Un témoignage de Gabriel Julien | Dossier Santé mentale

J’ai consommé de la drogue à l’adolescence et ç’a rendu ma santé mentale plus fragile. En 2007, j’ai fait Occupation Double, puis on m’a appelé pour faire Loft Story en 2009. Une semaine avant le début de Loft Story, ma mère est décédée. J’ai décidé d’y aller quand même, mais ce n’était pas un milieu sain pour moi. J’ai quitté le loft après trois jours. J’avais commencé à perdre le contact avec la réalité.

Quand je me suis retrouvé seul, mon état a empiré. Je n’étais plus certain si j’étais encore dans le loft ou non. J’étais en psychose. Dans cet état, le cerveau devient vraiment hyperactif et fait des liens qui n’ont pas de sens, rationnellement… C’est vraiment épuisant. J’ai été à l’hôpital.

Par la suite, j’ai repris lentement une vie normale, mais j’ai commencé à consommer énormément d’alcool. En 2011, je suis parti en voyage au Mexique avec un groupe de Québécois assez festifs. C’est là que j’ai fait une psychose toxique. On m’a enfermé dans une prison touristique Isolé et seul dans ma cellule, j’ai été en psychose pendant trois semaines.

J’ai eu des hallucinations visuelles et auditives. J’étais persuadé qu’on voulait m’éliminer et me tirer dessus. Je me suis caché dans ma cellule et j’ai perdu la notion du temps.

Ma tante et mon oncle ont finalement réussi à faire venir une ambulance par services aériens et j’ai atterri à l’hôpital pour recevoir des soins psychiatriques. J’ai passé un bon mois et demi en clinique interne. J’ai eu un diagnostic de bipolarité et j’ai reçu mon congé. Puis, une clinique pour jeunes adultes psychotiques m’a pris en main. On avait des ateliers sportifs, de cuisine et de thérapie cognitive comportementale. C’était vraiment aidant, mais j’ai recommencé à consommer de l’alcool… Je n’avais pas appris ma leçon. J’ai refait quatre psychoses. C’est après la quatrième, qui a été particulièrement difficile, que j’ai décidé de faire des choix pour moi.

Maintenant, ça fait presque cinq ans que je n’ai pas eu de psychoses. Si je me sens partir, je peux me faire redescendre plus aisément. Le meilleur conseil que je puisse donner, c’est de se trouver des points de repère. Par exemple, des endroits et des personnes qui nous sécurisent.

Aujourd’hui, c’est vraiment l’envie d’aider qui me fait vivre. J’ai commencé à arpenter les rues de Montréal en mai 2019 pour sensibiliser les gens à la santé mentale et à l’importance de bouger. Je suis aussi un cours pour être entraineur professionnel. J’aimerais beaucoup entraîner des gens qui ont des problèmes de santé mentale et contribuer à leur rétablissement.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

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Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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