Suicide en centre jeunesse

Un jeune se suicide au centre jeunesse Mont St-Antoine

Le suicide des adolescents est-il pris au sérieux?

Le système de santé et la psychiatrie ont-ils fini de répéter les mêmes erreurs? Combien d’adolescents devons-nous laisser mourir avant d’avoir un protocole d’intervention adéquat pour les jeunes?

Raymond Viger Dossier Suicide

Il arrive que des adolescents déjouent tout ce que nous aurions pu faire pour prévenir le suicide. Mais il y a d’autres histoires qui ne semble être qu’une répétition d’erreurs et de laxisme du système de santé et de la psychiatrie au Québec.

Suicide au centre jeunesse

Le suicide d’un jeune au centre jeunesse Mont St-Antoine le 7 mars dernier n’est pas un cas isolé. J’offre toutes mes sympathies à la famille et aux proches éprouvés. Je comprends et soutient la dénonciation qu’ils font envers les spécialistes et notre système de santé.

Il existe des principes de base en matière d’intervention auprès de personnes suicidaires. Ces principes sont connus de tous les intervenants de crise et sont enseignés par tous les centres de crise. Au Québec, nous sommes les chefs de file en matière d’intervention auprès de personnes suicidaires. Les intervenants du Québec ont été demandé dans plusieurs pays à travers le monde pour partager leur façon de faire, leurs connaissances.

Dommage que dans les hôpitaux du Québec ont ne semble pas vouloir s’inspirer de l’expertise existante en matière d’intervention auprès de personnes suicidaires!

Ce que disent les manuels d’intervention

Dans tous les manuels d’intervention auprès de personnes suicidaires on peut lire que lorsqu’une personne fait une tentative de suicide, il faut assurer un suivi, créer un réseau d’aide. Ça ne veut pas dire donner un anti-dépresseur et demander au jeune de revenir voir son psychiatre dans 6 mois!

Dans tous les manuels d’intervention après de personnes suicidaires on peut lire qu’une amélioration subite n’est pas signe que le danger est écarté. AU CONTRAIRE! Cela peut vouloir dire que le jeune vient de finaliser son plan pour se suicider et que l’URGENCE EST ÉLEVÉE.

Dans tous les manuels d’intervention auprès de personnes suicidaires on peut lire qu’après une tentative de suicide, le jeune a besoin d’une thérapie pour désamorcer ce qui l’a amené en crise. Et je me répête, ça ne veut pas dire se limiter à lui donner un anti-dépresseur et demander au jeune de revenir voir son psychiatre dans 6 mois!

On ne sort pas d’une crise suicidaire en claquant des doigts. Un anti-dépresseur est une béquille que l’on utilise EN ATTENDANT QUE LA THÉRAPIE FASSE EFFET!

L’histoire du jeune qui se suicide

L’histoire que nous raconte Julie Marcoux dans le Journal de Montréal sur le jeune qui s’est suicidé au centre jeunesse Mont St-Antoine n’est pas un cas isolé. Après une tentative de suicide il a été admis à l’hôpital St-Luc et il lui ont donné son congé le lendemain matin, APRÈS AVOIR ÉTÉ EXAMINÉ PAR UN PSYCHIATRE! Après 2 jours dans une CHAMBRE D’ISOLEMENT il est examiné par un spécialiste du centre jeunesse qui juge qu’en 48 heures le jeune va mieux! Belle façon de briser l’isolement d’une personne suicidaire! Belle thérapie! Beau réseau d’aide! Beau suivi!

Le Journal de Montréal continue son histoire avec Julie Grenier, la coordonnatrice du Centre jeunesse de Montréal qui explique:

Tous les efforts sont actuellement portés vers le soutien psychologique des jeunes et du personnel touché par cet événement.

C’est très bien et c’est très important de s’occuper de l’impact qu’un suicide peut avoir sur les proches. Mais est-ce que tous les efforts ont été fait pour éviter le suicide?

Le suicide des jeunes, une histoire qui ne cesse de se répéter

J’ai déjà été demandé auprès de jeunes qui avaient fait des tentatives de suicide et qui se sont retrouvés dans des hôpitaux. Et c’était la même histoire que celle-là. J’ai déjà tenté de faire entrer une personne en psychiatrie parce qu’elle était suicidaire. Elle n’a été admis qu’après 6 mois de vaines tentatives, lorsque la personne a passé à travers d’une fenêtre d’un 3e étage!

Peut-être que je suis trop sévère envers le système de Santé. Peut-être que les psychiatres, les hôpitaux et le ministre de la Santé ne sont pas au courant de tout ce qui est écrit dans les manuels d’intervention auprès de personnes suicidaires. Peut-être qu’avec toutes les coupures que nous devons subir ils n’ont pas les 4,95$ nécessaire pour se payer un petit guide d’intervention.

Pour éviter qu’un tel désastre social ne se reproduise, pour éviter de laisser nos professionnels de la Santé dans l’ignorance, je vais de ce pas leur faire un don. Je vais leur faire parvenir un guide d’intervention auprès de personnes suicidaires. Gratuitement. Au ministre de la Santé Yves Bolduc. Son chef, le Premier ministre Jean Charest, à Jean-Marc Potvin le directeur du Centre jeunesse de Montréal, Président du Conseil d’administration du CHUM, Me Patrick A. Molinari, le grand patron de l’hôpital St-Luc… Il ne leur restera plus qu’à le lire. Et ça, je ne peux malheureusement pas le faire pour eux.

Ressources

prévention suicide intervention crise suicidaire

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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Autres textes sur le Suicide:

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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Projet appartement études

Éducation

Débourser pour l’avenir

Taux de décrochage scolaire alarmant, jeunes qui ne savent pas parler et écrire en français, système d’éducation sans cesse montré du doigt et remis en question. Derrière ces chiffres et ces débats enflammés se cachent de belles histoires de détermination. Des jeunes qui s’accrochent à l’école. Reflet de Société a rencontré Sophie et Marie-Ève, deux jeunes femmes qui fondent beaucoup d’espoir dans leur éducation.

Dominic Desmarais   Dossiers Éducation, Famille

projet-appartement-etudes-mere-monoparental-education-enfant Sophie descend à la hâte de la voiture. Gênée et pressée, la jeune femme entraîne son garçon par la main. Sourire complice dirigé vers Aline, son ex-intervenante, Sophie ouvre sa demeure. Elle se précipite pour enlever le manteau de son gamin, sort ses jouets et l’installe devant un film pour enfants.

Sophie est prête à partager son histoire, tout en lorgnant le salon où s’amuse son fils. Son bébé qu’elle aurait pu perdre il y a environ un an. La Direction pour la Protection de la Jeunesse (DPJ) lui a retiré son petit. «Il y avait un conflit entre ma mère et moi. Mon jeune vivait dans la violence. Je le laissais, j’étais négligente avec lui.» Sophie, sous ses airs timides, répond sans retenue. À la suite d’un accident, son gamin se fracture le crâne. C’est à ce moment qu’intervient la DPJ. Par souci pour l’enfant, on le retire à sa mère pour le placer en foyer d’accueil.

Sophie décide de suivre sa progéniture. Pendant 10 mois, elle vit dans un appartement avec 4 mères comme elle et une femme enceinte. L’expérience la chamboule. «C’était dégueulasse, laisse-t-elle échapper, encore dégoûtée. Il y avait trop de monde pour l’endroit, la cuisine était toujours bondée. Je voulais partir. Mais il y avait un problème avec mon enfant. Je n’avais jamais préparé un souper, je ne savais pas m’organiser ou encore m’occuper de mon enfant.»

Terminer son secondaire

mere-monoparentale-education-enfant-famille Au foyer, la jeune femme, aujourd’hui âgée de 18 ans, se prend en main. Elle tremble en voyant les autres mères quitter le foyer, seules, sans leur enfant. Elle fait tout ce que les intervenants lui demandent. Pendant cette période, elle termine son secondaire. Elle passe son temps enfermée dans sa chambre, avec son garçon et ses livres.

Cette année, Sophie se mesure aux études collégiales. Son fils va bien, elle a appris à l’élever. Elle est libérée de la DPJ. Ou presque… «J’ai reçu une bourse de 2500$ pour payer l’école, les livres, la vaisselle, la barrière pour le lit de mon fils…» La jeune femme énumère sa liste d’achats. À 18 ans, à peine sortie d’un séjour de 10 mois en foyer de groupe au sein de la DPJ, avec un enfant en bas âge, Sophie entame une vie d’adulte.

Déjà, elle pense à l’après cégep. Elle se voit aux Hautes Études Commerciales. Avec, comme motivation, son garçon, et comme appui, la bourse de la DPJ qui lui sera remise jusqu’à la fin de ses études.

7 ans en famille d’accueil

Marie-Ève est un autre produit de la DPJ. Malade, sa mère décède avant qu’elle n’atteigne ses 10 ans. Née de père inconnu, sans famille, elle est confiée à l’État. Elle passe 7 ans dans une famille d’accueil avec laquelle elle ne s’entend pas. Des histoires d’abandon, de traitement injuste, de manque de soutien, Marie-Ève en a un sac plein.

Comme cette fois où, hospitalisée pendant deux mois et demi, personne de sa famille d’accueil n’est venu lui rendre visite. Ou sa relation avec sa travailleuse sociale distante. «Elle venait me voir une fois par an. Elle me faisait un plan d’action bon pour l’année, pour s’en débarrasser», raconte-t-elle sans rancœur. À côté d’elle, Aline, son intervenante, opine de la tête. «Marie-Ève a raison de se plaindre, dit-elle avec empathie. Normalement, tu fais un suivi une fois par mois. Tu demeures préoccupé pour ce que tes jeunes vivent.»

Bien malin qui pourrait lire le passé de Marie-Ève en la regardant. Enjouée, cette adolescente de 17 ans s’esclaffe sans arrêt. Les années difficiles semblent derrière elle. Depuis juillet, elle goûte à la liberté dans son nouvel appartement supervisé. Ses quartiers sont situés au deuxième étage, au-dessus des habitations d’une famille d’accueil qui s’assure de son intégration à une vie autonome.

Comme Sophie, elle aussi a reçu une bourse de la DPJ afin de l’aider dans ses études. Depuis le décès de sa mère, elle rêve de devenir infirmière. «Pour aider directement les malades», s’empresse-t-elle de préciser. Ses études l’accaparent à longueur de semaine. Mais Marie-Ève ne rechigne pas. Une nouvelle vie s’offre à elle.

Une trousse de départ

Le Projet appartement-études du Centre jeunesse de Montréal veut préparer des jeunes sans familles ni ressources à devenir autonomes, une fois sortis du Centre. Les bénéficiaires reçoivent un trousseau de départ pour leur premier appartement, une première épicerie et une bourse de 2500$ par année pour les étudiants au cégep ou de 1000$ par année pour terminer un secondaire 5. Il y a présentement 8 bénéficiaires. Élaboré par James Crowley, éducateur au Centre jeunesse, le projet est financé par de grandes entreprises Québécoises et des dons de particuliers.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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Lettre d’une mère à un jeune toxicomane

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Lettre d’une mère à un jeune toxicomane

Dossier Alcool et drogue

Nous avons publié dans notre numéro d’été 2009 un poème écrit par Kevin, jeune de 14 ans pensionnaire dans un Centre jeunesse de Montréal, pour sa mère. Ses mots ont touché Debbie, une autre mère, qui a tenu à lui répondre.

Cher Kevin,

C’est très important que tu saches combien ton poème «J’veux t’dire» m’a touchée. Lorsque je l’ai lu, je pensais à mon fils de 17 ans. Il est maintenant parti de la maison il y a 6 mois pour vivre avec son père car je n’avais plus la force de «dealer» avec ses problèmes de drogue et ses comportements impulsifs. Il faut dire que je me remettais moi-même d’un cancer du sein. 

Je n’ai pas de nouvelles de lui: il est très fâché contre moi. Tout ça pour dire que j’ai lu ton poème imaginant que c’était mon fils qui m’avait écrit ça et j’ai pleuré. J’ai pleuré des larmes «guérissantes». Des larmes qui ont fait fondre tout le ressentiment que j’avais dans le cœur contre mon fils. Ça m’a libérée assez pour que je puisse m’asseoir et lui écrire une lettre dans laquelle je tente de clarifier certaines choses entre lui et moi. Je te la fais parvenir, espérant qu’elle sera significative pour toi, comme ton texte l’a été pour moi.

Seul Dieu sait comment mon fils va recevoir cette lettre, mais il ne l’aurait probablement pas eue si ce n’était la libération que j’ai ressentie après avoir lu ton précieux poème. Alors MERCI Kevin et j’espère que la relation entre ta mère et toi est en voie de devenir tout ce que tu en espères et plus.

Tout le monde fait des erreurs, mais ça prend de grandes personnes pour les avouer, en tirer des leçons et se relever. Je crois qu’à ton âge [NDLR: 14 ans], tu es déjà une de ces grandes personnes. Wow, qu’est-ce que ça va être plus tard! De toute beauté mon gars!

Merci encore Kevin,

Debbie

Moi j’veux t’dire

Moi j’voulais t’dire, mon fils, que j’te pardonne pour tout c’que tu m’as fait subir,
Que tu m’ayes traité de conne quand j’essayais d’te prévenir
L’important c’est que là, t’as compris que c’que j’faisais était pour ton bien
Je serai encore et toujours là quand tu voudras parler de ton chagrin
Sérieusement pour moi t’es vraiment précieux
La seule chose que j’veux cé qu’tu sois heureux
Merci de t’excuser pour les gaffes faites à plusieurs reprises
Et de reconnaître que cé mon cœur que tu brises
Tu dis que j’ai toute faite pour toi pis en retour, tu m’as chié dins mains
Mais sache que pour une mère, l’amour inconditionnel, cé l’quotidien
Oui je suis là malgré ce que tu m’as faite
J’voulais dire que j’apprécie que tu le regrettes

J’veux t’dire que sans toi, dans ma vie j’ai mal
Moi aussi j’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vital
J’veux t’dire que moi aussi j’t’adore pis qu’chu prête à tout pour toi
J’veux t’dire qu’à chaque soir j’me demande qu’est-ce que je peux faire
pour que t’ayes confiance en toi et moi

J’te l’ai-tu déjà dit, que je remercie le Bon Dieu de t’avoir mis au monde
Sérieux, mes enfants, c’est c’que j’ai d’plus précieux au monde
J’veux dire que j’te pardonne pour toutes les fois que tu m’as faite verser des larmes
J’veux dire que sans toi, ma vie tourne au drame
Sérieux j’t’adore, j’te l’dirai jamais assez souvent
Tu m’as causé des torts mais j’ai confiance que tu as changé maintenant
Yé jamais trop tard pour réaliser qu’on perd trop d’temps
Ne plus me faire souffrir, j’accepte ton serment
Tu veux faire tout, me voir heureuse cé ton vœu
T’as raison, une mère t’en as pas deux
Je suis fière qu’avec moi tu sois heureux, sans moi sois courageux
A toutes les soirs, moi aussi j’prie Dieu pour qu’on s’rapproche tous les deux
J’veux dire que c’est évident que mon amour envers toi n’est pas vain
Puisque t’as pu m’écrire ce merveilleux poème

J’veux t’dire que sans toi, dans ma vie j’ai mal
Moi aussi j’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vital
J’veux t’dire que moi aussi j’t’adore pis qu’chu prête à tout pour toi
J’veux t’dire que chaque soir j’me demande qu’est-ce que je peux faire
pour que t’ayes confiance en toi et moi

Autres textes sur Toxicomanie

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LOVE in 3 D, L’Amour en 3 Dimensions

Colin McGregor est un prisonnier de Cowansville. Depuis plus de 3 ans, ce journaliste anglophone tient une chronique régulière dans le magazine Reflet de Société. Une chronique très appréciée par sa façon originale de nous conter une histoire carcérale et les anecdotes du système pénitencier.

Colin et moi avons vécu une expérience fort intéressante. J’ai publié un roman humoristique L’Amour en 3 Dimensions. Une histoire pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement.

Colin a traduit en anglais cette histoire qui peut être lu autant pour le plaisir que pour un cheminement personnel. Pour commander L’amour en 3 DimensionsLove in 3D, journal@journaldelarue.ca, (514) 256-9000. 19,95$.

Autres livres pouvant vous intéresser:

Biographie de l’auteur.

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Ma famille, la DPJ et les centres jeunesse de Montréal

Ma famille, la DPJ et les centres jeunesse de Montréal

Éric Gordon, témoignage publié dans Reflet de Société.

dpj-centre-jeunesse-eric-gordon-jeune Mon mariage a eu lieu le 12 juillet 2008 à Amos. J’attendais, avec mon témoin Guy, mes amours, soit ma conjointe Stéphanie et mes deux filles, Hélodie, 6 ans, et Lauryanne, 4 ans. Cette journée a été l’une des plus belles que j’ai vécues. Pendant que les femmes de ma vie se préparaient, je devais contrôler mes sentiments. Cette journée représentait l’aboutissement de mon ancienne vie et me faisait vivre de fortes émotions.

La préparation du mariage n’a pas été de tout repos. Ma plus grande difficulté était de trouver un témoin. La vie que j’ai vécue a fait en sorte qu’il y a très peu de gens significatifs pour moi au point de leur demander un tel service. Je voulais aussi que mon témoin me rappelle d’où je viens et le chemin que j’ai parcouru.

Guy était la personne par excellence, lui qui connaît tout de ma vie. Par contre, je l’avais perdu de vue depuis un moment. Un soir, je décide de l’appeler. Je lui explique où j’en suis rendu, comment se déroule ma vie et lui demande d’être mon témoin. Sa voix devient plus émotive et il accepte sans hésiter. Je suis bouleversé, moi qui croyais pourtant avoir un contrôle absolu sur mes émotions.

Prison pour enfants

Il faut dire que j’ai connu Guy au plus bas de mon existence. J’avais douze ans la première fois que j’ai rencontré cet éducateur spécialisé dans un Centre jeunesse. C’est là que j’ai vécu ma première expérience de stabilité. Je suis resté trois ans à cet endroit, une période entrecoupée de courts placements en foyer de groupe. J’y ai fait des activités que jamais je n’aurais pu faire avec mes parents ou d’autres familles: canot, escalade, randonnée, plongée sous-marine, planche à voile, équitation, camping, judo, badminton, volleyball, hockey, etc.

Parmi mes camarades et les éducateurs, je me sentais accepté pour la première fois. Le Centre était pour moi une famille. C’était pourtant un endroit plein de restrictions, comme une prison, mais pour les enfants. Très peu de temps personnel nous était alloué, mais je crois que cela était mieux ainsi.

Lorsque je suis arrivé au centre, je ne parlais aux éducateurs que lorsque c’était absolument nécessaire. C’était une obligation qui me répugnait au plus haut point. Une grande méfiance à l’endroit des adultes m’habitait. Le Centre m’a permis de surmonter cette difficulté. C’est avec beaucoup de patience que les animateurs, enseignants, instructeurs, moniteurs et pédagogues m’ont débarrassé de cette méfiance. Je ne comprenais pas que des adultes puissent vouloir mon bien-être et être gentils avec moi.

Séjour chez les Rochefort

Les gens qui se rapprochaient le plus d’une famille pour moi à cette époque étaient les Rochefort. Je suis resté environ un an chez eux. J’ai appris à travailler sur leur ferme et à avoir de l’argent pour moi.  Nous sommes aussi allés en Floride, le plus beau voyage de ma vie. Cette famille est la meilleure qu’il m’ait été donné de voir. Et je m’y connais. Je suis passé par 37 familles d’accueil, 2 ans et demi de Centre jeunesse et un an de foyer de groupe.

Les Rochefort m’ont immédiatement accepté parmi eux. En revanche, je ne voulais en aucun cas m’attacher à eux. Je me doutais bien que je partirais un jour ou l’autre. J’avais toujours peur d’être exclu, je ne créais donc pas de liens. La seule fugue que j’ai faite a été à partir de cet endroit. Aujourd’hui, je peux mieux expliquer pourquoi je suis parti de cette maison. Cela peut sembler étrange, mais j’étais trop bien avec eux. J’avais besoin de sentir que le monde ne m’aimait pas. Ce n’était pas normal que l’on me traite comme les autres membres de la famille sans jamais rien demander en retour. Aux prises avec des émotions contradictoires, j’ai fugué avec Patrick, un autre jeune qui vivait chez les Rochefort.

La fugue n’a duré qu’environ une semaine. Après quelques aventures, bonnes et mauvaises, Patrick et moi avons décidé de nous rendre à la Sûreté du Québec. À notre grande surprise, nous n’étions même pas recherchés par la police. J’ai su plus tard que les Rochefort n’avaient pas signalé notre fuite. Ayant confiance en mes capacités de me débrouiller, ils voulaient attendre un peu avant de contacter les policiers. On m’a ensuite donné le choix de retourner chez les Rochefort ou non. Bien que leur porte m’ait toujours été ouverte, je ne voulais pas retourner dans cette famille. J’étais mal à l’aise d’être aimé, un mal si fort qu’il me fallait partir de chez eux.

Placé jusqu’à 18 ans

La seule chose que je voulais ensuite était de retourner au Centre d’accueil, où je pourrais enfin me créer un monde, sans vivre d’expériences familiales qui auraient pu me déstabiliser encore plus. J’ai obtenu un placement jusqu’au jour de ma majorité.

Pendant mon adolescence, il n’était pas rare que je pense au suicide. Au Centre, je fréquentais des gens aux prises avec les mêmes problèmes que moi: solitude, abandon, échec scolaire, consommation, etc. Certains se suicidaient, d’autres effectuaient des tentatives ou s’automutilaient. Je me suis parfois posé la question: ne serait-il pas mieux que je ne sois plus là? Un jour, mon voisin de chambre s’est mis à cogner dans le mur. Je suis sorti pour aviser l’éducateur. Lorsqu’il a ouvert la porte, j’ai vu le jeune accroché au plafond avec sa ceinture. Je suis retourné dans ma chambre, incapable de faire quoi que ce soit. Heureusement, il a survécu. Je ne l’ai jamais revu par la suite.

Cette nuit-là, je n’ai pas été capable de dormir dans ma chambre. J’ai demandé à être transféré en salle d’isolement où j’ai passé une nuit très agitée. Je pensais au suicide, je me questionnais. J’en suis arrivé à la conclusion que le fait que je sois vivant ou non ne dérangerait personne. J’ai alors eu peur de mourir seul. J’ai donc décidé de me relever les manches et de foncer dans la vie.

Beaucoup d’amis, pas de famille

Cette expérience a eu un impact majeur sur ma vie. Moi qui collais la tapisserie et longeais les murs, j’ai dû apprendre à socialiser. Avec les gens de mon âge au début, car je ne faisais toujours pas confiance aux adultes. Tranquillement, je me suis fait des amis à l’école. Je m’adaptais progressivement à la vie de groupe et en suis même venu à développer un certain leadership auprès de mes pairs.

J’avais dorénavant des amis, mais portais toujours un lourd secret. Pour éviter les questions sur mon passé ou ma famille, j’ai longtemps dit que mes parents étaient décédés et que je n’avais ni frère ni sœur. Ce mensonge me protégeait. Je souhaite maintenant m’en débarrasser une fois pour toutes.

Pour des raisons que j’ignore, mon père a quitté ma mère alors que j’avais à peine un an. Ma mère m’a par la suite confié aux services sociaux. Elle s’est mise à «jouer au ping-pong» avec moi. Elle me gardait pour de courtes périodes, environ 3 mois, puis me replaçait dans des familles d’accueil. Elle revenait ensuite me chercher pour un autre deux ou trois mois et me replaçait plus tard auprès des services sociaux. C’est pourquoi j’ai «fait» tant de familles.

À l’âge de 8 ans, j’ai été mis en classe spécialisée en raison de problèmes de comportement. Je vivais des périodes d’agressivité et me battais souvent avec les autres élèves. Éventuellement, avec l’aide de mon professeur, j’ai rédigé une lettre destinée à un juge, lui demandant une mesure d’adoption et un placement jusqu’à la majorité. Mes parents ont signé les documents nécessaires, faisant de moi un enfant de l’État. À partir de ce jour-là, le jugement était prononcé.

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Kevin, 14 ans et les centres jeunesse de Montréal

Kevin, 14 ans et les centres jeunesse de Montréal

Ce poème a été composé par Kevin, un jeune pensionnaire de 14 ans des Centres jeunesse de Montréal. Il a été lu devant des milliers de personnes dans le cadre d’un concert bénéfice au profit de l’organisation.

J’veux t’dire

J’voulais t’dire Mom, j’m’excuse pour tout c’que j’t’ai fais subir,

J’t’ai traité d’conne quand t’essayais d’me prévenir,

Mais là j’ai compris, tu faisais ça pour mon bien,

T’as toujours été là quand j’voulais t’parler d’mon chagrin,

Sérieusement, pour moi t’es vraiment précieuse,

La seule chose que j’veux cé qu’tu sois heureuse.

J’ai faite des gaffes à plusieurs reprises,

Sérieux j’me trouve cave parce que cé ton cœur que j’brise.

T’as toute faite pour moi pis en retour, j’t’ai chié dins mains,

Mais saches que pour moi, décevoir cé l’quotidien.

Heureusement qu’té là malgré toute ce que j’t’ai faite,

J’voulais m’excuser pis t’dire que j’regrette.

J’veux te dire que sans toi, dans ma vie tout va mal,

J’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vitale,

J’veux t’dire que j’t’adore pis qu’chu prêt à tout pour toi,

J’veux t’dire que chaque soir j’me demande qu’est-ce que j’serais sans toi.

J’te l’ai-tu déjà dit, merci de m’avoir mis au monde,

Yo, sérieux, té c’que j’ai d’plus précieux au monde.

J’m’excuse pour toutes les fois que j’t’ai fais verser des larmes,

J’veux t’dire que sans toi, yo, ma vie tourne au drame.

Sérieux j’t’adore, même si j’te l’dis pas souvent,

J’t’ai causé trop d’torts mais j’ai changé maintenant.

Yo, j’ai compris trop tard que j’perdais trop d’temps,

J’vais plus t’faire souffrir, ça j’en fais l’serment.

J’peux faire tout ce que tu veux, te voir heureuse cé mon vœu.

Dans c’texte j’passe aux aveux, une mère j’en ai pas deux.

Avec toi chu heureux, sans toi j’deviens peureux.

À toutes les soirs j’prie Dieu pour qu’on se rapproche tous les deux.

J’veux te dire que sans toi, dans ma vie tout va mal,

J’aime ça t’voir sourire, dans ma vie té vitale,

J’veux t’dire que j’t’adore pis qu’chu prêt à tout pour toi,

J’veux t’dire que chaque soir j’me demande qu’est-ce que j’serais sans toi.

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

Le livre est disponible au coût de 10,00$.
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Vaincre la violence

Vaincre la violence

Katherine Gaulin, Centre jeunesse Rivière-des-Prairies. Volume 15 no 6.

vaincre-la-violence-violent Lire tous les jours son journal, avoir son petit déjeuner préparé, prendre sa pomme, partir à l’école ou au travail, revenir le soir à la maison pour souper, prendre un bain et se coucher dans un lit confortable. Voilà le bonheur! Malheureusement, ce n’est pas celui qui règne dans cette maison où papa boit, maman déprime et Marko fume. Lorsque papa est fâché, il frappe maman. Quand Marko assiste à cette scène, il s’en va 1 ou 2 jours sans donner de ses nouvelles.

 

Ce matin, pour déjeuner, Marko a mangé la gifle de maman: il était disparu depuis deux jours. Pour dessert, maman a avalé l’engueulade de papa: elle n’a pas ramené assez d’argent à la maison cette semaine.

L’autre jour, la famille de la maison voisine a vu les bleus sur les jambes de Marko. Elle lui a proposé de l’aide, mais, ayant hérité du comportement de ses parents, il les a envoyé promener. Épouvantable, cette histoire, mais vraie!

J’ai 15 ans et je me demande à quoi peut bien servir la violence. Ce mot ne devrait même pas figurer dans le dictionnaire! Pourquoi faire du mal? Personne n’aime avoir mal, personne ne désire avoir mal et personne ne dort sur ses deux oreilles après avoir fait mal. À mon avis, la violence ne sert à rien. Parler, c’est beaucoup mieux, pourquoi n’utilise-t-on pas plus ce moyen? Il faut dire “non” à la violence.

Par la fenêtre de ma chambre, je peux voir les arbres et un boulevard. Mais, je me surprends souvent à penser que d’autres voient seulement du noir par leur fenêtre. J’aimerais pouvoir arrêter toute cette violence. Dès maintenant.

NDLR: Ce texte a été écrit et présenté au profit du spectacle-bénéfice de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal. La Fondation désirait sensibiliser la communauté à la vie des jeunes en centre jeunesse et amasser des fonds pour les ateliers artistiques qui leur sont dispensés.

Fondation du Centre jeunesse de Montréal: 514 593-2672

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