans un enclos

Telle une sardine

Claustrophobe

Dans sa boîte 

D’aluminium

Quand serons-nous délivrés

De tout velouté d’émotion

Quand serons-nous délivrés 

De tout ce manège

Sans fin?

Dès que les juges 

De cette souffrance 

En auront décidé 

Définitivement 

Quand?

Quand verrons-nous les étoiles?

Dans ce ciel 

Parfumé de noirceur

Oh, microbe 

Dis-nous 

Offre-nous cette illumination

Dans notre vie 

Offre-nous le début 

D’un horizon nouveau 

Offre-nous cette chance 

Nous t’en remercierons

Un jour 

Je ne sais pas 

Encore comment 

Mais nous le ferons 

Promis 

Sandrine, 17 ans, Shawinigan.


La casse

Bouche cousue, oreilles tendues

J’assimile les missiles qui m’assaillent

Qui sans tact attaquent : de vérité,

De faits, d’information, de formations

Voilà une belle rébellion

Ça prend forme follement et affole

Ça bouille et grouille

Puis ça casse…

Le temps stoppe, la confusion règne

L’opportuniste pille, les murs saignent

Discours muet? Action sans intention?

La conclusion semble privée de raison

Le sentiment d’impuissance est fort

Mais pour qui?

Pour le commun des morts

Tels ces mortels qui crient

NoixZette, 22 ans, Saint-Hyacinthe.


Ça va passer

Il y a des mots puissants qui ne sont pas rassurants 

Quand ça arrive, on se demande comment faire

Car c’est la première fois.

Il y a des personnes qui décrivent la situation avec de la haine ou de la peine
Parce que ça coule dans leurs veines. 

Il y a d’autres personnes qui saisissent l’occasion

Pour apprendre de nouveaux trucs, mais toujours avec précaution.

Moi, j’ai vécu ça comme si je faisais de la prison à domicile

Mais la différence, c’est que j’ai internet 

Et j’ai de quoi m’occuper.

C’est dur de rester enfermé 24h sur 24h

Je suis une personne qui a besoin de bouger 

J’ai réussi à survivre au confinement.

Des fois, je me dis que ça ne va jamais se terminer

Puis je remets mes pensées en place 

Et je me dis ça va passer.

Zélenski, 12 ans, Montréal.


Quarantaine

Quand je mangeais avec ma famille

Quelqu’un d’autre mourait de faim

Quand je dormais dans ma chambre

Quelqu’un d’autre était allongé sur un carton

Quand j’avais un écran devant moi

Quelqu’un d’autre avait des problèmes devant lui

Quand j’ai ri avec ma famille

Quelqu’un d’autre a perdu sa famille

Quand j’étais chez moi en ayant peur du coronavirus

Quelqu’un d’autre travaillait sans penser au coronavirus

Quand j’ai fait mes cours en ligne

Quelqu’un d’autre n’avait pas l’argent pour un laptop ou l’internet.

Fatema Jafari, 14 ans, Sherbrooke.


Le cirque de ma vie

Je maîtrise l’art de disparaître à la perfection
Je m’éclipse dans le néant
Alors que la foule applaudit
Ma destruction est un spectacle auquel tous assistent sans avoir acheté de billet
Je jongle avec des anneaux de feu et l’on m’envoie des fleurs
Je marche sur un fil
Sous le regard ahuri des spectateurs qui en demandent toujours plus
Je me nourris de leur admiration
J’en fais ma plus grande réussite
J’ai le ventre vide, mais des fleurs plein les mains

Julie, 19 ans, Québec.


Questions sans réponse

On te dit souvent :

Quand tu ne trouves pas ta clé,

Sors par une autre porte.

Et va penser là où sont cachées tes réponses.

Mais que se passe-t-il s’il n’y a pas d’autres portes?

Que se passe-t-il si on a volé ta porte?

Que fais-tu?

Que fais-tu quand tes clés s’envolent?

Que fais-tu quand tes portes se ferment?

Comment je sais?

Comment je sais si mes clés vont redescendre?

Comment je sais si mes portes vont se rouvrir?

J’attends?

Et si oui, pour combien de temps?

Combien de temps dois-je attendre pour que mes clés redescendent?

Combien de temps dois-je attendre pour que ma porte s’ouvre?

Valentina, 13 ans, Sherbrooke.


La tempête

Le confinement… un moment où nous nous sommes tous mis à chercher qui nous étions vraiment. Un moment où, emprisonnés en eux-mêmes, plusieurs ont perdu leur point d’ancrage.

Tout a basculé si rapidement que je n’ai pu trouver à quoi m’accrocher. La situation était irréelle. Seule dans ma tête, je me suis noyée dans mes pensées. Comme si j’étais prise au piège, comme si je n’avais aucune chance de refaire surface. Les journées ont été longues. Dans les couloirs inanimés, les nuits étaient froides.  J’ai dû me battre et je me bats toujours d’ailleurs pour m’en sortir. 

Je ne te cacherai pas que les orages doivent parfois être traversés à deux et que la paix d’esprit ne s’acquiert pas en un claquement de doigts. Mais, crois-moi, s’il te plait, la vie mérite d’être vécue. Tout ce que tu vis te rapproche du bonheur. Donc, toi, toi qui me lis, on va faire une promesse ensemble : Rien de stupide, okay?

Abygaël, 16 ans, Acton Vale.


Sans le regard des autres

Si les maladies mentales étaient autant considérées que les maladies physiques, est-ce que la santé serait une priorité? Est-ce que l’économie prendrait le bord afin que l’humanité soit respectée? Ou grandirait-elle au même titre que mon intégrité?

J’ai appris ce que serait la vie si on pouvait faire des choix sans souffrir le martyre parce qu’on se sent coupable de ne jamais sortir de son lit. Je sais maintenant comment je me sentirais si je choisissais de ne plus aller à l’école. Ça ne vaut pas la peine de perdre ma confiance et ma capacité à rester saine.

La Covid-19 fait ressortir toutes les émotions qu’on se voit obligé de garder en dedans, celles qui rendent les autres inconfortables au point où ils se sentent menacés. Elle fait ressortir les imperfections des clients des commerces qui ont tant de difficultés à faire tenir le tissu sur leur nez. On découvre enfin la vérité à propos de ceux qu’on suspectait d’avoir des problèmes de colère. On s’éloigne de ceux qui nous énervent à juger tout le monde pour des erreurs qui n’auraient pu être empêchées.

Camille, 17 ans, Mirabel.


Un congé forcé

Pendant le confinement, chaque matin, en me levant, j’attrape mon paquet de cigarettes et je sors dehors fumer ma clope. Quand j’ai fini ma tope, je l’éteins en l’écrasant sous mon snik.

Puis, je rentre à l’intérieur, j’écris un bon matin à mon chum sur internet et je retourne me coucher une heure ou deux. Je me réveille pour la deuxième fois, il est onze heures ou midi, je jette un coup d’œil dans le frigo.

Je fais cuire des patates à déjeuner, car je sais que mon frère adore ça, et moi aussi. Nous allons dehors renforcer notre fort de neige. Le confinement est très long et je n’ai rien à faire, donc je décide de me faire un igloo à moi. Ma petite sœur vient m’aider. Même si les blocs ne tiennent pas toujours, nous nous amusons beaucoup toutes les deux.

La nuit tombée, je retourne à l’intérieur. Je vois ma mère préparer un pop-corn maison. Je me débarrasse de mon culotton, le met à sécher et vais m’installer dans le salon pour écouter le film avec ma mère. Mon frère vient nous rejoindre.

Après tout, le confinement n’est pas si mal, j’en avais vraiment besoin, de ce congé!

Chloe


Le poison du charabia

Au commencement, je n’étais qu’une idée dans l’esprit prolifique de ma mère. Je crois même qu’elle n’avait envisagé personne pour partager la parentalité. Je suis née à travers l’ébauche d’un incommensurable désir de reconnaissance narcissique. Sans cri et sans douleur, j’ai vu le jour après un interminable travail. La douce chaleur de ma première couverture, le premier contact des mains sur l’épicarpe de l’acharnement maternel m’offrent la perspective d’une existence.

Dès la première œillade, j’ai su avec certitude que ma vie serait vouée à l’exercice d’un altruisme intellectuel. Je suis tatouée d’histoires et de pensées chimériques si éphémères, ne sachant survivre que sous la sollicitude d’autrui. Des bribes de souvenirs me parviennent comme une vague immense submergeant la douloureuse réminiscence de ma première relation.

Désespoir provoqué par la finalité de cette liaison vitale. C’est le goût amer de l’opium sentimental. Incapable de combler le manque, ce fichu hiatus séparant mes désirs de la rationalité humaine, j’ai soif d’un amour inextinguible. Dès lors, je suis affublée de ces incessants abandons, condamnée à de perpétuelles et fugaces passions.

Aby-Ève, 21 ans, Saint-Jean-sur-Richelieu


Le confinement a sauvé mon couple

On va se le dire, les débuts de relations sont toujours déterminants. Tout dépend des premiers mois. Si c’est déjà ardu et compliqué et que je ne suis pas trop sûre, je coupe tout, tout de suite. Alors, tu peux t’imaginer combien c’est périlleux pour moi, un début de relation au temps du confinement. Même si on voit beaucoup d’articles circuler sur les difficultés sociales, dans mon cas, ça a permis à mon couple de survivre!

Mon amoureux et moi, on terminait notre baccalauréat en enseignement lorsque la pandémie de Covid-19 est arrivée. On était censés passer les semaines les plus stressantes et drainantes de nos vies, mais on s’est retrouvé avec une situation complètement différente. Pas de stage ni de rapport à rédiger pour la fin de nos études.

On a pu grandir en tant que couple et approfondir notre relation sans stress externe ni pression. On goûte à la retraite à l’âge de 23 ans (retraite temporaire but, still). On a du temps, de l’énergie et de l’argent (Thanks to Justin). On prend le temps de prendre notre temps, on se laisse de l’espace. On s’aide à mieux se comprendre et on apprécie plus nos petits comme nos grands moments, aux balbutiements de notre vie à deux.

Mélanie St-Louis, 23 ans, St-Joseph-du-Lac.


Le grand ménage

Depuis plusieurs saisons, j’apprends à creuser à l’intérieur pour apprendre qui je suis. Certains coups de pelle sont plus douloureux que d’autres, mais ils finissent tous par être utiles d’une certaine façon.

Grâce à la montagne de temps que la Covid-19 m’a offerte, j’ai eu des tonnes d’occasions pour faire des sessions de ménage intérieur. J’ai pu faire le tri entre ce qui méritait d’être gardé et ce qui pouvait être envoyé dans un centre de charité. Certaines taches n’ont pas voulu partir, mais j’ai trouvé une façon de les rendre moins dérangeantes.

Pendant ce temps, de nouveaux items ont commencé à prendre place dans les récents espaces créés et j’ai appris à aimer tout ce qui se trame en dedans de la jeune adulte que je suis. Comme toutes bonnes rénovations, rien n’est encore parfait, mais je suis bien fière du progrès qui a été fait, car je peux maintenant dire que je suis bien chez moi.

Camille Gaucher, 23 ans, Montréal.

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Déconfine tes pensées; Lecture avec David Goudreault et Kathia Rock

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L’auteur, poète et slameur québécois a rendu hommage à l’une des participantes, Gabrielle Major, décédée quelques jours plus tôt. David Goudreault avait d’ailleurs récité les paroles de la jeune femme lors de la première lecture, en septembre.

Le projet d’écriture jeunesse du Mouvement Santé Mentale Québec se poursuit jusqu’en juin prochain. Les jeunes sont invités à s’exprimer sur ce que la Covid-19 a comme impact dans leur vie. 

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L’itinérance en chiffres

En septembre dernier, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé que « le nombre d’itinérants aurait doublé » dans la ville depuis le début de la pandémie. Les personnes sans-abris seraient près de 6000 dans les rues montréalaises. Avec l’apparition de la COVID-19 et des mesures sanitaires mises en place pour la contrer, les refuges traditionnels ont dû réduire leurs capacités afin de respecter les règles de distanciation physique. 

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Lors du premier confinement, 700 places ont pu être créées dans plusieurs lieux désertés, tels que des hôtels ou des centres sportifs. Ces refuges temporaires ont ensuite fermé leurs portes aux itinérants lors du déconfinement, en juin dernier. C’est dans ce contexte que le camping de Notre-Dame a vu le jour, dans le quartier d’Hochelaga, où des dizaines de tentes se sont dressées durant l’été.

La suite disponible sur Reflet de Société Plus. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

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Le Camping Notre-Dame, un plan B confortable

Au début de la pandémie de la COVID-19, le centre-ville de Montréal, bondé, cacophonique et vivant, a été massivement déserté par les travailleurs. On n’y voyait plus que la pauvreté. Tout le monde étant confiné chez soi – avec la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ou en télétravail –  il ne restait plus que les personnes sans-abris dans les rues.

Un texte de Étienne Langlois publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

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Avec la pandémie, bien des itinérants ont refusé de s’installer dans les centres d’hébergement parce qu’ils jugeaient les lits trop cordés pour respecter la distanciation physique. Difficile de bien se protéger du virus et de rester dans sa bulle lorsqu’on n’a pas de toit pour s’abriter. Au printemps, avec les nuits qui se réchauffaient et l’herbe qui verdissait, le matelas naturel qu’est la terre est devenu une option bien plus intéressante pour les personnes sans foyer.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Covid-19; le Québec dans le top 5, sensationnalisme inutile

Le Québec et le Coronavirus

Le top 5 des bad boys

  • Les chiffres, on peut leur faire dire à peu près n’importe quoi.
  • En période de pandémie et lorsqu’il faut remplir du temps d’antenne on en invente.
  • Quand on est politicien et qu’on veut attaquer le parti d’en face on utilise n’importe quel argument. 

Raymond Viger | Dossier Coronavirus

Si on retranchait le Québec du Canada et qu’on l’intégrait dans la liste des pays en comparant le nombre de décès par millions de personnes, le Québec serait au 5e rang au monde.

Pourquoi se limiter au Québec. Faisons le même exercice avec la ville de New-York. Créons une série de pays avec d’autres lieux comme Montréal et Laval. Allons chercher les villes, villages, provinces ou lieu à définir où le coronavirus a fait un ravage.

Le Québec se situerait comment dans un tel exercice avec tous ces nouveaux pays que nous venons de fédérer?

La question qui tue. Était-ce une nouvelle utile et d’intérêt public? Était-ce du sensationnalisme?

À vous de juger.

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show_imageQuand un homme accouche

Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet: www.refletdesociete.com. Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4


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Queer, une autre identité

Le nouveau Q à la mode

Queer : identité sociale et politique

Le mot «queer» a soulevé bien des interrogations dans les deux dernières années au Québec. Pourtant, la lettre «Q» pour «queer» figure depuis 1996 dans l’acronyme LGBTQ (lesbienne, gais, bisexuels, trans et queer). Ce n’est toutefois qu’en juin 2016, alors que Cœur de pirate faisait son coming out en tant que queer en réponse à la tuerie dans la boîte de nuit homosexuelle d’Orlando, que les journalistes québécois se sont intéressés au sujet.

Mélina Soucy | Dossiers Quoi faire aujourd’hui, Quoi voir ce week-end

gaetanLe mot «queer» a soulevé bien des interrogations dans les deux dernières années au Québec. Pourtant, la lettre «Q» pour «queer» figure depuis 1996 dans l’acronyme LGBTQ (lesbienne, gais, bisexuels, trans et queer). Ce n’est toutefois qu’en juin 2016, alors que Cœur de pirate faisait son coming out en tant que queer en réponse à la tuerie dans la boîte de nuit homosexuelle d’Orlando, que les journalistes québécois se sont intéressés au sujet.

À l’occasion de la deuxième édition du Queer Performance camp, un événement montréalais qui regroupe spectacles, ateliers, résidences et performances, Reflet de Société a rencontré deux artistes pour rendre plus accessible le terme queer.

Origine du terme

 Queer est un terme américain. «Ça signifie étrange ou peu commun, traduit Gaétan Paré, artiste multidisciplinaire montréalais. À l’origine, c’était utilisé comme une insulte contre les gens non hétérosexuels ou transsexuels».

C’est vers la fin des années 1980 que les gens ont commencé à s’approprier l’insulte et l’ont transformé en expression positive.  Le mot queer réunissait désormais les gens marginalisés par leur identité et orientation sexuelle sous une même bannière.

Le terme queer regroupe donc deux aspects : une identité personnelle d’une part, et un mouvement politique qui rejette l’existence des catégories d’identité de genre et d’identité sexuelle imposées par le système patriarcal. «Il est toutefois difficile de donner une définition claire à «queer», renchérit Tina Satter, artiste new-yorkaise œuvrant dans le milieu du théâtre.  Le mot revendique en lui-même l’absence de catégorisation. Il permet aux gens qui trouvent les mots “gay” ou “trans” trop limitatifs, entre autres, de se définir avec un mot qui n’a pas de frontières rigides».

Gaétan Paré : s’identifier comme queer

 À l’aube de ses 39 ans, Gaétan Paré s’identifie comme queer.

«Très jeune, quand j’avais 18 ans environ, je savais que j’étais différent, confie-t-il. Ce sont les écrits de Michel Foucault, un philosophe français homosexuel, qui m’ont d’abord ouvert les yeux sur les notions de genre, d’orientation et d’identité sexuelle».

À cette époque, Gaétan ne s’identifiait pas encore comme queer. «C’était déjà compliqué de dire que j’étais gai, je ne pouvais pas m’identifier comme queer en plus.  Même si j’avais une amie qui étudiait en sexologie qui m’a clairement expliqué que la façon dont je parlais de mon identité était queer», précise-t-il.

Ce n’est qu’il y a six mois, en même temps que le début de la conception de son spectacle Opera omnia- je suis venu te dire, que Gaétan a commencé à s’identifier clairement comme queer.

«J’ai contacté Jean-François Boisvenu, un bon ami que j’avais perdu de vue depuis longtemps, car j’avais vu son travail cinématographique et voulais travailler avec lui, raconte l’artiste. En parlant de mes idées pour ce projet, il a fini par m’arrêter et me dire : t’est complètement queer, il faut faire ce spectacle dans le cadre du Queer camp!» À partir de cet instant, Gaétan a commencé à se revendiquer queer. «C’est devenu une obligation, un geste politique», affirme-t-il.

Le spectacle coécrit et réalisé par les deux amis, est construit à partir du personnage de Médée de la tragédie grecque écrite par Pierre Corneille.  «Gaétan était obsédé par Médée, rapporte Jean-François. Médée, c’est un personnage issu de la mythologie grecque, connue pour avoir tué ses enfants pour punir son mari Jason de l’avoir répudié.  D’habitude les gens trouvent que Médée c’est une criss de folle. Gaétan, lui, l’admire».

Gaétan voit ce meurtre comme une métaphore. «Je le vois comme un attentat au patriarcat, explique-t-il. Elle retire à Jason son pouvoir parental, sa possibilité d’être père. C’est une castration. Dans le monde hétéronormatif dans lequel on vit, la reproduction fait partie du patriarcat. Lui enlever le fruit de cette reproduction est un attentat à ce pouvoir masculin.»

Le geste de Médée peut être perçu comme un attentat au patriarcat, car en tuant ses enfants, elle se débarrasse de son rôle traditionnel de mère.  Rappelons que pendant des siècles, les femmes n’avaient aucun droit et étaient considérées comme mineures toute leur vie. C’est par le mariage qu’elles donnaient un sens à leur existence. Elles accomplissaient leur destinée si elles engendraient des héritiers de sexe masculin pour perpétuer la lignée.

Tina Satter : intentions artistiques

 De son côté, Kristina Satter s’identifie comme queer depuis ses études universitaires. «Quand j’étudiais avec Jess Barbagallo, une actrice et scénariste lesbienne, j’ai vécu ma première expérience queer romantique et artistique, raconte-t-elle. C’était une étape charnière pour moi».

Depuis, Tina veut montrer des situations qui vont à l’encontre de l’hétéronormativité. «Enfant, j’écoutais beaucoup la télévision, relate-t-elle. On y montrait toujours les mêmes situations sociales. Un garçon rencontre une fille. Une fille rencontre un garçon. Je veux montrer des situations où il est difficile de déterminer le genre de l’acteur, où des personnages masculins comme un coach de football, sont joués par des lesbiennes, bref où on transgresse les normes.»

Son dernier spectacle, Ghost Rings Unplugged, met en vedette un groupe rock imaginaire composé exclusivement de femmes. «Ce show est basé sur la relation que j’avais avec ma sœur lorsque nous étions adolescentes, rapporte l’artiste. Les frontières entre amour et amitié sont parfois très proches l’une de l’autre. Je n’entends rien d’incestueux par là évidemment, mais cette imprécision, ce flou ressemble beaucoup au sentiment d’être queer.»

 Queer peut donc également traduire un sentiment d’étrangeté, de singularité par rapport au système. Il y a cependant moyen de ne pas s’isoler comme l’explique Tina. «Dans ma jeunesse j’avais beaucoup d’amis transgenres et j’assistais à leur lutte constante avec la société, se rappelle-t-elle. Pour éviter de tomber dans ce dur combat, j’ai fait le nécessaire : j’ai trouvé la communauté queer la plus près de moi, j’ai trouvé des mentors et j’ai lu beaucoup de littérature queer. J’ai trouvé des endroits de confiance pour m’exprimer ».

Termes utiles à la compréhension de l’idéologie queer

Patriarcat : Système social hétéronormatif dans lequel l’homme domine dans tous les domaines (politique, économique, familial et religieux) par rapport aux autres.

Hétéronormativité : Pensée qui pose l’hétérosexualité comme la seule orientation sexuelle possible ou comme supérieure aux autres.

Genre : Construction politique et sociale de la différence entre les sexes. Le genre se construit par les comportements sociaux adoptés par un individu. Ces comportements sont associés au masculin ou au féminin. Simone de Beauvoir disait d’ailleurs qu’«on ne naît pas femme, [mais] qu’on le devient», par nos interactions sociales.

Horaire des spectacles

Jeudi le 24 août à 20h au Théâtre Lachapelle : Gaétan Paré/Opera omnia-je suis venu te dire

Samedi le 26 août 22h au Théâtre Lachapelle : Tina Satter/Ghost Rings Unplugged


Bistro Ste-Cath

où culture et social se rencontrent

260 spectacles gratuits par année

100% des surplus reversés à la communauté


L’amour en 3 dimensions

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Pour commander par Internet

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Bistro le Ste-Cath

Un restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, le Bistro le Ste-Cath saura vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Le Ste-Cath présente plus de 260 spectacles gratuits par année.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.         

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