L’amour pour sortir de la rue

Pour l’amour d’un chien

Les gens de la rue et leurs animaux

De nombreuses années me séparent de la rue, mais je peux encore la sentir en moi.

Caroline Leblanc dossier Itinérance

amour chien itinéranceMon voyage dans la rue a commencé dès mes 14 ans dans les rues de Sherbrooke, Granby, Montréal puis Toronto. Assoiffée de liberté ou plutôt hantée par le désir de m’enfuir d’un monde dans lequel j’étais incomprise, la rue est devenue mon milieu de vie.

Durant ce parcours, il y a eu beaucoup d’aventures et de mésaventures, mais comme on dit, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise route. Chacune d’elles nous apprend quelque chose et nous grandissons riche d’expériences acquises au fil du voyage. Peu importe la destination, c’est le voyage qui compte!

Je pourrais vous parler de certaines destinations telles que mon enfance tumultueuse, mon adolescence incomprise et incompréhensible, mes relations d’amitié et d’amour malsaines ou l’univers de la rue. Mais je préfère vous partager ce qui a changé le cours de ma vie.

Parfois, on a l’impression de courir après le bonheur chaque jour de notre vie, mais dans la rue c’est souvent à chaque instant.

Mais à un moment donné, un bonheur est arrivé dans ma vie. Un être magnifique que j’ai nommé Draft, une chienne extraordinaire qui a été là à traverser les ouragans, les petites tempêtes et les beaux et les mauvais moments de ma vie. Elle était là sans me juger, à m’aimer, à m’accepter comme nul autre a su le faire. Gravé dans ma mémoire cet être merveilleux m’a aidé à surmonter mon chagrin, mes difficultés et m’a donné la confiance et la force de m’aimer.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je raconte cela, comprenez que la rue fut un moment que j’ai partagé avec ma chienne Draft. À travers mes souffrances, mes déboires et les nombreux pays que j’ai traversé, elle a été là pour veiller sur moi sans jamais me laisser tomber dans cette aventure. Riche de cœur, son amour inconditionnel m’a donné la force et la motivation d’affronter cette société et les jugements qu’elle a eus envers moi et les autres qui vivions dans la rue. Pour certains, elle restera juste un chien, mais pour moi elle est la force qui m’a permis de me sortir la tête de l’eau et de trouver ma place.

Par respect pour elle, une fois fatigué d’errer, j’ai pris un appartement et j’ai décidé d’aller à l’université. Avec seulement un secondaire 3 en poche et mon expérience de la rue, j’ai quêté mon inscription universitaire. Quelle idée folle m’est venue en tête vous me direz. Mais pour moi, c’était la seule façon d’arriver à me faire entendre et de rendre à la rue ce qu’elle m’avait permis de devenir. C’est-à-dire une femme forte et déterminée, une femme se battant contre les injustices sociales.

Le père Pops (prêtre montréalais reconnu pour son intervention auprès des itinérants) a toujours cru en moi et m’a aidé à obtenir une bourse d’études. Mais après un an de belle réussite, j’ai abandonné, car à cette époque je jugeais que l’université n’était pas nécessaire. Ce n’est que lorsque j’ai eu ma fille que je suis retournée sur les bancs de l’école pour m’y donner à 100%.

Aujourd’hui, Draft n’est plus de ce monde, mais elle reste gravée dans mon cœur. Pour elle, je continue à gravir des montagnes pour arriver à mon but: améliorer les conditions de vie des personnes itinérantes et leurs animaux de compagnie. Je termine bientôt ma maîtrise en travail social qui porte sur l’influence des animaux sur le parcours de vie des personnes itinérantes. Qui aurait cru !

En l’honneur de mon parcours, j’ai fondé un organisme à but non lucratif (Solidarité dans la rue) pour sensibiliser les différentes instances publiques, sociales et communautaires sur l’importance des animaux auprès des personnes vivant en situation de précarité. Depuis 3 ans, je passe Noël dans la rue pour apporter mon soutien aux personnes itinérantes et leurs animaux. À Montréal d’abord et depuis 2015 en Estrie (Sherbrooke) en l’honneur de mes racines.

Autres textes sur Itinérance

Après la pluie… Le beau temps

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

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Autres livres pouvant vous intéresser:

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Vivre avec l’anorexie

Vivre avec l’anorexie

«Je suis une survivante.» VéroniKaH est anorexique depuis 35 ans et elle fait partie des 3% de cas chroniques. Il faut en moyenne 4 ans pour soigner une personne anorexique, et au-delà de cette durée, on parle de chronicité.

Louise Marchand    Dossier Santé, Anorexie

Malgré que VéroniKaH vive avec sa maladie depuis de nombreuses années, elle est mariée, mère de trois enfants et se dit épanouie. Elle est l’auteure de Ce qui ne tue pas rend plus fort, au-delà de la peur et de la honte.

Longue histoire

anorexie trouble de l'alimentation anorexique rester mince, maigrir régime Initialement provoquée par un besoin de se révolter contre ses parents à ses 14 ans, la maladie de l’artiste a dégénéré par la suite, devenant un moyen pour elle de se détruire. Elle commence à exercer un contrôle constant sur son poids, car pour elle «l’anorexie c’est ça: c’est avoir le contrôle. C’est pas à propos de la bouffe, c’est le contrôle.»

VéroniKaH avait l’impression que ses parents contrôlaient toute sa vie, et son poids était la seule chose sur laquelle elle avait de l’emprise. Pendant des années, elle alterne des phases de privation avec d’autres de boulimie, lorsqu’elle est obligée de manger (devant ses parents notamment). Le contrôle qu’elle exerce sur son corps lui permet, à l’époque, de se sentir en sécurité, à l’abri des conflits et des responsabilités, grâce à son corps de petite fille.

«C’est pas la faute de la société. L’anorexie, c’est quelque chose de personnel.» Dans son cas, la maladie n’est pas provoquée par l’envie de ressembler aux standards de beauté véhiculés par les médias, mais par le besoin de détruire son propre corps, de se faire du mal. Ce comportement est une réaction à une souffrance personnelle, qui pour l’artiste n’a rien à voir avec la société.

Il y a quelques années, après une hospitalisation dans un état très grave (elle ne pesait que 36 kilos), VéroniKaH a une prise de conscience, et décide de ne plus se laisser dominer par sa maladie. En même temps, elle redécouvre la peinture et prend une décision: après des années passées à détruire son corps et à se faire du mal, elle choisit de faire attention à sa santé. Pour cela, VéroniKaH fait régulièrement des analyses et elle est en forme. C’est important pour l’artiste désormais, car elle a des choses à accomplir.

Mais elle ne veut pas changer pour autant et se déclare à l’aise avec l’image de son corps: «Je ne veux pas être normale, je suis bien là-dedans, sinon je changerais. Je ne veux pas ressembler à une femme, et ça me va bien de ne pas avoir de formes.» Elle admet se cacher encore derrière son corps de petite fille, car cela reste une sécurité pour elle. Mais elle ne met plus sa santé en danger pour autant.

Soutien familial

anorexie trouble alimentation régime rester mince maigrirVéroniKaH est soutenue par sa famille. Ses trois enfants l’appuient, et sont en accord avec la publication d’un livre pour raconter son histoire: «Mes fils sont fiers de moi.» Elle reconnaît que ce soutien l’a aidée à reprendre le contrôle sur sa vie et sur son propre bonheur. Mais ses parents, inquiets, ont eu plus de difficultés à comprendre son mode de vie. Leurs relations se sont améliorées depuis qu’ils ont réalisé que la vie de leur fille n’est plus en danger, et qu’elle est heureuse ainsi.

Quant à son mari, il l’a acceptée et soutenue depuis le début de leur relation, il y a 28 ans. C’est lui qui l’a poussée à exercer la peinture à plein temps, ce qu’elle fait depuis quelques années maintenant. VéroniKaH aime rappeler que la peinture lui a sauvé la vie dans sa bataille contre l’anorexie. Cela l’a apaisée et lui a permis de reprendre le contrôle sur sa maladie: «Toutes mes émotions sont projetées dans mes toiles, dans ma peinture, et après je me sens déchargée. Quand ça ne va pas je peins et après je vais beaucoup mieux.» L’artiste est désormais épanouie dans sa vie et dans son travail.

Partager

VéroniKaH publie son livre pour partager son histoire et pour parler ouvertement de l’anorexie: «Je pense que ça peut aider des gens de parler de cette maladie. En plus, à travers ce livre je peux en parler aux jeunes parce que je l’ai vécu, mais je peux aussi en parler aux parents parce que je suis une mère.» Elle veut aider d’autres personnes à «apprendre à s’aimer».

Après 35 ans de maladie, elle estime être passée par toutes les phases de l’anorexie, et malgré sa non-rémission, elle pense pouvoir aider d’autres personnes dans l’acceptation et la guérison.

Bien que VéroniKaH arrive à vivre de manière épanouie malgré sa maladie, elle rappelle qu’elle est une exception. Ses médecins sont encore surpris qu’elle n’ait pas de graves problèmes de santé. Elle ne souhaite pas minimiser les dangers de l’anorexie, mais veut plutôt partager avec les autres son optimisme, en montrant que l’anorexie n’empêche pas d’aller au bout de ses rêves. Comme elle le dit: «Mon corps n’est pas guéri, mais mon cœur et ma tête le sont.»

Mireille Deyglun

La préface du livre de VéroniKaH est signée par Mireille Deyglun, comédienne et animatrice québécoise, également connue pour son engagement dans différentes causes (lutte contre l’homophobie, aide aux déficients intellectuels…).

Les deux femmes se sont rencontrées en 2012 lors d’une soirée en faveur de l’hôpital Ste-Justine où l’artiste exposait ses toiles. Mireille a souffert de boulimie par le passé, et elle s’est reconnue dans l’histoire de VéroniKaH. Lorsque celle-ci lui a demandé d’écrire la préface, elles ont passé des heures à parler avant qu’elle n’accepte. Mireille a apprécié que Ce qui ne tue pas rend plus fort rende compte du mal de vivre que l’on peut ressentir lorsque l’on souffre de troubles alimentaires.

Perdre du poids sans mettre en danger sa santé?

régime minceur maigrir trouble de l'alimentation anorexie rester minceLes offres d’aide au régime ne manquent pas: nous sommes envahis de publicités vantant les mérites de méthodes de perte de poids rapide. Elles sont reconnues pour être inefficaces à long terme, car le poids perdu est repris et entraîne une démotivation de l’individu. Certains régimes peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé. Sans parler de véritables troubles alimentaires, la privation est mauvaise pour l’organisme, et peut entraîner des carences.

Il est donc déconseillé de suivre un régime basé sur la privation. Le plus important lorsque l’on veut perdre du poids est de manger équilibré, avec plaisir, et surtout sans culpabiliser. Manger trois repas complets par jour est primordial. La frustration entraînée par la privation est nocive, il faut donc manger à sa faim, sans abuser. Le plus important est de manger équilibré: varier les fruits, légumes, viandes…

Il existe, par exemple, le régime dit méditerranéen. Il consiste à séparer son assiette en trois parties: les légumes (moitié de l’assiette), la viande et ses substituts tels que le poisson ou les œufs (un quart de l’assiette), et les féculents comme le pain ou le riz (un quart de l’assiette). Il est important de rajouter à cela des fruits et des produits laitiers. On peut ainsi manger à sa faim. Et surtout, ce régime permet la perte de poids sur le long terme, sans privation, et sans danger pour la santé. Mais le plus important reste de manger avec plaisir.

Autres textes sur l’Anorexie:

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Perdre son estime pour mieux le retrouver

Quand la confiance en soi n’est plus au rendez-vous

Estime de soi à rebâtir

Pierre est un être sensible qui a longtemps été étiqueté bon à rien. Pour retrouver son estime qui lui faisait défaut et prendre sa place, il a dû se battre toute sa vie contre le regard des autres… et du sien.

Dominic Desmarais  Dossiers Toxicomanie

confiance en soi estime de soi prendre sa vie en mainÂgé de 57 ans, ce colosse avec quelques kilos en trop déplace de l’air. Tantôt combattif, tantôt émotif, il cherche constamment le mot juste, fouille dans sa mémoire pour en ressortir l’information exacte, passe d’un sujet à l’autre pour revenir à son propos initial. Pierre est un volcan de mots et d’émotions. Il parle sans interruption comme si personne ne l’avait jamais écouté.

Élevé par un père autoritaire qui décidait de tout, Pierre n’a pas appris, enfant, à avoir des idées et à les défendre. C’est en s’exilant de son Joliette natal, pour faire ses études collégiales à Montréal, qu’il goûte pour la première fois à l’autonomie. «Mes amis allaient tous au cégep de Joliette. Je voulais m’isoler.» Pierre, qui aspire à des études de psychologie, est refusé dans ce programme contingenté. Il opte pour la philosophie. «Les étudiants de sciences pures me demandaient ce que j’allais faire dans la vie avec un tel diplôme. Je leur répondais qu’en premier, j’allais apprendre à penser et, une fois que je saurais penser, je penserais à ce que j’allais faire!»

Défendre ses idées

Dans ses cours, Pierre est encouragé à donner son opinion et défendre ses idées. La possibilité de s’exprimer le grise au début, mais, très vite, elle devient un poids. Pierre est toujours à contresens du troupeau. La classe pense blanc, lui répond noir. «Parfois, ça m’inquiétait. Je me retrouvais seul contre les autres. Dans une classe, s’il y en a un ou deux qui ne sont pas d’accord avec toi, ça peut aller. Mais quand c’est tout le groupe, c’est dur. Je me sentais mal à l’aise.» En plus de penser différemment, Pierre est isolé. Il n’a pas d’amis, lui qui a quitté les siens pour la grande ville. Il a peur de couler ses cours, car ses opinions ne rejoignent personne. Nerveux, il rencontre l’un de ses professeurs qui le rassure. Il lui fait comprendre que la philosophie, c’est défendre ses idées. «Tout le monde est contre toi et tu tiens ton bout, tu n’enlèves pas ta fougue.» Pierre se rappelle cet épisode qui l’a marqué. Lui, le grand gaillard, se laisse aller à pleurer.

Après le cégep, Pierre est animé par une soif d’apprendre. Après le monde des idées, il s’oriente vers celui de la logique pour étudier les mathématiques. Il y met toute son énergie et sa passion. Mais le côté rationnel des équations l’étouffe. «Pendant un examen, je me suis demandé ce que je faisais là. J’ai laissé ma copie et je suis parti.» Impulsif, Pierre rentre à son appartement aviser ses colocataires qu’il quitte sur-le-champ pour l’Ouest canadien. «C’était la rébellion. Je n’étais plus capable d’entendre le mot logique. Comme si ce mot avait force d’évangile.» Pierre se laisse aller. Lui si discipliné dans ses études et son travail dans la sécurité, laisse tout tomber. Il prend la route pour quelques mois.

D’un métier à l’autre

Un an plus tard, il retourne à l’université pour compléter son baccalauréat en mathématiques. «Ça faisait un an que j’étais sur la go. Le retour a été trop raide. Je n’étais pas prêt, j’ai abandonné.» Mais Pierre, incapable de ne rien faire, trouve une nouvelle passion pour assouvir son trop-plein d’énergie. Il décide de suivre des cours pour piloter des avions.

Comme pour les mathématiques, Pierre délaisse son nouveau passe-temps. Il retourne à temps partiel à l’université et commence à s’initier aux arts martiaux. Il y trouve une dimension spirituelle et un code de vie qui le nourrissent. Les cours de karaté et d’aïkido deviennent plus importants que les maths. «Je voulais changer la texture de mes muscles. Au lieu qu’ils soient puissants, je les voulais résistants et endurants. C’était l’objectif de ma vie. Pas devenir ceinture noire. Les compétitions, je n’aimais pas ça même si je figurais bien. C’était plus une discipline intérieure.»

En parallèle, il termine ses études universitaires, mais sa soif de connaissances n’est toujours pas assouvie. Il retourne au cégep étudier l’électricité. «Je n’y connaissais rien! J’ai obtenu un diplôme en instrumentation et contrôle. Il y avait de la demande partout pour calibrer les instruments industriels.»

Pierre se sent prêt pour un nouveau défi : affronter le marché du travail. Après avoir développé son côté créatif par la philosophie, son rationnel avec les mathématiques et l’électricité et son intérieur par les arts martiaux, cet autodidacte solitaire est enfin bien dans sa peau. Fidèle à son besoin de découvrir, il s’attaque à un environnement qui lui est inconnu : le monde des ouvriers et des usines. Après une dizaine d’années passées à se découvrir, il doit maintenant apprendre à mettre en pratique ses connaissances en travaillant au sein d’un groupe. Pour Pierre et son estime, ce sera une dure épreuve.

Le travail

Après des années à travailler au sein de petites équipes comme technicien en contrôle d’instruments, Pierre se trouve un emploi dans une usine qui compte plus de 500 employés. L’intégration de cet être original sera difficile.

À son arrivée, Pierre pensait bien s’entendre avec ses nouveaux collègues. Lors d’une visite avec le responsable de l’entretien pour rencontrer les autres employés, il observe l’atmosphère de son nouvel environnement. «À première vue, ça me semblait bien. J’ai rencontré les autres techniciens, des jeunes de 15 à 20 ans de moins que moi. Ils ont une certaine éducation, avec leur DEC. Mais d’autres employés ne savent ni lire ni écrire. Moi, je suis comme je suis. Ma place, ce n’est pas les usines…»

Pierre, avec son franc-parler et son vocabulaire d’intellectuel, est rapidement pris en grippe par les employés de l’usine qui font tourner les machines que lui doit réparer. Ils se moquent de lui quand l’équipement se brise et lui font savoir leur insatisfaction quand les réparations traînent en longueur. Excédé par l’un d’eux, Pierre porte plainte en août 2005 pour harcèlement psychologique. L’employé, en sa présence, lançait des objets contre les murs avec rage, sous les encouragements des membres de son équipe. «J’ai demandé que le syndicat le rencontre. J’étais rendu au point de vouloir lui sauter dessus. Je devenais agressif.»

La déchéance

Le syndicat crée un comité de relations et Pierre demande d’être affecté à un autre département. Rien ne change. Dès que Pierre est appelé pour régler un bris d’équipement, on lui saute au visage. «Je ne pouvais plus vivre avec ça. Je me suis caché dans un bureau. Le représentant syndical est venu me trouver. Je pleurais. J’étais devenu une loque humaine. On ne m’avait même pas battu physiquement. Et j’étais sans défense.»

Pierre rencontre un médecin qui le met en arrêt de travail de 6 mois pour dépression. Côté syndical, il raconte sa version de l’histoire. Aucun grief ne sera déposé contre son intimidateur. Pierre est bouleversé. «Je ne me sentais pas appuyé, pas défendu.» Pour se soigner, Pierre voit un psychiatre. En plus de sa dépression, il souffre de brûlures d’estomac qui l’empêchent de dormir. Son anxiété provoquait des difficultés à digérer. «J’ai demandé à mon médecin quand j’arrêterais de prendre la médication. Il m’a dit que c’était pour la vie. 100$ par mois. Je me sentais mal de savoir que j’allais y être accroché pour le restant de mes jours.»

Maître de sa guérison

Autodidacte, Pierre cherche des solutions. «J’étais à domicile pour un congé de maladie de 6 mois. J’avais du temps pour lire. Internet a tout chamboulé.» En faisant des recherches personnelles, Pierre tombe par hasard sur le site d’un centre de recherche qui travaille sur les ondes et la pensée. «J’ai toujours été intéressé par la recherche intérieure. Là, le site parlait de contrôle de la pensée. Et moi, je me demandais pourquoi, alors que j’ai une colonne vertébrale, que j’ai fait 10 ans d’arts martiaux, je me retrouvais caché dans un bureau à pleurer.»

Pierre commande des CD de musique qui jouent sur les ondes et développe des liens entre les deux hémisphères du cerveau. Pierre fait jouer ces mélodies pendant qu’il dort la nuit. «Avec la musique, j’ai fait partir les pilules et mes problèmes d’estomac. Mon sommeil s’est replacé et j’ai pu retourner travailler.»

Pierre pousse l’expérience plus loin. «Je me suis dit que j’étais capable d’altérer bien des choses de mon cerveau, que ma pensée pouvait être plus large, plus complète.» Il décide de se fabriquer des phrases subliminales, qui défilent trop vite pour les apercevoir, et les fait passer sur l’écran de son ordinateur devant lequel il est régulièrement assis. «Plus on répète quelque chose, plus ça devient vrai. Même un mensonge, s’il est répété plus d’une fois, devient vrai. Moi, je m’écrivais que j’étais bon, que j’étais capable. Des phrases positives.»

Pierre est retourné au travail, son problème de manque de confiance qu’il traîne depuis l’enfance est disparu. Comme les arts martiaux lui ont, à une époque, procuré une paix intérieure, aujourd’hui c’est la musique de méditation qui l’aide. Quant à demain, Pierre verra bien. D’ici là, il apprend à savourer la vie au jour le jour. Un objectif si simple qu’il aura mis des années à comprendre.

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    Roberto Mayer livre et musique

    Roberto Mayer

    De la violence à la musique

    Roberto Mayer a écrit un livre, Jours de Nuit. L’homme voulait tuer. La poésie l’a plutôt conduit à la musique, aux spectacles, à un livre et à un disque.

    Par Dominic Desmarais Dossiers Livres, Culture

    Mon gars se faisait battre par son beau-père. Je voulais le tuer. Mon ex a fait faillite et m’envoyait ses factures. Je voulais la tuer. Quand j’en suis arrivé là, je me suis rendu compte que ce n’était pas moi…

    roberto mayer poesie urbaine temoignage violence livre cdRoberto Mayer n’a pourtant pas l’allure d’un homme violent. Avec ses petites lunettes, sa taille normale, ses cheveux gominés bien coiffés, il ressemble davantage à l’image du bon fils de famille. Le sourire suspendu aux lèvres, la voix calme et posée, en le voyant on s’imagine mal que sous ce masque se cachait autant de rancœur destructrice. Il a pensé au meurtre. Il a pensé au suicide. Comme bien d’autres, l’écriture l’a définitivement sorti de son enfer. Son livre de poésie, Jours de Nuit, fut sa thérapie.

    Roberto ne pensait pas que son recueil l’amènerait vers la musique. Pour promouvoir son livre, il organise des spectacles où il récite ses poèmes. «Pour que ce soit plus varié, pas seulement de la poésie, j’ai demandé à Olivier de m’accompagner.» Olivier est un ami de son frère. Musicien depuis sa tendre enfance, il s’est inspiré des textes du poète au fil des spectacles pour composer des chansons. «C’est ma musique, dans l’univers de Roberto, dit Olivier. Je cherchais des textes et comme c’est de la poésie, ça ajoute en profondeur, ça rajoute de la couleur. On s’est assis ensemble, j’étais au piano. J’ai fait 3 ou 4 chansons.» D’où l’idée d’enregistrer un album.

    Cadeau à son frère

    roberto mayer poesie urbaine musique livre cd temoignageSi la musique adoucit, les textes, eux, abordent des thématiques lourdes.

    C’est vrai qu’il y a une souffrance… C’est la libération. Ça fait mal, se libérer. Je ne peux pas rejoindre les gens qui ont des problèmes si je leur dis que tout est beau. Je suis passé par là, je leur parle de mon cheminement.

    Une des chansons, Vers toi, parle de pardon.

    C’était par rapport à mon frère, nous dit Roberto. On était des inconnus. Quand nos parents se sont divorcés, moi je suis allé avec mon père, lui avec ma mère. J’avais 12 ans, lui 4. Il me demandait pardon et moi aussi j’avais des choses à me faire pardonner. Dans la chanson, on est deux voix à dire pardonne-moi. Mon frère et moi. La chanson, c’est pour lui faire un cadeau. Dans le spectacle, j’explique mon vécu. Je me sentais jugé par lui, je le jugeais.

    La voix de Roberto devient émotive. Le trémolo dans la gorge, il raconte:

    Lors d’un spectacle, j’ai demandé à mon frère de choisir un poème dans mon livre. N’importe lequel. Il a choisi Vers toi, que j’avais écrit pour lui. Il l’a lu en pleurant.

    Lorsqu’il raconte cette histoire, Roberto donne l’impression qu’elle se joue là, devant nous. Le frisson monte, les yeux sont humides. Que dire de ces vers à l’endroit de ses parents? Je vous laisse mourir; vous que j’ai tenté de faire revenir; en vous menaçant d’en finir. L’album est un douloureux voyage.

    Le message se veut positif. Le titre, La Force d’y croire, est assez évocateur. C’est cette force qui a permis aux deux comparses de concrétiser leur idée. Roberto a puisé dans ses économies pour produire le disque: 11 000$. Une bagatelle! Des amis d’Olivier, musiciens, ont donné un coup de pouce. L’ancien chanteur, Franck Olivier, connu pour Amoureux de vous madame et le thème du dessin animé Albator, les a guidés tout en mettant son studio d’enregistrement à leur disposition.

    Roberto ne s’est pas trop cassé la tête pour l’aboutissement du projet.

    Dans la vie, faut s’écouter. C’est un peu ça, la Force d’y croire.

    Lui qui ressassait des idées meurtrières est devenu un homme qu’aucun obstacle n’effraie. À le voir aller, on a envie d’y croire aussi.

    L’album et le livre de Roberto Mayer sont présentés sur le site http://www.editionstnt.com/roberto-mayer.

    Autres auteurs Poésie urbaine

    Roman de cheminement, guide sur le suicide et le référencement

    Raymond Viger

    Éditions TNT (514) 256-9000

    Sexe et alcool font-ils bon ménage?

    Baiser sans condom et maladies transmises sexuellement

    Une chlamydia avec ça?

    Robert passait plusieurs soirées par semaine à festoyer dans les bars. Il s’amusait à accumuler les conquêtes. « Comme je ne connaissais pas mes partenaires, je mettais toujours un condom, sauf un soir de party ».

    Dominic Desmarais         Dossiers Sexualité, MTS-Sida,    Santé

    condoms-baiser-faire-amour-sexe-sexualite Robert vient d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal. Bon à l’école, sportif, un emploi à temps partiel pour payer l’université. Le jeune homme, maintenant dans la fin vingtaine, passait plusieurs soirées par semaine à festoyer dans les bars. Il fut un temps, «la belle époque» comme il aime l’appeler, où il s’amusait à accumuler les conquêtes.

    «Comme je ne connaissais pas mes partenaires, je mettais toujours un condom, affirme Robert d’un ton sérieux. Sauf un soir de party. Je suis sorti prendre l’air avec une demoiselle. On s’est embrassés…» Robert ne termine pas sa phrase. Son large sourire suffit pour comprendre qu’ils ont échangé davantage qu’un baiser. «Je n’avais pas de protection avec moi. J’étais plus que pompette. Et ça faisait quelque temps que je la reluquais.»

    Baiser sans condom

    Robert n’a pas eu de maladie des suites de cette aventure. «Ça m’a donné l’idée que baiser sans condom, c’était pas si dramatique. Remarquez, les relations suivantes, j’en portais. J’y étais habitué.» Mais l’impression qu’il ne lui arrivera rien ne le quitte pas.

    Des mois plus tard, l’histoire se répète. «Cette fois, j’ai poussé ma chance un peu trop loin, se souvient le jeune homme. Je l’ai su dès le lendemain, en allant aux toilettes.» Robert rit de cet épisode aujourd’hui. Mais cette journée-là, il vivait nerveusement. «Je travaillais et, aux cinq minutes, j’allais au petit coin en espérant que ça ne me chaufferait plus, que tout irait mieux. Je ne pensais qu’à ça.»

    Clinique pour maladies transmises sexuellement

    alcool-sexe-baise-d-un-soir-baiser Robert n’a pas mis de temps à visiter une clinique spécialisée dans le traitement des maladies sexuelles. Une expérience qu’il espère ne plus jamais revivre. «Ça fait mal! Et comme les résultats d’analyse sortent après quelques jours, tu stresses en attendant. Je savais que j’avais attrapé quelque chose. Mais je ne savais pas quoi. Je suis passé à la bibliothèque regarder des livres sur ces maladies. Pour savoir ce que ce pourrait être. Je m’imaginais le pire scénario.»

    Robert a été sensibilisé au port du condom à l’école secondaire. Mais il ne connaissait pas les infections qu’il pouvait attraper. «Je connaissais les noms des ITS. Pas leurs symptômes ni leurs conséquences. Lesquelles ne disparaissent jamais? J’étais dans l’inconnu et ça m’a fait paranoïer.»

    Chlamydia

    Robert se considère chanceux. Il a attrapé la chlamydia. «Je devais prendre deux pilules et, en 24 heures, j’étais guéri. Ça m’a permis d’en rire avec mes amis. Mais intérieurement, je ne riais pas fort», dit-il en s’esclaffant, 10 ans plus tard. Les erreurs de jeunesse sont du passé. Depuis, il a toujours porté un condom. «Une autre fille que je désirais depuis un bon moment m’a demandé de ne pas en enfiler un. Elle se disait clean. Je n’ai pas voulu. Pas après ma mauvaise expérience.» Robert a poursuivi quelque temps sa vie d’aventures. Plus jamais il n’a eu de relation sans protection.

    Ces années l’ont fait réfléchir. «J’ai changé! Ces histoires d’un soir me rendaient de plus en plus vide. Je me sentais seul. Mais vu mon tempérament, il fallait que je passe par là pour me rendre compte que ce n’est pas pour moi. J’ai bien vécu ma jeunesse et je suis prêt aujourd’hui pour une vraie relation!»

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    Réjean Thomas, Sida, VIH et MTS

    VIH, Sida, homosexualité et suicide

    Tags et graffiti au service de la prévention du Sida

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    Vie carcérale: pas banale

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    Vie carcérale: pas banale

    Jean-Pierre Bellemare      Dossiers Prison, Criminalité,

    Parce que nous, les prisonniers, vivons dans un milieu fermé, nous apprenons à nous connaître en détails très rapidement. Les gens qui m’entourent possèdent tous un bagage personnel très intéressant. Il est pratiquement impossible de s’ennuyer lorsqu’un compagnon d’infortune raconte son vécu.

    Tous ceux qui ont fait la première page des journaux se retrouvent ici. On est en mesure de vérifier les allégations des journalistes avec les personnes directement concernées. On réalise que, trop souvent, les médias déforment la réalité pour la rendre plus attrayante aux lecteurs. On découvre l’envers de la médaille expliquant ces comportements qui semblent, à prime abord, incompréhensibles. Surtout si l’on ne se fie qu’aux journaux qui sombrent trop facilement dans le sensationnalisme.

    « Il a reçu 25 coups de couteau. » Pourquoi autant d’acharnement? Cette façon de communiquer la nouvelle est vendeuse. Pour moi, qui me trouve en prison et qui rencontre l’auteur de ces actes, je comprends mieux les raisons qui l’ont mené à réagir de la sorte. Je prends le temps de l’écouter me raconter le calvaire des 18 ans où il a été abusé sexuellement par la « supposée victime », sa faillite psychologique qui explique la perte de contrôle, l’expression d’une douleur si grande, si forte, si puissante que la raison a fait place à la folie, une sorte de black-out.

    À l’intérieur des murs, j’ai l’impression qu’on a l’occasion de connaître ceux qui font l’actualité québécoise de façon beaucoup plus objective. C’est généralement une suite consécutive de malheurs, d’échecs, d’abandons, de solitudes qui font glisser inexorablement un tel individu vers la surdose, le suicide, l’agression, voire le meurtre.

    Cette façon d’exprimer sa douleur est un exutoire aux conséquences catastrophiques pour tous. Cette souffrance s’exprime par des actes abominables pour la simple raison qu’elle est insupportable. Une personne en feu peut se jeter en bas d’un édifice seulement pour éviter de ressentir la douleur intense l’envahir. Imaginez-vous en train de subir cette douleur qui brûle à l’intérieur de soi…

    Je reviens à l’intensité de la vie carcérale, celle de fréquenter ces gars avec qui on ne s’ennuie jamais. D’être continuellement surveillés par des gardes armés nous questionne sérieusement sur notre criminalité. Une sécurité de plusieurs millions de dollars autour de nous finit par créer un effet certain dans notre esprit. Être entouré de gars qui vivent des dépressions les unes après les autres, des psychoses, des complexes aigus ou de sérieux troubles de personnalité égaye une journée comme vous ne pouvez pas l’imaginer. Dans le même après-midi, on rencontre toute la gamme de criminels inimaginables avec leur propre façon de se comporter. Lorsqu’on a un conflit avec l’un d’eux, toutes les surprises sont possibles, et elles ne s’avèrent pas toujours agréables!

    Vivre aussi intensément pendant plusieurs années augmente la difficulté à se réhabiliter et à retrouver sa place en société. Le premier obstacle est une sorte de morosité qui s’installe. La quiétude, qui est recherchée par la majorité des gens, est effrayante pour un gars de prison. Elle représente pour lui le moment avant un meurtre, le moment avant la fouille générale, le moment avant l’émeute.

    Le silence en prison est très rare. Lorsqu’il se présente, cela ne présage jamais rien de bon. Voilà peut-être, en partie, pourquoi nous avons de la difficulté à nous réinsérer. Vous seriez étonné des effets secondaires que peut créer une longue période d’incarcération.

    Vivre intensément peut paraître grisant lorsqu’on pratique un sport ou quand on triche sa femme pour la première fois. Mais, une longue période d’incarcération cause des dommages dans la façon de percevoir le quotidien et son silence.

    *Tous mes textes sont soumis à des codétenus pour être jugés avant publication.

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    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

    Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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    Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

    This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

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    Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

    Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais.

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    Témoignage: ma prison intérieure

    Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

    Présentation en français de LOVE in 3D

    Développement personnel

    Témoignage: ma prison intérieure

    Jean-Pierre Bellemare   Dossiers Prison, Criminalité, Développement personnel

    Au pénitencier nous avons accès aux réunions pour dépendants: toxicomanes, alcooliques, joueurs. C’est là que j’ai rencontré notre rédacteur en chef Raymond ainsi que sa charmante femme Danielle, deux êtres extraordinaires qui «contaminent» l’environnement par leur conscience collective.

    Ils sont venus dans ma prison partager leur savoir avec respect et considération. Si le mépris engendre le mépris il en va de même avec la considération. Depuis ce jour, il me fait plaisir de partager avec vous ces bagages de prisons qui s’accumulent un peu plus chaque année.

    Lors d’une réunion, un ex-dépendant aux drogues proclamait «il n’y a pas plus de prison sur terre que nous pouvons en retrouver dans l’homme». Après cette révélation, encore toute fraîche dans ma tête, un changement s’est produit, un tournant important dans ma vie. Cette phrase m’a marqué de façon indélébile.

    Je regarde maintenant les autres différemment. J’ai compris que, malgré mon incarcération, je suis souvent beaucoup plus libre que certaines personnes de mon entourage. Leur tenue vestimentaire ainsi que leur expression faciale décrivent assez bien à quel point elles sont enfermées. Leurs réactions prévisibles et parfois même leurs propos, montrent leurs limites. Ces frontières qu’elles érigent autour d’elles pour se protéger, les isolent tout autant. Si elles ne peuvent en sortir, les autres ne peuvent y entrer.

    Après 20 ans passés au pénitencier fédéral, où en suis-je de mon propre cheminement? Terminer des études, lire, chercher le meilleur de ma vie, mais surtout, me libérer de mes pensées toxiques. M’ouvrir tout doucement en choisissant les gens avec qui je me sentirais bien. Voilà un très grand progrès sur le plan personnel.

    Plus je suis attentif à mon entourage, plus je deviens sensible. Par différentes activités, j’ai pu développer mon potentiel et augmenter mon estime personnelle.

    Mon implication avec l’organisme de St-Maxime a été ma plus grande réalisation: aider les plus démunis, sortir du pénitencier sous escorte pour se diriger dans un sous-sol d’église, participer à l’organisation d’une soupe populaire, faire la collecte et la distribution des denrées. Aider est la meilleure prise de conscience que j’ai faite.

    Voir des gens quémander leur nourriture avec leur famille a été révélateur. Mon orgueil, que j’ai toujours confondu avec ma fierté, devenait insoutenable. Il y avait plus de fierté dans leurs yeux que dans ceux rencontrés au cours de ma vie. Mon cœur se fissura et il en sortit un malaise terrible, un regret. Si j’ai eu suffisamment de courage pour m’attaquer à des banques et à kidnapper, je n’ai jamais eu le courage de demander de l’aide et encore moins de reconnaître mes faiblesses.

    Voilà une de ces prisons qui nous enferment dans des comportements, des réflexions et des manières de faire qui limitent nos possibilités. Ce donjon a été conçu par mes faiblesse et résiste à toute raison. Lorsque j’envie ceux qui sont libres, je perds parfois de vue que la véritable liberté ne se trouve pas uniquement dans nos déplacements. Penser et agir autrement, se comporter différemment, fait partie de la liberté.

    Dans ma prison, j’ai trouvé le pire juge et il travaille toujours avec le plus salaud des gardiens: ma conscience et ma raison. Celle qui devrait me protéger m’a condamné, celle qui devait m’ouvrir m’a enfermé.

    Ma conscience et ma raison se sont construites à travers tous ceux que j’ai côtoyé. Ces gens de passage ont semé une graine qui a poussé. Je n’ai sûrement pas toujours su faire la différence entre le bon et le méchant.

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    Roman de cheminement, L’amour en 3 Dimensions

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    P.S. Jean-Pierre Bellemare est finaliste aux Grands Prix de journalisme magazine.

    Les livres de Colin McGregor

    Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

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