Fentanyl: les Hells et la Société des Drogues du Québec

Cocaïne, Héroïne et Fentanyl

Les Hells ont donné une volée bien mérité à des revendeurs de cocaïne et d’héroïne qui coupaient leur drogue avec du Fentanyl pour augmenter leur profit.

La question qui tue

Si nous avions une Société des Drogues qui légaliserait toutes les drogues, est-ce que les fonctionnaires de ces Société d’État aurait eu le courage, la capacité ou le pouvoir d’aller sacrer une volée à des gens qui utilisent à mauvais escient ces drogues pour régler rapidement le problème?

Autres textes sur Toxicomanie

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    La grande famille du Café Graffiti

    Journal de la Rue, 21 ans auprès des jeunes

    Café Graffiti, 16 ans comme milieu de vie

    Luc Dupont. Dossiers Graffiti, Porte-folio, Murales, Vidéos, Hip-hop

    «ALLUMONS TOUS LES BLACK LIGHTS

    DE NOTRE COEUR»

    «Comme tout phénomène social, le graffiti représente une énergie qui ne demande qu’à être libérée.

    Cette énergie peut changer la couleur d’une ville, d’une société, d’un pays, d’une planète.

    Il s’agit pour nous de débrider la peinture et d’en faire un instrument pour vivre son intensité, sa

    créativité.  Allumons tous les black lights de notre cœur.

    Reconnaissons en plein jour nos artistes de la nuit»

    Opération Graffiti, 1997

    cafe graffiti hiphop graff grafferL’aventure du Café Graffiti s’amorce en 1997, le jour où Luc Dalpé, Raymond Viger et Danielle Simard, collègues au Journal de la Rue, entendent à la radio qu’un mouvement de répression des graffiteurs est en train de prendre forme à Montréal.

    Luc, un artiste-peintre qui dit «avoir appris à peindre en prison», qui «peint pour sa survie», est convaincu «qu’il ne faut pas sous-estimer la force de la peinture»; Raymond est, de son propre aveu, celui «qui passe son temps à questionner, à vouloir changer les choses, celui qui n’admet rien par automatisme ou habitude.» Quant à Danielle, qui cumule de nombreuses années d’implication, principalement dans des organismes communautaires dédiés aux femmes en difficultés, elle est «la fibre émotive, la fibre féminine» du Café Graffiti.

    «Raymond, j’ai l’impression que nous nous retrouvons dans la même impasse qu’à l’époque du Refus Global», dit Luc, au moment où les empêchements et les embêtements générés par les comités anti-graffitis poussent dans les municipalités comme des champignons «On veut museler les artistes, brimer leur liberté, comme dans le temps de Paul-Émile Borduas, poursuit-il, on veut les empêcher de pratiquer leur art comme ils l’entendent.» En clair, on veut tout envoyer promener sans discuter, sans même faire un petit effort de conciliation…

    Sortir de la nuit

    cafe graffiti stade-olympique skate board skaterEn 1997, rentrée officielle du Café Graffiti dans le monde! C’est la réalisation, par plusieurs graffiteurs, d’une magnifique murale lors d’une exposition au Palais des Congrès de Montréal. Une grande force d’attraction se créée dans le groupe et avec le public qui les encourage. Sera suivi de l’occupation de la Place Hydro-Québec pendant 5 années consécutives. Les jeunes artistes présentent maintenant au grand jour un art qui se pratiquait uniquement la nuit.

    Il y a, dans l’esprit des fondateurs du Café Graffiti, une confiance inébranlable vis-à-vis des jeunes artistes de la rue. Ils sont convaincus que beaucoup d’entre eux ont le potentiel de se créer de véritables carrières…

    La suite d’une belle histoire

    t-shirt graffiti tee-shirt street art affiche impression personnaliséeÀ partir de cette première réussite, ce que le Café Graffiti allait devenir, nul ne pouvait le prévoir. Les jeunes devaient creuser eux-mêmes le sillon… «L’humour et la critique sociale feront partie des thèmes qui nous animeront», ont écrit fort sagement, à sa fondation, les piliers du Café Graffiti.

    Le local est trouvé rue Sainte-Catherine. Le Café Graffiti devient… un atelier où les graffiteurs peuvent être vus en action, une galerie où peut entrer le public, un endroit pour jaser, bref un lieu de médiation individuel, artistique et social.

    Raymond arrive à dénicher de nombreux contrats lucratifs au profit des jeunes. C’est ainsi que ses graffiteurs vont réaliser les backgrounds des vitrines de l’important détaillant de vêtements Simons, à travers le Québec. Un autre jour, un client, à la campagne, leur demande de peindre les murs extérieurs de sa grange et de transformer celle-ci en œuvre d’art colorée et visible de loin pour y vendre ses produits du terroir. La Fédération Desjardins a fait réaliser par le Café Graffiti 11 étages de murales pour ses bureaux administratifs.

    L’organisme est devenu, il est vrai, multiforme: le Café Graffiti est comme une PME qui vend ses services de décoration, de scénographes et d’organisateurs d’événements hip-hop; c’est un magazine bimestriel, Reflet de Société; c’est une maison d’édition appelée TNT dont le nom, qui rappelle l’explosif, encourage l’explosion des émotions.

    L’organisme c’est aussi plusieurs sites Web de grande qualité, pilotés par Raymond, qui navigue dans le virtuel comme naguère le pilote d’avion et l’instructeur de pilotage qu’il était. De fait, les sites Web www.cafegraffiti.net et www.refletdesociete.com sont très bien positionnés dans les moteurs de recherche, pour toutes les personnes cherchant des informations sur des problématiques psycho-sociales traitées dans le magazine: prostitution, suicide, drogues, abus de toutes sortes.

    Raymond entretient même un blogue à travers lequel il mène une veille anti-suicide sur le net auprès de divers correspondants à risque suicidaire à travers le monde.

    Et, mine de rien, le Café Graffiti fêtait l’an dernier ses 15 ans!

    «J’ai pleuré avec eux»

    spectacle-breakdance-caf-graffiti-ahrosol-breakdancing-show-break-event-breaker«Passe le temps et passent les années», écrivait le poète Apollinaire (1880-1918). Effectivement, beaucoup de jeunes, artistes ou non, sont passés au Café Graffiti depuis le premier jet de peinture. «On reçoit chaque mois des garçons «sentenciés» par le tribunal de la jeunesse», me dit Danielle Simard, l’une des fondatrices du Café Graffiti. Le tribunal? «Au lieu de la prison, des jeunes viennent écouler ici des heures de travaux communautaires, payant ainsi leur dette à la communauté, poursuit-elle. On leur offre la possibilité de s’arrimer à l’une ou l’autre des nombreuses activités du Café Graffiti: ce peut être de monter des ateliers de breakdance, de s’initier à l’infographie, voire même de présenter des demandes de subventions pour des projets artistiques qu’ils ont en tête.

    Bref, on veut cibler avec eux quelque chose qui leur est naturel, qu’ils vont expérimenter et développer durant leur passage ici.»

    Dans son témoignage, Danielle révèle une capacité d’accueil immense, sans bornes même, je devrais dire inconditionnelle: «Moi, quand je suis arrivée à Montréal, en provenance de mon Saguenay, j’avais l’innocence, je n’avais pas de préjugés. Je m’ouvrais à une réalité de jeunes de grande ville que je ne connaissais pas tant que ça…

    Les six premiers mois, j’étais un-peu-pas-mal impressionnée par l’esprit de gang des jeunes, du genre Hells Angels, dit-elle en riant. Pendant un temps, les jeunes m’ont tenue à distance comme si j’étais quelqu’un qui voulait les infiltrer… Ceci dit, je me suis vite attachée à ces jeunes-là, j’ai pleuré avec eux… je les ai aimés comme une mère. Aujourd’hui, je suis capable de les défendre. À mon sens, ce qu’on a créé au Café Graffiti, c’est comme une grande famille sociale…»

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      Ségrégation contre le Hiphop, une autre forme de violence de la police de Montréal

      Par peur des gangs de rue, profilage musical

      La police de Montréal s’oppose aux soirées Hiphop

      La Régie des alcools, des courses et des jeux donne une permis au bar Le Pionnier sous condition de ne pas présenter de spectacles Hiphop.

      Raymond Viger Dossiers Break-dance, Hip-hop, Gangs de rue

      police-ville-montreal-policier-gang-de-rue-profilage-racial-profilage-musicalHiphop et gang de rue. Deux mots que je n’aime pas mettre dans la même phrase. Le Journal de Montréal de vendredi dernier, sous la plus d’Éric Thibault, nous mentionne que le bar Le Pionnier du boulevard Lakeshore a voulu tenir une soirée Hiphop. La police de Montréal est intervenue auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux pour s’opposer craignant qu’une soirée Hiphop serve de rassemblement à des gangs de rue.

      C’est vrai qu’il y a des membres de gangs de rue qui écoutent du rap ou qui font parti de la culture Hiphop. Mais il y a aussi des criminels qui aiment le classique. Même qu’un membre en règle des Hells Angels faisait parti d’un orchestre symphonique à Québec. Est-ce une raison pour qu’on empêche les orchestres symphoniques de jouer?

      Après le profilage racial, sommes-nous rendu au profilage musical?

      hip-hop-chretien-spiritualite-spirituel-rap-musicCette nouvelle a été publié la journée même où nous présentions notre 4e spectacle Hiphop de breakdance, graffiti et rap. Plus de 70 jeunes artistes étaient sur scène pour s’exprimer, dans la joie, le bonheur et le calme. J’aurais bien aimé voir ça qu’un service de police tente de m’empêcher de présenter ce spectacle Hiphop, sous prétexte que la police a peur des gangs de rue.

      Si d’être un producteur d’évènements hiphop est criminel. Si d’avoir créé un lieu de rassemblement Hiphop qu’on appelle le Café Graffiti est considéré comme un repère pour gangs de rue. Si d’écouter du Hiphop devient un indice de criminalité. Eh bien! Arrêtez-moi sur le champ!

      Si vous acceptez cette nébuleuse théorie du service de police du service de Montréal, je suis fort possiblement le plus grand criminel que cette terre ait porté. Parce que non seulement je fréquente la culture Hiphop, mais je leur donne des moyens pour s’exprimer et prendre de l’ampleur.

      P.S. Si vous voulez m’arrêter, je n’ai qu’une requête. J’aimerais pouvoir être placé à la prison de Cowansville. Question d’être plus près de mes chroniqueurs Jean-Pierre Bellemare et Colin McGregor. Sinon, l’institut Leclerc pour y rejoindre Bob Joncas et les autres que j’ai rencontré en y faisant mes soirées de bénévolat.

      Autres textes sur Gang de rue

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      Violence familiale et famille dysfonctionnelle

      De l’Angleterre au Canada

      Fuir la violence, fuir sa famille, son pays

      Cindy a quitté son Angleterre natale pour le Canada sans se retourner. En s’établissant au Québec, la jeune femme fermait le livre d’une enfance difficile. Une famille violente et sans amour, une ville terne et dure et une vie de souffre-douleur.

      Dominic Desmarais   Dossiers Famille , Développement personnel  

      cindy-breakdance-hiphop-hip-hop-danseCindy vit au Québec depuis plus de 10 ans. Sous son air chaleureux et sympathique, la jeune femme dissimule un lourd vécu qui ne semble plus la hanter. Elle a refait sa vie à Montréal et tourné la page sur son passé avec beauté, sans animosité.

      Cindy a grandi à Peterborough, une ville anglaise morne où le chômage est élevé, la violence omniprésente. «Quand je suis arrivée au Québec, je me demandais s’il y avait quelqu’un la nuit pour surveiller les fleurs en bordure des rues! Je n’en revenais pas de la sécurité, ici. Chez moi, c’est normal de voir une voiture en feu sur la route», dit-elle, encore incrédule.

      Son patelin, où chacun doit se battre pour vivre, est fait pour les durs. Il n’y a pas d’université et ceux qui aspirent à sortir de la misère quittent Peterborough. «Sinon tu te trouves un emploi à 16 ans et tu arrêtes l’école à cet âge car ça ne donne rien de continuer. Toute la ville est comme ça.» Les meilleurs éléments se sauvent et ceux qui restent ne sortent pas. «Ils ne vont pas voir ailleurs. Même pas Londres!»

      Famille dysfonctionnelle

      Cindy est la plus jeune d’une famille de cinq enfants qui se fond bien dans le décor de Peterborough. Son père, militaire dans un régiment de parachutistes, s’absente régulièrement. Homme de peu de mots, il est sévère avec ses enfants. Le grand frère de Cindy s’est lié avec les cindy-goldylock-breakdance-danse-hiphop-hip-hop-breakHells Angels avant de fuir le pays pour éviter d’être assassiné par son clan. Un autre de ses frères a fait de la prison pour fraude et trafic de drogue.

      Après la naissance du deuxième de la famille, sa mère est devenue dépressive. «Elle a rejoint sa famille qui était dans les témoins de Jéhovah. Mon père ne voulait rien savoir. Il ne nous laissait pas aller à ces réunions ou être présents quand d’autres témoins étaient à la maison. C’était un sujet tabou, on n’en parlait jamais.»

      Témoin de Jéhovah et transfusion de sang

      Alors qu’elle était très jeune, un de ses frères a eu un accident de voiture à l’âge de 17 ans. Sa mère, première arrivée à l’hôpital, a refusé la transfusion sanguine, en vertu de ses principes religieux. «Mon père n’en revenait pas qu’elle refuse de le sauver. Les enfants non plus. À partir de ce moment-là, mon père n’était plus capable de la comprendre.»

      Cindy assiste alors à des disputes quotidiennes à la maison. Il n’y a plus d’amour entre ses parents. «Ils sont nés pendant la Deuxième Guerre mondiale. À cette époque, tu te mariais pour la vie. Que tu sois en amour ou pas. Ils se battaient sans arrêt mais ne voulaient pas se séparer pour les enfants…» Son père demandera finalement le divorce alors qu’elle a 12 ans et que tous ses frères et sœurs ont quitté le domicile familial. «Il a fallu que je vienne m’établir au Québec pour avoir du recul et comprendre que ce n’était pas un milieu familial normal», avoue la jeune femme sans rancune.

      Souffre-douleur à l’école

      Très jeune, Cindy est victime des sarcasmes des autres élèves à son école. Toutes les raisons sont bonnes pour l’accabler. «Je n’avais pas confiance en moi. Je ne parlais pas. Je ne prenais pas ma place. On me ridiculisait à l’école à cause de ma mère qui faisait partie des témoins de Jéhovah. Elle partait chaque fin de semaine mais je ne savais pas ce qu’elle faisait. Alors quand elle rencontrait les familles des autres élèves chez elles, on se moquait de moi la semaine suivante. Mais je ne comprenais pas pourquoi. Je ne pouvais pas me défendre car je n’avais aucune idée de ce que c’était. Et mon père nous empêchait d’en parler à la maison.» On la laissait, elle la plus jeune, dans l’ignorance. Ses aînés et ses parents discutaient sans jamais lui expliquer les sujets abordés. Ce qu’elle vivait à la maison se reproduisait à l’école, amplifiant son malaise.

      La jeune Cindy est prise dans un cercle vicieux d’incompréhension. Elle se fait intimider à l’école à cause de sa mère et elle ne peut en parler car le sujet est tabou à la maison. Elle doit vivre avec son mal. Et quand ce n’était pas à cause des croyances de sa mère, on se moquait de son apparence physique. «On n’avait pas beaucoup d’argent donc je devais porter les vêtements des plus vieux. Je n’avais vraiment rien de nouveau à porter et, en plus, c’était du linge de garçon, trop grand pour moi. J’avais l’air grosse. Et mon prénom, c’est celui d’une marque de poupée, comme Barbie. On m’appelait Cindy Doll: Tu es supposée être Cindy Doll mais tu n’es même pas belle et tu es grosse. Je voulais mourir.»

      La famille à l’école

      Peu importe ce qu’elle faisait, tout se retournait contre elle. «Ma mère est devenue surveillante à l’école. Ça n’a pas aidé. Si elle chicanait quelqu’un, c’était de ma faute. Je me sentais toujours mal. J’avais peur dès qu’elle parlait à un élève.»

      Malgré son statut de souffre-douleur, Cindy avait des amis. Ou croyait en avoir. «Moi, je voulais me tenir avec les plus cool. Ils me gardaient parce que je faisais tout pour eux. J’ai donné beaucoup pour obtenir leur amitié, pour leur faire plaisir. Mais je n’étais pas leur amie. J’étais leur servante. Dès qu’ils avaient un problème, c’est moi qu’ils envoyaient pour manger la claque. Ou ils pouvaient décider de tous se liguer contre moi.» Cindy marche continuelle-ment sur des œufs. Elle n’apprend pas à se connaître mais essaie de répondre aux attentes des autres qui changent continuellement. Elle passe son temps à se questionner pour tenter de comprendre ce qu’elle fait de mal.

      De l’intimidation à la violence

      Enfant, Cindy n’a pas seulement connu la violence psychologique. À l’extérieur de l’école, une foule d’élèves s’était massée autour d’elle. Une pseudo amie lui en voulait. Cindy, du haut de ses 7 ans, devait subir la hargne d’une foule qui voulait du sang. Son sang. «Tout le monde l’encourageait à me frapper. Elle m’a donné juste un coup de poing. Je suis tombée dans la rue. Les voitures ont dû s’arrêter pour ne pas me frapper. J’étais en état de choc.»

      Déjà, à cet âge, elle sait que dénoncer n’aidera pas sa cause. Mais la direction de l’école n’a pas écouté ses doléances. Les parents de son agresseur ont été avertis. «Ça n’a fait qu’empirer la situation. Le lendemain, on m’a traitée de faible, de snitch. Moi je n’ai rien dit à la maison. Sinon mes frères seraient allés la voir avec un batte. Et mon père, en vrai militaire, tu ne peux pas montrer une faiblesse devant lui. Tu ne peux pas pleurer. Il n’a aucune sympathie.» Cindy devait ravaler son mal dans son petit corps d’enfant de 7 ans et espérer des jours meilleurs.

      Perdre ses amies

      À 10 ans, ses amis cool se liguent contre elle par pur plaisir. «Demain, on va te battre.» La petite est apeurée. Elle se sent seule avec son mal. Personne vers qui se tourner. De retour à la maison où on ne s’occupe pas d’elle, Cindy s’effondre en larmes sur son lit. Sa grande sœur, qui a près du double de son âge et qu’elle connaît peu, s’informe de son état. Cindy s’ouvre à elle avec la promesse de ne pas en glisser un mot au paternel.

      L’histoire se rend cependant jusqu’aux oreilles de ses frères. «Ils ont agi comme je l’avais pensé… Ils m’ont emmené avec eux et sont allés voir mes amis armés de battes. Ils les ont menacés. Mes amis ont eu peur et m’ont laissé tranquille.» Cindy a perdu ses amis. Les seuls qu’elle avait. Même si, au fond, elle reconnaît qu’ils n’avaient rien de gentils.

      Autodéfense

      Son père a pris connaissance de cet épisode. Le militaire en lui a inscrit sa plus jeune à des cours de judo et de Tækwondo pour qu’elle apprenne à se défendre. «Là, je sortais mes émotions refoulées. Je suis devenue championne du comté. Je battais tous mes adversaires en laissant sortir toutes mes frustrations! Mais ça n’a pas réglé mes problèmes…»

      Cindy se met à sourire. Son passé lui paraît soudain si loin. Elle se replonge dans ses souvenirs d’après l’école primaire. «À 12 ans, je suis sortie au centre-ville avec des amis. Des gitans sont venus. Ils m’ont poussé par terre et rué de coups de pieds pour me voler. J’étais pleine de sang. C’était une agression sauvage. Quand mon père est arrivé, il s’est senti mal de me voir salement amochée. Mais son émotion est mal sortie. Il l’a virée contre moi. Il a réagit avec colère. Il ne comprenait pas qu’avec mes cours de judo j’avais été incapable de me défendre.»

      Cindy, qui espérait se refaire une nouvelle vie en quittant son école pour le secondaire a vu ses vieux démons réapparaître. «L’histoire a fait le tour de l’école. Les gens qui me connaissaient depuis le primaire me niaisaient: tu vas me battre, Cindy?» Pour la jeune adolescente, le retour à la réalité a été dur. Championne d’une discipline, c’est une chose. Mais réagir à la violence en est une autre. Ses cours, et ses succès, l’avaient aidé à se bâtir un début de confiance qui s’avérait bien fragile.

      NDLR: Ce billet est le premier d’une série de 4. La suite sera publiée le 19 septembre prochain.

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      Genèse des gangs de rue

      Genèse des gangs de rue

      Dominic Desmarais     Dossier Gang de rue

      Le phénomène des gangs de rue s’amplifie à Montréal, touchant 10% des jeunes. Apparus dans les années 1980, ces groupes partent désormais à la conquête de la province. Ils attirent des jeunes rêvant de pouvoir et de richesse.

      Le visage fraîchement rasé, les cheveux coupés courts, la chemise soigneusement repassée, l’inspecteur-chef Jean Baraby, de la police de Montréal, ressemble au bon père de famille typique. Seule la présence d’une attachée de presse dans son bureau rappelle la délicatesse du sujet. Le phénomène des gangs de rue, c’est du sérieux. De sa voix chaleureuse, le policier transmet ses connaissances: «Dans les années 1980, c’était des ados. C’était des batailles en dehors des écoles, dans les parcs. Il n’y avait pas d’activités criminelles. Si je fais un parallèle, dans les années 1960–1970, les francophones se battaient contre les anglophones.»

      Prévention gang de rue dans les écoles

      Alain Clément est également policier. Depuis cinq ans, tous les mercredis, il se rend à l’école secondaire Henri-Bourrassa pour prévenir les élèves de secondaire I des méfaits d’adhérer aux gangs de rue. «Avant, tu pouvais trouver un gang qui volait des voitures. Ils ne faisaient pas d’argent. Ils se sont rendus compte qu’il y avait de l’argent à faire et ont dit aux plus jeunes comment faire.» Mais voilà, ces jeunes de la première génération ont vieilli, se sont endurcis. Ils ont emprunté la voie de la criminalité, offrant de nouveaux modèles pour les jeunes frères, les cousins. «Maintenant, tu peux faire carrière dans les gangs de rue. Il y a des modèles. Les plus jeunes regardent ça et se disent “wow, je peux faire comme eux!’’, explique l’inspecteur Baraby. Les jeunes se réunissaient par besoin de valorisation, par désir de constituer une famille. Les intervenants pouvaient alors combler leur besoin d’affection. Les choses ont évolué, le roi dollar a pointé le bout de son nez. «La valeur, aujourd’hui, c’est l’argent. Le jeune a tout ce qu’il veut dans la vie. Il est millionnaire. Il a les filles, la drogue. Comment dire au jeune qu’il est un mauvais modèle?», explique Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse à la Maison d’Haïti depuis 13 ans. L’homme en connaît un rayon. Il s’occupe d’un projet de patrouilleurs de rue composé de jeunes dont certains ont flirté avec des gangs. Ils essaient de conseiller leurs pairs dans le quartier Saint-Michel à Montréal.

      M. Delva reconnaît qu’il est aujourd’hui plus difficile de ramener les membres de gangs dans le droit chemin. «Entre 1997 et 2000, des jeunes, qui ne faisaient pas nécessairement partie de gangs, se sont enrichis avec des fraudes. Ils ont encouragé nombre de jeunes ayant envie d’adhérer à un gang. Maintenant, ces jeunes ne cherchent plus une famille mais une richesse, explique M. Delva. En voyant des jeunes qui ont réussi, les gangs se sont dit qu’ils pouvaient y arriver.»

      Les jeunes à risque d’adhérer à un gang de rue

      Quel jeune éprouve le besoin de s’intégrer à un gang? À en croire l’inspecteur Baraby, tous les jeunes sont susceptibles d’être recrutés. Chantal Fredette, criminologue et spécialiste des gangs de rue au Centre jeunesse de Montréal, apporte des précisions. Les plus à risque viennent de familles dont l’un des membres fait déjà partie d’un gang. Une très grande majorité des jeunes qui ont déjà des problèmes y trouvent leur niche, explique la chercheure. «Le défi, c’est d’identifier, parmi les jeunes des gangs, les 10 à 20% qui vont constituer le noyau dur, qui sont très criminalisés. Un des facteurs, c’est la précocité. Celui qui fréquente tôt les gangs, par exemple à neuf ans, va être plus à risque. Le 10% du noyau dur a la perception que la vie est dangereuse, qu’il y a deux côtés: les gagnants et les perdants. Pour gagner, il faut imposer», s’exclame la jeune femme tout en gesticulant. «Pour une minorité de jeunes au Québec, en 2005, le gang de rue offre une meilleure perspective de vie que tout autre chose», constate la criminologue qui a rencontré une trentaine de ces jeunes pour rédiger un rapport sur le sujet.

      Violence extrême et gang de rue

      L’univers des gangs est extrêmement violent, a observé Chantal Fredette dans ses recherches. Il faut être tolérant à la violence pour supporter ce climat. Il y a un 20% des jeunes qui ont cette tolérance», note-t-elle.

      Dans ses visites à la polyvalente Henri-Bourrassa, le sergent Alain Clément a senti lui aussi l’apparition de ce problème: «Depuis les 5 dernières années, je constate autant d’événements, mais ils sont de plus en plus violents.» L’accès facile aux armes expliquerait l’intensité des altercations. «C’est plus facile pour eux d’acheter une arme qu’un paquet de cigarettes», dit Harry Delva d’un ton détaché de celui qui a tout vu. Les jeunes ont les moyens de s’outiller. D’autant plus qu’ils ont un réseau de drogue, de prostitution, d’extorsion à protéger.

      «Ça ressemble au temps d’Al Capone. Ce qu’on voit, ce sont des règlements de compte entre gangs pour un territoire. Maintenant, ils sont partout. Parce que les motards ont libéré certains secteurs, les gangs de rue décident d’occuper et d’agrandir leurs territoires. Quand ils se rencontrent au centre-ville, ils se tirent dessus», décrit M. Delva.  Accroupi, les coudes sur les genoux, il se relève, esquissant une mimique d’impuissance. Attirés par le gain, les gangs de rue reluquent les territoires délaissés par les motards, affaiblis à la suite de l’opération policière Printemps 2002 qui a permis de mettre derrière les barreaux plusieurs Hells Angels et Rock Machines.

      Gang de rue en région: Gaspésie, Lac St-Jean, Sherbrooke…

      Libérés de cette concurrence, les gangs s’exportent. «Ce qu’on constate, c’est que les membres de gangs s’installent en périphérie de Montréal et vont faire des activités plus éloignées comme le trafic de stupéfiants, la prostitution juvénile. On en a retrouvé en Gaspésie, au Lac St-Jean, en Outaouais et à Sherbrooke. Ils ne sont pas encore rendus à s’y installer», avoue l’inspecteur Baraby, qui rajoute du même souffle la mise sur pied d’une escouade de choc. Pour contrer cette expansion, la Police de Montréal, de Laval, la Sécurité du Québec et la GRC ont uni leurs forces.

      Cette nouvelle union policière sera-t-elle suffisante pour contrer le phénomène? Probablement pas, de l’aveu de l’inspecteur. «Tant qu’il y aura l’appât du gain, il va toujours y avoir des jeunes qui vont s’y intéresser. On a pas la prétention de penser qu’on va enrayer le problème. Comme la prostitution, on travaille fort, mais on peut pas l’empêcher.» Réaliste, le coordonnateur de la Maison d’Haïti n’en pense pas moins. «C’est un phénomène qui est là pour rester, croit-il. Autour, on a la vente de drogues, la prostitution. C’est de l’argent facile. Ça fait partie de notre société. Mais on peut baisser ça, prévenir, diminuer le nombre de gens qui entourent les gangs.»

      Introduction Histoire des gangs de rue

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      Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

      guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

      Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

      Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

      Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

      Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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      Photos de Julie Couillard (ex-conjointe d’un Hells Angels et d’un Rockers) et Maxime Bernier, ministre conservateur

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      Photos de Julie Couillard (ex-conjointe d’un Hells Angels et d’un Rockers) et Maxime Bernier, ministre conservateur

      Raymond Viger  Dossiers Julie CouillardJournal de Montréal

      julie-couillard-photos-maxime-bernier Tout un titre direz-vous. Je viens de lire un billet de notre ami Renart l’éveillé qui titre: Enfin, une autre photo de Julie Couillard.

      Le 8 mai dernier, le scandale éclate en première page du Journal de Montréal. On y voit le ministre Maxime Bernier accompagné de Julie Couillard. La photo est pixellisé pour éviter qu’on reconnaisse Julie Couillard. Le 9 mai, Renart L’éveillé lance son billet sur son blogue. Il se pète les bretelles à dire que beaucoup de gens sont venus sur son site en cherchant des photos de Julie Couillard dans Google.

      Toujours le 9 mai, après lecture du billet de Renart, le journal d’un Wannabe écrit le billet suivant: Profitant de l’intérêt pour des photos de Julie Couillard. S’amusant à faire compétion à Renart, il dit avoir reçu 420 clics sur ce billet en seulement une heure!

      Bon, je dois faire mon méa culpa de blogueur. J’avais entendu vaguement parler de cette histoire entre Maxime Bernier et son ex-amie Julie Couillard. Je suis souvent 7 à 10 jours en retard sur ma lecture de l’actualité. Je savais que je voulais réagir à cet événement. Et comme il arrive souvent, mon opinion aurait sorti 15 jours après ceux-ci.

      Mon ami Renart vient cependant de me faire réaliser une chose importante. Quand je blogue, je ne suis plus un rédacteur dans un magazine publié 2 mois après les événements. Je ne suis plus un écrivain qui peut écrire sur des événements qui se déroulent sur plusieurs années. Le blogue, c’est l’instantannéité, le moment présent. On commence à en parler et à présenter des photos avant même que les événements ne soient terminés!

      Ouf!!! Va falloir que je me lève encore plus tôt et que je me couche encore plus tard si je veux arriver à reprendre le beat, à être présent sur le web en même temps que tout le monde. Pour mon opinion sur Julie Couillard et Maxime Bernier, vous allez devoir attendre encore un peu. Mon retard est encore évident. Mais la réflexion va se faire sur ma capacité à être si vite et pouvoir livrer une opinion décente plus rapide, malgré mes 100 heures de travail par semaine déjà à l’agenda.

      P.S. Après être retourné sur Google en tapant Photo de Julie Couillard, on peut y retrouver en 40e position le blogue de Stéphane Gendron. Voici la description des tags qui nous amènent à son site: Photos Favorites. Photos Favorites · Photos Favorites …. par association tout simplement parce qu’il s’est lié avec une dénommée Julie Couillard. Beaucoup de photos pour une seule ligne sur Julie Couillard dans son billet!!!

      Sortie du livre Ma Vie de Julie Couillard .

      Autres textes sur Julie Couillard

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      Quand un homme accouche

       

      quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$. Disponible en anglais Love in 3 D.

       

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