Restons debout

La violence est apprise, répétée et transmise. Nous devons déconstruire les rôles entre hommes et femmes pour mettre fin à cette dynamique toxique de pouvoir. Les hommes peuvent être vulnérables, ils doivent savoir exprimer leurs émotions sans coups ni blessures. 

Un texte de Geneviève Raymond publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Santé mentale

« Insultes, intimidation, menaces, obscénités et commentaires agressifs pullulent maintenant sur le fil d’actualité des personnalités publiques. Artistes, politiciens et animateurs, tous ont goûté aux messages haineux. À quel moment avons-nous commencé à tolérer ces comportements déviants? Nous devons les condamner haut et fort pour en finir avec la banalisation de la violence», signe-t-elle dans son éditorial.

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Ressources sur le suicide

  • Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Les CLSC peuvent aussi vous aider.
  • Canada: Service de prévention du suicide du Canada 833-456-4566
  • France Infosuicide 01 45 39 40 00 SOS Suicide: 0 825 120 364 SOS Amitié: 0 820 066 056
  • BelgiqueCentre de prévention du suicide 0800 32 123.
  • Suisse: Stop Suicide
  • Portugal: (+351) 225 50 60 70

Autres textes sur Santé mentale

Après la pluie… Le beau temps

croissance personnelle développement personnel cheminement guide recueil

Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Un livre que vous pouvez commenter et où vous pouvez présenter vos propres créations. Vous pouvez y laisser votre commentaire et même vos propres textes. Chaque commentaire est lu et obtient sa réponse.

Au coût de 9,95$ chacun de ces livres sont disponibles par téléphone: (514) 256-9000 et en région: 1-877-256-9009 ou par Internet. Éditions TNT : 625 Avenue de la Salle, Montréal, QC H1V

Autres livres pouvant vous intéresser

Un raz-de-marée qui force l’introspection #METOO

Le mouvement de dénonciations d’agressions et de harcèlement sexuel qui a pris d’assaut les réseaux sociaux l’été dernier a contraint un grand nombre de femmes à replonger dans des traumatismes depuis longtemps enfouis. Elles ne sont pas les seules à avoir été bouleversées par l’ampleur de la vague.

Un texte d’Anne-Frederique Hebert-Dolbec publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Agressions sexuelles

« Je pense que la dernière vague de dénonciations a été plus efficace dans l’imaginaire collectif, parce que tous les hommes ou presque se sont sentis concernés. #MoiAussi ciblait davantage des cas de viol et de harcèlement criminel. C’était facile de se contenter de regarder le train passer. Cette fois, les victimes dénonçaient une tonne de comportements qu’on a longtemps banalisés. Tout le monde avait un pied dans le train. », soutient le dramaturge et acteur Steve Gagnon, qui a notamment publié un essai sur la masculinité en 2010, Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles : réflexions et espoirs pour l’homme du 21e siècle.

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Ressources sur le suicide

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Funbusy

Chantal Lee a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

Elle s’est découvert une passion pour l’écriture dès son jeune âge, mais ce n’est que depuis 2001 qu’elle écrit sur une base régulière.

Violence, drogue, faible estime de soi et abus sexuels ont trop longtemps fait partie de la vie de cette femme courageuse. Chantal Lee a réussi à reprendre le dessus et malgré la grave maladie qui l’afflige depuis quelques années, elle partage par le biais de son premier recueil de poésie son inconditionnel amour de la vie.

Prix : 9,95$

À l’aube d’une révolution judiciaire? #metoo

Qu’est-ce que le mouvement #metoo a changé concrètement pour les victimes d’agressions sexuelles dans le système de justice? Pas grand-chose, a-t-on envie de répondre après les acquittements de Gilbert Rozon et d’Éric Salvail à la fin décembre. Pourtant, il y a eu une réelle évolution ces dernières années et tout indique que plusieurs changements sont encore à venir.

Un texte de Martine Latarte publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Agressions sexuelles

Pourquoi dénoncer sur les médias sociaux plutôt que se tourner vers le système de justice? Le processus judiciaire est souvent long, complexe et éprouvant pour les victimes, sans garantie de condamnation de l’accusé, faute de preuves. Seulement 5% des agressions sexuelles sont dénoncées à la police et seulement trois plaintes pour agression sexuelle sur 1000 se soldent par une condamnation. 

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Ressources sur le suicide

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Chantal Lee a grandi dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal.

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« Il faut s’unir pour construire un monde meilleur » – Kathia Rock

L’auteure-compositrice-interprète innue Kathia Rock était l’invitée de David Goudreault pour la deuxième lecture du projet Déconfine tes pensées en novembre 2020. L’occasion d’aborder avec elle son parcours d’artiste autochtone, sa culture et sa place dans l’industrie musicale d’aujourd’hui.

Un texte de Mélodie Descoubes publié sur RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Culture

« Elle nous a légué un grand message de paix. Peu importe les enquêtes sur les femmes autochtones agressées ou les pensionnats, nous ne cultivons pas la colère. Peu importe la violence, nous sommes une nation résiliente. C’est Joyce qui a éveillé les consciences pour un appel au changement. “Je ne te ferai pas mal même si tu m’as fait mal”, c’est le message qu’elle nous a laissé », confie-t-elle à propos de la mort de Joyce Echaquan qui a secoué le Québec à l’automne 2020.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

Par la poste: Reflet de Société 4260 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X6.

Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

Autres textes sur Santé mentale

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Amour bipolaire : Contrer la violence conjugale en chanson

L’auteure-compositrice-interprète Izabelle ne croyait jamais qu’elle se retrouverait un jour dans une relation toxique teintée par des épisodes de violence conjugale. L’artiste s’est libérée de cette histoire douloureuse en écrivant la chanson Amour bipolaire. La jeune femme souhaite désormais aider d’autres victimes à s’en sortir, notamment avec les textes engagés que propose son premier album Version 2.0.        

Un texte de Frédéric Lebeuf publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Culture

« Ma première impression me prévenait de me méfier de lui. Il semblait avoir tout un caractère. C’est un homme très séducteur. J’ai fini par croire que mon intuition s’était trompée. Je voulais croire que ses crises de colère étaient des cas isolés, un signe de fatigue ou une mauvaise humeur passagère », explique l’auteure-compositrice-interprète.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Suicide en période de pandémie

Le processus suicidaire est la somme de plusieurs facteurs qui augmentent le stress et le désespoir. Depuis les années 1990, le taux de suicide diminue d’année en année au Québec, étant passé de 22 décès pour 100 000 habitants, à 12.4 en 2017, soit près de deux fois moins de suicides par année.

Un éditorial de Raymond Viger publié pour les abonnés de RDS+. Un abonnement à Reflet de Société soutient notre intervention auprès des jeunes.

Dossier Suicide

« À quoi peut-on s’attendre pour 2020, avec la pandémie que nous traversons? En réalité, malgré tous les modèles que les chercheurs peuvent échafauder, personne ne peut le savoir. Parce qu’il y a des facteurs aggravants et d’autres qui diminuent le risque », se questionne le directeur du magazine dans son éditorial.

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Ressources sur le suicide

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

Autres textes sur le Suicide

Survivre, un organisme d’intervention et de veuille en prévention du suicide et en promotion de la Santé mentale. Pour faire un don. Reçu de charité pour vos impôts. Merci de votre soutien.

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Justice réparatrice, briser le cercle de la violence

Terry a 53 ans. Il y a une dizaine d’années, ses nuits ont commencé à être perturbées par d’affreux cauchemars. Ses cauchemars avaient des odeurs du passé. Ces images et ces odeurs se sont avérées être des souvenirs. Terry s’est souvenue qu’elle a été victime d’inceste entre l’âge de 4 et 12 ans.

Un texte de Mélina Soucy – Dossier Justice


«Je suis tombée en dépression sévère en 2013, confie Terry. J’ai essayé toutes sortes de thérapies. Au fil du temps, j’ai trouvé une thérapie de groupe où un ex-détenu a livré un témoignage. Il parlait de prison intérieure et ça m’a interpellée. “La prison intérieure n’est pas différente de celle du pénitencier, la seule différence ce sont les barreaux”, a-t-il dit. Il a ensuite parlé de justice réparatrice et ça m’a interpellée.»

Justice réparatrice

Des victimes de pédophiles et des agresseurs sexuels conversent face à face dans une pièce. Un détenu sanglote, une victime crie. Une victime pleure, un détenu garde le silence. Tous échangent, dans le respect, sous les yeux avisés d’un animateur.

«Les rencontres détenus-victimes sont au centre de nos activités, explique Estelle Drouvin, coordonnatrice du Centre de services de justice réparatrice (CSJR). On reçoit des groupes composés de 4 détenus, 4 victimes et 2 membres de la communauté. Ils se verront une fois par semaine pendant 7 semaines.»

La justice réparatrice aide les personnes touchées par des actes de violence à se rétablir par un processus basé sur le dialogue. Elle s’adresse autant aux victimes de crimes qu’aux agresseurs qui les ont commis. C’est une alternative à la justice traditionnelle et elle peut choquer certaines personnes.

J’ai eu mon premier face à face avec un détenu au Centre fédéral de formation, confie Terry. Il avait la même carrure, les mêmes yeux, la même physionomie que mon agresseur.

«Les gens qui ne comprennent pas ce qu’est la justice réparatrice sont souvent mal informés, pense Estelle. Ils croient que les victimes sont obligées de pardonner et que les détenus peuvent sortir plus rapidement.»

En réalité, les détenus ne retirent de ces rencontres que la possibilité de prendre conscience de la portée de leur crime.

Du côté de la victime

«La justice réparatrice convient à un public qui a déjà eu un suivi thérapeutique auparavant, comme c’est le cas dans la situation de Terry», croit Katia Lavallée, psychologue et directrice du Centre d’aide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS). Elle précise également que le témoignage extrêmement positif de Terry est peu commun.

«J’ai eu mon premier face à face avec un détenu au Centre fédéral de formation, confie Terry. Il avait la même carrure, les mêmes yeux, la même physionomie que mon agresseur. Sauf son sourire. Son sourire irradiait l’amour. C’est la première fois que quelqu’un qui ressemblait à mon agresseur et qui avait commis le même crime que lui me disait que je n’avais pas à me sentir coupable. La honte, la culpabilité ne me concernaient plus. La rencontre s’est déroulée dans la compréhension et le respect.»

Au départ, Terry ne croyait pas qu’une rencontre avec un criminel lui serait bénéfique. Elle ne pensait pas que le criminel pourrait ressentir de la culpabilité.

«J’avais des ailes en sortant du pénitencier, livre Terry. Quand on va à une rencontre de ce genre, le CSJR nous conseille de venir accompagné. Mon amie m’attendait dans sa voiture. Elle s’est mise à pleurer, en disant que je rayonnais et qu’elle ne m’avait jamais vue comme ça.»

La réaction positive de Terry à une rencontre détenu-victime n’est pas rare. Toutefois, certaines victimes ont de la colère à extérioriser.

«On encourage les victimes à extérioriser leurs émotions, peu importe s’il s’agit de tristesse ou de colère, tant que c’est fait dans la non-violence, précise Estelle Drouvin. La colère est perçue comme une libération de la personne ici.»

Du côté du détenu

Stéphane et Terry se taquinent. Ils rient, ils sont amis. Stéphane et Terry se sont connus au CSJR. Terry en tant que victime, Stéphane en tant que détenu.

«Je ne peux pas expliquer qu’une victime et un ex-détenu soient amis, révèle Mme Lavallée. Toutefois, ici au CETAS, il est commun de voir des victimes être en couple avec des délinquants sexuels. Il ne s’agit pas de leurs agresseurs personnels, mais d’hommes qui ont réussi à se réhabiliter et qui leur démontrent qu’ils ont changé.»

Pendant que j’étais à Port-Cartier, le 10 février 1991, mon meilleur ami, également incarcéré, s’est fait tuer violemment. Ils l’ont torturé.

Elle précise toutefois que cette situation n’est pas non plus toujours fonctionnelle, mais qu’elle ne demeure pas rare.

Stéphane est entré en prison en 1986 pour un homicide d’enfant, ainsi que plusieurs charges d’agressions sexuelles sur mineurs et une charge d’enlèvement. «J’ai passé 24 ans en prison, dévoile le septuagénaire. Au début de mon incarcération, j’étais profondément égoïste. Je n’avais pas de remords. C’était moi la victime qui avait perdu son emploi, sa maison, son bateau et sa famille».

C’est un événement au pénitencier qui a ouvert les yeux de Stéphane sur l’horreur de ses crimes.

«Pendant que j’étais à Port-Cartier, le 10 février 1991, mon meilleur ami, également incarcéré, s’est fait tuer violemment. Ils l’ont torturé. C’était une mort horrible. C’est là que j’ai pris conscience que les gestes que j’avais posés n’étaient pas mieux. J’ai finalement compris que j’avais fait des victimes.»

À la suite du décès de son ami, Stéphane a cessé de consommer de l’alcool et de la drogue. Puis, il a suivi deux programmes de sensibilisation pour délinquants sexuels.

«Dans ma première thérapie, ils me sacraient dehors quand je commençais à parler de moi, se rappelle-t-il. Je racontais toujours mes propres traumatismes. Je mettais tout sur le dos du fait qu’enfant j’ai été abusé par mon père, qu’il m’a mis dehors et que j’ai été prostitué pendant 2 ans après.»

Au pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines, Stéphane a véritablement commencé à améliorer son ouverture d’esprit.

«La psychologue là-bas a parlé avec moi des abus physiques de mon père, ajoute-t-il. Elle et les gens du CSJR sont des anges de compassion qui m’ont permis de m’ouvrir aux autres. Dans les premières rencontres avec les victimes, je voulais quand même me cacher en dessous de la table.»

Chaque année, le CSJR et l’Institut de guérison des mémoires de Cape Town organisent Guérison des mémoires, un événement où 24 personnes ayant subi ou été témoins de violences se rencontrent le temps d’une fin de semaine. Là-bas, une victime d’inceste a réussi à détruire les dernières réticences de Stéphane à s’ouvrir.

«Il avait beaucoup de peine et d’agressivité, se souvient l’ex-détenu. Il faisait son témoignage et je sentais qu’il savait que c’était moi le gars dans le groupe qui avait commis le même crime dont il a été victime. J’ai pu lui parler en compagnie d’Estelle, une semaine après notre rencontre détenus-victimes. Il a demandé à Estelle de faire un face à face avec moi. J’ai accepté. Avec cette rencontre-là, j’ai débloqué. Je ne vivais plus les rencontres comme des accusations. Le gars s’est confié à moi. Il ne me jugeait pas.»

Stéphane s’est fait une promesse depuis la mort de son ami et ses multiples thérapies : plus aucune victime. Promesse qu’il a réussi à tenir à ce jour.

Pour rejoindre le Centre de services de justice réparatrice: 514-933-3737

Justice réparatrice en bref

Il s’agit d’une alternative à la justice traditionnelle qui est axée sur la réparation des torts causés par des activités criminelles. Ainsi, des victimes de crimes violents et des détenus ayant commis des crimes de la même nature se rencontreront une fois par semaine dans un local sous la supervision d’un animateur pour discuter.

L’animateur peut être un travailleur social, une victime ou un ex-détenu qui a fait ses preuves dans l’organisme qui gère les rencontres. Des membres de la communauté et un membre de l’organisme sont toujours présents pendant ces rencontres pour en assurer le bon déroulement.

Les participants à ces rencontres sont tous volontaires et les victimes viennent accompagnées pour assurer un bon retour à la maison par la suite. Les victimes se libèrent ainsi de charges émotives lourdes pendant que les criminels cheminent vers une prise de conscience.

En complément à Reflet de Société +

La résilience est souvent mentionnée après un drame comme un passage obligé. Si le mot est souvent nommé, son concept reste parfois difficile à appréhender. Écoutez ce témoignage de la psychologue, Brigitte Lavoie.

Crédit vidéo : TEDx Talks

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 9,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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