Échapper à la réalité

Un témoignage de Cassandre Clermont-Moquin | Dossier Santé mentale

À trois ans, je vivais déjà des crises d’angoisse… J’en ai vécu tout au long de mon enfance. J’étais vraiment dans les émotions fortes, hautes et basses, mais je n’arrivais pas à les canaliser. Ma psychose est survenue en juin dernier. C’est possible qu’un état de très haute manie (hypomanie) m’ait mené à la psychose, mais les psychiatres n’étaient pas certains.

Durant la période avant ma psychose, j’étais vraiment très active; je surfais et faisais du skate tous les jours. Je ressentais tellement d’énergie, mais mon corps se fatiguait… Je ne dormais que trois-quatre heures par nuit et je ne mangeais presque plus. J’ai commencé à me faire un scénario de vie qui était complètement déconnecté de la réalité, qui se passait dans un autre niveau de conscience. Ç’a vraiment monté haut du côté de la spiritualité.

À un certain moment, mes proches ont commencé à s’inquiéter et ils m’ont amenée à l’hôpital parce que je n’étais plus fonctionnelle. Durant ma psychose, je percevais les gens comme si j’avais accès à leur inconscient, et mes rêves me parlaient. Les gens ne pouvaient plus me rejoindre là où j’étais. Quand je suis sortie de l’hôpital, je n’avais pas la bonne médication, donc j’étais encore en perte de contact avec la réalité. Ça a duré deux mois comme ça. Tout ce que je faisais, c’était du skate, du surf et marcher autour du lac, nu-pieds…je me suis beaucoup guérie avec la nature.

Ce qui m’a aidée dans ma guérison a été de prendre soin de mon corps en me reconnectant à mes cinq sens. Au début, je n’étais pas capable d’écrire un courriel…J’étais comme une enfant. J’avais de la difficulté à penser et je faisais énormément de cauchemars. J’avais peur de m’éteindre…Je sentais que je perdais mon identité, que je n’étais plus la Cassandre d’avant. Je continuais à être prisonnière de cet état-là qui était devenu tellement souffrant… tellement que j’en suis venue à vouloir me suicider. Puis, l’espoir est revenu et j’ai trouvé un médicament qui m’a aidé à être fonctionnelle.

Au début, c’était difficile pour moi d’accepter la médication, mais ça me permet d’être bien. Malgré toute la souffrance que ma psychose m’a amenée, je sens que je vis une renaissance… Ça m’a permis de réorganiser ma vie pour en faire moins, mais que ça ait plus de sens. Ça m’a permis d’apprendre à recevoir, aussi. Mes parents et ma sœur ont été de bons guides. Je vais leur être éternellement reconnaissante pour leur support. 

Témoignage recueilli par Humain Avant Tout

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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L’impact de la pandémie chez un jeune

Dossier Santé mentale 

L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, briser l’isolement, redonner espoir et inciter les gens à demander de l’aide. L’organisme diffuse des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques diagnostiqués ou non. Voici celui de Edouard.

Au début de la COVID, ça a été difficile de m’habituer à être à deux mètres des gens, il fallait que ma mère me rappelle de reculer. Et à l’école, chaque jour, je dois mettre au moins 30 fois du Purell. C’est tannant parce que des fois j’oublie. C’est vraiment poche de ne pas pouvoir voir mes amis et ma famille. Je peux juste jouer avec ceux de ma classe et il faut que je sois à deux mètres avec les autres. J’ai des amis qui ont attrapé la COVID. Avant, j’allais marcher avec eux au Mont-Royal, mais là on fait vraiment attention. C’est la première fois de ma vie que je n’ai pas vu mes cousins et mes amis à Noël et même si j’ai eu plein de cadeaux, je me rends compte que ce que j’aime le plus c’est de jouer avec eux.

J’avais hâte de retourner à l’école aujourd’hui pour voir mes amis et mon prof, les voir en vrai à la place de les voir sur mon écran. En plus, mon grand-père est malade en ce moment et avec la COVID, c’est un peu mélangé dans mon cerveau, comme s’il y avait un gros nœud. À l’école, je ne veux pas exploser en plein milieu de la classe, alors je garde ça en mottons et rendu à la maison, je ne peux plus me retenir et des fois, ça explose. Je commence à être impatient, pas poli, à parler fort et ça peut créer des chicanes. Ma mère m’a montré à faire du yoga, de la méditation et des exercices de respiration…ça me calme. J’écris aussi dans un journal intime comment je me sens. Je suis triste et fâché contre la COVID. J’ai l’impression qu’il y a de la pluie à l’intérieur de moi. J’ai hâte de pouvoir m’approcher de mes amis.

Je voulais raconter comment je me sens parce que ma mère m’a dit que d’autres enfants allaient lire mon témoignage et que, s’ils ont le même problème, ils allaient se sentir moins seuls. Et moi ça me fait du bien d’en parler et de sortir tout ça. J’aimerais que les gens écoutent les consignes même si c’est pas toujours facile, moi aussi j’ai de la misère avec les règles, mais j’ai hâte de pouvoir faire des partys pyjamas pis des câlins pas juste à mes parents.

Ce témoignage a été parrainé par Shawn Babin, contributeur de la campagne de financement participatif d’Humain Avant Tout. Photo prise sur le site internet Humain Avant Tout.

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Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Rire de ses crises d’anxiété

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Je suis conscient que je suis quelqu’un d’anxieux et je me rends compte aujourd’hui que j’ai fait des crises de panique pas mal toute ma vie. Quand j’étais petit, je pouvais passer une nuit au complet à rouler dans mon lit parce que j’étais stressé d’aller à l’école le lendemain. Ça a toujours été relié à la performance… j’ai toujours vu les gens qui performaient être incroyablement acceptés… ç’a fait que je voulais performer moi aussi.

Je vois un psy toutes les semaines depuis des années et ça m’aide vraiment à extérioriser ce que je vis. Je me souviens, au début, quand j’en parlais à des amis, je me sentais comme si j’étais weirdWeird d’aller voir un psy et d’en parler. Peu de temps après, je pouvais répondre: « So what? Es-tu gêné d’aller voir un garagiste quand ton char ne va pas ben? Moi, je vais voir un psy pour ma tête. That’s it. »

Aller voir un psy, c’est encore trop associé à quelque chose de très grave. Tu sais, il y a des gens très musclés et en santé qui vont voir des nutritionnistes… Les nutritionnistes ne sont pas réservés aux gros! C’est pour tout le monde, et les psychologues aussi. Il y a quand même du travail à faire dans la société pour changer les mentalités. J’ai l’impression que dans ben des foyers québécois, on dit encore aux p’tits gars d’arrêter de pleurer. Moi, je pleure souvent… je peux pleurer sur District 31 n’importe quand (rires), je ne suis pas gêné de ça.

Encore aujourd’hui, je vis souvent malgré moi des crises d’anxiété. Je me suis demandé comment je pouvais faire pour en tirer avantage en partant de l’idée qu’il y a toujours un soleil derrière les nuages. C’est pourquoi j’ai décidé de faire un numéro d’humour là-dessus. L’humour, c’est mon moteur de communication et en ce moment, j’ai le goût de dire aux gens qu’ils ne sont pas tout seuls dans ce qu’ils vivent. Et moi non plus.

Photo prise sur le site internet Humain Avant Tout

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Ma plus grande angoisse était que mon père meurt

Dossier Santé mentale 

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Mon père est décédé il y a un an*… Ça a toujours été ma plus grande angoisse, la mort, mais particulièrement la sienne. Dès l’âge de huit ans, je me levais souvent en panique parce que je rêvais que mon père mourait. J’anticipais vraiment beaucoup ce moment-là. J’étais très proche de mon père et, dans notre relation, l’humour a toujours été quelque chose d’important qu’on avait en commun et qu’on aimait partager. Déjà, petit, mon meilleur public, c’était lui. Quand j’ai commencé l’humour, il m’a soutenu, parce qu’il comprenait que c’était ce que je voulais le plus. Ce courage de faire ce qu’on aime, c’est lui qui me l’a transmis, parce qu’il a lui-même laissé une grosse job pour devenir accompagnateur spirituel en soins palliatifs.

Quand il était en fin de vie, il ne voulait pas que je manque des shows pour lui. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai continué à travailler 60-70 heures par semaine durant cette période-là. C’était une manière de ne pas trop penser et de me geler la tête, comme une drogue, parce que sinon je vivais trop d’anxiété. Honnêtement, si je n’avais pas continué, je ne pense pas que je serais vivant aujourd’hui. Par moment, j’ai des gros regrets qui montent parce que je me dis que j’aurais pu faire plus. En même temps, je n’ai jamais senti que je négligeais mon père ou ma famille. Par contre, je me dis que j’aurais pu être plus présent mentalement. Mon père est décédé en juillet, la journée de mon premier gala. Il est parti pendant mon break, quelques heures avant que je monte sur scène. C’était peut-être sa seule façon de  »venir » voir le gala. Depuis qu’il est mort, je sens que ma tête est déconnectée de mon ressenti, je n’ai pas été au bout de ma peine et je ne pense pas finir par me rendre au bout. C’est comme si j’avais débranché un fil USB.

Je continue à vivre de l’anxiété au quotidien, mais je vis ça depuis que je suis tout jeune. Et autant j’ai scrappé plein de beaux moments dans ma vie à cause de mon anxiété, autant mon anxiété fait de moi qui je suis. Ça me donne ma couleur et c’est un moteur qui m’aide à créer : mon humour part principalement de là. Et y’a quelque chose de beau dans le fait de pouvoir parler d’anxiété sur scène et d’en rire… Y’a rien que je trouve plus beau que des humains qui rient pour faire passer la douleur ou la peine.

* Le témoignage a été publié sur le site internet de Humain avant tout en août 2019. Photo prise sur le site internet Humain Avant Tout

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Les bienfaits du sport pour la santé mentale

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J’ai grandi dans une maison où je baignais dans l’anxiété de mes parents. Ils n’ont jamais eu de diagnostic et ont gardé ça pour eux. À l’époque, c’était comme ça, on ne parlait pas de ces choses-là. Depuis quelques années, ma fille aussi fait son chemin avec une forme d’anxiété, et comme parent, ça m’interpelle. Quelle est ma place dans la santé mentale de mes proches? Si être un bon parent, une amie, un frère, une conjointe ou une patronne ne s’apprend pas dans les livres, personne ne sait non plus vraiment comment agir lorsqu’un problème de santé mentale frappe. Et pourtant, pour la personne qui le vit, l’entourage peut faire toute la différence.

De mon côté, c’est le sport qui m’a le plus aidé à gérer mon anxiété. J’ai consulté aussi. Un support psychologique peut faire toute la différence! Et surtout, ne pas avoir peur d’en parler à son entourage, sa famille, ses amis, ses enfants. Demander de l’aide, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe de force. Sachant que c’est génétique, ma conjointe et moi, on essaie d’adoucir les choses pour notre fille qui montre aussi des traits anxieux. Ils sont brillants nos enfants. Ils sentent notre anxiété et ils se demandent si c’est leur faute. C’est tu moi ou c’est pas moi? On en parle beaucoup ensemble à la maison. Ce n’est aucunement tabou chez nous. Ma fille verbalise les choses. Je lui réponds : ‘‘j’te comprends, à ton âge, je vivais la même affaire, mais j’avais pas d’outils’’… Aujourd’hui, j’ai des outils qui me sont utiles quand j’en ai besoin. Et je suis content que ma fille puisse avoir ces outils-là le plus tôt possible et qu’elle s’en serve. C’est un bagage qui va la suivre toute sa vie.

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Briser les tabous

Dossier Santé mentale

Humain Avant Tout a été fondé durant l’été 2018 par Lysa-Marie Hontoy, doctorante en psychologie à l’Université de Montréal. C’est à travers cet organisme que la jeune femme comble son besoin de faire avancer la cause de la santé mentale au Québec.

Les difficultés psychologiques touchent un grand nombre de personnes qui souffrent en silence par crainte d’être jugées ou rejetées. L’objectif d’Humain Avant Tout est de réduire les tabous entourant la santé mentale, et inciter les gens à demander de l’aide.

Chaque semaine, l’équipe diffuse sur sa page Facebook des témoignages de personnes qui vivent ou qui ont déjà vécu des troubles psychologiques (diagnostiqués ou pas) ou des épreuves de vie difficiles (accident, maladie, peine d’amour, deuil).  L’intention derrière ces publications est de briser l’isolement et redonner espoir.

Des hallucinations troublantes

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Auteur : Sonia

J’ai reçu un diagnostic de schizophrénie à 18 ans. Dès l’âge de cinq ans, j’avais des phobies très intenses. J’avais peur que les objets bougent ou qu’ils m’attaquent. C’est aussi à cet âge-là que j’ai eu mes premières pensées suicidaires. Au secondaire, j’avais des hallucinations visuelles et auditives, comme voir des gens mourir ou se faire frapper par une voiture. J’essayais de le cacher parce que j’avais peur de me faire enfermer, c’est ce qu’on voyait dans les films. La solitude face à ce que je vivais, c’était vraiment ça, le plus difficile.

Ma médecin de famille m’a fait commencer à prendre des antidépresseurs. Ça ne fonctionnait pas bien pour moi et elle ne faisait qu’augmenter ma dose. Je ne me sentais pas écoutée. J’ai fait une tentative de suicide pendant cette période-là. À 18 ans, j’ai décidé d’arrêter la médication. J’ai vécu toutes sortes de nouveaux stress et j’ai recommencé à faire plus de crises. Je faisais des psychoses paranoïaques, où je m’imaginais que tout le monde était contre moi, puis des psychoses catatoniques, c’est-à-dire que je perdais le contrôle de mon corps.

Je me suis un jour retrouvée à l’hôpital, en crise. On m’a renvoyée chez moi en me disant que j’étais sur une liste d’attente. Ça a pris des mois avant qu’on ne me rappelle. Puis, j’ai finalement trouvé un nouveau médecin de famille, un miracle qui s’est présenté sur ma route. C’est la personne qui m’écoute et avec qui ça marche. On y est allé graduellement avec la médication et j’ai éliminé des choses qui me stressaient dans ma vie.

Quand ç’a commencé à mieux aller, je me suis mise à avoir plus de projets. J’ai pu entrer à l’université en philosophie. J’ai écrit une dissertation sur cette façon de voir les personnes psychiatrisées comme étant des personnes irrationnelles. Aujourd’hui, je suis en train de rédiger un mémoire de maîtrise sur les injustices en psychiatrie. J’aimerais en faire une conférence accessible au grand public et aux professionnels de la santé. Ça fait 10 ans que ma vie est plus stable. Le jour de mes 30 ans, je me suis regardée dans le miroir en me disant que je n’aurais jamais pensé me rendre là…

Ma bipolarité, une job à temps plein!

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Auteur : Frédéric

Il y a cinq ans, j’ai reçu un diagnostic de bipolarité. Les affaires roulaient bien au travail…J’étais conseiller pédagogique, formateur, conférencier et j’avais une charge de cours à l’université. Mais du jour au lendemain, ça a complètement dérapé. J’ai été hospitalisé pour la première fois à ce moment-là.

Pendant la première année suivant l’hospitalisation, j’ai été en arrêt de travail parce que je vivais une dépression majeure. Je ne voyais pas le bout…je pensais vraiment que c’était fini pour moi. J’ai fait une tentative de retour au travail après deux ans d’arrêt, mais j’ai rapidement dû m’absenter à nouveau. Récemment, j’ai été invalidé par les assurances parce que mes fluctuations d’humeur sont trop rapides et trop violentes. Ça a été un deuil difficile à vivre parce que je m’identifiais beaucoup à mon travail.

À la suite de mon diagnostic, j’ai aussi vécu beaucoup d’anxiété sociale. Pendant plusieurs années, je me suis isolé parce que je ne savais pas comment expliquer mon état aux autres… j’avais honte. J’ai toujours projeté une certaine image de force et de confiance, mais, me sentir à ce point vulnérable, c’était difficile à porter.

Depuis quelque temps, je me permets de parler plus ouvertement de ma maladie et je réalise que ça fait du bien, de passer par-dessus ce tabou qui est tellement pesant. Malgré tout ce que je fais pour garder mon humeur stable – et c’est une job à temps plein –, les idées suicidaires reviennent fréquemment; mais maintenant, je suis capable de me répéter que ça va passer.

J’ai la chance d’être suivi toutes les deux semaines par un psychiatre extraordinaire qui fait preuve de compassion. Ma blonde assiste à toutes les rencontres, elle est là pour moi depuis le début. Mes trois enfants ont aussi été d’une patience et d’une maturité inouïes à travers les années. C’est vraiment ça qui m’a sauvé… ma blonde, mes enfants et mon réseau social.

L’année prochaine, je commence un doctorat en éducation, dans l’espoir de me reconstruire. Selon mon psychiatre, ça fait partie de mon plan de traitement. J’ai aussi envie de contribuer positivement à la société en donnant des conférences sur la santé mentale. Je ne veux plus rester isolé et je n’ai plus envie de me cacher…j’ai le désir d’aider les autres en leur partageant avec eux mon histoire.

Survivre à un viol

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Auteur : Corinne

Quand j’avais 25 ans, pendant que je dormais, quelqu’un est entré chez moi par effraction et m’a agressée sexuellement… Quand ça m’est arrivé, je me suis dit qu’à part la mort, y’avait pas grand-chose de pire. Après l’agression, ça a été une pente descendante. J’ai perdu du poids, j’ai arrêté de manger, de dormir et de travailler … J’étais mal tout le temps. J’ai consommé excessivement parce que je croyais que ça allait m’aider à arrêter d’avoir peur. Toute ma vie était basée autour de ça : la peur d’avoir peur. Ça a déconstruit ma vie et je suis devenue complètement dépendante des autres. Mais, petit à petit, j’ai commencé à remonter la pente et à me faire confiance à nouveau.

Ça fait 15 ans que je suis en thérapie, et j’ai arrêté de consommer il y a bien longtemps. La maternité m’a permis de m’accrocher à la vie et de retrouver une certaine paix intérieure. Mon fils a 6 ans, c’est mon soleil. Il me comble de joie et me ramène à l’essentiel, malgré la solitude d’être une mère monoparentale. La course m’a aussi vraiment aidée et m’aide encore aujourd’hui. Ça me permet de libérer toutes les émotions qui sont bloquées en moi.

Mais, j’ai réalisé cette année que j’avais beau courir trois fois par semaine et faire toutes les thérapies du monde…je ne serai pas capable de tout guérir. Il y a des choses qui restent quand tu subis un choc post-traumatique. Je me sens toujours en état d’hypervigilance et je fais aussi beaucoup d’insomnie. Ça a été vraiment difficile parce que l’agresseur est encore en liberté… ils ne l’ont jamais retrouvé.

Mais, à un moment donné, j’ai arrêté de résister et de vouloir tout régler. J’ai accepté que j’allais être une personne anxieuse toute ma vie. Ça ne m’empêche pas de dire que je me sens heureuse aujourd’hui et que j’ai le sentiment de m’en être sortie. Je suis rendue à un point où je ne suis plus du tout dans la honte, mais plutôt dans l’acceptation et le pardon. Je ne me sens plus comme une victime et je suis fière de la femme que je suis devenue. À mes yeux, c’est mon plus bel accomplissement. Je souhaite que mon témoignage aide d’autres femmes à se libérer de la honte qu’elles peuvent ressentir et à parler de ce qu’elles ont vécu…

Des compulsions pour exorciser l’anxiété

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Auteur : Myriam

J’ai toujours été une personne anxieuse…j’ai vu beaucoup de psychologues et de travailleurs sociaux dès le primaire. Mon anxiété était très reliée à la performance et, au secondaire, j’ai juste explosé. Je faisais du cirque, du violon, du bénévolat, j’allais à l’école…c’était trop intense. J’avais aussi beaucoup de compulsions…ça pouvait me prendre une heure avant d’aller me coucher parce qu’il fallait que je touche à plusieurs objets dans la maison. Je faisais ça parce que ça me donnait l’impression d’être protégée contre quelque chose de grave qui aurait pu m’arriver.

J’ai commencé à me mutiler vers 15 ans et c’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre des antidépresseurs et à aller un peu mieux. Mais quand je suis arrivée à l’université, j’ai réalisé que j’avais juste mis un band-aid sur le bobo et que je ne l’avais pas guéri. À travers les années, j’ai développé des troubles alimentaires…c’était et c’est encore aujourd’hui un symptôme de mon anxiété. Être grosse et avoir un trouble alimentaire, c’est comme impossible dans la tête des gens…c’est souvent très associé à la minceur, qu’on valorise d’ailleurs beaucoup dans la société.

Moi je fais des crises d’hyperphagie quand je sens des bouffés intenses d’anxiété. Je peux manger n’importe quoi en grandes quantités et ça m’apaise, sur le coup. Ça peut être dur à comprendre, mais c’est comme un vide que j’essaie de remplir. Quand ça m’arrive, je me sens super coupable et vraiment honteuse. Avant, je me faisais beaucoup vomir après les épisodes d’hyperphagie, mais maintenant c’est plus rare. Je trouve que l’hyperphagie c’est encore vraiment tabou… les gens peuvent percevoir ça comme de la gourmandise ou quelque chose de stupide à faire, mais c’est plus fort que moi. Des fois, mon corps me dit « go, mange tout ce que tu trouves » et je le fais.

Je trouve qu’il n’y a pas beaucoup de ressources pour m’aider… J’ai quand même été échaudée par le système de santé…même si j’avais des idées suicidaires, on m’a dit qu’il y avait huit mois d’attente. J’ai eu la chance d’avoir un bon médecin de famille qui m’a bien accompagnée pendant cette période-là. Et j’ai finalement vu une psychologue au privé qui a changé ma vie. Elle m’a aidée à comprendre ce que je vivais et tranquillement, je me suis reconstruite.

Des highs et des downs trop intenses

Auteur : Mikaël

Autour de l’âge de 16 ans, j’ai commencé à avoir des moments plus sombres qui alternaient avec des moments où je me sentais pas mal plus enjoué. Je ne me posais pas de questions, j’y allais avec le flow. Mais plus ça allait, plus les highs et les down devenaient intenses. Après 12 ans à rouler comme ça, je me suis ramassé en crise à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas et c’est là que j’ai eu un diagnostic de trouble bipolaire de type 1.

Pendant mes highs, j’étais « surconfiant » … j’étais le King. Je me souviens, des fois je me regardais dans le miroir en me disant à quel point j’étais hot…avec le recul, je trouve ça ben drôle (rires). Je parlais avec tout le monde, j’avais 56 000 projets, rien ne m’arrêtait. Quand j’étais vraiment dans mon peak, je perdais la voix parce que je parlais trop vite et trop fort. Mais quand je redescendais, je redescendais en tabarnane. Pendant mes phases dépressives, je me retirais complètement de la map. Je remettais tout en question parce que je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. J’avais pu le goût d’interagir avec le monde parce que j’en avais peur. J’étais vraiment confus, mes idées n’étaient pas claires et je n’avais plus de repères…j’ai déjà pensé au suicide.

Une chance que mes parents et ma sœur ont été présents et ont cru en moi. L’entourage est tellement important. Si j’avais été dans un autre milieu, je serais peut-être itinérant, aujourd’hui.  Depuis que j’ai été diagnostiqué et que je prends du lithium, j’ai l’impression de vivre ma vie pleinement. Les médicaments m’aident à réguler mon humeur et ça me permet aussi de prendre soin de mes relations…pis ça, c’est vraiment important pour moi. Depuis maintenant un an, je partage ma vie avec ma copine Catherine. Sans cette stabilité, je n’aurais pas pu envisager une relation saine et remplie d’amour. J’aurais envie de dire aux autres de pas avoir peur de demander de l’aide. On est tous humains, on peut tous s’entraider.

Photos prises sur le site internet Humain Avant Tout

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Un texte et un vidéo publié sur RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

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Par la poste: Reflet de Société 625 De La Salle Montréal, Qc. H1V 2J3.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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