Santé mentale, l’itinérance et les ressources

Santé mentale, l’itinérance et les ressources

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À titre de travailleur de rue, j’accompagne une personne qui a plusieurs problématiques; maniaco-dépressif, alcoolique, toxicomane et suicidaire. Je réussis à amener la personne à accepter une évaluation psychiâtrique à Louis H. Lafontaine. On refuse de suivre la personne. Elle est alcoolique et toxicomane. Qu’elle règle ces deux problèmes avec l’hôpital Maisonneuve-Rosemont et on verra ensuite pour le suivi psychiâtrique. À l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, ils ne peuvent rien faire. Il faut commencer par Louis H. Lafontaine pour régler ses problèmes de santé mentale! J’ai fait la navette entre ces deux institutions pendant 6 mois avec une personne suicidaire que personne ne voulait. Elle a finalement été admise à Louis H. Lafontaine après qu’elle ait fait une tentative de suicide en passant à travers une fenêtre du deuxième étage!

Un jeune adolescent fait une tentative de suicide. Il se retrouve à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Dès que les symptomes physiques sont sous contrôles, on le laisse partir. Sans aucun suivi ou encadrement. Il pourra voir un psychiâtre dans 6 à 9 mois! Pourtant les risques d’une deuxième tentative sont très grands à court terme.

Ce ne sont que deux exemples de ce que j’ai pu vivre vis-à-vis les institutions pouvant nous aider à accompagner des jeunes. En tant qu’intervenant, notre impuissance ne se vit pas seulement auprès de la personne que nous accompagnons, mais aussi avec les institutions qui devraient nous aider et appuyer notre démarche.

Mon expérience terrain m’amène à questionner notre système de santé. Nous avons trop de spécialistes et pas assez de généralistes. Un bon accompagnement commence par un généraliste, près du terrain, pouvant établir une relation avec la personne. Après avoir identifié les besoins et les ressources pouvant intervenir, ce généraliste doit pouvoir avoir ses portes d’entrée dans les différentes institutions. Les spécialistes ne devraient jamais être en charge de l’intervention, mais être un outil de soutien à ce généraliste. Le généraliste, souvent nommé travailleur de rue, devrait pouvoir accès à l’information concernant la personne aidée et faire parti d’un plan de suivi et d’encadrement.

Trop souvent j’ai fait admettre une personne dans une ressource et, sous le couvert du secret professionnel, on ne me donnait aucune information. Il est arrivé que je laisse mes coordonnés pour que je sois appelé si la personne quittait pour que je puisse l’acceuillir à sa sortie. Malheureusement, on la laissait sortir sans me prévenir avec des conséquences et des effets pervers qui ont mis ces gens en danger.

Notre système de santé a des ratés. Impersonnel, trop de procédures, pas assez de connaissance de la personne qu’on aide… Combien de fois j’aurais pu sauver de l’argent et du temps à tout le monde si l’expérience et la relation que j’avais de la personne suivi était écouté et tenu en compte.

Ce n’est pas un problème d’argent, c’est un problème de vision. Arrêtons de ne voir qu’un problème qui doit être soigné, mais tentons de voir un être humain qui a besoin d’un accompagnement global dans sa vie.

La santé, ça nous concerne tous et nous devrions tous pouvoir faire partie d’une solution globale.

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10 Réponses

  1. Ça ne me surprend pas du déroulement de l’intervention avec cette personne. Moi aussi, travailleuse de rue , il y avait une personne dont j’avais un suivi qui se présentait à Maisonneuve-Rosemont en crise. À chaque fois, elle se faisait retourner car elle se droguait. En plus il osait lui dire d’appeller son travailleur de rue afin qu’il s’occupe d’elle! Ils m’ont même appellé sur mon cellullaire afin de me demander de gérer la crise. Ouff! Ça part mal. Moi je n’ai pas de doctorat en psychiatrie et on me demande de m’en occuper! C’est pareil quand une personne est toxicomane. Ils n’en veulent pas.

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  2. […] Santé mentale, l’itinérance et les ressources […]

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  3. La justice en France : « pas vu, pas pris », car il est extrèmement difficile d’interagir envers une personne très perturbée et psychologiquement instable.Je suis témoin et victime de violence intra-familiale depuis plusieures années et je poste ce commentaire car je suis dans une situation très délicate et dangereuse. Les autorités ont été alertées suite à l’empoisonnement de mes 2 animaux et d’harcèlement moral incessant , néanmoins, une petite fille agée de 6 ans se trouve en danger entre les mains d’une mère atteinte de psychose maniaco-dépressive bien que les services sociaux furent alerté par sa fille ainée majeure. Le problème: l’ assistante sociale qui se rend au domicile prévient toujours avant de venir, ce qui fait que pour l’instant( 8 mois), il ne se passe rien.J’ai contacté une association d’aide à l’enfance qui m’a conseillé d’en remettre une couche afin que l’enquête soit appronfondie et m’a prévenu qu’il valait mieux être patiente à cause du nombre de cas similaires et la justice me dit la même chose et d’apporter le plus de témoignages possibles mais alors que faire pour que cette femme cesse de faire du mal autour d’elle? J’ai pourtant 3 témoignages d’autres victimes .Merci de m’aider si vous connaissez des moyens éfficaces en France pour des cas similaires.

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  4. Bonjour Scintior.

    Étant du Québec, je ne connais pas tous les recours qu’il y a en France. Une dénonciation de votre part peut effectivement augmenter le fardeau de la preuve contre le parent délinquant.

    Malheureusement, on ne peut faire mieux que la Justice. On ne peut pas se faire justice soi-même.

    Les délais de la justice, leur mauvaise intervention ainsi que leur non-intervention font partie des des injustices que l’on vit et dont nous sommes trop souvent impuissants.

    Raymond.

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