Fraude sur Internet: l’écrivain Léandre Bergeron arnaqué par un auteur de Tunisie

Fraude sur Internet: l’écrivain Léandre Bergeron arnaqué par un auteur de Tunisie

François Richard  Dossiers Internet et Protection du consommateur

Nous avons publié au printemps dernier un billet mettant les internautes en garde contre une fraude pratiquée à partir d’une page de prétendue vente de chiens. Parmi les commentaires suscités par le texte, nous en avons reçu un de Serge André Guay, un éditeur de Laval. Il a informé les lecteurs de notre blogue de la fraude dont a été victime l’auteur québécois Léandre Bergeron sur le site américain d’auto-édition lulu.com

Léandre Bergeron, Le Québécois, lulu.com

Serge André Guay a découvert que quatre livres au contenu identique ont été mis en vente sur le site d’auto-édition lulu.com. De ces quatre livres, deux portaient la signature de Léandre Bergeron. Le contenu des livres était délirant et Serge André Guay a réussi, au terme d’une enquête bien menée, à découvrir l’identité du fraudeur. Ce dernier est un Tunisien nommé Mohamed Anouar Brahim. L’homme a plusieurs identités sur la Toile et il prétend avoir fondé sa propre religion. Il a d’ailleurs publié un livre au Québec en 2005 sur sa vision du monde, fantaisiste et intolérante (il encourage entre autres les homosexuels à se suicider). Le fraudeur aurait choisi l’identité de Léandre Bergeron en raison du travail de ce dernier sur la langue québécoise et la notoriété qu’il a acquis dans ce domaine. Mohamed Anouar Brahim a en effet, entre autres délires, la prétention d’avoir inventé une nouvelle langue pour les Québécois. Les livres faussement attribués à Léandre Bergeron portent les titres Le Québécois et La langue québécoise. Le travail de Serge André Guay a amené plusieurs autres médias, dont TVA, Radio-Canada et Radio X, à se pencher sur cette histoire choquante.

Sûreté du Québec et sites frauduleux

Léandre Bergeron a porté plainte à la Sûreté du Québec et les livres qui lui ont été faussement attribués ne sont plus disponibles sur lulu.com. Cette histoire démontre qu’il faut faire preuve de discernement lorsque nous faisons des achats en ligne. En même temps, je crois qu’il y a peut-être un problème avec le concept d’auto-édition en soi. Serge André Guay  en est arrivé au même constat au cours de son enquête. Il avait d’ailleurs refusé un manuscrit de Mohamed Anouar Brahim il y a quelques années. Les éditeurs existent pour séparer  les bons manuscrits des mauvais et proposer aux acheteurs de leurs livres des produits de qualité. Il existe une multitude d’éditeurs qui assurent une diffusion aux ouvrages les plus divers: littérature haut de gamme, populaire, fantaisiste, érotique, de croissance personnelle, astrologique et une foule d’autres genres. Si un auteur n’a réussi à se faire publier par aucun éditeur professionnel, c’est peut-être parce que ce qu’il écrit est inintéressant, voire déplacé et haineux comme dans le cas des écrits de M.Brahim, ou simplement mal rédigé (erreurs de syntaxe, d’orthographe, etc). Peut-être l’auto-édition n’est-elle qu’une façon d’offrir une tribune à des gens qui n’en méritent pas.

Enquête de la Fondation Littéraire Fleur de Lys

Pour ceux que l’histoire intéresse, je vous invite à lire le compte-rendu de la grande enquête réalisée par Serge André Guay. Elle est très pertinente et se lit comme un bon article journalistique. Chapeau.

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15 Réponses

  1. L’auto-edition offre une tribune a des gens qui ne la mérite peut-êtrepas ? Cette conclusion est étonnante dans un journal citoyen. Sur quoi vousbasez vous ? Ne croyez vous pas qu’il y a des éditeurs qui vendent desmauvais produits ? Votre article vous permet-il de mériter cette tribune ?

    L’auto-édition permet des micro-éditions que le système classique nepermet pas. Il permet aussi à chacun de participer à ce que je nommerai laculture collective, et non pas le reflet de la société que les médiasveulent montrer. Lulu.com est un site qui fait commerce de la micro-édition. Au moins, ilne fait pas payer à un auteur 2000 à 3000 euros pour des livres quel’éditeur ne promotionnera pas et fera volontairement aller au pilon aprèsavoir empoché son bénéfice.

    L’auto-edition menace aujourd’hui grandement l’édition classique qui veutfaire payer les fichiers électroniques quasiment le prix d’un vrai livrepapier. Votre article est-il là pour la diffamer ? Car finalement, desescroqueries, il y en a dans toutes les branches. Alors, cette histoiren’est qu’une usurpation d’identité de plus sur le net. Et bien, si les internautes veulent bien suivre ce lien, ils tomberont surdes oeuvres en lecture libre intégrables et gratuite, souvent entéléchargement gratuit (y compris sous format epub (Sony vient aussi de s’ymettre) et imprimables via un système de livre à la carte. http://www.inlibroveritas.net.

    Et là, on ne paye pas sans savoir en ayant lu qu’un quatrième decouverture et admiré une couverture. Il y a des oeuvres médiocres, desmoyennes avec des choses intéressantes, et même des bonnes, voire bienmeilleures que les oeuvres formatées dites « vendables ». Une vrai pépinière de talents sur le terreau de la créati vie té.

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  2. Bonjour M. Le Borgne,

    Bien sûr des éditeurs vendent des mauvais produits, les libraries montréalaises (je ne saurais dire pour l’Europe) en débordent littéralement. Pour ce qui est de la culture collective que les médias ne voudraient pas montrer, là je décroche.

    Un livre ne sera pas plus lu noyé parmi des milliers d’autres sur Internet que dans une librairie, anonyme sur les rayons. Au moins sur les rayons l’acheteur potentiel qui tomberait dessus par hasard aurait la caution d’un éditeur connu avant d’effectuer son achat (sans compter les conseils avisés du libraire s’il s’agit d’un commerce un tant soit peu ‘artisanal’).

    Il est de plus selon moi tout à fait normal que les éditeus souhaitent faire payer les fichiers de livres en ligne. Écrire un bon livre demande des mois, voire des années de travail, suivi d’un travail d’édition et de ré-écriture s’échelonnant sur une longue période de temps. Les auteurs et les éditeurs doivent avoir des revenus. Et dans les deux cas, pour l’immense majorité, ils ne vivent pas dans le grand luxe.

    Tant mieux si des talents méconnus sont découverts par l’auto-édition, mais la lecture en ligne de l’avenir sera payante et aura recours à des maison d’édition professionnelle, tout comme les journaux en ligne se dirigent vers un mode de diffusion dans lequel le lecteur devra débourser. Et c’est tout à fait normal.

    Ce qui l’est moins est que les fournisseurs d’accès à Internet s’en mettent plein les poches en offrant un service ‘gratuit’, que l’on doit pourtant fort cherèrement payer tous les mois, tandis que les fournisseurs de contenu en ligne doivent offrir leurs produits de qualité à perte. Là est le vrai scandale. Il n’est pas dans le fait que les entreprises culturelles veulent être payé pour les oeuvres qu’elles produisent.

    En littérature comme dans toutes autre forme d’expression culturelle, il y a différents niveaux de qualité et d’intérêt. Je persiste à croire que si aucun éditeur, des meilleurs aux plus médiocres, n’a voulu d’une oeuvre (et Dieu sait qu’il s’en publie des tonnes de mauvaises), son auteur devrait peut-être se questionner quant à sa vocation d’artiste.

    Cordialement,

    François Richard

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  3. Cher Monsieur Richard

    Tout d’abord je vous remercie de votre longue réponse. Je vous rejoins sur la somme de travail que représente un livre, pour sonauteur, comme pour un éditeur sérieux qui fera faire une relecture et descorrections lui aussi avant de mettre le « produit en route ». Mais un « fichier livre » ne demande ni immobilisation de stock, nibesoins énormes en publicité pour l’écouler rapidement et supprime unintermédiaire pourtant intéressant : le libraire qui par sa culture et laconnaissance de ses clients saura conseiller le bon livre parmi lesmilliers qu’il a en stock.

    La mise en vente sur le net n’est pas chère nonplus. Les prix proposés sont donc excessifs, et seront un frein quiprofitera justement à la littérature libre, qui elle sera condamnée aumanque de moyens mais restera vivace. Bref, du trop cher d’un côté, du « pas assez travaillé de l’autre ». Carl’auteur tout seul et sans revenus de ses manuscrits n’investira pas pourdes livres qui ne seront pas assez lus. La culture globale pourrait être perdante si internet n’était pas malgrétout un moyen de diffusion intéressant. J’arrive sur http://www.inlibroveritas.neta être lu régulièrement (je suis en lecture intégrale gratuite) et surtoutà être téléchargé ‘gratuitement) pour être lu ailleurs.

    Je me considère comme auteur et non comme écrivain ou romancier, qui pourmoi a une valeur « professionnelle ». Je sais être en dessous de nombreusespersonnes, et pourtant… Quand je lis des critiques, résumés, extraits ou sujets de nombreuxlivres, je les trouve inintéressants, vides, pompeux, voire stupides. Uneimpression que je n’ai pas dans la lecture de la « culture collective » oùles autodidactes bouleversent les règles, s’appliquent sur l’orthographe,peinent sur le style mais racontent quelque chose. Il y a du vécu dansleurs oeuvres, et ils n’inventent pas spécialement de sordides histoires,des amourettes artificielles « pour faire rêver » ou du nombrilismeexcessif. Ils n’essaient pas de combler avec une foultitude de détails quine servent à rien.

    Au dessus de ces auto-didactes plus ou moins doués etassez bruts mais passionnés, il y a ensuite des amateurs éclairés quin’écriront pas des dizaines d’ouvrages, mais deux ou trois romans quiseront « Leur oeuvre », et des nouvelles qui établissent leur lectorat. Ilfaut les connaitre, et ensuite, et bien, vous n’avez plus besoin du systèmecommercial. Leurs histoires ne font pas rêver. Elles intriguent et ellespassionnent. Là où vous commettez une deuxième erreur de jugement, c’estque vous pensez qu’il s’agit de « refoulés » des salons d’éditeurs. Pas dutout. ces gens font de la littérature comme d’autres font des concours descrabble, s’inscrivent à « Questions pour un champion », des chiffres etdes lettres etc etc. Regardez un départ de marathon.

    Après les quelquestêtes d’affiche, qui bénéficient de sponsors et d’entrainement parfait, ily a des amateurs qui ont bien du mérite, et qui au départ ont autant detalent mais qu’ils n’ont pas fait fructifier. Le chronomètre juge dans cecas. En littérature, il peut, si on fait une « correction de français »leur trouver quelques formules maladroites et des fautes d’orthographeoubliées. Mais la créativité, celle-là, elle ne se mesure pas. Voilàpourquoi il y a de nombreuses oeuvres de l’esprit, passionnantes, quin’attendent que d’être découvertes sur http://www.inlibroveritas.net qui est leseul site en france à proposer des oeuvres intégrales gratuites pour lelecteur.

    Et ces gens là ne méritent pas le jugement à l’emporte pièce du «professionnel de la culture », qui lui recherche une rentabilité pour lestextes qu’il sélectionne. Il en choisit donc des « vendeurs », si possibleécrits (ou prétendument écrits ) par des noms connus dans d’autresdomaines. Il reste alors très peu de place pour les anonymes et la vraielittérature dans le milieu de l’édition. Voilà pourquoi je parle d’uneautre culture qui est censurée par la loi d’un marché tellement réduit, queles lectrices de ELLE sélectionnent un livre écrit par le directeur dujournal le Monde.

    De qui se moque t’on finalement ? Si Monsieur Richard, je suis plus lu noyé sur internet que si j’étaisperdu dans l’océan de livres d’un libraire. Car mon livre ne peut être cheztous les libraires, alors que mon livre électronique est accessible departout dans le monde, à condition qu’il y ait un ordi ou un téléphone. Enplus, je suis assez médiocre car j’écris souvent dans l’urgence, après lesheures de boulot. Alors, j’écris court la plupart du temps, des petiteshistoires qui font rire jaune et qui font réfléchir ou s’indigner. Et puis,je prends aussi le temps de défendre les licences libres, la pluralité destalents, les libertés numériques et de faire face aux critiques infondéesde certains dépositaires de la culture auto-proclamés, sous prétexte queeux font du fric avec. Artiste, je ne sais pas. Mais une vocation d’acteurengagé, si.

    Cordialement

    Fredleborgne

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  4. Étrange comme il est encore possible d’émettre des jugements de valeurspour les juxtaposer à des valeurs pécuniaires.

    La maison d’édition telle qu’elle existe aujourd’hui est une entreprisequi doit vendre. Son objectif n’étant plus de produire du livre de qualité,mais du livre qui va être vendu. Bien sûr, vous me direz qu’elle fabrique du livre « à vendre » pourpouvoir aussi produire du livre d’art où elle va se permettre de perdre unpeu d’argent. Oui, les personnes comme moi qui s’auto-éditent sont des personnes quin’ont pas été reconnues par ces maisons comme étant potentiellementvendables.

    A cela il existe plusieurs raisons. La première est qu’ils ne sont en effet pas vendables. Pas vendables parceque ne correspondant pas à ce que recherchent ceux qui payent, parce quesimplement leur écrits sont sans intérêt comme vous le dites ou parce quele sujet de leurs écrits ne correspond pas à quelque chose derévolutionnaire.

    Une autre raison, est aussi que l’auteur, comme moi par exemple, se saitnon conforme aux attentes du grand public et donc, il ne s’est jamaistourné vers la grande édition et se contente de se faire plaisir et defaire aussi plaisir aux quelques amateurs qui aimeront ses vers. Les maisons d’éditions sont le vecteurs culturel du grand public, et legrand public est ce mouton qui aime se croire dans le vent car il connaitce qu’il « doit » connaître. Mais là je ne fais pas de jugement de valeur, je constate.

    Donc pour moi, finalement, je dis que OUI, les maisons d’éditionscontinueront à éditer pour tous. Mais NON, elles ne font pas le tri, nerecherchent pas l’art, elles veulent faire du fric dans une société de fricet continueront à gagner du fric. Pour ce qui est de l’art, laissez donc les artistes en faire et sachez quela meilleure récompense qu’un artiste puisse avoir, c’est qu’il soit luimême fier de ce qu’il a fait. Après, c’est du blabla de salon et autres…

    http://www.inlibroveritas.net/

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  5. Bof.

    Ce n’est pas la première escroquerie littéraire qui ait eu lieu.Malheureusement, elle a lieu via un site d’auto-édition. De là à conclure àconclure que l’auto-édition est un problème, il y a un fossé sauté bienlestement. Il est bien entendu naïf d’affirmer que « Les éditeurs existent pourséparer les bons manuscrits des mauvais et proposer aux acheteurs de leurslivres des produits de qualité », ça fait une éternité que des écrivains sebattent avec des éditeurs pour des histoires de publication.

    Bien sûr, il y a des éditeurs passionnés, et bien évidemment il y a descyniques – ou des pragmatiques, pour être moins négatif.

    Et puis, nous connaissons tous des histoires d’auteurs dont les oeuvresfurent rejettées par les éditeurs de leur vivant, et je ne parle même pasdes auteurs qui ont pu passer uniquement par des revues pour faireconnaître leurs textes, etc., si bien qu’une oeuvre rejettée par leséditeurs peut tout à fait être finalement diffusée et reconnue sans passerpar l’édition traditionnelle.

    Ce que je veux dire, c’est que l’édition traditionnelle n’a toujours étéqu’une facette, certes très importante, mais absolument pas incontournable,de la littérature.

    Alors l’auto-édition est une alternative parmi d’autres, et c’est tant mieux.

    Pour ce qui est de la question des fournisseurs d’accès, il faut aussi considérer que les éditeurs qui mettent des contenus en ligne ne paierontpas (immédiatement du moins) de frais d’impression.

    Je me souviens d’une conversation avec un petit éditeur qui me faisait l’aveu que passer par lamise en ligne d’oeuvres littéraires lui ferait économiser sérieusement. Au moins, voir comment une oeuvre serait reçue en ligne lui permettraitd’avoir une meilleure idée du tirage nécessaire.

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  6. Je trouve cet amalgame dangereux et le raccourci quelque peu facile. Dire : "Les éditeurs existent pour séparer les bons manuscrits des mauvais et proposer aux acheteurs de leurs livres des produits de qualité. Il existe une multitude d’éditeurs qui assurent une diffusion aux ouvrages les plus divers : littérature haut de gamme, populaire, fantaisiste, érotique, de croissance personnelle, astrologique et une foule d’autres genres. Si un auteur n’a réussi à se faire publier par aucun éditeur professionnel, c’est peut-être parce que ce qu’il écrit est inintéressant, voire déplacé et haineux comme dans le cas des écrits de M.Brahim, ou simplement mal rédigé (erreurs de syntaxe, d’orthographe, etc). Peut-être l’auto-édition n’est-elle qu’une façon d’offrir une tribune à des gens qui n’en méritent pas«

    c’est d’abord nier le rôle numéro un d’internet, formidable outil de culture et de propagation de la connaissance, qui embarrasse tant de gouvernements, tant de politiciens, en permettant au citoyen lambda de voir un peu plus loin que le bout de sa muselière.

    Personnellement, je sais ne pas être encore prêt pour le circuit traditionnel des éditeurs. Les sites d’édition libre me permettent de trouver mon public, et plus encore, de me trouver moi-même, en tant qu’auteur. D’autre part, qui »ne mérite pas de tribune« ? Quid du fameux droit d’expression, de cette liberté fabuleuse que nous nous efforçons tous de défendre ? Même le plus inculte des auteurs a droit de s’exprimer, même le plus vulgaire des révoltés a le droit de se rebeller.

    Nier ces valeurs fondamentales, c’est défendre le non-droit, le silence, qui sont les ennemis de tout auteur qui se respecte. Je l’avoue, il m’arrive, sur http://www.inlibroveritas.net/ où sur d’autres sites, de lire des textes à la qualité inégale, même pour moi qui ne fait pas partie du cercle des éditeurs qui »existent pour séparer les bons manuscrits des mauvais et proposer aux acheteurs de leurs livres des produits de qualité« . Mais ma force c’est justement de les lire, de chercher à encourager l’auteur s’il le mérite.

    Dire »untel peut être édité, untel ne devrait jamais être édité car il n’a pas de talent" , c’est non seulement ignorer que certains très bons auteurs se sont vus refuser l’édition de leurs premiers romans non pas une mais plusieurs fois, mais c’est également dangereux : c’est encourager le lecteur à croire que ce qu’il trouve dans les rayons de son supermarché ou chez son libraire est sa seule option. C’est un pas vers la pensée unique, vers la lobotomisation collective que nous infligent beaucoup de médias.

    Or, la richesse de l’âme humaine et de la connaissance n’a jamais eu le vernis de l’unicité. En outre, par ces quelques lignes, vous ne faîtes rien de moins que considérer tous les indépendants de l’écriture, les édités à comptes d’auteur, et les communautés littéraires d’internet comme un seul et unique ramassis d’auteurs ratés et condamnés à l’échec, et cela sonne comme une insulte, que je ne pouvais laisser passer.

    Je ne suis ni solidaire du piratage effectué par Mohamed Anouar Brahim, ni partisan de la pensée unique. J’encourage ceux qui liront cet article et ces commentaires à visiter le site d’ILV, afin de se forger leur propre opinion sur les sites d’auto-édition, plutôt que de se conformer à votre opinion qui est malheureusement très loin de la vérité.

    Cordialement.

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  7. Comment peut-on affirmer de telles contre-vérités avec autant d’aplomb ?

    Les auteurs des majors de l’édition, et de l’édition commerciale tout court d’ailleurs, sont loin d’être les meilleurs écrivains actuels. Tout comme les chanteurs issus des émissions de télévision-réalité et autre machines marketing sont autant de coups de poignard dans l’oreille pour les auditeurs écoutant encore des chanteurs comme John William, Henry Salvador, Yves Montand, Brassens, Brel, j’en passe et des meilleurs…

    Les stars du marché littéraire ont besoin d’une énorme communication derrière eux et d’un bourrage de crâne médiatique monumental pour réussir à vendre leur médiocre littérature obsolète, dépourvue d’innovations linguistiques ou narratives et souvent ressassant inlassablement des thèmes usés jusqu’à la trame de la corde…

    La raison de cette situation catastrophique pour la culture mondiale est simple. Elle vient des méthodes de sélection des maisons d’édition et des formations littéraires délivrées par les Universités de lettre du monde entier, pas seulement des pays francophones…

    Il devient nécessaire que les lecteurs se prennent en main et cessent de porter des oeillères renforcées par une promotion publicitaire forcenée. Ce qui est payant dans le domaine de l’art et du show-business, filtré par des commerciaux visant la rentabilité maximale, sont aujourd’hui des produits aussi médiocres que des lampes torches chinoises, à 2 Euros, fonctionnant généralement moins longtemps que leurs piles.

    J’écris des romans depuis 33 ans, chaque chapitre de ces textes est relu et réécrit des dizaines de fois avant que je le publie sur Internet. Bien que je n’ai pas une armée de typographes et de correcteurs derrière moi, il reste moins de fautes et de coquilles, car il en reste, je ne le nie pas, dans mes textes publiés sur mon site ou sur Inlibroveritas : http://guy.richart.free.fr/ http://www.inlibroveritas.net/ que dans certains livres vendus, même dans les meilleures librairies.

    Les tentatives désespérées de dénigrement des auteurs de la toile et de leurs textes qui ne correspondent pas toujours aux standards du bien-pensant actuel, prouvent que la machine commerciale perd pied. Les lecteurs vont de plus en plus se passer des comités de lectures poussiéreux pour choisir la littérature la plus expressive et la plus innovante et cette liberté ne semblent pas du goût de tout le monde… Tant pis.

    Cordialement.

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  8. Bonjour à tous,

    Dans la plupart des commentaires suscités par le billet à propos de la fraude dont a été victime Léandre Bergeron, un amalgame est fait entre éditeurs et ‘majors’ de l’édition.

    Je tiens simplement à préciser que les ‘majors’ éditent constament des oeuvres fades, pimpantes et inintéressantes. Ce n’est pas à eux que je pensais en rédigeant mon billet.

    Je pensais plutôt aux maisons d’édition qui ont à coeur la littérature et permettent à des auteurs de se talent de se démarquer par le soutien qu’elles leur offrent.

    Je ne connais qu’indirectement la situation en France, mais au Québec, à côté des ‘monstres’ (par le volume de ce qu’ils publient) que sont des boîtes comme Quebecor ou Transcontinental, il y a Boréal, VLB, XYZ, Herbes Rouges et plusieurs autres éditeurs de grande qualité.

    Ensuite, je ne suis pas CONTRE l’auto-édition, ce qui serait une position absurde. Les gens ont bien sûr le droit de diffuser leurs écrits et leurs idées sur la Toile. Toutefois, vivant dans un environnement qui me submerge de produits culturels et n’ayant qu’un nombre limité d’heures à consacrer à la lecture, je ne me lancerai pas dans des recherches dont la complexité confine à la spéologie afin de dénicher la perle rare. En ce sens, et malgré toutes leurs lacunes, les cahiers lecture des journaux et les circuits de l’édition vont m’inspirer plus souvent qu’autrement mes choix de lecture.

    Il faut se méfier, finalement, d’une propension à l’égalité qui serait plutôt un nivellement par le bas. Tous les talents ne sont pas égaux, et les plus grands méritent d’être reconnus et célébrés.

    En terminant, le contenu en général sur l’Internet n’est pas un vivier de talents. Il est composé en grande majorité d’une version appauvrie de ce que l’on trouve dans les kiosques à journaux ou des mêmes films et émissions de télés que ceux disponibles à la maison. Les documents en ligne les plus intéressants proviennent d’ailleurs des médias déjà établi: Office national du film du Canada, télé publique américaine BBC, etc.

    Internet sera dans un avenir prévisible un médium, participatif certes, mais avant tout institutionnel. Il s’agit d’une façon différente de consommer les mêmes produits culturels qu’auparavant (mis à part les courriel qui ne sont qu’un télégraphe ultra-rapide et les vidéos de chats qui tombent de la table sur You Tube…) Le voir comme un grand vecteur de démocratie et de culture est, pour le moins, très idéaliste.

    François

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  9. La recherche de la qualité sur Internet est un faux problème. Avec unpeu d’habitude, on sait rapidement trouver les bonnes pages culturelles. Elles y sont beaucoup plus complètes, diversifiées et denses que dans lesmédia officiels.

    Les vidéo de chats qui tombent de la table sont certes très présentes,mais beaucoup moins que sur les chaines de télévision privées. Il y a aussi celles de talentueux cinéastes inconnus du grands public quiracontent d’excellentes histoires sans dépenser 1 million de dollars pouranimer des dinosaures pendant 3 secondes, beaucoup moins bien que ne lefaisait Ray Harryhaussen durant 60 minutes de film en Technicolor, aumilieu des années 50.

    Voici deux exemples : http://www.dailymotion.com/relevance/search/stop+motion/video/x7akx2_une-histoire-damour-en-stop-motion_shortfilms

    Bien sûr, sans être le chef-d’oeuvre d’un créateur talentueux, j’airéalisé ce film, qui n’a rien d’un gag de mauvais goût : http://guy.richart.free.fr/cinema/dernierhumain.html Je conseille aussi ce roman sur la toile :

    http://guy.richart.free.fr/accesromans/accesmenstragaleste.htm

    et ceux-là :

    http://guy.richart.free.fr/accesromans/jeanseylandetlasvastika.htm

    http://guy.richart.free.fr/accesromans/accesmenstragaleste.htm

    La qualité n’est pas nécessairement payante.

    En ce qui concerne mon travail, je tiens plus à la simplicité et aussi àla gratuité qu’à une excellence instantanée, sans lendemain. L’internet échappera à la rapacité des marchands, tant que les passionnésy veilleront.

    Cordialement.

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  10. Merci pour les liens Guy. Je ne manquerai pas d’y jeter un coup d’oeil.

    François

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  11. [...] à un article de François Richard sur une fraude qu’un auteur Québécois, Léandre Bergeron, a subi en se faisant copier son livre par un Tunisien nommé Mohamed Anouar Brahim, un débat a [...]

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  12. [...] à un article de François Richard sur une fraude qu’un auteur Québécois, Léandre Bergeron, a subi en se faisant copier son livre par un Tunisien nommé Mohamed Anouar Brahim, un débat a [...]

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