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Merci à Loto-Québec de nous avoir ruiné rencontre avec Lisa
Propos recueilli par Raymond Viger pour Reflet de Société
Je suis la conjointe d’un joueur compulsif. La première règle pour aider un joueur qui est près de nous est de ne jamais financer ses dettes de jeu. Le joueur doit faire face à la musique. C’est la seule façon de l’aider dans son cheminement. Un accueil inconditionnel, une ouverture d’esprit dans les discussions, ne pas l’accuser ou crier après, mais ne jamais lui avancer de l’argent pour aller jouer.
Je remercie Loto-Québec d’avoir rudement mis à l’épreuve notre couple. Aujourd’hui nous sommes complètement ruinés. Nous en avons pour des années à remonter la pente. Ces difficultés nous ont permis de connaître Gamblers Anonymes pour mon conjoint qui est un joueur compulsif et Gam-anon, pour les proches des joueurs tel que moi. C’est dans ces groupes d’aide que nous avons pu changer notre mode de vie et être beaucoup plus heureux dans notre nouveau cheminement qu’avant.
Avant de tout perdre, nos enfants trouvaient normal que le garde-manger soit plein. Aujourd’hui, après avoir manqué de beaucoup de choses, ils réalisent quelles ne sont pas acquises. Cela se gagne. Les beaux moments que nous pouvons aujourd’hui vivre en couple et en famille, sont possibles parce que nous avons assumé et accepté les difficultés que nous avons rencontrées. C’est en ce sens que je remercie Loto-Québec de nous avoir ruinés. Nous avons eu à passer par là pour découvrir un nouveau mode de vie, réapprendre à goûter aux différents plaisirs de la vie et de la relation.
Je ne souhaite à personne de passer à travers toutes les difficultés que nous avons vécu. Mais je vous souhaite d’avoir la chance d’apprécier un mode de vie qui vous permet de goûter à la magie des relations humaines.
textes sur le gambling.
Autres textes sur Gamblers Anonymes et commentaires du rédacteur sur gamblers anonymes.
Rapports de Loto-Québec: au moins 2 suicides dans les casinos
C’est ce que souligne la Presse Canadienne en se fiant aux documents, finalement obtenus de Loto-Québec par Bill Clennett.
Est-ce que Loto-Québec tente de minimiser la détresse humaine relié au jeu compulsif? Je suis intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. Peu de temps après l’ouverture du casino, nous avons eu à intervenir avec de grandes quantités de personnes qui avaient tout perdu au Casino de Montréal et qui voulait en finir avec la vie.
Le Casino de Montréal avait été rencontré. Nous voulions intervenir plus près de la détresse des joueurs, c’est-à-dire, directement dans le Casino. Ce qui m’avais choqué c’était que les dirigeants du Casino nous garantissait qu’il n’y avait pas de problème et qu’il n’y avait pas de matière à intervenir.
Pourtant, les histoires d’horreur n’ont pas cessé de se multiplier. Pourtant, en Suisse, pour qu’un casino puisse opérer, il doit y avoir un intervenant de crise sur place, près à intervenir.
Deux suicides reliés aux casinos nous dit Loto-Québec. Désolé, avec l’expérience que j’ai eu de leur capacité à jouer à l’autruche, je serais porter à dire: “Deux suicides reliés aux casinos que Loto-Québec ne réussit pas à s’en laver les mains”.
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Textes sur le gambling et commentaires sur le jeu compulsif.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
Intervenir auprès des joueurs compulsifs
Entrevue réalisée pour Reflet de Société
Un grand bonhomme bien bâti. Les pommettes rouges. Malgré le grand sourire sympathique qu’il affiche, Martin Alary revient de l’enfer. Pendant la dernière année, l’intervenant a côtoyé la souffrance des joueurs compulsifs dans les bars du Plateau Mont-Royal.
Le projet m’a profondément touché et ému. J’avais à couvrir 20 bars en même temps. Parce que les appareils de loterie vidéo, il y en a partout. Peu importe où tu te trouves, tu es toujours à quelques pas d’un de ces appareils.
J’ai rencontré les propriétaires de bar pour faire accepter ma présence. Je devais respecter une condition: ne pas déranger les joueurs. J’ai commencé par les observer. Leur comportement, leur façon de jouer. Il y a ceux qui jouent, ceux qui observent. Qui attendent LEUR machine. Celle qui va payer.
Je n’ai vu que de la tristesse, de l’isolement. Même si je suis un intervenant d’expérience, je n’ai pu m’empêcher d’être touché par toute cette détresse. Je suis obligé de me questionner.
La déchéance discrète
Un alcoolique va finir par être obligé d’arrêter de boire et vomir tout ce qu’il a ingurgité. Un joueur devant sa machine peut perdre sa chemise et personne ne va le savoir. Il va rentrer chez lui. Souper avec sa femme et ses enfants. Personne ne saura qu’il a perdu l’argent du loyer et de l’épicerie.
C’est un jeune qui me l’a fait réaliser. Il est venu me voir pour me conter comment des huissiers avaient mis un cadenas sur leur logement et que sa famille avait dû trouver un endroit pour dormir. Du jour au lendemain, sans que personne ne se doute de rien, le père de famille, le pourvoyeur, était devenu un joueur en pleine déchéance.
Discrètement, j’ai rencontré des joueurs compulsifs pour tenter de les aider. Pour certains, c’était le déni total. D’autres ne comprenaient pas pourquoi quelqu’un était prêt à les écouter dans leur souffrance.
Comment se fait-il qu’en tant que société nous continuons à stimuler les joueurs en rendant accessible autant de machines? Au restaurant, au bar du coin, on ne prend même plus le temps de les cacher. Si Loto-Québec nous parle de rêves, d’illusions et du plaisir de jouer, moi, je n’ai rien vu de cela face aux machines de vidéo-poker. Souffrance, tristesse, désespoir, isolement, mais surtout de la honte. Une honte qui vous ronge l’intérieur jusqu’à vouloir en mourir.
Des illusions, j’en ai entendues de toutes sortes. Des gens qui étaient convaincus qu’en utilisant toujours la même machine, elle finirait par le savoir, le sentir. Des gens qui embrassent leur machine et qui ont peut-être oublié d’embrasser leur enfant. Des gens qui parlent avec elle, qui n’ont plus personne d’autre pour jaser. Une femme d’un certain âge qui venait de perdre son mari faisait des signes de croix pour attirer des gains!
Le fils d’un joueur qui avait de graves problèmes de jeu a demandé à la serveuse du bar de faire quelque chose pour les aider. Elle leur a dit qu’elle ne pouvait rien faire. J’ai tenté de prendre contact avec ce joueur, mais je n’ai rien pu faire.
Impuissant devant Loto-Québec
Devant toute cette tristesse, cette honte pour la majorité, je suis demeuré impuissant. J’en ai aidé un certain nombre. Après avoir fait une thérapie ou être allé à Gamblers Anonymes, quelques-uns ont pu arrêter de jouer. Mais que puis-je faire, seul, face aux moyens monstrueux dont dispose Loto-Québec pour attirer les joueurs? J’ai l’impression d’aller à la guerre avec un cure-dent ou des punaises.
La majorité des joueurs sait que les machines sont programmées pour toujours vous faire perdre votre argent. Ils savent que seul Loto-Québec est le grand gagnant. Pourtant, on les retrouve anéantis et ils demandent: «pourquoi je suis là-dedans? Pourquoi?» Je n’ai pas trouvé de formule miracle. Je continue de les rencontrer du mieux que je peux. Je passe quelques cartes d’affaires. Je pose quelques affiches, noyées à travers les publicités et l’attrait des machines.
En tant que citoyen, je continue de me questionner. Pourquoi le gouvernement laisse aller tant de souffrances? Pourquoi Loto-Québec ne se responsabilise pas? Pourquoi? Suis-je le seul à voir la réalité de ce qui se passe devant les appareils de loteries-vidéos? Les gens de Loto-Québec descendent-ils de leur tour d’ivoire de temps à autre?
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/

À Loto-Québec de qui se moque-t-on?
Écrit par Raymond Viger pour Reflet de Société
Depuis quelque temps, des documentaires et des reportages publiés dans plusieurs médias traitent des effets pervers du jeu compulsif. Non seulement la souffrance et la détresse des joueurs et de leurs proches y sont soulignées, mais plusieurs journalistes ont questionné fortement l’intégrité et la conscience de Loto-Québec.
Voyant son image ternie par les «méchants» journalistes, les dirigeants de Loto-Québec lancent une campagne de publicité pour redorer leur image corporative et démontrer que Loto-Québec agit en bon père de famille corporatif.
L’intérêt public
Quand les journalistes questionnent les agissements de Loto-Québec, ils font leur travail. C’est d’intérêt public et le citoyen est mieux informé. Leurs médias, eux, vendent des pleines pages de publicité où Loto-Québec vante ses mérites. N’est-ce pas contraire à l’intérêt public? Peut-on décrier dans nos éditoriaux des choses et accepter de passer de la publicité qui va à l’encontre de ce que l’on dénonce? Il y a ici un illogisme flagrant et un manque de respect pour le travail des journalistes et pour les lecteurs.
La vraie mission de Loto-Québec
Les profits de Loto-Québec doivent, dit-on, servir à baisser nos impôts, à soutenir les arts et la culture, faire de la prévention et de l’intervention auprès des joueurs compulsifs. Peut-on accepter que Loto-Québec utilise ces profits pour redorer son image publique? En bon père de famille, Loto-Québec aurait dû accepter la critique et prendre le temps de se remettre en question.
Pourquoi ne pas avoir investi ce budget en prévention? Les prestigieuses commandites de Loto-Québec leur donnent déjà suffisamment une belle image.
Boycott de Loto-Québec
Loto-Québec nous a proposé cette publicité où ils se décrivent comme «une institution consciencieuse qui assure un équilibre entre sa mission économique et sa responsabilité sociale».
Nos principes, nos valeurs et le respect que nous portons à nos lecteurs et aux journalistes nous obligent à la refuser. Nous leur avons demandé de la remplacer par une page de publicité sur la prévention face au jeu compulsif. Malgré qu’ils investissent des sommes importantes pour redorer leur image corporative, ils n’avaient pas de budget pour faire de la prévention! La directrice des communications corporative, Mme Carole Villeneuve, comprenant la spécificité de notre magazine, ne peut rien faire d’autre que d’envoyer une note à la fondation Mise sur toi pour qu’ils pensent à notre magazine lors de leur prochaine campagne. Compte tenu de l’indépendance de la fondation envers Loto-Québec, Mme Villeneuve ne peut cependant rien garantir.
Rien de disponible en prévention
Les publicités de la fondation Mise sur toi ne font pas de prévention. Ils font de la publicité pour offrir des services aux joueurs déjà pris dans les engrenages du jeu compulsif. De plus, la fondation Mise sur toi n’a pas de budget de publicité disponible pour nous pour l’instant.
Personne ne pouvant nous offrir une publicité en prévention, nous avons dû refuser l’offre de Loto-Québec. Financièrement, cela nous fait mal. Très mal (3 350$). Mais nous gardons la tête haute et cela n’a pas de prix.
Finalement, nous avons réussi à obtenir une publicité en prévention de la part du Ministère de la Santé. Est-ce la responsabilité de ce Ministère de prévenir les effets pervers de Loto-Québec et de remplacer la fondation Mise sur toi en ce qui concerne la prévention du gambling?
Nous attendons impatiemment vos commentaires.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/anne-panasuk-transforme-la-societe/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Quand une croupière s’en va-t-en guerre; histoire d’Éléonore Mainguy
Entrevue réalisé pour Reflet de Société
Loto-Québec a retiré le contrôle du jeu des mains du crime organisé. Pourtant, la descente aux enfers des joueurs compulsifs s’aggrave. L’ex-croupière Éléonore Mainguy lève le voile sur les stratégies douteuses de Loto-Québec.
Historiquement, le gouvernement a créé Loto-Québec pour supprimer la mainmise des groupes criminalisés sur les jeux de hasard. Le gouvernement de l’époque réagissait à la loterie du maire de Montréal, Jean Drapeau, qui commençait à faire de l’argent pour financer Terre des hommes (Expo 1967) et le métro. Il y avait de l’argent à faire, pas question de laisser les municipalités en prendre le contrôle. Mais notre société amorçait un dérapage qui nous fera perdre la maîtrise de la gestion du jeu. Même si peu de machines ont été saisies, on évalue que les groupes criminalisés avaient placé un maximum de 25 000 machines de jeu au Québec, Serge Chevalier, sociologue à la Direction de santé publique de Montréal. Loto-Québec les a remplacées par 14 000 appareils de loterie-vidéo dans les bars et 6 000 machines à sous dans les casinos. Mais gare aux apparences: Loto-Québec a augmenté l’accessibilité et le rendement du jeu.
Lorsque les machines sont devenues légales et disponibles partout, plusieurs catégories de personnes sont devenues des joueurs compulsifs alors qu’elles ne l’auraient jamais été avec les machines du crime. Selon des sources qui ont requis l’anonymat, les revenus d’une machine illégale tournaient autour de 40 000$ par année. Selon le rapport annuel 2004 de Loto-Québec, les appareils de loterie vidéo rapportent en moyenne 78 979$ chacune. Le double du crime organisé!
Loto-Québec a créé un département de marketing pour nous vendre l’illusion et le rêve. Publicité, promotion du jeu, techniques de fidélisation des joueurs, contrôle de l’environnement pour garder le joueur le plus longtemps possible, voyages organisés pour les groupes, spectacles, pressions sur les détaillants pour qu’ils atteignent des quotas de vente de loteries (s’ils veulent, par exemple, une machine pour valider les billets de certains tirages), accessibilité démesurée du jeu partout où l’on va… Tout est mis en œuvre pour répondre à la gourmandise du ministère des Finances.
Nous ne sommes plus à vouloir tasser les groupes criminalisés. Nous sommes à vouloir gagner le plus grand bénéfice possible. Loto-Québec, une société d’État, est devenue une grosse machine qui s’emballe et dont nous avons perdu les rênes. Cela fait contraste avec le crime organisé. Avez-vous déjà vu une pub de criminels pour attirer les joueurs? Loto-Québec ne s’en gêne pas…
Des chercheurs nous montrent des chiffres qui devraient nous alarmer. Des joueurs partagent leur calvaire dans les méandres des jeux gérés par Loto-Québec. De nouveaux témoins se lèvent et révèlent un côté obscur de Loto-Québec. Des gens entraînés pour détrousser des joueurs craquent et témoignent. Des employés de cette «vénérable» institution dénoncent leur employeur. Éléonore Mainguy a été croupière pendant près de quatre années au Casino de Charlevoix. Elle partage avec nous la sombre réalité des casinos mis en place par notre gouvernement. «J’ai été entraînée à identifier les besoins du joueur pour le mettre en confiance, lui donner l’illusion qu’il contrôle le jeu. A-t-il besoin que je lui parle? Que je passe les cartes plus lentement? Quand je change l’argent, est-ce qu’il a besoin de petites coupures pour jouer plus longtemps ou de grosses pour s’emballer?… », relate Éléonore Mainguy.
«Il y avait un lexique de mots que nous ne pouvions pas utiliser: “je vous reviendrai plus tard — je ne peux pas — je ne sais pas…”. Tout devait être fait instantanément pour satisfaire le joueur. C’était une prise en charge complète de ses besoins», explique la jeune femme de 25 ans.
Complice du joueur
Mme Mainguy travaillait à Charlevoix, une petite communauté où tout le monde se connaît et se parle. «J’ai eu à participer aux menteries que les joueurs contaient à leur famille. À l’épicerie, quand je croisais la femme d’un de nos bons joueurs, je restais vague sur mes réponses ou je devais carrément être complice du joueur: “non madame, je ne me rappelle pas avoir vu votre mari… Je ne saurais vous dire s’il a perdu…” On nous entraîne à être des “dignes’’ représentants du Casino 24 heures sur 24.»
«Cette illusion que nous vendons, nous la subissons nous-mêmes dans nos vies et notre quotidien.» Cette représentation va beaucoup plus loin que de simples sourires, décrit Mme Mainguy. Les employés doivent subir la violence des joueurs sans broncher et sans faire réagir les joueurs. «À force de se faire traiter de “petite garce” ou de “petite cr…”, ça finit par te peser sur les épaules, dit-elle. Un joueur régulier passe par toutes sortes d’émotions que nous devons subir sans nous plaindre, sans pouvoir mettre nos limites. Des joueurs deviennent agressifs, frustrés, envahis par des émotions intenses et extrêmes. Nous ne pouvions pas leur dire de se calmer. Il nous fallait subir ces agressions avec le sourire, même quand le joueur est malheureux et dépasse ses limites de jeu — des agressions verbales, psychologiques, presque physiques à l’occasion.»
«Les barmaids dans les clubs ont la responsabilité de refuser de servir de l’alcool à quelqu’un qui dépasse ses limites. Au Casino, en aucun temps, un croupier ne peut suggérer d’arrêter de jouer!», dénonce Mme Mainguy. Juste avant le suicide. S’il y a intervention, elle ne se fera qu’à la toute dernière limite, juste avant que le joueur craque, raconte-t-elle. «À la limite de la dépression et de la folie, on laisse le joueur s’en retourner.» À Montréal, par exemple, certains se sont suicidés dans le stationnement du casino, d’autres ont marché jusqu’au pont Jacques-Cartier, situé tout près.
«Des croupiers auront été les dernières personnes à parler à ces gens avant leur suicide. Sachant le désarroi et la détresse qui habitent une personne dans les instants précédant son suicide, même inconsciemment, cette énergie peut devenir un boulet à traîner pour le personnel du casino», se rappelle l’ex-croupière, encore troublée par son expérience.
Ligne 1-800 bidon
Face à tout cela, avec un service à la clientèle qui se veut hors pair pour faciliter le jeu, on peut supposer que le Casino traite aux petits oignons ses employés se trouvant aux premières lignes. «Non, tranche la jeune femme, il n’existe pas vraiment de service d’aide aux employés, sauf une ligne 1-800 bidon. Même si j’ai travaillé près de 4 ans au Casino, je n’avais pas le droit de l’utiliser, car j’étais considérée comme une employée occasionnelle. Seulement ceux qui ont un statut de temps plein et régulier y avaient droit.»
«Nous avions des cours conçus par des psychologues pour reconnaître les pulsions des joueurs, afin de profiter d’eux, mais rien pour nous aider à passer à travers tout le stress que nous vivions.»
«Quand un joueur a tout perdu à ta table, il te fait sentir coupable. Loto-Québec fait de même: tout est comptabilisé et tu es toujours espionné. Si tu donnes plus de gain à ta table que la moyenne, tes patrons te font sentir que ce n’est pas normal. “Une chance que tu ne paies pas comme ça tous les jours!”, te disent-ils. Si, comme le prétend Loto-Québec, le jeu est un hasard, pourquoi nous culpabiliser quand des joueurs gagnent? Ils savent que le facteur humain peut être contrôlé et ils mettent tout en place pour y arriver.» Aux casinos, il n’y a aucune horloge: on fait perdre aux joueurs la notion du temps…
Croupiers compulsifs
Mme Mainguy a observé que plusieurs croupiers développent eux aussi des problèmes de jeux. «En tant qu’employé de Loto-Québec, tu n’as pas le droit de jouer au Québec. C’est pourquoi nous retrouvons des employés qui s’installent des tables de jeu chez eux.» «D’autres ont des problèmes d’alcool ou encore de cocaïne. Beaucoup pleurent et ont des signes physiques du stress que nous subissons. La durée de vie des croupiers avant de craquer est de 3 à 4 ans en moyenne.» En bout de ligne, tout le monde y perd et nous sommes tous victimes: le joueur, sa famille et son entourage, le croupier. La société aura plus tard à ramasser les pots cassés.
L’argent amassé par Loto-Québec n’est qu’illusion, croit l’ancienne croupière. Aurons-nous les moyens de payer les effets pervers de cet argent pompé sur le dos des joueurs, des familles et des employés de Loto-Québec? demande-t-elle.
Milliards de profits et 20 millions pour le jeu compulsif…
Sur les milliards et milliards de profits, est-ce responsable de redistribuer seulement 20 millions par année en intervention et en prévention auprès des joueurs compulsifs? Éléonore Mainguy partage un de ses rêves. «Je refuse d’endosser les patterns préétablis par nos gouvernements sous prétexte qu’ils existent depuis déjà longtemps», affirme-t-elle. Oui, on est là pour changer ce monde qui se ternit au rythme des aberrations de notre système.»
«Loto-Québec doit arrêter de faire l’autruche et de miser sur la faiblesse des gens. Qu’ils s’assument et qu’ils arrêtent de mentir à la population!», conclut la jeune femme, déterminée à poursuivre son combat sur toutes les tribunes.
NDLR: Pour contacter Éléonore Mainguy.
L’adresse que nous avions publiée pour rejoindre Éléonore Mainguy n’est plus en activation. Nous avons une autre adresse pour la rejoindre. Nous attendons son autorisation pour la publier. En attendant, vous pouvez nous envoyer vos demandes et nous lui acheminerons: journal@journaldelarue.ca
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/2-le-prix-a-payer-pour-devenir-un-joueur-compulsif-2/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/merci-a-loto-quebec-de-nous-avoir-ruine/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/la-piscine-creusee-et-le-casino/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/10/quand-le-jeu-devient-excessif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/15/vivre-avec-un-joueur-compulsif/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Anne Panasuk transforme la société
Entrevue que j’ai réalisée pour Reflet de Société.
L’émission Enjeux, de Radio-Canada, pilotée par Anne Panasuk, nous offrait, en 2005, un premier documentaire sur la triste réalité de la présence abusive de Loto-Québec à Schefferville. Un an plus tard, Mme Panasuk retourne à Schefferville pour constater que Loto-Québec n’a apporté aucun des changements promis.
Je me retrouve devant la grande entrée de Radio-Canada. Anne Panasuk me rejoint, toute souriante et désarmante de simplicité. Pour l’occasion, elle a réservé une banquette, dans la «section des riches», à la cafétéria de Radio-Canada, pour y être plus tranquille. Mme Panasuk est une femme ouverte et chaleureuse. Il est facile d’être en relation avec elle.
Il a été très plaisant de rencontrer cette grande dame sensible aux valeurs humaines et sociales. On la sent épanouie dans son travail, heureuse de l’équipe qui l’entoure et soutenue par ses patrons. Des conditions essentielles pour de bons reportages.
Les débuts
Son histoire commence à la Basse Côte-Nord.«Je travaillais avec les Montagnais à titre d’anthropologue (étude de l’espèce humaine, des cultures des différentes collectivités, institutions, structures familiales, croyances, etc.). J’avais à retracer les preuves d’utilisation du territoire, qui serviront aux négociations entre les Montagnais et le gouvernement. J’y ai passé plus de 5 années, à tisser des liens privilégiés avec les Innus. J’ai aussi milité pour la ligue des droits de l’homme.
En 1982, Radio-Canada ouvre une station de télévision et de radio à Sept-Iles. Bien que sans formation journalistique, sa connaissance du milieu la favorise pour l’obtention d’un poste.
«Toute une entrée! La première nouvelle que j’ai eue à préparer a été la fermeture de la ville de Schefferville!» nous raconte-t-elle, encore sous l’effet du choc. L’expérience qu’elle acquiert à Sept-Îles lui permettra de se tailler une place dans les grands reportages pour les émissions Zone libre et Enjeux.
Anne se remémore les événements qui ont précédé ses reportages sur les appareils de loterie-vidéo de Loto-Québec. «Il était prévu qu’un reportage soit fait sur la crise suicidaire qui sévit à Schefferville. Un sujet pas très vendeur. Ça fait 10 ans qu’on parle des difficultés des autochtones. Qu’est-ce qu’on pourrait dire de plus ou de nouveau? J’ai tenté de faire le bilan de la crise suicidaire à travers les portraits complices d’une travailleuse blanche et d’une travailleuse sociale Innue», raconte-t-elle, insatisfaite du résultat.
Les yeux d’Anne s’illuminent. «C’est le sens de l’humour des Montagnais. Malgré la crise, un rire qui dédramatise, une façon de se moquer de soi-même. Je n’ai pas réussi à le montrer à l’écran», nous raconte-t-elle encore sous le charme de ce peuple.
Le scandale
De retour à Montréal, intriguée par ce qu’elle a vu, Anne appelle Loto-Québec pour se renseigner sur les machines installées à Schefferville. «Un communiqué de Loto-Québec mentionne qu’il y a un programme de retrait de ces machines pour les communautés pauvres. En apprenant qu’il y en a plus que la moyenne nationale, j’en conclus que Loto-Québec va les retirer. Loto-Québec est catégorique. «Non.» Le programme de retrait vise les bars qui ont de 1 à 4 machines. À Schefferville, chacun des deux bars en a cinq!» résume-t-elle, dépassée par l’aberration de la situation. Elle rencontre son patron, Jean Pelletier, qui crie au scandale. «On fait un reportage là-dessus, on y retourne», lui a-t-il dit en gesticulant.
Loto-Québec, muet comme une carpe
Anne commence son enquête. «Loto-Québec ne m’a fourni aucune aide, aucune information, même en passant par la loi d’accès à l’information. J’ai dû appeler chaque établissement un par un, dans plusieurs régions, vérifier le nombre de machines…»
«Les appareils ne sont pas accessibles dans les communautés autochtones. On les retrouve dans les villages avoisinants. Juste à traverser la rue, et le conseil de bande n’a plus de juridiction. Il est impuissant face aux réglementations des blancs.»
«Les deux propriétaires des bars de Schefferville voient le mal que les machines occasionnent. Mais avec des revenus de 4 millions par année, leur procurant près d’un million de ristournes, difficile de dire «non merci.» Quant aux employés de ces bars, ils ne reçoivent pas de pourboire pour échanger tous les tickets qui sortent de ces machines, ni un salaire décent pour gérer la colère de ceux qui perdent leur revenu mensuel», nous décrit-elle, découragée de la situation.
Qui est responsable?
«La fondation Mise sur toi et la Régie régionale de la santé sont catégoriques: les communautés autochtones sont de juridiction fédérale. Il n’y a rien à faire. Au fédéral, il n’y a aucun programme pour le jeu compulsif, fait remarquer Anne, incrédule. On se lance les dés d’une juridiction à l’autre. Des autochtones, de juridiction fédérale, perdent des millions dans des machines de juridiction provinciale. Les profits s’en vont aux deux propriétaires de bars et rien ne revient à la communauté pour contrer les effets pervers du jeu».
Les jeunes sont écoeurés
«Pendant ce temps, le bingo retentit à la radio communautaire six soirs par semaine. Le bingo peut même se faire en quatre langues, ce qui augmente le temps de jeu. Même si on perd beaucoup moins d’argent avec le bingo qu’avec les machines, ce sont les jeunes qui souffrent de ne pas avoir de relations avec leurs parents, prisonniers de ce bingo tous les soirs», a-t-elle remarqué. «Les jeunes sont écoeurés de perdre leurs parents dans les salles de bingo ou devant les machines. Ils veulent les ranger et les serrer au loin».
Une communauté qui se prend en main
«Suite au premier reportage, l’Institut culturel éducatif Montagnais (ICEM) est consterné par ce qui se passe à Schefferville. Il embauche un intervenant et fait rouvrir la maison des jeunes. Celui-ci organise des activités pour les jeunes, répare et rouvre l’aréna. Le directeur de l’école ouvre un club des petits déjeuners. Ni Loto-Québec, ni la Fondation Mise sur toi, ni la Régie régionale de la santé n’ont participé à cet effort pour soutenir les jeunes. Seule la communauté Innue s’est impliquée. Une mobilisation pour réparer les pots cassés par les autres».
L’aide de Loto-Québec, un festival d’humour
«Le directeur général de Loto-Québec, Alain Cousineau, a promis, en conférence de presse, de l’aide pour plusieurs endroits, notamment Schefferville. Mes nombreux appels pour connaître les détails de cette aide demeurent sans réponse. Je venais d’arriver à Schefferville pour préparer mon deuxième reportage, lorsque la fondation Mise sur toi a appelé». Elle me décrit cette scène avec le sourire, presque jouissif, d’un enfant qui vient de prendre quelqu’un en défaut. «La fondation Mise sur toi veut sensibiliser les propriétaires de bar et leurs employés à reconnaître les signes d’un joueur compulsif et comment le référer à une ressource appropriée. Seul hic: il n’y a pas de ressources. De plus, les ressources dans les autres villes doivent être capables de recevoir des gens qui parlent Montagnais ou encore Naskai! Il n’y a même pas un intervenant sur place! Heureusement que les Montagnais ont le sens de l’humour».
«Les deux propriétaires connaissent tout le monde. Ils savent déjà qui a un problème de jeu», affirme-t-elle, découragée. Cette sensibilisation a eu lieu le 27 avril 2006, plus d’une année après le premier reportage d’Anne Panasuk et son équipe.
Loto-Québec veut-il détruire notre société?
«Malgré mes deux reportages, je ne pense pas que Loto-Québec veuille détruire sciemment la société. La société d’État ne réfléchit pas. Elle ne fait que répondre à un mandat du ministère des Finances et agit en conséquence. Il faut poser plus de questions à nos élus. Le jeu représente 4 milliards de revenus par an. C’est 3 centres hospitaliers universitaires par année!» décrit-elle, insultée par la situation.
Retrait des machines
«De retour à Montréal, après mon 2e reportage, un cadre de Loto-Québec, M. Vincent Trudel, me contacte pour m’aviser de la décision de Loto-Québec de retirer 2 des 10 machines de Schefferville et diminuer les heures de disponibilité des machines restantes. Cet événement démontre que Loto-Québec peut faire des changements. Pour y arriver, faut-il leur tordre un bras et les acculer au pied du mur?»
Quelques semaines après l’entrevue, Mme Panasuk apprenait que l’un des propriétaires de bar a sorti les machines de Loto-Québec et va fermer son bar. Le conseil de bande a voté une résolution en ce sens.
Félicitations à Mme Anne Panasuk
Je profite de cette occasion pour féliciter Mme Anne Panasuk et son équipe pour la réalisation de ces deux reportages. Les gains obtenus à Schefferville auront été ardus. Ils ont été réalisés grâce à la ténacité, la persévérance et à la qualité du travail journalistique de Mme Panasuk. Son sens de l’observation l’a menée à remettre en question le nombre de machines de Loto-Québec à Schefferville. Cette sensibilité fait d’elle une excellente journaliste. Un journalisme qui fait changer les choses et la société.
Le Journal de la Rue dénonce Loto-Québec depuis 1994. Nous sommes heureux de voir que d’autres médias prennent la relève et questionnent cette société d’État.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/247/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/07/boycott-de-loto-quebec/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Le gouvernement est-il responsable dans sa gestion du jeu?
Loto-Québec en finançant la Fondation Mise sur toi fait de la prévention du jeu compulsif. Avec toutes les conséquences que le jeu compulsif crée et les frais que cela occasionne en coût, le ministère de la Santé fait de même.
Le message lancé est de dire que les joueurs devraient avoir un comportement responsable. Si, pour toi, le jeu n’est plus un jeu, appelle, fait quelque chose pour régler TON problème.
La question que je lance. Si le gouvernement veut que nous soyons responsables vis-à-vis notre façon de jouer, est-ce que le gouvernement est responsable dans sa façon de gérer le jeu? Quand Loto-Québec nous vend le rêve et l’illusion dans ses publicités, gère-t-il le jeu ou tente-il de développer le marché, au risque d’augmenter le nombre de joueurs compulsifs? Quand un joueur compulsif décide d’arrêter de jouer mais que Loto-Québec lui envoie des promotions à la maison pour qu’il revienne jouer, gère-t-il le jeu ou tente-il de fidéliser sa clientèle? Quand le ministère des Finances demande à Loto-Québec d’augmenter ses revenus provenant du jeu, est-ce que nous gérons le jeu des Québécois ou tentons de l’augmenter?
Commentaires sur Loto-Québec. Textes sur le jeu compulsif.
Cigarettes et loterie dans les dépanneurs
Dans le Journal de Montréal du 7 décembre, Yvon Laprade souligne que Québec s’apprête à dicter aux détaillants comment “cacher” les produits du tabac à la vue des consommateurs.
Selon Wikipédia, auQuébec, 5% de la population admet avoir un problème de jeu compulsif. Les problèmes de jeu d’un joueur compulsif touchent une dizaine de personnes (conjoint, enfants, amis, employeurs…). C’est donc dire que près de 50% de la population est affecté par le jeu compulsif.
Toujours selon Wikipédia, chercheurs, intervenants, gouvernement et Loto-Québec s’entendent pour dire (à des degrés différents) que l’accessibilité est un facteur déterminant dans le développement du jeu compulsif.
Si nous considérons que les produits du tabac sont nocifs et que pour en réduire les méfaits il faut éviter d’en faire la publicité et éviter de montrer le produit, ne devrions-nous pas étendre ce principe aussi aux loteries? Le gouvernement est-il incohérent dans sa volonté de nous garder en santé?
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/18/richard-martineau-et-le-tabac-au-cinema/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/02/medecin-chercheurs-et-les-cigarettes/
Textes sur le gambling, commentaires sur le jeu compulsif.
Suicide, Bill Clennett, Loto-Québec et le jeu compulsif
L’an dernier, j’avais félicité Bill Clennett pour son implication contre Loto-Québec. Bill Clennett tentait de connaître la vérité sur le nombre de suicides reliés au jeu compulsif dans les casinos du Québec. Loto-Québec tentait, par tous les moyens, d’éviter d’avoir à présenter la réalité du suicide dans ses casinos.
Radio-Canada nous annonçait que M. Bill Clennett avait réussi à gagner en cour d’appel contre Loto-Québec. Loto-Québec devra nous parler “honnêtement” de ce qu’il se passe dans les casinos.
Étrange que l’on doit aller en cour contre une société d’État pour tenter de connaître la vérité. Étrange que cette même société d’État, après avoir perdu une première fois, ait été en appel pour éviter de nous présenter la vérité. Une société d’État n’est-elle pas censée être au service de sa société?
Textes sur le gambling et le suicide. Commentaires du rédacteur sur Loto-Québec et le suicide.
Guide d’intervention sur le suicide et les endeuillés du suicide.
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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.
Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.
Le livre, au coût de 4,95$ est disponible dans toutes bonnes librairies au Québec ainsi qu’à la Librairie du Québec à Paris.
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Loto-Québec, les casinos en France et le Journal de Montréal
Valérie Dufour signait un article dans le Journal de Montréal du 15 octobre: “Gaspillage à la société d’État? Une stratégie coûteuse de 375 000$ pour obtenir la construction de deux casinos en France et qui vire en queue de poisson.”
Valérie Dufour questionne la stratégie employée par Loto-Québec. Elle pose la question et elle met un point d’interrogation à son titre. Cependant, en qualifiant la stratégie de “coûteuse” et que l’opération “vire en queue de poisson”, nous tombons dans l’accusation. Ce qui aurait pu être correct selon l’article qu’elle nous présente.
Pour ceux qui me connaissent, j’ai déjà écrit beaucoup d’éditoriaux dénonçant Loto-Québec. Ce n’est pas dans ma nature de prendre la défense de Loto-Québec. Cependant, l’article de Valérie Dufour m’y pousse.
L’article souligne que 2 dirigeants de Loto-Québec ont “dépensé” 375 000$ pour tenter d’obtenir des contrats pour des casinos en France. Si Loto-Québec avait obtenu les contrats de 154 millions d’euros (213 millions de dollars) pour ces casinos, au lieu de parler de dépense, on aurait parlé d’investissement. On aurait félicité Loto-Québec d’aller chercher des revenus ailleurs que dans les poches des joueurs compulsifs du Québec et d’utiliser leur compétence à travers le monde. On aurait pu les qualifier de nouveaux Cirque du Soleil et de Céline Dion du gambling.
D’un côté, on ne peut espérer aller chercher des contrats internationaux sans faire d’investissements. Surtout avec les Français. Avant de conclure une entente quelconque, les Français veulent vous voir, établir une relation avec vous. Il faut prendre le temps d’aller casser la croute à plusieurs occasion avant même d’espérer commencer à négocier une entente.
D’un autre côté, la France coûte cher. Le litre d’essence à 2$ ou une canette de liqueur au dépanneur à 2$, c’est deux fois plus cher qu’à Montréal. L’article parle des dépenses de M. Labelle de 90 000$. Le tout se déroule sur une période de 3 ans pour 36 voyages en France. Cela fait donc une moyenne de 2 500$ par voyage.
L’article ne dit pas combien de temps les séjours ont duré. Même si une partie des dépenses de voyage ont été payées par d’autres partenaires et que ces voyages auraient coûté 5 000$ chacun, peut-on supposé que les dépenses étaient extravagantes, coûteuses?
Rien dans l’article ne me le mentionne. Le titre oriente donc le lecteur dans une théorie de dépenses outrageuses de Loto-Québec. Quand Mme Dufour mentionne que le projet de Loto-Québec vire en queue de poisson, malheureusement, je pense que c’est son article qui vire en queue de poisson. La preuve de dépenses coûteuses n’a pas été faite.
Mauvais titre pour cet article, ce qui m’oblige à faire quelque chose que je n’aurais jamais cru possible: défendre Loto-Québec sur la place publique!
Légaliser ou décriminaliser les drogues?
Tout un sujet qui s’ouvre ici. Difficile d’y répondre ou de lancer le débat en quelques paragraphes. D’emblée, je ne cacherais que, comme la très grande majorité des intervenants en toxicomanie, je suis pour la décriminalisation de la drogue et cela, dans un but que les gens consomment moins et mieux.
Les avantages d’une décriminalisation sont multiples. Sur le marché noir, le consommateur achète n’importe quoi. Il ne connaît pas la concentration ou encore les produits intégrés à la drogue. Certains produits rajoutés sont plus néfastes que la drogue elle-même. On a déjà vu de la vitre broyée dans de la cocaine de mauvaise qualité, juste pour faire saigner du nez le consommateur et qu’il pense avoir du bon stock! Pour la concentration, certains ont fait des overdoses et en sont morts. Le dealer avait oublié de couper son stock et il était trop concentré!
En décriminalisant, on arrête de taper sur la tête du consommateur qui, dans un marché noir, doit se cacher et se couper des ressources pouvant l’aider. Combien de fois le dealer fait crédit pour soutenir la consommation de ses clients? Il ne veut pas l’aider à arrêter. Il prend les moyens pour que ses clients continuent à consommer. J’ai déjà vu des dealers tout simplement donner gratuitement un peu de drogue à un jeune qui avait arrêté de consommer.
Décriminaliser ne veut pas dire légaliser. Aucune forme de publicité pouvant encourager la consommation de drogue n’est acceptée. Une sorte de Société des drogues permettra d’assurer la qualité du produit et un prix constant. Des intervenants seraient sur place pour aider à diminuer la consommation.
En décriminalisant, cela veut dire enlever de gros revenus aux groupes criminalisés et aux gangs de rue. Ces revenus doivent servir à la prévention et l’intervention.
Il y a certains préalables importants pour en arriver en décriminaliser la drogue. Pour cela, on doit avoir une Société des drogues bien investie d’une mission en réduction des méfaits. Juste le contraire de ce que fait le gouvernement avec Loto-Québec et la Société des Alcools du Québec (SAQ). Le gouvernement ne pourrait pas exiger des revenus de cette entité pour arrondir son budget. Ce n’est pas le Ministère des Finances qui devrait avoir la main mise sur une Société des drogues, mais le Ministère de la Santé.
Autres textes sur gang de rue et commentaires du directeur sur gang de rue.
Coup de coeur d’Anne Panasuk
Dans le numéro d’août de Reflet de Société, pour la chronique de livres, nous avons comme invité Mme Anne Panasuk, journaliste de renom de la Société Radio-Canada, Mme Anne Panasuk nous partage avec beaucoup de simplicité sa passion pour la lecture.
Simone de Beauvoir, Jorge Semprun, Andrei Makine, Boris Cyrunlik ou encore Serge Bouchard, ces auteurs ont réussi à toucher l’âme humaniste et d’anthropologue de Mme Anne Panasuk.
Pour mieux connaître Anne Panasuk, vous pouvez aussi lire l’entrevue que nous avions réalisé sur elle pour souligner son travail dénonçant Loto-Québec et l’usage des machines vidéo-pokers à Shefferville.
Chronique de livres.
Les salons de jeu, la Santé publique et Loto-Québec
Dans La Presse et le Journal de Montréal du 21 février, nous pouvions lire que les 18 directeurs de la Santé publique étaient très préoccupés par l’implantation des nouveaux salons de jeu de Loto-Québec. La Santé publique propose 22 mesures de prévention pour réduire les risques d’augmenter le jeu pathologique.
En rapport avec ce débat, je suis content de voir que nous ne sommes plus les seuls à questionner les agissements de Loto-Québec. Depuis quelques années, les médias et la Santé publique sont devenus très critiques envers Loto-Québec.
Ce qui me surprend cependant c’est de voir Loto-Québec tenter d’attaquer la crédibilité du rapport de la Santé publique. Loto-Québec a un mandat de gestion des loteries. La Santé publique a un mandat de prévention et d’intervention en matière de santé. Si la Santé publique dénonce ou questionne Loto-Québec, leur rapport doit être faux. Même vis-à-vis la Santé publique Loto-Québec joue à la veuve offensée et refuse de voir la réalité des dégats qu’ils causent!
Il y a tout de même un paradoxe important. D’un côté Loto-Québec paye des gens pour créer des jeux qui suscitent le goût de retourner jouer et des promotions pour attirer le public. De l’autre, nous avons la Santé publique qui demande une évaluation scientifique pour réduire la dangerosité des appareils de loteries vidéos. Loto-Québec veut permettre “à la famille” de pouvoir aller dans ces salons de jeu, tandis que la Santé publique voudrait restreindre l’accès aux 18 ans et plus!
Ça prend 18 ans pour acheter des loteries au Québec. Mais dans ces salons de jeu, on permet aux jeunes d’entrer dans les hippodromes pour s’imprégner de la culture du jeu. Une façon de faire de la promotion pour garantir une relève de futurs joueurs. À leurs yeux, les salons de jeu et les hippodromes sont une sortie familiale! Wow! Quelle famille!
Depuis près de 15 ans que je participe aux débats sur les loteries et les casinos. La crédibilité de Loto-Québec s’effrite comme une montagne de sable devant la mer. Dommage que les différents ministres des Finances soient devenus dépendants de Loto-Québec. Leur compulsion les empêchent d’écouter la raison de la Santé publique et de l’intérêt du citoyen.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/14/billet-de-649-gratuit-dans-une-pharmacie/
Autres textes sur Société, commentaires du rédacteur sur Société.
Autres textes sur le jeu compulsif.
Billet de 6/49 gratuit dans une pharmacie
Dans son édition du 5 janvier, le Journal de Montréal faisait état d’une pharmacie qui annonçait la promotion suivante: un billet gratuit de 6/49 à l’achat de 20$ de loteries.
Déjà, il est difficile de faire le plein d’essence ou d’acheter une pinte de lait au dépanneur sans se faire offrir un billet de loterie. Le ministère des Finances met de la pression sur Loto-Québec pour faire entrer plus de cash dans les coffres de l’État. Loto-Québec se retourne et met de la pression sur les détaillants qui doivent atteindre des quotas pour conserver leur concession.
Nous sommes loin de la gestion des loteries, mission initiale de Loto-Québec. Nous en sommes rendu à augmenter les ventes par tous les moyens possibles. Ce qui dérange ici, c’est que nous parlons d’une pharmacie. Un endroit pour aider les gens malades à avoir leurs médicaments. Pas nécessaire de créer le vice. Les cigarettes qui ont déjà été vendu dans les pharmacies ont été retiré parce qu’il était incohérent de vendre un produit nocif pour la santé des citoyens dans une pharmacie. Compte tenu des effets pervers du jeu et des conséquences néfastes sur plusieurs familles, pourquoi n’en est-il pas de même avec les loteries?
Le pharmacien se défent en disant que la compétition est trop forte dans son secteur. Une autre pharmacie et deux dépanneurs vendent déjà des loteries. Pour atteindre son quota, il est obligé d’annoncer une vente agressive de loteries. Cela ne fait que prouver qu’il y a trop de détaillants dans ce secteur et que la demande n’est pas là.
Avec toutes ces publicités gratuites que Loto-Québec obtient, je ne comprends toujours pas pourquoi le gouvernement les laissent commanditer toutes sortes d’événements pour aller chercher un peu plus de visibilité. Loto-Québec devrait jouer “low profile” et remettre les 11 millions dépensés dans des événements culturels au gouvernement. Cela diminuerait nos impôts et répondraient mieux à la mission de Loto-Québec.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/
Textes sur le gambling.
Loto-Québec, le poker au casino et Alain Cousineau
Dans mon blogue du 13 décembre dernier, je questionnais le changement de position du président de Loto-Québec, M. Alain Cousineau. Il mentionnait en entrevue à La Presse une profonde remise en question à Loto-Québec qui envisageait de renoncer à toute hausse de clientèle et de ses revenus.
L’éclair qui a frappé M. Cousineau aura été de courte durée. Un mois plus tard, toujours dans La Presse, nous pouvions lire que Loto-Québec s’apprête à lancer un Poker automatisé de type Texas Hold’em au Casino de Montréal.
Il faut se souvenir que Loto-Québec n’est pas autorisé à faire entrer le poker dans ses Casinos. Il doit attendre une autorisation du gouvernement. Donc, pour contourner la lenteur de l’appareil gouvernemental, Loto-Québec remplace le croupier par un ordinateur et le tour est joué. Loto-Québec peut donc faire, avec des appareils qu’il nomme machine à sous, ce qu’il ne pouvait pas faire avant. Est-ce que contourner la lenteur du gouvernement est synonyme de contourner la loi? Est-ce que cette façon de faire est conforme au beau témoignage livré par le président de Loto-Québec, M. Alain Cousineau?
Dernière option possible: l’annonce de l’implantion du poker automatisé dans au Casino de Montréal a été faite par le porte-parole de Loto-Québec, M. Jean-Pierre Roy. Peut-être que M. Roy n’était pas au courant de la remise en question faite par M. Cousineau le mois précédent?
Je n’ai peut-être pas eu tort d’attendre avant de me réjouir en voyant le beau discours de M. Cousineau en décembre dernier. Les fait nous montre bien que Loto-Québec continue d’investir par tous les moyens pour augmenter l’offre de jeu. Et quand la loi ne le permet pas, on passe par la bande pour faire ce que l’on n’est pas autorisé à faire directement.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/10/05/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/14/loto-quebec-le-casino-et-le-suicide/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
Autres textes sur le jeu compulsif.
Publicité contre le tabac en Suisse et au Québec
Dans notre organisme, pour nous aider à nous améliorer, nous donnons régulièrement des mandats à des consultants externes. Avec le recul, leur vision de notre organisme nous aide à nous remettre en question.
L’une de ces consultantes avaient lu notre éditorial questionnant Éduc-Alcool et la Fondation Mise sur toi. Deux regroupements, le premier par les fabricants d’alcool et la deuxième par Loto-Québec. Une forme d’obligation sociale de dire que d’un côté nous gérons des substances nocives pour la société, mais que de l’autre, nous en faisons la prévention.
Cette consultante nous mentionnait qu’en Suisse, il y avait des campagnes de prévention du tabagisme qui fonctionnaient très bien. Ces publicités étaient payées directement par les fabricants de cigarettes mais qu’ils n’avaient aucun droit de regard sur les campagnes. Une intégrité à respecter entre ma volonté de vendre plus et de vouloir en faire la prévention. Une intégrité entre un conflit d’intérêt qui apparaît évident pour les Suisses.
Est-ce que cette indépendance et cette intégrité entre les fournisseurs de service et le rôle de prévention est aussi respecté au Québec? Le débat est lancé.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/17/les-publicites-sociales-qui-nous-font-mal/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
Textes sur le gambling.
Alain Cousineau et le volte-face de Loto-Québec
Bientôt 15 ans que le Journal de la Rue et moi sommes en croisade sur les agissements de Loto-Québec. Après 15 années de déni, souvent totale de la réalité du jeu compulsif, voilà que La Presse nous livre une entrevue avec le président de Loto-Québec, M. Alain Cousineau.
M. Cousineau remet en question les orientations de Loto-Québec et se dit prêt à renoncer à une hausse de sa clientèle. Devons-nous crier victoire? Je demeure perplexe. Que s’est-il passé pour que M. Cousineau change le fusil d’épaules de Loto-Québec? Est-ce parce que les profits stagnaient et qu’il devenait impensable de les augmenter discrètement sans que la population dépasse son seuil de tolérance? Est-ce parce que des partenaires potentiels tels le Cirque du Soleil se sont désistés dans le projet du déménagement du Casino? Et si le Cirque du Soleil avait accepté le partenariat proposé, nous aurions eu une augmentation de l’offre de jeu. Loto-Québec aurait pris une direction qu’elle n’aurait pas pu changer quelques mois plus tard.
De l’autre côté, que se passe-t-il du côté du donneur de commandes, le gouvernement. Le ministre des Finances, Michel Audet ne veut pas donner sa position sur le sujet. Pourtant, il devrait avoir une opinion. Loto-Québec est une Société d’État. Elle raporte des sous dans les coffres de M. Audet. Cette Société d’État veut diminuer les entrées d’argent. M. Audet va devoir refaire ses devoirs et surtout, son budget. Et il n’a pas de position sur le sujet…
Pendant 15 longues années que plusieurs intervenants de divers milieux se questionnent sur la façon que Loto-Québec intervient dans l’offre de jeu au Québec. 15 longues années de souffrance pour des joueurs devenus compulsifs, leurs familles, leurs employeurs, leurs employés…
Dois-je me réjouir qu’il faille attendre 15 ans pour que quelqu’un daigne écouter et peut-être positionner différemment Loto-Québec? Et si cette remise en question contrevenait trop à la vision que le gouvernement se faisait, est-ce qu’Alain Cousineau va se faire tasser comme Mulcair ou d’autres avant lui?
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/
Textes sur le jeu compulsif.
Médecin, chercheurs de l’Université Laval et les cigarettes
Scandale. Le Journal de Montréal du 10 novembre nous rapporte que Mme Élyse Bissonnette, docteure et chercheure à l’Université Laval a accepté une subvention de 25 000$ de Tabac ADL pour faire une recherche qui offre une alternative aux cigarettes en offrant un autre type de cigarette! L’Université Laval a un politique interne qui interdit les dons et les subventions provenant de l’industrie du tabac.
Cela confirme une rumeur qui existe depuis plus de 40 ans, à savoir que certaines recherches sont biaisées. L’organisme qui subventionne la recherche veut avoir un résultat prédéterminé. Une compagnie de tabac ne subventionnerait pas une recherche qui nous dit que le tabac est dangereux pour la santé!
Quand les grands lobby que ce soit pour l’industrie du tabac ou autres, se présentent en court, ils sont armés des meilleurs avocats, ont eu le temps de commander quelques recherches pour appuyer leur dire. Pas facile pour le simple citoyen de se battre contre tout ça. Les chercheurs sont supposés représenter la neutralité scientifique pour nous aider à faire nos débats sociaux.
Je suis surpris que la docteure Élyse Bissonnette n’ait eu aucune sanction dans cette affaire. Au nom de l’intérêt public, elle aurait mérité de perdre son titre de chercheure. Et c’est la réputation de l’ensemble de la communauté des chercheurs qui en prend pour son rhume.
Ce genre d’incident m’oblige à extrapoler et rappeler que c’est justement l’Université Laval qui avait eu le mandat de faire les très contreversées recherches financées par Loto-Québec. Est-ce que l’Université Laval en est rendu à être la prostituée de nos universités? Si l’Université Laval avait sévi dans les cas douteux, peut-être que cela aiderait les chercheurs à rester dans le droit chemin. Quand on tolère et accepte de tels tromperies, on en devient complice. S.V.P., veuillez commenter mes propos.
Textes sur la gambling.
BCE, Bell Canada et une nouvelle fiducie de revenu
Je vais accepter ici de me montrer sous toute mon ignorance. J’ai toujours été convaincu que Bell Canada et toutes ces entreprises qui sonnaient à peu près pareil étaient une sorte de Société d’État qui offrait un service de qualité à ces citoyens et qui rapportaient des surplus qui étaient redonné à notre gouvernement fédéral. Un peu comme le fait Loto-Québec ou Hydro-Québec.
J’ai dû mal interprété ou mal comprendre la définition de Bell Canada. Les médias nous rapportent que BCE va redevenir Bell Canada et se transformer en fiducie de revenu. Une fiducie de revenu est une façon de ne pas payer d’impôts à notre gouvernement. Une sorte d’échappatoire fiscale comme il semble en avoir beaucoup au Canada.
Pour Bell Canada, de se transformer pour ne pas payer d’impôts devient contraire à ma vision de société d’état fédérale. Est-ce que je me suis gourré à ce point et que Bell Canada est une entreprise privée et n’a rien à voir avec notre gouvernement et ses actifs?
Ce blogue d’aujourd’hui démontre ma grande incompétence vis-à-vis certaines notions de hautes finances et des échapatoires fiscales. Une chose demeure, j’ai des hauts le coeur quand une entreprise, indépendamment que ce soit Bell ou une autre entreprise privée, se limite à changer quelques statuts dans ses règlements et que cela lui permet d’éviter de payer ses impôts.
Je travaille pour un organisme communautaire et nous ne sommes pas financé par le gouvernement. Nous avons créé une cinquantaine d’emplois qui paient leur impôts. Nous payons la part d’employeur sur ces salaires. Nous payons des taxes de ventes, des taxes d’affaires, des permis… Nous sommes fier des sommes d’argent que nos opérations peuvent dégager pour envoyer de l’argent à nos différents paliers de gouvernement. Et nous sommes du communautaire. Si certaines entreprises privées n’avaient que la moitié de notre fierté à être citoyen, cela pourrait changer la couleur de notre société.
Loto-Québec sexiste, 2 à 0 pour Radio-Canada
Nous venons d’apprendre aux nouvelles de Radio-Canada que Loto-Québec vient de retirer sa publicité sexiste pour attirer les jeunes adultes de Boston au Casino de Montréal via une annonce Internet, «matchplay.com». La fermeture de ce site sexiste nous montrant de pulpeuses et juteuses filles décoltées s’est fait une heure après que Radio-Canada ait rapporté les événements. Une publicité de mauvais goût.
Dans mon blogue du 5 avril dernier, je félicitais Mme Anne Panasuk de Radio-Canada pour son reportage sur les machines vidéos à Shefferville. Suite à son reportage, Loto-Québec avait retiré des machines et diminué les heures d’accessibilité de ses appareils loteries-vidéos.
Nous en sommes donc à au moins deux reportages de Radio-Canada qui oblige Loto-Québec à se raviser et à changer son fusil d’épaule. Je n’aurais jamais été aussi fier d’avoir une télévision d’état qui fait un excellent travail de journalisme.
Mais revenons à cet événement qui me donne la nausée. Loto-Québec fait de la publicité en faisant passer les filles du Québec pour des filles faciles! Loto-Québec ne mousse pas son casino, il mousse les seins et les poitrines de nos filles! Épouvantable. Et qu’est-ce que leur porte-parole, Jean-Pierre Roy a à nous répondre sur cette publicité: «C’est vrai que c’était une approche risquée… nous ne voulions pas dénigrer les femmes… Nous nous excusons si cela a pu choquer des gens… et bla bla bla…»
Est-ce que Loto-Québec en serait rendu à vouloir légaliser la prostitution pour permettre de faire une meilleure promotion de son casino? Nous ne cessons de parler de l’importance de l’égalité et du respect des femmes dans notre société. Et voilà qu’une société d’État s’amuse à «miser» sur les attributs sexistes pour attirer les touristes!
Impardonnable. Il me semble que des têtes ont déjà roulé pour moins que ça. Doit-on congédier les gens qui s’occupent du marketing chez Loto-Québec ou ceux qui ont donné le mandat de faire passer une telle publicité qui n’a pas sa raison d’être?
Merci aux journalistes de Radio-Canada. Vous avez fait plus qu’un reportage. Encore une fois, vous avez été notre conscience sociale.
http://raymondviger.wordpress.com/2006/04/05/anne-panasuck-loto-quebec-et-shefferville/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/07/09/loto-quebec-le-journal-de-montreal-et-lacces-a-linformation/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
Textes sur le jeu compulsif.
Loto-Québec, les gracieusetés et les joueurs compulsifs
Je prépare un reportage sur un joueur compulsif. L’article va paraître dans le numéro de décembre du magazine d’information et de sensibilisation Reflet de Société. Ce joueur compulsif, maintenant membre de Gamblers Anonymes et abstinent du jeu depuis plusieurs années, m’a fait des révélations surprenantes qui devraient intéresser les hautes sphères de Loto-Québec.
Pour situer le contexte, ce joueur compulsif a été un gros joueur. Quand je dis un gros joueur, il a été vraiment un gros joueur. À un point tel que Loto-Québec ne lui refusait rien. Monsieur était tanné de souper dans les restaurants du Casino de Montréal. Pas de problème, la limousine l’attendait pour lui payer un souper en ville. Spectacles, voyages, golf et toutes les gratuités que vous pouvez imaginer et même plus…
Vous me direz que c’est normal qu’une entreprise telle Loto-Québec soigne aux petits oignons ses meilleurs clients. Un pourcentage des profits de Loto-Québec sert à payer toutes ses gâteries aux gros joueurs. Nous pouvons tous penser, y compris les gros salariés de Loto-Québec du département de marketing, qu’avec ces cadeaux, cela permet de fidéliser les gros joueurs et de les revoir plus souvent au Casino.
Et bien détrompez-vous. Ce joueur admet dans son entrevue qu’il n’allait pas au Casino de Montréal parce qu’il recevait des gratuités et que ses moindres caprices étaient assouvis. Il allait au Casino de Montréal parce qu’il était un joueur compulsif, un malade, pour qui le jeu était une obsession. Même sans aucun cadeau, il se serait retrouvé au Casino à jouer les mêmes montants.
C’est donc dire que Loto-Québec dépense inutilement ses cadeaux pour les gros joueurs. C’est aussi dire que Loto-Québec dépense mal nos taxes en investissant sur ces joueurs qui, de toutes façons, n’ont pas besoin des encouragements de Loto-Québec pour jouer. Ces argents, au lieu de payer toutes ces gratuités inutiles pour les gros joueurs auraient pu retourner dans les coffres de l’état et baisser nos dettes et nos impôts.
Un petit cadeau pour monsieur-et-madame-tout-le-monde, peut-être que ça ramène des gens au Casino. Les gros cadeaux dispendieux pour les gros clients, complètement inutiles! Remarquez que les gens de Loto-Québec ne seront pas contents d’apprendre cette nouvelle. D’une part, cela veut dire moins d’employés de Loto-Québec qui vont partir en voyage pour accompagner les gros joueurs dans toutes sortes de voyages. Cela veut aussi dire moins de travail pour le département de marketing qui pourra couper quelques postes de travail de créateur qui veulent nous vendre l’idée de jouer. Et si Loto-Québec ne veut pas admettre cette réalité, j’espère que le Ministre des Finances l’entendra et récupérera les sommes qui nous sont dûs pour baisser nos impôts.
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/12/loto-quebec-sexiste-2-a-0-pour-radio-canada/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/07/09/loto-quebec-le-journal-de-montreal-et-lacces-a-linformation/
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
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Smirnoff, Seagram, l’alcool et les familles
Le hasard de la vie fait atterrir entre mes mains un exemplaire de la Gazette des femmes de septembre 2005. J’y découvre un article mentionnant que l’Inde, la nation la plus sobre de la planète, est au prise avec des femmes qui manifestent contre le commerce de l’alcool. Aux Indes, la consommation d’alcool causant une augmentation du nombre de maris et de pères violents.
Mais que c’est-il passé pour que cette nation en arrive à revivre les années 1930 qui nous avais fait vivre la prohibition? Début des années 90, des entreprises telles Smirnoff et Seagram se sont installés aux Indes. Avec un tapage publicitaire, ces compagnies ont vendu l’idée aux Indiens de consommer l’alcool.
Les Indiennes, victime de la violence des hommes alcooliques, revendiquent que la vente d’alcool relève directement du gouvernement, un âge minimum légal pour l’achat d’alcool, faire interdire les débits près des écoles et implanter un programme de prévention de l’alcoolisme.
Nous avons vécu la même chose avec l’alcool il y a près de 100 ans. Nous avons réussi à gagner, après de nombreuses batailles, l’ensemble des revendications exigées par les Indiennes.
D’une part, Loto-Québec est-il en train de faire le même cheminement avec les jeux de hasard, les machines à sous et les casinos? Pourquoi faut-il rendre le peuple malade avant qu’on en arrive à prendre des moyens pour le soigner et le préserver des effets pervers? Pourquoi faut-il toujours attendre que le peuple fasse une crise pour les autorités mettent leurs culottes et agissent avec modération? Pourquoi des groupes de citoyens voient et comprennent facilement qu’il y a des effets pervers pendant que les autorités auraient dû le voir bien avant et agir en bon père de famille?
D’autre part, est-ce acceptable ce manque de conscience d’entreprises telle que Smirnoff et Seagram qui entrent dans un pays et se contentent de vendre le plus possible sans prendre conscience des effets pervers qu’ils causent?
Finalement, dans tous ces exemples, ce sont les femmes qui font le changement social. Serait-ce que les femmes sont synonymes d’humanité et de conscience? Au lieu de laisser ces femmes se battre contre les autorités en place (trop souvent en majorité masculine), qu’attendons-nous pour remplir les différents gouvernements de ces femmes?
Il y a une règle en environnement qui dit «pollueur payeur». Ne devrait-on pas avoir la même règle en ce qui concerne les conséquences sociales de ces entreprises et sociétés d’état?
http://journaldelarue.wordpress.com/2006/10/16/a-loto-quebec-de-qui-se-moque-t-on/
http://raymondviger.wordpress.com/2006/12/13/alain-cousineau-et-la-volte-face-de-loto-quebec/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/10/loto-quebec-le-poker-au-casino-et-alain-cousineau/
http://raymondviger.wordpress.com/2007/01/14/billet-de-649-gratuit-dans-une-pharmacie/
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