Robin Hogg, projet de lutte à l’homophobie

Prix Leviers du ROCAJQ

Robin Hogg à l’honneur

Comme chaque année, le Regroupement des organismes communautaires autonomes jeunesse du Québec (ROCAJQ) décerne les Prix Leviers à des jeunes qui se sont distingués par leur implication et leur réussite dans un organisme. Une façon de reconnaitre ces jeunes et leur cheminement.

Pour une meilleure reconnaissance, Reflet de Société a choisi de publier ces jeunes pour souligner leur engagement et leur détermination.

Dossiers Communautairejeunes.

Robin-Hogg rocajq prix leviersRobin fréquente Projet TRIP depuis son entrée en secondaire 1. Dans les 3 dernières années, nous avons pu le voir grandir, évoluer, prendre de la maturité. Il s’est impliqué de différentes façons dans l’organisme.

Cette année, Robin a participé à la mise sur pied du Comité Arc-en-ciel, un comité de lutte à l’homophobie.

Il a été très engagé dans cette démarche, toujours présent aux activités, toujours prêt à partager ses idées pour faire avancer les choses.

Robin souhaite depuis longtemps s’impliquer sur le Conseil d’administration de l’organisme, mais il n’avait pas encore l’âge requis. Cette année sera la bonne. Il comprend bien l’organisme et a envie d’y mettre un peu plus son grain de sel!

Sa fiabilité, son sens de l’analyse et ses réflexions seront certainement des atouts pour Projet TRIP.

Autres textes sur Communautaire

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

publicité boutique t-shirts cartes voeux carte anniversaireUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux.

Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti.

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Autres artistes de la boutique des Éditions TNT:

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Diversité identitaire et sexuelle; GRIS et Néo

Lutte contre l’homophobie

GRIS et Néo sur le terrain

Sophie Laisney. Dossier Homosexualité, Sexualité

Depuis les années 90, 2 organismes luttent activement et pacifiquement contre l’homophobie. Le GRIS-Montréal et le Néo, situé dans la région de Lanaudière, développent des ateliers, des «interventions», dans des écoles secondaires ou des organismes communautaires, menés par des intervenants homosexuels ou bisexuels. Ceci afin de développer une image positive des différentes orientations sexuelles et de répondre à tous les types de questions sur ce thème.

«Qui fait l’homme, qui fait la femme?», «Le VIH est-il une maladie homosexuelle?», «Est-ce qu’il est arrivé quelque chose dans l’enfance pour devenir homosexuel/bisexuel?». Mais aussi des questions qui ont trait à la vie quotidienne, l’acceptation du coming-out ou encore l’affirmation de l’orientation sexuelle dans le cadre professionnel. Selon ces deux organismes, l’origine des demandes d’intervention varie énormément et tout le monde peut réclamer la venue d’intervenants (professionnels, étudiants, travailleurs).

GRIS, dans les écoles

sexualité différences sexuelles sexe sexuel «Je ne pense pas qu’il y ait un déterminisme de l’homophobie. Ce qui fait de nous des êtres humains, c’est cette capacité d’évoluer, de changer, de s’adapter», déclare Marie Houzeau, directrice générale du Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS) à Montréal.

Des interventions de 75 minutes, comprenant une présentation d’informations d’ordre général et un bref exposé biographique dirigé par deux intervenants, le plus souvent un homme et une femme. Ceux-ci invitent les élèves à poser toutes les questions qui les préoccupent au sujet de l’homosexualité et la bisexualité. «Nous allons entrebâiller une porte, semer une graine. Si le jeune évolue dans un contexte qui va à l’encontre des valeurs du GRIS-MONTRÉAL, il n’empêche que durant notre intervention, il a été en présence d’un autre modèle, d’une autre vision des choses et cela mène à une réflexion», affirme Marie Houzeau.

En plus de ces interventions, l’organisme s’engage à développer des projets spécifiques. La directrice générale nous expose l’un d’eux. «L’année dernière, nous avons établi un partenariat avec la Commission scolaire de la Pointe de l’Île. Nous avons rencontré des élèves de secondaire ІІ. Après notre passage, il y a eu un réinvestissement de la question de la violence verbale par le biais d’une expression artistique. Quelques affiches et des œuvres en 3D ont été exposées au Musée des beaux arts, aux Studios Arts & Éducations. Les jeunes sont venus au vernissage et cela a créé une appropriation plus importante de la question de l’homophobie.» Parallèlement au projet, des intervenants scolaires ont bénéficié d’une formation de deux jours sur l’orientation sexuelle, l’homophobie et les méthodes d’intervention. Ce projet fut un véritable succès : «90% des écoles où nous sommes intervenus l’année dernière nous ont rappelés pour de nouvelles interventions», déclare fièrement Marie Houzeau.

Néo et la sexologie

sexualité différences sexuelles sexe homosexualitéLe Néo travaille sur plusieurs volets: orientation sexuelle, identité de genre, santé sexuelle et VIH-Sida, selon une approche sexologique. «Les relations interpersonnelles, comment envisager l’amour et l’égalité dans les relations amoureuses sont des sujets que nous développons lors de nos interventions» explique Marie-Élaine de Tilly, sexologue-éducatrice chez le Néo.

Ici, les ateliers ne sont pas obligatoirement ciblés sur les écoles, mais privilégient aussi les organismes communautaires, les commissions scolaires ou encore les Centres locaux de services communautaires (CLSC). Les ateliers se divisent en deux parties, l’une théorique, l’autre pratique. Le premier expose les fausses croyances et les préjugés homophobes de manière à les déconstruire. Le second laisse place à des témoignages afin de lutter contre les stéréotypes.

De cette façon, les personnes présentes à ces ateliers peuvent constater que les intervenants sont des personnes «normales», en couple et qui travaillent. L’intérêt ici étant que l’intervention puisse casser les modèles stéréotypés incrustés dans la pensée collective: Les gays ne sont pas obligatoirement hyperféminisés, les lesbiennes ne ressemblent pas forcément à des hommes et les bisexuels n’ont pas une sexualité dépravée.

Si l’organisme défend activement la cause homosexuelle et bisexuelle, c’est seulement depuis peu qu’il s’ouvre à la question des transsexuels. Marie-Élaine de Tilly raconte: «Nous avons commencé à nous questionner sur l’identité de genre en 2009, lorsque nous avons dû nous occuper d’un jeune trans en souffrance dans une école. Nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait aucun organisme qui pouvait le prendre en charge dans Lanaudière. Nous commençons à peine à parler de «transi-entité», mais nous avons très peu de financement pour cette question. Notre principale cause reste la lutte active contre l’homophobie.» Un premier guide en français abordant l’identité de genre a été publié en 2009.

Valeurs essentielles

sexualité homosexualité différence sexuelle sexeAu-delà de ce travail quotidien de démystification de l’homosexualité et de combat discret contre l’homophobie, le GRIS-Montréal et le Néo, par leurs actions directes, œuvre à défendre le principe fondamental de l’acceptation de soi et des autres, dans un cadre de respect. Ils renforcent de même l’importance de «l’éducation» des populations sur les notions d’orientation et d’identités sexuelles, en favorisant une image positive dans leurs ateliers pour diminuer les préjugés.

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L’amour en 3 dimensions.

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Bisexualité: diversité sexuelle

Diversité identitaire et sexuelle

Bisexualité: Refuser de rentrer dans une case

Sophie Laisney. Dossiers HomosexualitéSexualité

«J’ai fait mon premier coming-out à 18 ans, après être tombée amoureuse de ma meilleure amie», raconte Émilie (prénom fictif) qui a 31 ans aujourd’hui. «Le second, j’avais 23 ans, quand j’ai définitivement compris que j’étais toujours attirée par les garçons.» Émilie n’est pas «redevenue» hétérosexuelle, elle est attirée par les deux sexes, elle est bisexuelle.

bisexualité sexualité différence sexuelle sexeD’une famille tranquille de la banlieue nord, assez traditionnelle, les questionnements sur l’identité sexuelle ne faisaient pas partie du lot quotidien de la jeune fille. Pourtant, elle s’est lancée et a fait ses coming-outs, avec crainte, mais la famille les a toujours très bien acceptés. «Plus tard, ils m’ont tout de même avoué que ça leur avait fait un choc, mais ils me l’ont caché pour me protéger. Le plus important pour eux était que je sois heureuse», dit-elle en souriant.

Choisir son «camp»?

«Être bisexuelle, dans ma tête, ça n’existait pas, il fallait que je me décide.» Bisexuelle: une identité qu’elle assume très bien aujourd’hui, pourtant ça n’a pas toujours été le cas. Pensant être «anormale» durant des années, Émilie était persuadée qu’elle devait «choisir son camp», faire comme tout le monde, être hétérosexuelle ou homosexuelle. L’entre-deux n’était pas possible.  Mais 5 ans après son coming-out, lorsqu’elle tombe en amour avec un garçon, elle ne peut pas se résigner à «retourner» vers les gars et «redevenir» hétérosexuelle aux yeux de tout le monde: «C’est comme si je retournais en arrière. J’aurais fait toutes ces démarches pour rien, et j’aurais donné raison à tous les préjugés.» Quels préjugés? Ceux qu’elle a pu entendre dès son premier coming-out: «T’es ben trop belle pour être lesbienne. C’est parce que tu n’as pas trouvé le bon gars.» Mais pas question pour elle de s’empêcher d’avoir des sentiments pour quelqu’un afin de rentrer dans une «case», elle aime les filles et les garçons.

Les clichés sur la bisexualité

bisexualité sexualité différences sexuelles sexe homosexualité homosexuel«Mais je pense sincèrement qu’il arrive que certains disent au début être bisexuels dans l’espoir que leur homosexualité soit mieux acceptée, c’est comme une transition.» La discrimination envers les bisexuels (biphobie) serait présente dans la communauté homosexuelle, considérant les bis comme des personnes «pas branchées», c’est-à-dire pas en accord avec leur orientation sexuelle, ou qui n’assument pas leur homosexualité tout simplement. «Il y a aussi des personnes qui se pensent homosexuelles depuis très longtemps et finalement, tombent amoureuses d’une personne du sexe opposé. Il leur arrive d’être rejetées par des personnes de leur communauté. Comme si l’orientation sexuelle devenait une « revendication ». Tu es une minorité, et si tu retournes dans le mainstream (la majorité), c’est comme si tu trahissais ta communauté et que tu choisissais la voie de la facilité.»

Origine de l’homophobie

Mais l’homophobie en général, même si elle régresse selon Émilie, reste toujours présente, mais de façon plus «subtile». «L’homophobie, c’est surtout des commentaires, des propos gênants, des regards. Mais dans le fond, c’est une peur, une insécurité, car ça touche beaucoup à la question du « genre ». Si tu es un homme et que tu aimes un homme, tu ne peux pas être un vrai homme. C’est pareil pour les femmes. Il y a un idéal des deux sexes qui n’est pas respecté, ça crée de l’incompréhension et de la frustration, ce qui mène à l’homophobie. Je pense que les nouvelles générations sont beaucoup moins homophobes, et c’est grâce à de nombreux organismes qui « éduquent » les jeunes  sur la question de l’homophobie.»

Bisexualité plus visible

La bisexualité est presque «invisible» dans nos sociétés. Les deux orientations sexuelles majeures que sont l’hétérosexualité et l’homosexualité s’affichent clairement. On ne suppose pas que des personnes puissent être bisexuelles dans un couple hétéro ou homo. Mais de nombreux organismes œuvrent à mettre en avant cette orientation pour mieux la comprendre. Le Groupe de recherche et d’intervention sociale (GRIS), par exemple, recrute de plus en plus d’intervenants bisexuels pour les ateliers scolaires.

Explication de la bisexualité :

Selon Bi Unité Montréal (association des bisexuel(le)s de Montréal):

autres textes sur sexualité

Une personne bisexuelle, tout comme bien d’autres personnes hétérosexuelles ou homosexuelles adopte une grande variété de styles de vie. Les bisexuel(le)s, tout comme les homosexuel(le)s et les hétérosexuel(le)s ont diverses façons de vivre leur sexualité.

Contrairement au mythe populaire, une personne bi n’a pas besoin d’être impliquée sexuellement simultanément avec les deux sexes. En fait, plusieurs personnes s’identifiant bis ne s’engageront jamais dans des rapports sexuels avec l’un ou l’autre sexe, comme c’est le cas pour les hétéros ou les gai(e)s. L’attirance pour un être n’implique pas nécessairement une relation sexuelle. Comme plusieurs hétéros ou gai(e)s, les bis choisissent de vivre une relation à long terme avec un seul partenaire.

Certains bisexuel(le)s pourront vivre en mariage ouvert qui permet les activités sexuelles avec d’autres individus. Ils pourront former un trio ou vivre leur sexualité avec plusieurs personnes.

Il est important d’avoir la liberté de choisir le genre de sexualité ou d’émotions qui conviennent aux personnes impliquées, peu importe leur orientation sexuelle.

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Dénoncer ou boycotter les Jeux olympiques de Sotchi?

L’homophobie russe

Controverse des Jeux olympiques

Raymond Viger  Dossiers HomosexualitéJeux olympiques

homosexualité homosexuel homos lesbiennes lesbianisme homophobieDans un billet de la semaine dernière, ma conjointe Danielle en appelait à un boycott des Jeux olympiques de Sotchi, motivé par l’homophobie qui règne en Russie.

Est-ce que les Jeux olympiques n’auront pas permis de mettreu grand jour cette violence envers les homosexuels russes?

Est-ce que les Jeux olympiques et les réactions internationales envers cette homophobie n’est pas une façon d’aider le peuple russe de sortir de leur homophobie?

Peut-être que la présence des Jeux olympiques, même dans les pays qui contreviennent aux droits et libertés individuels deviennent des ambassadeurs pour une meilleure société?

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Le boycott des Jeux de Sotchi

Controverse pour les Jeux olympiques

Sotchi; l’ouverture et les jeux boycottés

Raymond Viger  Dossiers HomosexualitéJeux olympiques

sotchi jeux olympiques sochi jeux olympiques russie homosexualité homophobeAvec la grande controverse en cours concernant l’homophobie existant en Russie et les Jeux olympiques de Sotchi, avec tous les écrits déjà publiés, j’étais convaincu que je n’aurais rien à dire sur le sujet.

  • Je suis convaincu que nous sommes tous d’accord que nous devons nous élever contre l’homophobie;
  • Je suis convaincu que nous sommes tous offusqués par la position russe sur l’homosexualité;

Je n’écoute pas les Jeux olympiques. J’ai été renversé par un commentaire et une position de ma conjointe Danielle.

Le boycott des Jeux de Sotchi

homosexualité jeux olympiques sotchi sochi olympic game gay Danielle est une fan des Jeux olympiques, autant d’été que d’hiver. Mais compte tenu de la position russe sur l’homosexualité, elle a décidé de boycotter les Jeux olympiques de Sotchi en ne les regardant pas.

  • Parce qu’on ne peut pas apprécier un spectacle offert et produit par un gouvernement homophobe;
  • Parce que l’homophobie est une violence qui doit être dénoncé;
  • Désolé pour tous les athlètes qui se sont pratiqués pendant toutes ces années pour se présenter aux Jeux de Sotchi.

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Rap et homosexualité: intimidation dans le rap music

Le rap n’aime pas les gais

En février 2009, Reflet de Société publiait le témoignage du rapper Lunatique. Le jeune homme faisait sa sortie du placard officielle. Homosexuel dans un milieu, le Hiphop, qui dénigre cette orientation sexuelle, le coming out de Lunatique a eu un impact lourd de conséquence pour le rapper Dali qui a collaboré avec lui.

Dominic Desmarais

Dossiers Rap, Homosexualité, Hip-hop, Intimidation

rapper dali rap music hiphop lac st-jean culture urbaineDali, originaire du Lac Saint-Jean, emménage à Montréal à 17 ans pour rejoindre son père. Grand fan de hip-hop québécois, le jeune jeannois veut vivre sa passion.

À 20 ans, en passant devant les locaux de CHOQ.FM, la radio de l’Université du Québec à Montréal, il aperçoit un adulte habillé en hip-hop. C’est Ricardo, l’animateur de l’émission de rap Trinité Radio, que Dali écoute religieusement. L’enthousiasme du jeune homme, et sa grande connaissance du rap québécois, lui valent une offre d’emploi.

Il m’a pris comme co-animateur! Même si je n’avais aucune expérience, que je faisais des fautes de français.

Dali remplace Lunatique, un rappeur nomade qui est parti vivre un temps au Saguenay. Lorsque le voyageur revient à Montréal, à l’hiver 2008, il reprend sa place à Trinité Radio aux côtés de Ricardo et de cet animateur qui connaît tout de la culture hip-hop.

On était les 3. Mais Lunatique et moi, on ne s’entendait pas super bien. Pour lui, j’étais un étranger. Il n’appréciait pas trop ma présence.

Ricardo avait prévenu Dali de l’orientation sexuelle de Lunatique.

Ça ne me dérangeait pas, qu’il soit gai. Pour moi, un homosexuel, c’est quelqu’un d’efféminé. Alex Perron, des Mecs Comiques, c’est l’image que j’avais d’un gai. Lunatique ne correspondait pas à cette idée préconçue que j’avais. En fait, je ne connaissais rien!

Homosexuel, une image qui colle

rapper dali rap music hip-hop lac st-jean musique art urbainParallèlement à ses émissions de radio, Dali fait des spectacles, écrit des chansons. Il veut se faire connaître. Il flaire l’opportunité de collaborer avec Lunatique dont la réputation est plus solide que la sienne dans le paysage québécois du hip-hop.

Certaines personnes m’ont dit de ne pas collaborer avec Lunatique parce que l’homosexualité n’est pas acceptée dans le hip-hop. Mais en 2008, les gens ne savaient pas qu’il était gai.

Afin de promouvoir son album qu’il entend sortir en avril 2009, Dali fait des vidéos de ses chansons qu’il met en ligne sur YouTube et qu’il envoie via Facebook. En mai 2009, la vidéo de Maître du destin est diffusée. Deux mois après la sortie du placard officielle de Lunatique dans les pages de Reflet de Société, la vidéo attire 14 000 curieux qui veulent voir l’homosexuel, cet être qui détruit l’image du hip-hop.

Ça s’est déchaîné. Sur les forums Internet, il y avait beaucoup de préjugés qui discriminaient Lunatique. On disait que les homos n’ont pas leur place dans le hip-hop. On se posait des questions sur mon orientation sexuelle. Sur les forums d’échange, Lunatique se défendait. Et ça m’incluait. Parce qu’il y avait plusieurs commentaires désagréables à mon endroit. Que ce soit sur ma collaboration avec un homosexuel ou sur mes textes et ma façon de les rendre.

rapper lunatique homosexuel rap music homosexualite hiphopDali passe des moments difficiles. Lui qui ne cherchait qu’à prendre sa place dans le hip-hop est conspué et ridiculisé par le milieu.

À Montréal, dans les ligues de battle de rap, certains parlaient de nous dans leurs textes. T’es en arrière de Dali quand Lunatique échappe son savon. T’es en sandwich entre Dali et Lunatique. T’es juste connu dans le milieu gai.

Les rappeurs s’en donnent à cœur joie. Ils déversent leur homophobie contre Lunatique et Dali. C’est la folie. Sur les forums, dans les battles et même dans des chansons de rap, on dénigre les deux artistes.

Rap et homophobie

Dali est étiqueté gai. Il essuie les remarques désobligeantes de jeunes dont la passion est de parler, de s’affirmer. Il doit se défendre seul alors que Lunatique part pour quelque temps à Calgary.

Il n’a pas quitté Montréal parce que c’était trop dur pour lui, mais parce qu’il est un nomade. Mais avant qu’il ne s’en aille, il s’est bousculé avec un autre rappeur, dans un bar. C’était un geste homophobe.

Plus tard, lors d’un évènement hip-hop, j’ai revu celui qui avait poussé Lunatique. Je suis allé le voir pour lui demander pourquoi. ‘‘Parce qu’il m’énervait et parce que les gais n’ont pas leur place dans le hip-hop au Québec’’ a été sa réponse. Ça s’est terminé en engueulade. Après, un de ses amis m’a donné un coup de coude au visage. Le gars disait que j’encourageais l’homosexualité dans le hip-hop, que ce n’était pas normal, les homosexuels. Moi, je ne suis pas gai. Je ne peux pas défendre Lunatique. Mais je donnais mon point de vue. Qu’on avait une émission de radio ensemble. Que je m’entendais bien avec lui. Qu’il avait habité au Saguenay alors que je venais du Lac Saint-Jean.

Ça a atteint ma réputation à travers le Québec. Ce n’est pas plaisant. On m’en parle encore aujourd’hui. Ce n’est pas mon orientation sexuelle mais on m’y associe. Je n’ai pas de remords. Et ce n’est pas ce qui va m’empêcher de continuer à faire de la musique. Même si ce n’est pas une situation agréable, ça m’a fait connaître. Ça m’a donné de l’exposure. Les gens ont été voir la vidéo. Et dans mes chansons, je m’en inspire. Je vais continuer même si on ne m’aime pas.

Tourner la page

rapper dali rap music lac st-jean hiphop art urbain cultureDali est persévérant. Malgré les insultes et le mépris qu’on lui adresse, il ne se terre pas chez lui. Il aime le hip-hop et continue de se présenter aux évènements.

Des artistes se sont excusés. Ils m’avaient nommé dans des battles ou des chansons. Mais parce que j’ai continué à supporter le mouvement, ils savent que je ne quitterai pas la scène. Si un artiste fait un spectacle et qu’il a été dur envers moi, il va quand même me voir à son évènement si je sens qu’il a tourné la page. Maintenant, je veux m’imposer plus dans mes chansons. Ils savent qui est Dali. Ça m’a fait connaître. À moi d’en profiter pour qu’ils écoutent ma musique.

Dali a reçu un appui de Caya, un rappeur qui a été intervenant jeunesse à Longueuil.

Il est connu à travers le Québec. Il organise plusieurs spectacles sur la Rive-Sud. On a une bonne chimie. Il me donne son appui. Il a collaboré sur mon 3ème CD. Il y a des gens qui lui avaient dit ne pas le faire, puisque j’étais associé à Lunatique. Il s’en est foutu. Mais le milieu est encore homophobe. Ça n’a pas changé.

Quant à Lunatique, Dali ne le voit plus.

Il n’est plus dans le hip-hop. Il ne va plus dans les bars. Il est plus tranquille qu’avant. Je ne sais pas si c’est à cause de son coming out. Mais je ne collaborerai plus avec des artistes homosexuels. J’ai une réputation à préserver. J’ai eu trop de mauvaises expériences. Je n’ai pas envie de replonger dedans. Je n’ai rien contre eux. Je suis pour leur liberté, pour qu’ils puissent vivre comme ils l’entendent. Mais j’ai eu plus de difficultés à me trouver une place dans les spectacles à cause de ça.

Dali n’est pas amer. Mais il se serait passé de ces histoires qui l’ont fait souffrir. Comme tout jeune de son âge, comme tous les membres de la culture hip-hop, il cherche à être reconnu par ses pairs. Ces artistes qui l’ont insulté n’ont pas réussi à le pousser hors de sa passion. Dali reconnaît que certains sont meilleurs que lui en rap «mais je n’arrêterai pas pour eux.»

Les 3 reportages sur le rapper Dali:

Le rap du Lac-St-Jean

Un rapper a les blues

Rap et homosexualité: intimidation dans le rap music

Autres textes sur le Rap:

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Hip hop et homophobie

Under Pressure et la Fierté gaie

Quand les homosexuels visitent le graffiti et le Hip hop

Samedi et dimanche dernier, les 13 et 14 août, le défilé de la Fierté gaie et la convention internationale graffiti Under Pressure se retrouvait côte-à-côte sur la rue Sainte-Catherine.

Raymond Viger Dossiers Culture, Graffiti, Hip Hop, Homosexualité

Connaissant la réputation homophobe de la culture Hip hop, comme nous le démontrait si bien en début d’année les combats entre rappers du Word Up Battles!, certains craignaient de voir se concrétiser l’homophobie de la culture Hip hop durant le week-end.

La fin du monde n’est pas arrivé durant le week-end, au contraire. Des participants du défilé de la Fierté gaie, costumés et maquillés sont venus se mêler à la culture Hip hop dans la plus grande harmonie.

Homosexuel et breakdance

Certains ont même pris leur place sur le plancher de danse des breakdancers. Ils ont été ovationnés et ont bien montré leur grande connaissance et expérience de mouvements de danses s’apparentant au Popping.

Ce fût un week-end formidable où plusieurs cultures ont pris leur place dans le calme et un grand respect. Tous ont bien appréciés.

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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